La fessée appliquée

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Aventures de Lili (partie 5 – épilogue)

Groupe - Lili-  alleg

par Lili

On arrive à la fin ! Cet épisode est un peu à part, il traite moins des sujets qui nous intéressent. Je me suis dit que je ne pouvais pas conclure l’histoire sans clôturer les portes ouvertes, parler des résolutions, des dénouements… Bref ! Bonne lecture et à bientôt !

J’étais convaincue que si l’on souhaitait quelque chose vraiment très fort, on pouvait influer sur le cours de la vie. Je m’inventais des superstitions propres et des rites pour conjurer le mauvais sort. Le soir, la liste de mes vœux se modulait au gré des événements du quotidien.

On ne baratine pas les mathématiques. Impossible de faire illusion. Parvenir à exprimer l’angoisse dans laquelle cela me plongeait avait rendu mes journées d’école un peu plus légères et ouvraient la voie à demander de l’aide.

Aux premiers jours de l’automne, une journée de grève. L’été indien se poursuit, l’azur invite à l’escapade. La classe s’occupe dans une salle de permanence. Des chuchotements, des papiers pliés s’échangent en douce. Je dessine dans mon coin, la joue appuyée contre ma main, attendant que le temps passe. Je reçois une boule de papier derrière le crâne, sans en avoir vu l’expéditeur. Je la ramasse et la déplie. « On va à la rivière, après l’école ? » Dessous, une dizaine de noms écrits en tout petit.

La rivière, c’était un endroit que je ne fréquentais pas, ou du moins, pas en groupe. Un lieu défendu et prisé, où se réunissaient les plus grands du collège, pour fumer ou piquer une tête. Des collines herbeuses, un cours d’eau plutôt profond interdit à la baignade car pollué, des pontons constitués de pneus attachés les uns aux autres. Des baraquements abandonnés servaient de plongeoir. La rivière jouxtait le collège, il fallait faire gaffe à ne pas y être vu.

Je me retourne, un peu surprise, me demandant si le message m’est adressé.

- Mets ton nom et fais passer ! chuchote une fille derrière moi.

J’écris un petit « Lili » dans l’espace qu’il reste, attend que le surveillant se retourne et, d’un rapide coup de poignet, envoie le message à la table suivante.

- Les cinquièmes qui ont une autorisation de sortie, vous pouvez quitter l’école à trois heures, énonce le surveillant. Présentez votre carnet de correspondance au portail.

Une vague de joie soulève les tables et les chaises. La classe s’échappe comme une volée de moineaux, malgré les appels au calme. Je rejoins le groupe dans la rue, les mains dans les poches, en essayant de me faire oublier. J’attends le « Mais qu’est-ce que tu fais là, toi ? Dégage. T’as cru que tu pouvais venir avec nous ? ». Il ne vient pas. Je commence à croire que mes vœux muets du soir sont en train de se réaliser. Le garçon au visage sans nom, celui de la flaque, mène le groupe vers la rivière.

Les uns s’étendent dans l’herbe grasse pour regarder passer les nuages. Les moins frileux remontent leurs pantalons jusqu’aux cuisses et barbotent dans la rivière. Je laisse tomber mon sac d’école, enlève mes baskets et fais de même, un peu en retrait, sans oser me mêler aux conversations et aux jeux d’eau.

Le fond de la rivière est constitué de gros cailloux. Dans l’anse où le groupe s’est posé, la profondeur ne permet pas vraiment de nager avec aise. Certaines pierres aux arêtes tranchantes rendent la progression difficile. Et parfois une bouteille cassée. L’onde m’arrive à mi-cuisses. J’avance sur la pointe des orteils, précautionneusement. Je regarde mon reflet dans la rivière, il me renvoie un sourire.

- Voilà ! Là, elle peut plus courir ! s’esclaffe le meneur du groupe en brandissant une grosse pierre.

Le projectile manque sa cible et frappe l’eau, à trente centimètres de moi. Mon reflet, brouillé instantanément, disparait. Je lève des yeux horrifiés vers la rive. Le groupe encercle l’anse, sur la terre ferme, des deux côtés. Une gamine agite mes baskets et les lance aussi loin qu’elle peut en riant.

- Vous avez vu sa tête, quand on l’a invitée ?

- Tu vas vite, hein, Lili ? Tu vas faire comment, là ? Vas-y, saute, maintenant ! accompagne un autre d’un nouveau lancer.

Les voies de fuite sont coupées. Rejoindre la rive, courir, les semer, pieds nus ? Impossible. Pas de retraite. Personne pour entendre. Je regarde, hébétée, l’onde s’agiter sous la pluie de cailloux. L’un d’eux touche mon épaule. Un filet de sang coule au creux du coude. Je déconnecte.

Et puis soudain, la pluie de pierre cesse. Le son me revient, des applaudissements, lents avec un rire dément que je connais bien.

- Oh, merde, clame Locke en continuant à applaudir. Ne me donnez pas, de plus, une raison pour vous casser la gueule.

Le reste de la bande s’interpose entre la route et le groupe de collégiens, que la panique agite comme un renard dans un poulailler. Les gamins de la rive opposée se barrent à toutes jambes. Locke fonce droit sur le meneur, l’envoie au sol d’un coup de genou dans le ventre, il s’effondre tel une poupée de chiffon. Je le regarde hurler avec une fascination horrifiée.

J’ai tellement espéré cette scène. Pourtant, mes jambes bougent toutes seules, je sautille de cailloux en cailloux jusqu’à la rive.

- Arrête, Locke, s’il te plaît, arrête. Je veux pas. Pas comme ça.

- T’as raison, ça t’appartient, répond le chef de bande en faisant un pas de côté et en s’inclinant d’une ébauche de révérence. Désolé, Lili. Je te le laisse.

- Je veux pas, je t’en supplie. On s’en va. C’est bon. 

Indifférent, Locke arme brusquement un coup de pied et l’arrête au dernier moment, à quelques centimètres du visage du garçon.

- Merde ! hurle-t-il, Pourquoi ?

Tout à sa frénésie, Locke attrape le gamin par le col, le relève d’un bras et vient lui glisser à l’oreille.

- Ecoute-moi, toi. C’est ton jour de chance. Dégage. Vite. On se recroise, je te refais la gueule sur le béton.

Locke abandonne sa proie comme si elle n’existait plus. Elle fuit, mi-courant, mi-tombant, les yeux exorbités de terreur. Il se tourne lentement vers moi, une même fièvre furibonde embrasse son regard. Ses mains et ses lèvres tremblent.

- Frappe-moi au visage, Lili. De toutes tes forces.

- Tu déconnes, on va rentrer à la planque, c’est bon, c’est fini, dites quelque chose, vous autres. La course reprend, hein ?

Le reste de la bande n’a pas bougé. Konrad retient Salsa d’une main sur l’épaule. Nick regarde ailleurs.

- T’as cinq secondes, continue Locke en avançant sur moi, tu veux que je compte ?

- Arrête. Je peux pas faire ça. Je sais pas faire. Arrête, s’il te plaît.

Une gifle du revers de la main me décroche la tête. Je chancelle, sidérée par l’impact et le bruit, avant même que la douleur ne parvienne à mes sens. Je tombe sur mes fesses, recule pour fuir en cherchant mes appuis, les paumes dans l’herbe.

- Réveille-toi ! rugit Locke. Merde, Lili. T’es quoi ? Comme un chien qu’on tabasse et qui revient en agitant la queue ? Réagis, bouge. Moi, je ne te plaindrai pas. On a le rôle qu’on se donne. Je suis sûr que je peux te faire plus peur que les merdeux de ton école. Tu veux que ça cesse ? Frappe.

Il avance de deux pas, je recule tout autant.

- Je connais ce regard-là. Tu t’éteins. Tu laisses faire. Tu attends que ça passe. C’est presque normal, hein ? C’est ta routine, l’ordre des choses. C’est peut-être ta faute, hein ? Mais merde, Lili. La différence entre toi et moi, c’est qu’un jour, j’ai décidé de fermer le poing et rendre coup pour coup. Ça marche pas, c’est vrai, la vie est injuste, mais au moins tu crèves pas à petit feu. Alors tu te relèves, tu fermes ta main et tu frappes.

Mon regard cherche de l’aide auprès de la bande. Salsa pleure.

- Oublie-les, ne quitte pas mes yeux. C’est moi que t’affrontes. Pas eux. TU t’es interposée. TU m’as barré la route, hurle-t-il. C’est quoi qui t’a fait bouger ?

Je cherche mes voies de fuite. J’essaie de ne plus entendre, de ne plus être là. Une deuxième gifle me fait rouler dans l’herbe. Mes temps battent, des points de lumière virevoltent devant mes yeux. Et puis soudain, une vieille amie, tapie au fond des côtes, me ramène brutalement à l’immédiateté du combat. Une révolte sourde, ma terreur bascule. Mes jambes se tendent, je bondis comme un ressort, enfonce mon poing dans les dents de Locke et retombe en arrière en me serrant la main de douleur.

- Pas mal, pour si petit bras, ricane Locke en s’essuyant la bouche avec son t-shirt. T’as une bonne droite, Lili. T’avais caché ça.

Le garçon a la lèvre fendue et les gencives qui saignent abondement entre ses dents distantes. Moi, leurs traces dans mes phalanges. Ça a l’air de l’amuser, il rigole comme un chien fou, la bouche grande ouverte.

- Merde, Lili. J’ai cru que t’allais me tuer ! Genre, le regard noir, vraiment noir, tu vois ? J’ai vu ma mort dedans.

- La prochaine fois, essaie d’expirer en même temps et accompagner le mouvement avec ton bassin, explique Konrad en prenant ma main blessée. Et garder ton poing et ton poignet solides et droits.

- T’es malade ! s’amuse Locke. Lui explique pas comment bien faire, en plus !

- On va se descendre une cannette ? Pour faire passer tout ça ? demande Nick en rabattant la visière de sa casquette jusqu’au ras des sourcils.

- Vous êtes vraiment trop bêtes, soupire Salsa en me passant un bras par-dessus l’épaule. Y’en a pas un pour sauver l’autre. Contente de te revoir, Lili, c’était bizarre, sans toi.

On prend le chemin de la nouvelle planque, une zone de fret abandonnée près d’une station ferroviaire. Locke m’évite du regard, un peu gêné. Il y a un vieux wagon à l’arrêt dont le cadenas est cassé. On s’installe dans un compartiment, espace fumeur. Rupert engueule Nick qui met les pieds sur la banquette. Johanne colle son front contre la vitre comme si elle voyait le paysage défiler.

- On migre, annonce Locke, dans les prochains jours. On doit changer de territoire. Depuis qu’on a perdu Terry, trop de pagaille, c’est allé trop vite. On peut plus vraiment bouger ici, sans être reconnu. T’en es ?

- Non, je reste.

- C’est mieux comme ça, répond le chef de bande en se laissant tomber dans la banquette, les bras croisés derrière la nuque. Barre-toi. Je t’ai déjà dit tout ce que j’avais à te dire. Tu connais tous mes trucs. Ne t’endors pas, d’accord ? Bravache. Fière. Genre morte de faim de vivre. C’est comme ça qu’on trace sa route.

- Hum.

- Je t’ai fait un sac, marmonne Salsa comme si c’était moi qui partais en voyage. J’ai mis des trucs utiles. Une part des derniers butins aussi, même si t’étais pas là. Tu me reverras à la radio, enfin sur les affiches. Je te signerai des autographes.

- Merci.

- Eh, Lili, on a pris du bon temps, hein ? sourit Rupert en topant ma paume.

- Ouais.

- La fois où j’ai dit que t’avais une tête pleine d’eau comme la pastèque de tes t-shirts, je le pensais pas, pleurniche Nick.

- C’est toi la tête pleine d’eau, Nick.

- Aurevoir, murmure Johanne, comme si elle se disait aurevoir à elle-même.

- Aurevoir, Johanne. 

- Lili, t’as compris pour le coup de poing ? s’inquiète Konrad. Le pouce c’est à l’extérieur, pour verrouiller le poing, pas dedans, sinon tu risques de le casser en frappant.

- Oui, c’est bon, à l’extérieur, après avoir bien plié tous les doigts. T’en fais pas, je connais tous vos trucs.

Je me relève, sangle mon sac d’école sur le dos, la besace de Salsa au côté.

- Merci. C’était bien. On a ri. Je dois y aller, maintenant. J’oublierai rien.

Je saute du vieux wagon et détale en courant. Mes pas me ramènent aux entrepôts après une longue errance le long des lignes de chemins de fer. Je me glisse par la porte entrebâillée, enlève mes chaussures pour grimper les marches métalliques et rentre à pas de loup dans l’atelier. Mon balai traîne dans un coin, le contact du bois a quelque chose de rassurant. Le Corbeau dessine une esquisse à la craie sur un bout de mur libre, comme pour donner une forme à une pensée passante. J’essaie de balayer dans les ombres, en évitant la lumière du soleil.

- Bonjour, Lili, tu arrives tôt.

- Bonjour, Jalen. Y’a la grève, à l’école.

- Tout va bien ?

- Non, pas vraiment.

Le Corbeau s’arrête, surpris et s’approche. Je regarde mes baskets et ne bouge pas lorsqu’il me fait avancer doucement à la lumière en prenant ma main.

- Tu es blessée, Lili. Laisse-moi voir. On s’en occupe, et tu me racontes ensuite ?

- D’accord.

Assise sur le plan de travail, les jambes battantes dans le vide, je grimace au coton imbibé d’alcool. Je souris quand le Corbeau se débat avec un morceau de sparadrap qu’il n’arrive pas à découper. Ses mains tremblent un peu. Elles sont plus à l’aise avec les crayons et les oiseaux. J’avale une grande rasade d’air.

- C’est à l’école, les autres s’en prennent à moi. Je voudrais que ça s’arrête.

*

EPILOGUE

Bien des années se sont écoulées depuis les courses sur les toits, les balades à mobylette bleue, les défis quotidiens, les fuites incessantes.

Je n’ai pas le sentiment qu’enfant, l’on cherche à devenir quelqu’un de meilleur pour soi-même. Tant que j’en ai eu besoin, je me suis évertuée à faire de mon mieux, pour quelqu’un d’autre. Et puis, un jour, j’ai accepté de grandir. Passer à l’atelier, c’était y puiser toutes les ressources dont j’avais besoin pour affronter la vie. Retrouver une place d’enfant, la sécurité d’être guidée dans l’appréciation des frontières, même les plus élémentaires. Refaire confiance, sortir du silence. Apprendre la tendresse, la joie des petits détails, la persévérance. Recoller une identité blessée comme on répare les oiseaux d’une terrasse, tout doucement, dans le temps.

J’ai une pensée émue pour le gamin ivre de vivre, exalté et colérique, qui un jour, m’a fait fermer le poing pour affronter mes peurs. Il aimait et protégeait à sa façon.

Mes passages quotidiens à l’atelier du Corbeau sont devenus hebdomadaires puis, se sont espacés, se transformant parfois en correspondance. Les liens se sont étirés, sans jamais se rompre. A chaque fois que je montais les marches pour restaurer mes forces, Jalen passait la tête et son visage s’éclairait. Une rencontre de deux âmes un peu solitaires, qui ont appris l’une de l’autre. Il parait que je lui ai inspiré des tas d’oiseaux.

J’ai le souvenir intact des odeurs de café et de térébenthine de l’atelier. Du frottement des copeaux de bois quand on marche. Des fins rayons à travers le carton de la verrière. Les « Ah, c’est toi, monte », les intervalles de respirations concentrées sur l’ouvrage. Le bruit et l’impression cuisante des rares fessées que j’ai reçues. La dernière, je devais avoir un peu plus de treize ans, elle s’est passée dans une ruelle, non loin du centre commercial. Je la garde pour une autre fois. C’était la rencontre toute paradoxale entre le défi de Locke – ne jamais sortir d’un magasin sans s’approprier quelque chose, même insignifiante – et une banale après-midi de courses avec le Corbeau.

Et aujourd’hui, à chaque fois que je passe un portique de magasin, mon ventre se serre, mon cœur s’accélère et mes mains tremblent d’un émoi palpable.  L’idée même de voler quoi que ce soit m’est inconcevable mais les automatismes demeurent. Je rougis, j’attire les regards, mince ! Je dois avoir la tête de l’emploi.

- Mademoiselle, ouvrez votre sac à dos, s’il vous plaît.

Je m’exécute, machinalement, la mort dans l’âme. Pourquoi, juste avant Noël, dans les commerces bondés, parmi les dizaines et les dizaines de passants, faut-il que ce soit moi que l’on interpelle ? Un soupir, je dégage mon sac d’un coup d’épaule et l’ouvre sur mes carnets à dessin.

- Sérieusement ? Vous pensez vraiment que…

- …Lili ? s’étrangle le vigile à la sortie du centre commercial.

Je lève les yeux sur un grand gaillard roux, au visage constellé de taches de rousseur, en costume sévère et impeccable.

- Rupert ? Merde, Rupert ?…

On se regarde comme deux gamins et on a envie de sauter et danser de joie au milieu des clients du magasin bondé. Rupert a une petite toux de contenance, il se redresse dans son costume. Je me passe la main sur le visage. Le pirate d’autrefois en agent de sécurité, ça me donne envie de rire de tout mon cœur.

- Reviens me voir après le boulot, si tu veux, on prend un café ?

A mots couverts, on a remonté le temps, évoqué les anciens, fait vivre les figures de nos histoires, avec un enthousiasme fébrile. La grosse Janedra, le Corbeau reclus, le Vieux Cramé… Pour un peu, on était à l’ombre de la camionnette.

- Peu après ton départ, Lili, Locke s’est fait prendre. Ça a dissous la bande, on ne serait pas allé bien loin, sans lui. C’est comme une meute sans chef, ça court pas loin ou ça se déchire à l’intérieur. Mon petit frère, enfin, Nick, il a repris les études. Il fait dans la transformation des ressources, des énergies. Il paraît que ça paie bien.  Moi, c’était pas mon truc alors j’ai couru après mon vieux rêve, tu te rappelles ? Salsa, elle a joué dans les bars, les festivals indépendants. Elle est partie à l’étranger, je crois, elle assure. Terry et Konrad, je ne sais pas, je n’ai jamais eu de nouvelles. Johanne, elle s’est… envolée. Enfin, elle était déjà plus vraiment avec nous, tu sais, quand tu l’as connue. J’ai deux petits gamins, trois et sept ans, tu veux voir leurs têtes ? ça me fait drôle. Tu crois qu’ils seront plus cools que nous ?

- J’espère, sinon tu ne dormiras pas beaucoup.

- Et toi, Lili ?

- Moi ?

Je souris avec malice.

- Je fais vivre les images qui s’agitent dans ma tête.

Illustr. : Lili

9 commentaires »

  1. Anne-Sophie dit :

    Bonjour Lili,
    Merci beaucoup de vos 5 magnifiques récits. Petite gamine perdue dans ce monde, où les parents semblent absents, et en manque total de repères, une bande des 400 coups, qui est votre nouvelle famille et votre nouvel ami, une sorte d’ermite que tout le monde craint et n’ose approcher.
    Celui-ci va se révéler être une figure de liberté, puisque vous y revenez de votre propre chef, mais aussi et surtout, figure d’autorité et de réflexion. Il vous amène à réfléchir à certaines choses, la cruauté gratuite (avec l’événement du scarabée), le respect de soi (apprendre pour soi et bien faire les choses) etc. L’autorité, il vous la montre à travers de bonnes fessées, mais toujours avec une explication et cette réflexion et cette aptitude à clore les faits après ladite fessée. Moment également très émouvant, c’est quand il vous prend dans ses bras afin de vous consoler ; il vous montre qu’il est là… Autant, il vous remet dans le droit chemin à travers une sévère correction, autant il sait également vous rassurer et vous consoler quand vous en avez besoin… comme l’aurait fait un Papa.
    Derrière ce côté solitaire et en marge de la société, le Corbeau avère être une belle personne. J’aime beaucoup.
    Encore mille mercis de ces magnifiques récits,
    J’espère que vous nous conterez d’autres belles histoires de Lili !
    Anne-Sophie

    • Lili dit :

      Bonjour Anne-Sophie
      Merci pour vos mots qui me touchent beaucoup et merci d’avoir lu cette suite d’aventures jusqu’à son terme. C’est vraiment émouvant pour moi de réaliser, à votre vision, d’une sorte de compréhension mutuelle.
      Je fais une petite pause d’écriture pour un moment et j’y reviendrai très vite, mais… dans un autre contexte en lien avec le site ! D’autres personnages, une autre histoire !
      Au plaisir de partager à nouveau avec vous,
      A bientôt
      Lili

  2. Marco dit :

    Bonsoir Lili,

    Vos deux dernières productions sur les Aventures de Lili sont aussi captivantes que les précédentes.
    j’ai été pris dans le récit comme dans un film, croyant vous suivre lorsque vous revenez dans l’atelier (oui j’étais derrière dans la pénombre)
    Ah ce Corbeau, plus fort que le Renard de la fable, c’est lui qui vous donne des leçons de vie.
    Certes vos compagnons de galère de la bande vous en ont donnés aussi à leur manière mais lui est le plus riche et il sait lier les moments de gravité et ceux de tendresse.
    Et il sait donner la fessée, oui oui vous avez un joli derrière qui rougit bien.Je le soupçonne d’avoir eu des enfants dans une vie antérieure et s’être fait plaqué par son ex, ce qui expliquerait sa vie de reclus.
    Dans l’épilogue la fuite du temps, les difficultés à mener sa barque, les retrouvailles, tout ça m’interpelle aussi m^me si je n’ai pas eu de vie de bâton de chaise, j’ai pu rêver d’autre chose et le réaliser c’est pas évident.
    ça me rappelle une chanson d’Alain Souchon dont le titre m’échappe où il dit :<> ah oui c’est dans le Bagad de Lann-Bihoué. Donc un grand merci pour nous avoir embarqué dans vos aventures, chère Lili.
    Bonne continuation et au plaisir de se recroiser.

    Bises de Marco

    • Lili dit :

      Bonsoir Marco
      Je suis contente de t’avoir embarqué dans ces aventures et je suis sûre qu’il y avait largement la place de se cacher en toute discrétion dans le capharnaüm poussiéreux de l’atelier! ;)
      Je prépare de nouveaux décors et terrains de jeux. Je n’ai pas résisté longtemps à ma pause d’écriture après le petit marathon que fut celle-ci.
      Merci encore pour ton attention et ta sympathie.
      A la prochaine !
      Lili

  3. CLAUDE dit :

    Bonjour Lili,
    Votre épilogue est lumineux ! La bande s’est dissoute par la capture de Locke ! Vous êtes désormais libre et vos pensées sont positives : »Je suis convaincue que si l’on voulait quelque chose vraiment très fort on pouvait influer sur le cours de la vie ». Mais pourquoi quand même ce pessimisme ? « Je n’ai pas le sentiment qu’enfant on cherche à devenir quelqu’un de meilleur pour soi-même ». Tous vos récits prouvent le contraire! Très chaleureusement. CLAUDE.

    • Lili dit :

      Bonjour Claude
      Je viens de lire vos commentaires, égrenés au fil des deux récits, et je vous remercie ! D’avoir lu tout ça et pris le temps de donner vos sentiments. Les « aventures de Lili », centrées sur le personnage d’une jeune fille d’une douzaine d’années, d’un côté, font écho à ma propre enfance/adolescence.
      Vous me faites me replonger dans ce récit que j’avais presque oublié ou mis de côté en me consacrant à l’écriture du dernier en date.
      Récit fictif, c’est vrai ! Mais en grande partie inspiré de la violence ordinaire que j’ai côtoyée, et qui doit, d’une certaine façon, colorer tous mes écrits aujourd’hui. Je n’ai pas eu à aller chercher très loin pour parler de cette quête de repères ! « L’adrénaline me grisait », c’était presque quotidien. Je vivais, alors, pour ces sensations fortes.
      Dans les aventures de « Lili », les thèmes généraux sont, j’imagine, l’abandon, l’errance, les recherches d’appartenance à un groupe, d’acceptation, de limites. Peut-être aussi une quête d’identité. Comment grandir, dans ce monde violent ? Il y a, comme vous le notez, ce passage sans cesse entre ombre/lumière, à l’image des luttes intérieures ! Cependant, j’ai essayé de rendre quelque chose qui ne soit pas trop « tranché » ! J’aime les nuances, les personnages un peu « gris ». A l’image de la bande de Locke, par exemple, capable du pire (les actes délictueux, la violence…), comme le meilleur (l’amitié, la protection, un côté « fraternel »…).
      J’ai marqué dans l’épilogue « je ne pense pas qu’enfant, on cherche à devenir quelqu’un de meilleur pour soi-même ». Je le pense, sans en faire une généralité. À cet âge, prisonnière de ces problématiques d’enfant, je vivais au temps de l’instant présent, sans réel désir de changer d’état. Ce sont les rencontres, en particulier une, qui m’ont donné envie d’être quelqu’un d’autre, d’initier un changement.
      Amicalement,
      Lili

      • CLAUDE dit :

        BBonjour Lili. Ne me remerciez pas; c’est moi qui vous dois des remerciements. Vous m’avez fait découvrir un univers que je ne connaissais pas; sinon de manière très superficielle. «Comment grandir sans un monde si violent »? Là est la question ! Toutefois, cette « violence ordinaire » vous grisait » et vous procurait des « sensations fortes » qui étaient pour vous quelque chose comme une drogue: « des poussées d’adrénaline » ! Mais votre récit campe un personnage très hardi. Et la concurrence au sein d’un groupe de « mâles » n’était pas le moindre défi à relever ! Ces luttes intérieures sont pathétiques. Heureusement, des rencontres opportunes vous ont aidé à vous soustraire de cet univers malsain. En particulier, une qui m’ont donné envie d’être quelqu’un d’autre, d’initier un changement », écrivez-vous. Tous les récits que vous avez écrits sont d’abord des pages qui pourraient constituer une « nouvelle », tant la qualité de votre style et la construction de vos textes sont impressionnants ! Ce n’est pas un compliment, c’est un constat. Ayant enseigné les Lettres, je m’autorise à en juger. Enfin, je constate avec plaisir que vous avez triomphé de ces pulsions plus ou moins « névrotiques » souvent présentes chez les adolescents des deux sexes. Puisse votre « quête d’identité » avoir trouvé la personne qui aura pu tout simplement vous aimer. CLAUDE.

        • Lili dit :

          Bonjour Claude,
          Merci pour votre retour tout de même ! C’est vraiment plaisant d’échanger sur les univers qu’on se crée, de trouver une réciprocité dans les points de vue, des divergences d’opinion ou des ententes… Tout ceci fait vivre les récits différemment.
          L’adrénaline, la recherche de sensations fortes, je ne le vois pas nécessairement comme quelque chose de mauvais. Comme un message aux proches, une alerte, c’est sûr. Un entourage attentif verra dans certaines conduites à risque un comportement destructeur.
          Cependant, c’est aussi une façon de vivre intensément, sortir de la léthargie ou la torpeur, éprouver son corps, en sentir les limites (dans le récit à l’exemple de la course, les sauts, etc… on rejoint les sports extrêmes, le dépassement physique), comme par ailleurs dépasser des peurs, mobiliser une forme de courage, sur un plan mental.
          Du coup, cette quête de « sensations fortes », rejoint de mon point de vue l’idée qu’on se bricole des outils pour grandir avec ce qu’on a sous la main !
          Pour les « luttes intérieures »… Hum… Je ne suis pas d’accord ! Elles sont tout ce qui rend à mes yeux un personnage humain ! La complexité des luttes très « manichéennes », le choix de suivre ou de dire non, de fermer les yeux ou réagir… J’aime bien les personnages qui se débattent avec la morale, des « héros imparfaits » ! Ou rien n’est « évident ». La petite héroïne du récit est capable d’une cruauté toute enfantine, d’une amoralité notoire pour les vols, et, en contrepartie… d’un amour inconditionnel, d’une forme de courage, de la capacité de choisir, finalement, une voie plus lumineuse.
          Bon, je poursuis sur l’autre récit, à tout de suite !
          Lili

  4. CLAUDE dit :

    Bonsoir LILI. Oui, c’est plaisant d’échanger sur des univers que l’on se crée. Au-delà de nos « divergences » d’opinion sur certains points, il y a dans vos récits un fil rouge qui m’intrigue: la violence. L’adrénaline par exemple n’est pas pour moi une recherche de sensations fortes mais plutôt une fuite en avant. De même se « bricoler des outils pour grandir », soit ! Mais quels outils? Pour votre héroïne c’est à la fois la cruauté « enfantine’-(?)-l’amoralité et, paradoxalement un amour inconditionnel, voire une forme de courage. Et in fine : »la capacité de choisir finalement une voie plus lumineuse ». Voilà bien des différences entre nous mais c’est normal. L’âge en est le 1° facteur. Je vous suis reconnaissant de m’ouvrit une fenêtre sur un univers jusqu’ici pour moi inconnu ou presque. Amicalement. CLAUDE.

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