La fessée appliquée

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Ah, ces fichus lundis matin !

Par Davcha

Ce récit est en partie romancé, certes, mais ceux (et celles ?) qui ont fait l’expérience de ce mode d’éducation sauront faire la part de la réalité des faits. 

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 Les souvenirs les plus amers de mon enfance dont je me souvienne sont ceux de mes rentrées les lundis matin au collège où j’étais pensionnaire jusqu’au vendredi soir comme beaucoup d’élèves venant des petits villages isolés de montagne comme le mien.

J’habitais en ce temps-là dans une petite commune de montagne à plus de mille deux cents mètres d’altitude en Savoie. Vivant seul avec moi, mon père m’avait confié à l’institution privée de renom de la grande ville du canton. Chaque lundi matin, il fallait me lever aux aurores car le voyage en train prenait plus d’une heure et demie pour descendre dans la vallée.

« Allons Paul, dépêche-toi de te lever, tu vas être en retard et Monsieur Dubreuil va encore te tomber dessus ! »

C’était mon père qui me secouait désespérément pour me réveiller. Il était à peine six heures et lui, debout depuis un quart d’heure, avait déjà préparé mon petit-déjeuner. Je l’enviais parfois de ne pas avoir à aller à ce sacré collège, il avait au moins la chance de rester au village, même s’il devait travailler dur.

Quant à moi, je venais d’avoir treize ans, j’étais en cinquième et à mon grand désespoir, il fallait encore me lever très tôt chaque lundi pendant encore deux ans et demi ! J’essayai en vain de calculer le nombre de ces levers matinaux, sachant qu’il y avait cinquante-deux semaines dans l’année et que j’avais douze semaines de vacances pas an…

« Paul, ça suffit ! Lève-toi maintenant ou tu vas prendre une fessée ! »

Normalement cette menace aurait dû me faire lever, mais comme chaque fois, j’étais prêt à prendre un risque pour quelques minutes de plus au lit et d’attendre jusqu’au dernier moment, dussé-je me faire punir.

Cela ne dura pas longtemps et mon père, prenant conscience du danger auquel je m’exposais si j’arrivais en retard, tira la couverture à mes pieds et mit sa menace à exécution. Je finis malgré moi par sortir du lit chaud et douillet, largement stimulé par la fessée que j’avais bien cherchée.

J’avais pris une bonne claque sur chaque fesse, après qu’il m’eut baissé le bas de mon pyjama. C’était l’issue quasi systématique de ma paresse du lundi. Malgré mes treize ans, mon père avait encore la fessée facile et quand ce n’était pas le martinet pour les fautes plus graves, il n’hésitait pas à faire claquer sa main leste sur mon postérieur nu. Je devais reconnaître qu’elle seule pouvait me tirer du lit. J’étais à présent parfaitement réveillé.

C’était « l’électrochoc du pauvre » plaisantait mon père. Malheureusement, cette petite correction dont j’avais l’habitude n’était rien à côté de ce qui m’attendait à la pension. Non, le pire, c’était qu’il faisait un froid de canard dans cette chambre et que je n’avais pas du tout envie de partir pour le collège. Le poêle à bois s’était éteint dans la nuit et bien que le premier travail de mon père eût été de le rallumer, il n’avait pas encore eu le temps de chauffer la pièce à vivre de la maison. Heureusement, l’odeur du pain grillé et du chocolat chaud m’apportèrent un peu de réconfort.

Alors que je traînassais pour finir mon petit-déjeuner, on frappa à la porte et Luc entra, frais et souriant comme à son habitude. Luc était mon voisin, un garçon de quatorze ans qui était interne dans le même collège que moi. Il venait me chercher car nous faisions route ensemble tous les lundis matin et vendredis soir. Il était enZ troisième et c’était sa dernière année d’étude. En juin prochain, il devait travailler comme apprenti charpentier, son père lui ayant déjà trouvé un patron.

Luc était toujours de bonne humeur et malgré son âge supérieur au mien, il gardait ce petit air malicieux et enfantin, toujours joyeux, même le lundi matin, quand moi j’avais ce jour-là un cafard noir. Il avait un visage encore doux, à mi-chemin entre celui d’un jeune homme et d’un enfant. Un petit duvet de barbe naissante apparaissait au-dessus de sa lèvre supérieure et sur son menton, mais il gardait encore ses taches de rousseur sur les joues et sur le nez. Il avait de beaux yeux bleus éveillés et vifs et de grandes oreilles décollées qui nous amusaient tous au village.

D’ailleurs, pour nous faire rire, il empoignait chacune de ses oreilles entre ses doigts et les étirait vigoureusement comme pour les agrandir encore en faisant des grimaces. C’était un véritable boute-en-train. Chaque début de semaine, il était toujours prêt le premier et m’attendait avec gaité et patience. Comment faisait-il pour être aussi rapide et motivé dans de tels moments de misère ?

Il me restait à peine cinq minutes avant de partir alors que j’étais encore torse nu et en bas de pyjama devant le lavabo. Mon père m’aida en m’apportant mes vêtements. Quand Luc me vit ainsi, il commença tout de même à s’inquiéter :

« T’es pas encore habillé ? On va finir par le rater ce train !

- Oui si ça continue, je l’envoie tout nu à l’école ! » ajouta mon père agacé.

Je me pressai enfin, enfilant la panoplie de vêtements réglementaires que mon père me préparait chaque lundi : un slip et un maillot de corps blanc, une chemise en coton bleu clair, une grosse paire de chaussettes de laine noire, une culotte courte de velours noir, un épais chandail de laine bleu marine orné de l’écusson du collège, une cravate et de lourds brodequins en cuir montants. Mon père était toujours attentionné envers moi :

« Tu n’auras pas trop de tout ça avec le froid qu’il fait ce matin, me dit-il. Tiens, mets donc ce sous-pull en plus ! »

Au pensionnat, on ne pouvait pas dire qu’on étouffait à cause du chauffage. Il y avait vraiment le strict minimum, voire moins ! L’éducation y était rigoureuse et c’était un collège uniquement de garçons où l’uniforme était obligatoire.

Je n’avançais guère efficacement dans ma préparation matinale et Luc décida de lacer lui-même mes chaussures, n’ayant plus le choix si nous ne voulions pas rater notre train, pendant que j’enfilais mes indispensables gants, m’emmitouflais dans mon écharpe et me coiffais de mon bonnet à pompon, tous les trois assortis et tricotés par ma grand-mère. Mon père me tendit enfin mon gros manteau à capuche, que je boutonnais jusqu’en haut. J’étais d’une infinie lenteur et mon ami faillit perdre patience.

« N’oublie pas ton sac, imbécile ! Tu crois que tu pars te promener ! » me dit-il devant mon père.

Celui-ci acquiesça en m’appliquant une tape derrière la tête avant de m’embrasser.

« Pff, j’ai pas envie d’y aller, me lamentai-je.

- Tu verras, ça va passer vite, me mentit gentiment mon père, regrettant presque sa taloche. Aller, filez vite garnements ! » nous dit-il.

Dans le petit matin glacial de l’hiver, un froid sec et mordant nous étreignit comme un étau. On avait beau être habitués, cela était toujours aussi piquant.

« C’est pas possible qu’il fasse encore aussi froid ! m’exclamai-je consterné.

 - Oui ça caille ce matin ! Le thermomètre du père Vauchel indiquait encore moins douze !… Au moins on ne sera pas piqué par les mouches » sourit-il en reprenant une expression locale populaire !

Le jour n’était toujours pas levé, mais heureusement la lune et les étoiles brillaient encore et éclairaient nos belles montagnes enneigées. Leur lueur qui se réverbérait sur les cristaux de neige magnifiait le paysage nocturne d’hiver montagnard.

C’était beau, trop beau pour le quitter et pourtant… Nos semelles crissaient sur la neige durcie du sentier. Deux kilomètres nous séparaient de l’arrêt du petit train à crémaillère qui nous descendrait dans la vallée. Une fois encore je traînais en chemin, admirant avec regret notre cher village endormi que je quittais pour une longue période de pénitence à venir dans ce collège, le prochain dimanche m’apparaissant aussi infini que l’éternité !

Luc n’en pouvait plus de me voir lambiner. Il n’était pas question d’arriver en retard, un retard sans excuse étant sévèrement puni. Las de me tirer par la main, il me lâcha et se mit à courir. Je l’imitai pour rattraper le temps perdu et nous arrivâmes in extremis pour sauter dans le train.

Par cette froidure extérieure, le vieux wagon n’avait pas eu le temps de se réchauffer et les lattes de bois des sièges finirent de glacer nos cuisses nues. Nous restâmes silencieux. J’étais particulièrement désabusé et triste. Luc le vit très bien et me sourit.

« Allons p’tit gars, fais pas cette tête ! Tu ne vas pas au bagne quand même… »

Bien sûr que non, mais je n’avais vraiment pas envie de sourire.

« Oui, je sais, mais qu’est-ce que j’ai froid ! Regarde mes jambes, elles sont toutes rouges ! Quand je pense que les filles de Jeanne-d’Arc ont le droit de mettre des collants sous leurs jupes déjà bien plus longues que nos culottes, alors que nous les garçons, nous devons avoir les cuisses nues et subir les morsures du froid (et les coups de martinet ! pensais-je aussi).

- Moi aussi j’ai froid, mais que veux-tu, c’est le règlement ! »

Nous parlâmes alors du changement que le directeur avait voulu apporter à nos uniformes en début d’année, le rendant plus pratique et surtout moins onéreux. Tout en gardant les mêmes couleurs, il avait fait abandonner les vestons sombres pour de simples pull-overs de laine, ce qui nous convenait très bien. Mais malgré sa volonté de modernité, il avait tout de même refusé les pantalons, même pour les plus grands élèves.

Selon ses principes, nous devions tous être égaux entre nous et porter des vêtements adaptés à notre âge et à nos activités. Il avait dès lors fait supprimer les culottes courtes en flanelle jugées trop délicates et couvrant la moitié des cuisses au profit de culottes en velours plus robustes et même encore plus courtes puisqu’elles ne couvraient plus que le quart supérieur des cuisses, ce qui facilitait leur lavage et, opportunément, les corrections à coups de martinet.

Bien que la culotte de Luc semble un peu étriquée pour sa taille, il la portait avec une certaine aisance, voire élégance. De bonne nature il ne s’en plaignait pas et, relativisant sans céder à ma mauvaise humeur, il ajouta philosophiquement :

« C’est dur quand il fait froid, mais le collège sans son uniforme traditionnel, ce n’est plus notre collège !… »

Je ne répondis pas mais au fond de moi, j’admettais qu’il avait raison. Secrètement, je trouvais même que cette culotte courte d’uniforme lui seyait plutôt bien.

Luc avait posé son pied sur l’épaulement de la cloison du train et regardait dehors d’un air songeur. Il m’exposait ainsi ses cuisses généreusement dégagées du bas de son manteau qui avait glissé sur le côté. Je me plus à regarder ses longues jambes qui s’étalaient devant moi.

Dans l’encadrement que formaient les bords de sa culotte courte et le haut de ses chaussettes, ses cuisses encore imberbes et finement musclées, étaient superbement mises en valeur. Ses genoux robustes et meurtris par le froid surplombaient la naissance de ses mollets galbés que l’on imaginait sous ses épaisses chaussettes de laine.

L’ensemble me plaisait beaucoup et j’aimais le regarder. Cette délicieuse contemplation virile était ma petite consolation du moment. J’avais même fini par éprouver une étrange sensation de chaleur intérieure à la vision de ses genoux et de ses belles cuisses, me faisant oublier le froid et la longue semaine pénible qui m’attendait.

Même si Luc n’en laissait rien paraître, je savais qu’il avait comme moi une grosse boule au ventre de laisser notre famille et nos amis là-haut. Le ronronnement de la crémaillère me berçait et je m’assoupis.

Soudain deux filles s’assirent sur nos banquettes à côté de nous. Deux sœurs probablement. Elles n’étaient pas du collège, nous ne les connaissions pas. Sans doute rentraient-elles de vacances. Elles semblaient intriguées et même amusées. La plus jeune lorgnait nos cuisses nues depuis un moment puis elle murmura à l’oreille de sa sœur en essayant avec maladresse d’être discrète :

« T’as vu les garçons ? Ils sont en culottes courtes ! » lui glissa-t-elle en ricanant.

- Oui, ils doivent avoir froid comme ça ! ajouta l’autre en riant à son tour. Je n’aimerais pas être à leur place… »

Elles chuchotaient sur notre compte avec un air moqueur. Cela m’agaça d’avantage. Puis la plus grande, attirée par le charme de Luc, engagea la conversation :

« Vous n’avez pas trop froid aux jambes ? demanda-t-elle.

- Bah, ça va, répondit aimablement Luc. On a l’habitude !

- Pourquoi vous êtes en culottes courtes alors qu’on est en plein hiver ? Vous êtes fous !

- C’est notre uniforme, on est obligé ! Tous les garçons le porte au collège !

- On vous oblige à être en short par un froid pareil ? Eh ben moi, je ne voudrais pas être un garçon ici ! affirma-t-elle. Ça doit être dur… »

Bien sûr qu’on avait froid, idiote ! Tu es obligée de poser la question, pensai-je énervé, rongé par l’injustice et la cruauté de cette tradition.

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Il était huit heures moins le quart quand le train entra en gare. Juste le temps de rejoindre notre collège tout proche, de grimper les quatre étages jusqu’aux dortoirs et d’y déposer nos sacs avant que la sonnerie stridente ne retentît, la première qui allait rythmer notre pénible semaine.

Luc partit rejoindre sa classe, moi la mienne où j’entrai en rang par deux. Le premier cours commença, ennuyeux au possible comme toujours. J’étais fatigué, manquant cruellement de sommeil, mon esprit vagabondait dans mes montagnes…

« Monsieur Dupraz, qu’est-ce que je viens de dire ? »

C’était le professeur qui m’avait surpris une fois de plus à rêvasser. Il était très fort pour ça. Un vrai chasseur de rêves. Je ne répondis pas, pris dans un piège tel un gibier apeuré.

« Eh bien mon garçon, sans doute écoutiez-vous mon cours avec une grande attention. Ainsi vous devriez être capable de me répéter ce que je viens de dire !

- Euh…

- Et on ne souffle pas ! gronda-t-il, entendant les murmures susceptibles de pouvoir me tirer d’affaire.

- Je suis désolé M’sieur ! Je ne sais pas… Je n’étais pas attentif, dis-je vaincu, incapable de m’en sortir et prêt à affronter mon sort.

- Je vous remercie de votre franchise jeune homme. Comme d’habitude Monsieur Dupraz a besoin qu’on l’aide à commencer sa semaine ! ».

Sa remarque pleine d’ironie s’adressait à toute la classe.

« Levez-vous, jeune homme, et allez au bureau trouver dans le tiroir de quoi vous rendre plus attentif !

- Oui M’sieur… »

Je ne savais que trop bien ce que j’allais trouver dans ce tiroir. Je me levai et avançai d’un pas résigné jusqu’à l’estrade. J’y trouvai sans surprise l’instrument qui m’attendait et qui allait à coup sûr me sortir de mon inattention.

Ce professeur était l’un des plus sévères du collège. Quand il visait un ou plusieurs élèves, son verbe sarcastique et son ironie mordante amusaient beaucoup la classe. Il avait même le don de vous envoyer au bureau pour vous punir sévèrement avec le sourire aux lèvres.

Comme quasiment tous les lundis matin, j’étais le premier de la classe et de la semaine à me faire punir. C’était donc sans surprise que je retrouvai dans ce tiroir l’instrument de mon châtiment : le fameux et redoutable martinet aux lanières de cuir qui servait à administrer les punitions aux garçons indisciplinés.

Certes, les châtiments corporels étaient en principe abandonnés dans les collèges, mais dans notre institution privée, cette méthode de discipline était encore une pratique courante et perpétuait une très ancienne tradition. Il y avait un martinet dans chaque salle de classe et d’étude, dans chaque dortoir et même au réfectoire. Chaque professeur, surveillant ou encadrant en avait la jouissance et s’en servait comme bon lui semblait.

Bien sûr nous eûmes pu faire disparaître l’instrument de notre salle de classe pendant les intercours, mais nous nous serions tous exposés à une magistrale punition collective. De même, aucun de nous ne s’avisait de se plaindre de cette méthode de discipline à ses parents sans être sûr de prendre une raclée de plus à la maison.

Je sortis donc le martinet de son tiroir officiel et le remis à notre professeur qui m’avait rejoint. Il aimait particulièrement l’employer en début de semaine sur un quelconque élève pris en faute afin d’asseoir sa discipline et calmer les meneurs et les fauteurs de trouble.

Je puis dire qu’avec lui, presque à chacun de ses cours, au moins un garçon était fouetté, ce qui assurait le silence et l’attention générale durant le reste de la leçon. Quand les effets dissuasifs de la correction sur la classe s’estompaient, il était sûr de trouver un autre garçon à sacrifier au martinet, et ainsi de suite.

Sa méthode pour nous fouetter était invariable, quasi un rite. Nous en connaissions tous les consignes. Ainsi sans qu’il ajoutât quoique ce fût d’autre, je me courbai au-dessus de son bureau, les bras croisés devant moi.

C’était toujours un moment pénible car en me donnant seul en spectacle, j’avais un peu honte d’être ainsi exposé dans cette position aux yeux de mes condisciples. Pourtant, je savais qu’aucun élève ne pouvait se vanter de ne jamais avoir été à ma place pour recevoir le martinet de Monsieur Dubreuil.

Comme d’habitude, ses mains agrippèrent ma ceinture et la tira fort vers le haut de façon à remonter les bords de ma culotte et à dénuder le plus de peau possible dans le haut de mes cuisses. Ainsi, il eut à portée de son martinet, le fond de culotte tendu et arrondi de mon postérieur en plus de mes deux cuisses complètement dénudées des jarrets jusque vers le dessous de mes fesses.

Ceci fait, j’étais prêt à endurer la douleur cuisante des cinglées. Que ça allait faire mal ! Je me préparais à la douleur.

« Michard, approchez-vous et comptez les coups pour lui ! » ordonna le maître en désignant un camarade.

Sans y croire, je me pris à espérer qu’il me fouetterait de préférence sur le fond de ma culotte, l’étoffe de velours amortissant grandement la morsure des lanières de cuir, mais il était rusé et s’il avait commencé par viser d’abord le postérieur pour me donner l’illusion du moindre mal, il n’avait pas tardé, le deuxième coup donné, à déborder des lisières retroussées de ma culotte pour entamer le vaste champ de mes cuisses nues !

Or ce matin-là fut le pire de tous. En se réchauffant après avoir été congelées durant le trajet du matin, le sang avait afflué à mes cuisses et battait l’épiderme rougi déjà comme irrité et affreusement sensible au toucher. Cette fois, les coups de martinet semblaient non pas mordre mais lacérer ma peau nue. C’était du feu ! Je me cramponnai au bureau, serrai les dents et remuai mes fesses et mes cuisses tant et plus pour me défendre de la cuisante douleur.

Je mettais toujours un point d’honneur à ne jamais crier, même si ça faisait très mal. L’essentiel était de paraître brave aux yeux des autres. Les claquements secs des lanières résonnaient dans toute la classe. Elles devaient aussi s’entendre au travers des couloirs du collège. Tout le monde devait savoir que j’étais puni et je ne désirais pas ajouter mes cris et mes supplications.

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Le brave Michard, se tenait près de moi et comptait les coups à voix haute en s’appliquant. Une erreur en ma faveur lui aurait coûté cher ! C’était la seule personne que je voyais parmi la trentaine d’autres à qui je tournais le dos. Nous en étions déjà au huitième coup et je savais que ce n’était pas fini.

J’essayais de résister, stoïque et résigné, gardant la position courbé avec peine. Je sentais les lanières aller et venir sur mes cuisses, de l’une à l’autre, tantôt les enlacer de toute leur longueur, tantôt les piquer de leurs pointes acérées et déposer sur ma peau nue comme des braises ardentes.

Parfois, certaines s’égaraient à l’intérieur d’une cuisse, zébrant de rouge cette tellement tendre et sensible partie, semant des poinçons de douleur qui me faisaient sursauter et cabrer.

Ces cinglées d’une traîtrise abominable réussissaient à m’arracher des larmes mais pas de cris, à peine un petit hoquet. Michard avait compté douze coups, et c’était déjà bien payé pour une petite inattention.

« Retournez à votre place mon garçon, m’ordonna le professeur en repliant le martinet. J’espère que dorénavant vous saurez vous montrer plus attentif, sans quoi la prochaine fois je vous déculotterai ! »

- Oui Monsieur. Merci Monsieur. »

Le remerciement n’était pas de règle, mais cela prouvait un peu plus votre bravoure. Je rabaissai les lisières de ma culotte et je regagnai mon pupitre feignant de lancer ici et là de petits clins d’œil complices à mes camarades, du genre : « Moi ? Même pas mal ! ».

Une fois assis à ma place, je pus apercevoir sur les faces internes de mes cuisses quelques traces stries rouges provenant de derrière. La correction avait été sévère, mais elle aurait pu l’être encore d’avantage. Monsieur Dubreuil m’en avait indiqué le degré supérieur en cas de nouvelles rêvasseries, ce qui me glaça le sang.

Bien que ce fût moins fréquent et réservé aux fautes graves et aux récidives, se faire déculotter était encore plus honteux et douloureux que ce que je venais de subir. J’évitais le plus possible d’en arriver là, bien que cela m’eût arrivé quelques fois. Étonnement, et grâce aux coups d’aiguilles qui semblaient piquer mes cuisses durant les heures à venir, mon attention s’en trouva fort améliorée jusqu’à la fin de la matinée.

A la récréation, je retrouvai Luc parmi ses camarades pour lui annoncer que j’avais reçu le martinet :

« Hé Luc, Dubreuil m’est encore tombé dessus ce matin ! Je me suis fait fouetter !

- Encore ? Qu’est-ce que tu as fait pour mériter le martinet ?

- Je rêvassais comme d’habitude… Qu’est-ce que je m’ennuie pendant ses cours ! »

Luc voyant l’état de mes cuisses, rameuta ses camarades afin de créer l’animation.

« Hé les gars venez voir ! s’écria-t-il, Dupraz s’est fait fouetter ! »

Un petit groupe de grands garçons se formèrent autour de moi. Ils voulurent voir les marques sur mes cuisses et je leur retroussai les bords de ma culotte. Luc laissa courir ses doigts sur les stries qui boursouflaient légèrement ma peau et il s’exclama en connaisseur au milieu de l’assemblée :

« Eh bien, ça c’est de la belle marque, tu as dû avoir sacrément mal mon gars ! » me lança-t-il admiratif.

Luc savait de quoi il parlait car chez lui aussi, autant qu’au collège, le martinet restait encore très actif malgré ses quinze ans.

« Oui, ça chauffe encore plus que d’habitude ! Vous savez, il ne s’est pas occupé de mon derrière et j’ai presque tout reçu sur les cuisses ! précisai-je fièrement. Avec le froid qu’il fait ce matin, je vous garantis que je ça réchauffe ! »

J’ironisais toujours un peu ma punition, comme si le professeur avait eu raison de me fouetter. C’était une bonne méthode en pension pour vous créer une fraternité d’admirateurs bénéficiaires de châtiments corporels, mais à la vérité, le martinet m’avait fait réellement très mal ce matin-là.

Mes cuisses restèrent brûlantes jusqu’au soir. Du temps passa avant de me retrouver courbé sur le bureau, les bords de ma culotte retroussés pour une nouvelle séance de martinet. Je n’avais aucune envie d’y retourner pour le moment.

Le soir venu, après que les professeurs eurent terminé leurs cours et que les externes furent rentrés chez eux, tous les internes, se retrouvèrent dans l’immense salle d’études. Nous pouvions y faire nos devoirs, réviser nos leçons ou lire tranquillement, mais toujours en silence. Nous étions placés par classe les uns derrière les autres, de façon telle qu’aucun élève de la même classe n’était assis au même pupitre.

Par un hasard encore impensable, nous avions Luc et moi l’obligation d’être à la même table presque au fond de la classe tous les soirs pendant deux heures. De ce fait, nous pensions être bien cachés du regard du surveillant, enfin croyait-on ! À peine assis, je ne pus m’empêcher de lui raconter ma journée à voix basse.

« J’ai eu deux heures de mathématiques avec l’autre folle de Lambert, chuchotai-je à Luc.

- Et ça a été ?

- Moi oui, mais il y en a encore un qui s’est pris le martinet.

- Encore un ? Ben dis donc, vous êtes des cancres dans votre classe. Pour quelle raison ?

- Il dessinait au lieu d’écouter. Elle lui en a mis dix coups !

- Déculotté ou sur les cuisses ?

- Non sur les cuisses comme moi, mais à mon avis la prochaine fois il y en a un qui va se faire déculotter !

- Moi j’aime bien quand il y en a un qui se fait déculotter, sauf quand c’est moi, pouffa-t-il discrètement. En tout cas, pas de martinet aujourd’hui pour moi, j’ai même eu une bonne note !

- C’est bien, t’as de la chance…

- Et toi, ça va tes cuisses ? T’as encore des marques…

- Oui c’est encore rouge, tiens regarde, lui répondis-je en retroussant mon ourlet de culotte afin de lui montrer discrètement l’intérieur de ma cuisse.

- On les voit encore bien. T’as encore mal ?

- Bof plus trop ! Je m’en fiche maintenant, mentis-je quelque peu avec un élan d’assurance.

- Moi c’est pareil, je ne crains plus vraiment les coups. Même que des fois je trouve ça drôle. Pas toi ?… »

Comme j’avais vu que le surveillant regardait dans notre direction, je ne répondis pas et fis mine d’être absorbé par mon travail. Quand Luc s’en aperçut aussi, il était trop tard. Nous allions certainement être punis tous les deux. Le gros surveillant se leva et descendit de sa chaire, puis avança calmement dans l’allée centrale de la longue salle.

Nous nous étions Luc et moi replongés dans nos devoirs comme si de rien n’était, mais le mal était fait. Arrivé à la hauteur de notre pupitre, l’homme à la forte carrure saisit l’oreille déjà bien décollée de Luc et tira dessus suffisamment fort pour le contraindre à se lever. Je me préparai à être saisi de la même façon, mais non !

Le surveillant repartit dans l’autre sens, mon ami Luc suspendu par l’oreille et grimaçant d’une réelle douleur tourna légèrement sa tête. De loin, il me lança un regard étonné qui semblait dire : « Et toi ? ». Je restai médusé et contrarié, de le voir partir sans moi à son côté pour le châtiment. De toute façon, devais-je m’en faire pour lui qui venait de me dire que ça l’amusait ? Face à la classe, l’homme interrogea le garçon sans relâcher son oreille :

« Eh bien Sauthier, vous n’avez donc pas de devoir à faire pour que nous empêchiez Dupraz de faire les siens ?

- Je m’étais avancé dimanche, M’sieur, j’ai presque rien à faire ce soir, répondit Luc grimaçant de plus belle, tandis que le surveillant lui tirait d’avantage l’oreille.

- Ah oui ? Vous êtes un génie mon garçon. Seulement vous savez bien que vous n’avez pas le droit de parler en salle d’études.

- Oui M’sieur !

- Vous conviendrez donc que je vais devoir vous fouetter pour avoir désobéi au règlement.

- Oui M’sieur !

- Parfait ! Mais dites-moi, c’est bien votre voisin Dupraz qui bavardait avec vous ?

- Euh… Non M’sieur ! C’est moi qui l’ai importuné. Lui travaillait en silence, dit-il spontanément comprenant vite que le surveillant voulait me punir également.

- Êtes-vous sûr qu’il n’a pas alimenté votre conversation ? Vous pourriez avoir de la compagnie.

- Oh non, il m’avait justement dit de me taire…

- Soit ! Tant pis pour vous, vous allez le regretter mon garçon ! » conclut-il comme déçu de ne pas nous punir tous les deux.

J’étais subjugué par le geste généreux de mon ami. Il allait être sévèrement fouetté à ma place, alors que c’était bien moi qui avait commencé à discuter. Ce garçon était un véritable ami. Il avait tout fait pour recevoir seul la correction et m’en préserver.

« Débouclez votre ceinture ! »

Luc se liquéfia sur place. Se doutant bien qu’il avait menti pour me protéger, le surveillant décida de lui administrer un châtiment qu’il n’oublierait pas. Sans autre sommation et devant toute l’assemblée, le malheureux garçon toujours pendu par l’oreille déboucla sa ceinture et déboutonna sa braguette afin de laisser tomber à ses chevilles sa culotte courte. Puis des deux mains, il baissa son slip qui finit lui aussi par glisser le long de ses longues jambes.

Le gros bonhomme le tira par l’oreille mais cette fois vers le bas pour le forcer à se pencher. Enfin lâché, Luc prit alors la position adéquate au châtiment, debout devant tout le monde et nous tournant le dos, basculé en avant, il empoigna ses genoux de ses deux mains. Nous pûmes tous admirer ses belles fesses charnues tendues devant nous. Nous les connaissions bien, d’autant que Luc avait une propension à nous les montrer souvent.

Il n’était guère pudique et adorait faire voir ses attributs dans les douches, ou au dortoir et de plus, il était assez souvent puni par le surveillant de nuit. Ce dernier ne se contentait pas de nos cuisses nues pour cible, comme ses collègues. Il avait tôt fait de dénouer la petite cordelette des bas de pyjamas pour mettre nos postérieurs à la disposition de son martinet.

Après avoir bien retroussé le pan de la chemise de Luc, le surveillant sortit le martinet d’un tiroir et regarda dans ma direction :

« Dupraz, venez ici s’il vous plaît ! »

Avait-il décidé finalement de me punir moi aussi ? Plutôt inquiet, je me levai et avançai vers l’estrade.

« Puisque ce camarade vous a importuné, vous compterez les coups de martinet que je vais lui administrer et gare à vous si vous vous trompez.

- Bien Monsieur. »

J’étais rassuré mais je n’en demeurais pas moins contrarié de voir mon camarade dans cette fâcheuse posture à cause de moi, alors que j’en étais a priori à l’abri. Le gros surveillant commença par lisser les lanières rêches du martinet dans sa main gauche plusieurs fois avant de les lancer vigoureusement sur le derrière dénudé dont la peau blanche se zébra aussitôt de stries rosées. Luc se crispa de douleur. J’étais tellement consterné que j’en oubliai de compter.

« Eh bien Dupraz, vous ne savez plus compter ? Peut-être voulez-vous vous déculotter aussi ?

- Oh non, pardon Monsieur ! UN ! »

Mon cœur battait la chamade, l’affreux bonhomme me tétanisait avec son air indifférent et son martinet. Un nouveau coup claqua et j’eus mal pour mon malheureux ami jusqu’à en oublier de compter une nouvelle fois. Mais il fallait bien obéir de peur de subir le même sort que le puni. Je réussis à prononcer à haute et intelligible voix : « DEUX ! ».

La correction continua. Mes oreilles s’emplissaient du bruissement du cuir qui cinglait sans relâche les fesses nues et sans défense. Je voyais les chairs vibrer et rougir de plus en plus à chacune des cinglées. L’homme levait haut le martinet et fouettait à toute volée les parties restées indemnes des fesses, de toute la force de son bras, pensais-je.

« NEUF ! … DIX ! »

Malgré la douleur certaine, Luc faisait preuve de beaucoup de courage et je l’admirais tout en m’efforçant de ne pas perdre le compte des coups. Il se cramponnait sans broncher dans sa fâcheuse posture, si ce n’est de légers déhanchements et de mouvements de bascule de son derrière généreusement offert aux cinglées martinet.

Le surveillant réussit même l’exploit de lui arracher quelques petits cris aigus, mais pas de larmes. Il devait vraiment lui faire mal ! Cela me transperça mais je continuais à compter. Nous avions déjà largement dépassé les quinze coups et le surveillant ne semblait pas avoir envie de s’arrêter comme s’il lui réservait un traitement spécial, adapté à son âge et à son physique.

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Heureusement, Luc était un grand garçon robuste et résistant qui ne craignait pas grand-chose et surtout pas quelques coups de martinet. Il avait déjà reçu plus de vingt coups et même s’il ne pouvait retenir quelques gémissements, il ne faiblissait pas. Il n’y avait pas de sanglots, seulement des cris nets pour exprimer sa douleur.

Étant un peu de biais par rapport à moi, il pouvait me voir en redressant et en tournant la tête. Il avait le visage rouge, qui se crispait à chaque coup reçu, mais aucun signe de colère dans son regard. Pas de larmes non plus, mais peut-être de la résignation. Il restait patient, stoïque, sans chercher à esquiver aucun coup, ses genoux légèrement fléchis, ses fesses offertes. On aurait presque pu croire qu’il voulait permettre au surveillant de mieux lui fouetter son derrière.

« Vingt-sept !… Vingt-huit !… »

Voyant ma mine déconfite et embarrassée, il me sourit entre deux coups, manière de me dire « t’en fais pas pour moi ! ». Son courage faillit me faire chavirer et je fis un effort pour ne pas perdre le fil du compte. Bien que Luc tînt sous le fouet avec une bravoure dont je n’aurais pas été capable, je souhaitais maintenant que le surveillant mette fin au châtiment. Comme s’il m’avait entendu, au trentième coup il replia les lanières du martinet contre le manche.

« Est-ce que cela suffira pour que vous reteniez la leçon jeune homme ?

- Oh oui Monsieur ! dit Luc qui se dépêcha de frotter ses fesses et le haut de ses cuisses dont la peau blanche à l’origine était désormais striée de zébrures d’un rouge rubis.

- C’est bon Dupraz ! Vous pouvez retourner à votre place !

- Oui M’sieur…»

Luc, restait planté au milieu de la salle, sa culotte toujours aux chevilles à frictionner ses fesses sans penser à sa nudité. Puis le surveillant prit une règle en bois carré sur son bureau et la lui tendit :

« Tenez, puisque vous n’avez rien d’autre à faire durant cette étude, lui dit-il, allez donc vous mettre au coin. Et reculottez-vous mon garçon !

- Bien M’sieur. »

Luc obéit et se dirigea vers le coin de la salle où les punis étaient fréquemment envoyés se mettre en pénitence durant les heures d’étude.

Il n’avait pas besoin de précisions supplémentaires. Il connaissait bien cette punition qui consistait à s’agenouiller sur une règle en bois carrée et à rester dans cette position inconfortable les deux mains sur la tête, jusqu’à ce qu’on vous autorise à la quitter. En général, elle précédait une bonne correction en présence des autres élèves. Je détestais plus que tout cette punition particulièrement pénible.

Comme nous étions en culotte courte, tout le poids du corps pesait uniquement sur nos genoux nus en appui sur la règle. De plus, pour que ça fasse encore plus mal, il fallait rester le buste bien droit de telle sorte que tout le poids du corps pèse uniquement sur les genoux qui étaient labourés par la règle. Il n’était pas question d’essayer de s’asseoir sur ses talons pour se soulager sous peine de prolongation de la pénitence ou même de quelques coups de martinet.

Quand le surveillant leva la punition, Luc eut du mal à se relever tant ses genoux lui faisaient mal. L’étude finie, nous pûmes aller au réfectoire.

« Eh ben, qu’est-ce que t’as encore pris Sauthier, lui lancèrent les autres garçons ! Le pion ne t’a pas loupé !

- Où est-ce que t’as le plus mal ? Aux fesses ou aux genoux ? »

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Les questions fusaient, lancées autant par ceux qui avaient été souvent punis de cette manière que par les nouveaux qui la craignaient. Quant à moi, je n’étais pas très fier, j’avais cruellement manqué de courage. Certes, il est toujours difficile de se dénoncer, mais j’aurais pu me tromper dans les comptes et me faire fouetter avec lui comme je le méritais, d’autant que c’était mon ami.

Par opposition au courage dont Luc avait brillamment fait la démonstration durant ses deux épreuves, j’avais conscience et honte de mes faiblesses. J’avais accepté de participer à sa fessée au martinet et je m’étais senti impuissant pendant que, dans le coin des pénitences, la règle lui meurtrissait les genoux, et j’espérais de tout mon cœur qu’il ne m’en voulût pas d’avoir été puni par ma faute. Mais, malgré ses traits tirés, Luc m’avait souri en me retrouvant à notre pupitre. Décidément, je ne méritais pas un ami pareil !

« Toi, mon petit gars, on peut dire que t’es verni ! Je t’ai bien sauvé la mise !

- Oui merci beaucoup Luc, c’est vraiment chic ce que tu as fait ! Dis-je reconnaissant. Mais je suis désolé, c’est moi qui ai commencé à te parler et c’est toi qui as été fouetté. Je m’en veux…

- Mais non ne t’en veux pas, je méritais de me faire fouetter ! Toi, tu as déjà été puni ce matin, j’ai eu pitié de tes fesses !

- Mais je ne voulais pas de ta pitié ! Moi aussi j’aurais mérité de me faire fouetter, lui avouai-je.

- C’est vrai, mais ne t’en fais pas ! Tu as bien le temps d’en prendre encore des coups de martinet ! Cette fois, tu as été plus malin que moi, tu ne t’es pas fait prendre ! Moi si… Tant pis pour moi et tant mieux pour toi ! Tu sais, je te disais justement que je ne craignais plus tellement le martinet. Même si mon derrière va s’en souvenir, ne t’inquiète pas pour lui, plaisanta-t-il !

- Et la règle ?

- Bof ! J’ai un peu mal aux genoux mais ça passera. En tout cas une fois de plus vous avez bien vu mon derrière ! railla-t-il en souriant.

- Ça c’est sûr qu’on l’a bien vu, surtout moi ! » répondis-je enfin à mon tour en lui rendant son sourire, soulagé de l’avoir retrouvé intact mais avec le sentiment d’avoir une dette envers lui.

Cette première journée du lundi se termina riche en émotions pour tous les deux. Nous avions déjà reçu une bonne correction chacun et cela n’allait pas être les seules de la semaine. Le martinet, pour nous et pour les autres, continua inlassablement de rythmer notre semaine.

Après quatre années de ce régime strict où, de classe en classe, je fus fouetté d’une façon ou d’une autre sur les fesses ou sur les cuisses, les bords de ma culotte retroussés ou carrément déculotté, mes fesses mises à nu, en classe ou au dortoir, dans le bureau des professeurs et même dans la cour de récréation, je reconnais bien volontiers aujourd’hui que la méthode d’éducation au martinet et le port des culottes courtes pour les garçons avaient été très efficaces.

Quoi qu’on en pense, et malgré l’état d’esprit actuel, c’était un temps merveilleux. S’il était possible de le revivre je n’aurais aucune hésitation.

Illustr. : par l’auteur

20 commentaires »

  1. Jacky dit :

    Oui, ces fichues rentrées scolaires! Merci d’avoir, et de si belle façon, réveillé en moi de vieux souvenirs. Pour moi, c’était moins tôt et je n’avais pas trop froid. C’était le départ de la ville. Nous avions bien une culotte courte, c’était obligatoire, avec la cravate, jusqu’à la troisième. Mais nous avions une longue cape.
    Quant à l’uniforme, j’avais échappé de justesse aux boutons dorés, à la casquette à visière et au col dur amidonné. C’était devenu un costume bleu marine, à pantalon cette fois, chemise blanche et cravate noire. Mais nous ne le portions que le dimanche.
    Le dimanche, oui, car nous sortions de la pension seulement pour les petites et les grandes vacances. Nous endurions des fessées, mais moins que vous. Peut-être n’en étaient-elles que plus honteuses et plus douloureuses que pour vous. Faute d’endurance ? Mais nous ne recevions pas le martinet. Sauf à la maison, bien sûr, mais ça payait bien le bonheur d’être en vacances, loin de la pension !
    Oh que c’était dur, ce départ pour cinq ou six semaines ! Et le soir, dans l’immense dortoir, se cachaient bien des larmes sous les draps. Même chez les grands garçons.
    Oh que c’était long… très long ! Alors, ça me rappelle bien la chaude camaraderie entre nous. Mais ce n’était pas une « merveilleuse » époque
    En tout cas, merci Davcha de m’avoir fait revivre ce souvenir que vous avez si bien raconté.
    Cordialement, Jacky

  2. Emilie dit :

    Ce récit est magnifique, merci !
    Je n’ai pas connu cette époque car je suis beaucoup plus jeune…
    Je n’ai pas reçu de fessées depuis plus de 3 mois, et là je viens de me fouetter toute seule à la tapette à mouches… Je crois que je suis devenue folle ! La honte que j’ai…
    Bisous d’Emilie.

    • lepicurien24100@gmail.com dit :

      Bonjour Emilie, non tu n’es pas folle, moi ça m’arrive aussi de me fesser seul avec la regle plate. C’est devenu un besoin.

    • Nelly dit :

      Bonjour Émilie,
      Non tu n’es pas folle. Tu ressens sûrement le besoin de recevoir la fessée car tu comprends inconsciemment que tu fais des bêtises et qu’il devient nécessaire de te recadrer. C’est une situation qui est peut être nouvelle pour toi. Mais si tu sais que tu la mérites pourquoi ne pas avouer tes bêtises à ta maman par exemple ?
      Bises

    • lepicurien24100@gmail.com dit :

      bonjour Emilie, je pense qu il faut que tu provoques tes parents que tu sois exigeante avec eux, voire un peu insolente. d insolence et je pense qu ils se fâcheront très fort et que tu auras la bonne fessée que tu recherches
      Bonne chance !

    • didier dit :

      Emilie, la fessée te manque ? As-tu une préférence quant à la façon de la recevoir ? Cela a-t-il un effet calmant et relaxant pour toi? Se fesser soi-même n’est pas chose évidente car on se retient, même si on ne le souhaite pas.
      Pour ma part, j’ai essayé, mais il n’y a que les cuisses, qui ressentent vraiment les claques ou les lanières. Depuis, j’ai une amie qui se prête au jeu. Plus simple !

  3. Sabine dit :

    Bonjour à tous, à Emilie,

    Lepicurien a raison, tu n’es pas folle, c’est sûrement parce que ça fait 3 mois tu dis n’avoir pas eu de fessée,forcément tu ressens un manque…tout simplement…Peut-être faut-il que tu provoques pour la recevoir à nouveau de tes parents?

  4. Emilie dit :

    Merci de vos encouragements Lepicurien et Sabine ! Vous me rassurez un peu…
    Tu as raison Sabine, c’est déjà ce que j’ai fait parfois : provoquer pour me prendre ma fessée déculottée… Mais là, ça ne marche plus depuis 3 mois.
    C’est pas pareil quand même de se fesser soi-même, c’est moins excitant, et en même temps c’est difficile de faire un effort pour se faire mal !…
    Que puis-je faire pour que mes parents me redonnent une bonne fessée ? Ma mère ou mon père, peu importe, les deux savent si bien fesser…
    Bisous d’Emilie.

    • Nelly dit :

      Émilie.
      Déjà quelle bêtise te valait-elle la fessée sur-le-champ sans avertissement ?
      Sans aller jusqu’à la faire spécialement pour être fessée c’est de ce type de bêtise qui pourrait peut-être de nouveau te coûter une bonne fessée je pense.
      Ensuite, que ta tenue vestimentaire est-elle propice à la fessée (par exemple le jeans n’est pas le plus adéquat).
      Mais je pense que tu dois depuis longtemps t’en être rendu compte.
      Tes parents pensent peut-être qu’il n’est n’est plus de leurs ressorts de te punir, ce qui n’est pas pour te réconforter, j’en conviens.
      La solution se trouve aussi dans ta vie de femme, amoureux ou amoureuse avec qui tu devrais en parler pour faire comprendre quel est ton désir.
      Ce n’est pas facile j’en conviens, mai voilà pour mon humble conseil,
      Bises Nelly

      • Louis dit :

        Bonjour Nelly.
        Tu dis que le jeans n’est pas le plus adéquat pour recevoir une fessée. Mais je me souviens que, quand je mettais Maman en colère, même si je portais un pantalon à dégrafer (bretelles ou ceinture, boutons, braguette à boutons ou à fermeture éclair…), maman prenait le temps nécessaire pour tout défaire. Ça mettait parfois un peu de temps, d’autant plus que souvent je gigotais, je me débattais, mais une maman déterminée y parvient et finit toujours par avoir le dessus.
        Mais ce jeans est peut-être davantage un obstacle pour tes parents, Emilie, car tu es une adulte. Amicalement et bises à toutes les deux.
        Louis

        • Nelly dit :

          Bonjour Louis,
          Je pense qu’à l’âge d’Émilie le jeans peut être un obstacle.
          Même si je suis d’accord avec toi sur le fait qu’une maman arrive toujours à ces fins dans ces moments là
          Bises

        • Marco dit :

          Bonjour Louis,
          on a peut-être déjà eu l’occasion de parler de ces questions « techniques ». Je confirme votre commentaire en y rajoutant que cela ne concernait pas seulement les mamans mais globalement tout adulte qui avait l’intention de nous fesser et bien motivé pour le faire.
          Les fermetures plus ou moins compliquées de nos vêtements et/ou nos tentatives d’esquive pour éviter cette étape dégradante n’y changeaient rien. Rares étaient ceux qui calaient.
          Ces petits obstacles ne faisaient que ralentir un processus (et prolonger l’embarras) au bout duquel nous finissions toujours à l’insu de notre mauvais gré par montrer slip ou petite culotte. La cible était enfin à portée de mains ! Encore un petit bout d’étoffe à faire glisser, mais le plus gros était fait, notre sort quasi scellé. Les grands n’en n’étaient pas exempts et en dépit de leur volonté de « ne pas se laisser faire », ils finissaient en slip ou culotte. C’est certain, les jupes ou assimilées facilitent grandement les choses avec l’accès quasi instantané à la petite culotte. (est-ce pour cela qu’elles sont de moins en moins portées ?) Et à moins d’être écossais le déshabillage des garçons et des filles qui leur ressemblent sera toujours plus compliqué en pantalon classique !
          Cordialement, Marco

    • Nelly dit :

      Bonsoir Émilie.
      Alors as tu fait cette bêtise, ou plus simplement le cumul de petites bêtise t ont elles values la fessée attendue depuis 3mois
      Bises

  5. Sabine dit :

    Bonjour Emilie,
    Alors fais une grosse bêtise…et tu l’auras la fessée…si tu lui manque de respect à ta mère par exemple..? Ou bien as-tu un petit copain pour te la donner?

  6. CLAUDE dit :

    Bonjour Davcha. Les illustrations de votre récit, confèrent à celui-ci une authenticité, à peine maquillée peut-être, par souci de discrétion. De fait, vous avez été bien élevé : à l’école comme à la maison le martinet veillait à vous discipliner. D’ailleurs vous reconnaissez son efficacité. Je vous rejoins tout à fait car c’est de la même manière que j’ai été éduqué et ma conclusion est la même que la vôtre : efficacité ! Reste que, par rapport à vous, je suis un privilégié. Certes, moi aussi j’ai été interne, mais dans un Lycée public où les châtiments corporels étaient interdits. Je n’ai donc pas connu les conditions spartiates que vous avez vécues : un départ le lundi matin dans le froid sec et mordant, et avant le lever du jour ! Vous deviez en outre parcourir à pied un Km pour attraper ce fichu train ! Le tout… en culottes courtes, en plein hiver ! Je comprends donc votre attachement à votre ami Luc, plus « philosophe » que vous. Vous décrivez avec finesse ce qui en lui vous fascinait: son visage encore doux, ses beaux yeux bleus éveillés et vifs, attentif à « cette culotte qui lui seyait plutôt bien, ses cuisses encore imberbes, mais finement musclées. « Délicieuse contemplation virile » donc. J’ai connu moi aussi une telle attraction, peut-être moins instance, quand j’étais pensionnaire. La promiscuité entre adolescents du même sexe conduit fatalement à cette sorte d’attachement qui ne va pas toutefois jusqu’à l’impudicité. Quant à la discipline dans votre collège, elle n’était pas moins spartiate : martinet à tous les étages ! Ô combien est émouvante la manière dont vous racontez la fouettée du lundi matin parce que vous rêvassiez. En fait je partage votre avis : Mr Dubreuil cherchait avant tout à asseoir son autorité et à calmer les meneurs et fauteurs de trouble ! Non sans raison à mon avis. Malheureusement, c’est vous qui avez été le premier fouetté, et sur les cuisses ! Le plus douloureux. Mais vote ami Luc parvint à vous épargner une deuxième et non moins douloureuse humiliation. Il est vrai qu’il semble plus endurant que vous. Mais quand même être fouetté fesses nues au martinet, suivi d’une pénitence douloureuse reste tout de même un sévère châtiment. En outre, c’est vous qui avez dû compter les coups de martinet donnés à votre ami. Pratique jadis courante chez nos amis Anglais. Cette situation vous procura une certaine gêne, puisque en fait, c’est vous qui aviez le premier à bavarder. Mais, d’un autre côté vous « aimiez le regarder » et pour le coup vous avez été aux premières loges. C’est un témoignage réciproque d’une amitié fortement ancrée entre vous deux. Vraiment, je vous admire l’un et l’autre. Touchante amitié, soutien mutuel, toutes choses si importantes quand on doit vivre une semaine enfermé dans un lieu de travail, je l’ai éprouvé moi aussi. J’espère que ce lien profond quoique pudique vous aura aidé à terminer vos études dans les moins mauvaises conditions. Cordialement. CLAUDE.

  7. Paladin dit :

    Merci pour ce récit superbement écrit ! Votre description des culottes courtes est si tendre, vivante et imagée qu’elle arrive à me rendre nostalgique de quelque-chose que je n’ai pourtant pas connu !

    En revanche, je n’ai pas pu m’empêcher de sourire en vous voyant parler d’« électrochoc » : mon père utilisait exactement la même expression pour nous sortir du lit. Maman venait nous réveiller tendrement, mais si nous n’étions pas debout, habillés et le lit fait – ou au moins bien avancé – au moment où Papa montait se raser, gare à nos fesses ! Marmot, je recevais parfois une petite paire de claques, légères mais sonnantes, pour me sortir du lit. Rien de bien méchant, plus ludique qu’autre chose. Papa disait en rigolant que c’était « mon petit électrochoc du matin ».

    Ado, les choses sont devenues plus… compliquées. Déjà, ce qui est rigolo quand son fils va à l’école du village tout seul à pied, l’est beaucoup moins quand il y a un bus à prendre pour le collège de la ville et que le louper implique de devoir faire un détour pour le déposer et être soi-même en retard au boulot. Et puis, à cet âge, j’ai commencé à prendre goût à la fessée (même s’il m’a fallu longtemps pour en prendre conscience, mettre des mots dessus et finalement l’accepter) et du coup je restais délibérément au lit, jouant avec le feu en attendant la dernière minute, à la fois excité et terrorisé. Je mimais la posture, allongé sur le ventre, la couverture rabattue et allant parfois même jusqu’à me déculotter, voire glisser l’oreiller sous le bassin pour redresser mon postérieur.

    La plupart du temps, le bon sens (ou la lâcheté ?) reprenait le dessus quand j’entendais Papa monter les escaliers. Mais parfois, je laissais filer la minute de trop et j’étais surpris encore au lit ou à peine en train d’enfiler mon caleçon. Là, forcément, j’avais de bonnes chances de me faire roussir les fesses, en fonction du temps qui restait. Papa ne parlait plus de « mon petit électrochoc du matin » en rigolant, mais sur un ton las et agacé. Et ce n’était plus la gentille petite paire de claques sur le postérieur de quand j’étais gamin, mais plutôt la bonne grosse douzaine sur chaque fesse, ou un rendez-vous avec le martinet pour le soir-même quand le temps manquait, voire les deux lorsque ça commençait à arriver trop fréquemment.

    • Davcha dit :

      Bonjour Paladin, il est surprenant que votre père parle également d’électrochoc, manière gentillette d’amuser son garçon en lui claquant le derrière pour le réveiller. En revanche une bonne grosse douzaine de claques sur chaque fesse n’était plus dans le cadre d’un petit électrochoc, mais une bonne raclée qui donnait bien le ton de la journée.
      Cordialement.

  8. Marco dit :

    Bonsoir Davcha,
    j’aime votre récit mais aussi tous les commentaires de vos intervenants-tes, fussent-ils hors du thème initial – j’apprécie même et presque surtout l’ambiance décrite, le décor, le ressenti, la camaraderie, toute une époque que je n’ai pas connue et dont la rudesse se voyait dans beaucoup d’activités, pour toutes les personnes et à tous les âges.
    On ressent aussi le courage des gens de « là-haut », d’aller braver le froid et la rusticité des moyens de transport d’alors. On ressent et partage la nostalgie pour ces tranches de vie et ambiances régionales. Les punitions et les fessées au pensionnat, pour attirantes et redoutables qu’elles soient passeraient presque à l’arrière-plan. Bravo aussi pour les photos noir et blanc comme tirées d’un album.
    Cordialement
    Marco

  9. Miraslova dit :

    Incroyable ! Je viens juste de tomber sur ce blog et je crois bien que j’y repasserais souvent ! Quel modèle d’éducation vous avez reçu Davcha !

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