La fessée appliquée

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Besoin de sévérité, même à seize ans

Cambaceres 16 ans

Par Cambaceres

Les vacances touchaient à leur fin et la rentrée scolaire approchait. En même temps j’allais bientôt avoir seize ans. Et une certaine angoisse m’envahissait. Ce n’était pas la rentrée en elle-même qui m’inquiétait, non ! Même si mes débuts en seconde avaient été laborieux, j’avais réussi à redresser la barre et à atteindre un excellent niveau dans les matières littéraires, les seules qui importaient vraiment aux yeux de ma mère et aux miens. Les sciences naturelles m’intéresseraient sans doute, la physique moins et les maths, comme d’habitude, pas du tout.

Non ! Ce n’était pas le « quoi ? » qui me hantait mais le « comment ? ».

Depuis l’âge de onze ans et le redoublement de ma 6e  ma mère m’avait soumis à une discipline rude basée sur le port de culottes courtes et de punitions au martinet sur les cuisses nues. Il est vrai que je ne l’avais pas volé et que mon indolence et ma nonchalance m’avaient perdu.

Je m’étais soumis docilement à son martinet, n’avais jamais contesté une sanction et cela l’avait sans doute encouragée à continuer. En tout cas, le remède m’avait guéri et j’étais redevenu bon élève. A treize ans, je l’avais reconnu auprès de ma mère et, ayant toujours besoin d’être encadré par une discipline stricte, je lui avais demandé de m’imposer encore celle-ci. Et elle avait à nouveau porté ses fruits.

L’année précédente, pour mon entrée en seconde, je pus aller en classe en pantalon et d’ailleurs aucun élève n’en portait encore. Cependant, je me sentais immature et toujours enfant et ma petite taille n’arrangeait rien. Sitôt rentré de l’école, je me remettais en culotte courte d’autant plus aisément que la plupart rangées dans mon armoire m’allaient encore fort bien. Ma mère comprit mon état d’esprit et ne m’en découragea pas. Si bien qu’en dehors de l’école, je restais en culotte courte.

Le martinet était toujours suspendu au salon, mais on n’en parlait plus. En 3e, ma mère était passée à un martinet de confection artisanale à cinq lanières carrées, épaisses et souples qui donnait une fouettée plus mordante. Comme elle avait augmenté ses exigences, il avait connu une belle carrière, y compris pour me punir de dérapages verbaux et écarts de langage.

Or en seconde mes premiers résultats en français s’avérèrent médiocres, ce qui me mortifia, moi qui me considérais comme un « littéraire ». Terriblement vexé, j’en vins à réclamer à ma mère le retour du martinet dans une volonté d’autopunition. Elle en fut étonnée et trouvait cela peut-être exagéré. Cependant, le fait que cette discipline avait toujours marché avec moi et que j’avais remis de moi-même mes culottes courtes, la poussa à accepter. Elle consentait à me corriger, mais uniquement pour mes notes insuffisantes dans les matières littéraires. Et elle y mit assez finement une condition supplémentaire : après une correction, je devrais passer un jour de classe en culotte courte. Elle trouvait cela cohérent du fait que j’en portais tout le temps en dehors de l’école. Je cédai évidemment à sa demande.

Comme il était aussi prévu des cours particuliers de lettres classiques, ceux-ci seraient étendus au français. Nous discutâmes des modalités de ces cours avec l’enseignante recrutée par ma mère. La sévérité que je réclamais à nouveau leur serait aussi étendue. L’enseignante acceptait de me donner le martinet en cas de résultats insuffisants ou d’attitude nonchalante. Elle ne s’en priva pas et cela m’amena à passer davantage de temps en culotte courte en classe, ce qui amusa un peu certains camarades.

Le retour à cette discipline sévère et les cours particuliers m’aidèrent à bien redresser la barre et à revenir à un bon niveau. Ma mère considéra que finalement j’avais eu raison de réclamer le maintien de cette sévérité. D’ailleurs à nouveau, elle me corrigea encore pour des écarts verbaux. L’enseignante en convint aussi mais trouva qu’à mon âge, on pouvait tenter une autre méthode.

Ma mère et moi nous interrogions sur l’attitude à avoir pour cette classe de première. L’un et l’autre étions perplexes. Comment allions-nous procéder en cas de résultats insuffisants ou d’écarts de conduite ? Le martinet devait-il encore intervenir ? Devrais-je à nouveau passer certains jours de classe en culottes courtes ?

Un jour, ma mère m’avait raconté qu’au début des années cinquante avant ma naissance, chaque matin en partant travailler, elle croisait un jeune garçon en culotte courte qui allait au lycée. Une fois, elle lui demanda quel âge il avait et dans quelle classe il était. « J’ai seize ans et je suis en première, Mademoiselle » avait-il fièrement répondu. »

Cette anecdote me revint en mémoire. J’allais avoir seize ans et j’allais entrer en première. Devrais-je moi aussi porter des culottes courtes en classe comme ce garçon ? Aucun élève n’en portait en classe en seconde, j’avais été le seul. Et il n’y en aurait pas non plus en première. Je gardais toujours un certain goût pour les culottes courtes et les shorts ; j’en avais porté durant toutes les vacances. Mais à l’école ! Non, je ne m’en sentais plus le courage. Et puis j’avais quand même un peu grandi même si je restais « petit ». Nous n’avions encore rien décidé. Il était grand temps d’avoir une discussion sérieuse avec ma mère.

Pourtant elle ne semblait guère pressée et me faisait languir. Comme j’insistais, elle m’avait sèchement répondu : « J’y réfléchis ! Je n’ai pas encore pris ma décision ».

Visiblement je n’aurai pas droit au chapitre et cela m’inquiétait.

Ma mère attendit les derniers jours des vacances pour me faire part de ses conclusions me concernant. Et j’étais prié d’écouter assis devant elle au salon toujours vêtu d’une culotte courte.

« L’an dernier j’avais admis qu’il serait mieux pour toi d’aller en classe en pantalon. Mais c’est toi qui as pris l’initiative de remettre des culottes courtes, certes pas pour aller au lycée mais tu les portais en dehors. Quant au martinet, c’est toi aussi qui as réclamé son retour tant tu n’acceptais pas tes premiers résultats. Bien qu’un peu sceptique, j’ai suivi tes souhaits. Et je ne le regrette pas ! En effet tu n’avais pas encore passé l’âge des culottes courtes et du martinet, et c’est bien pour ça que j’ai décidé à titre de punition complémentaire de t’envoyer parfois au lycée dans cette tenue. Et heureusement que j’avais prévu des cours particuliers de lettres classiques ! Et on y a ajouté le français, ça s’imposait. Les cours de Nicole et aussi sa sévérité, n’hésitant pas à te punir au martinet, t’ont bien fait progresser ; tu as su retrouver un bon niveau. Tu as grandi, mûri, gagné en réflexion, je le reconnais. Mais tu restes impulsif et parfois impétueux dans tes expressions si bien qu’il m’est encore arrivé d’avoir à te corriger pour tes écarts de langage. »

Je hochais la tête trouvant que ce bilan correspondait bien à la réalité.

« Nicole veut bien encore te donner des cours si nécessaire, mais elle ne veut plus te corriger ; tu le sais, elle t’aime beaucoup et ne se sent plus la force de te punir… Mais moi je suis ta mère, je t’adore mais j’ai des obligations éducatives envers toi, et je pense que tu peux encore avoir besoin du martinet, ne serait-ce que pour tes écarts. »

Au moins pour ça j’étais fixé ! Je m’en doutais un peu.

« Rassure-toi ! Tu iras en classe en pantalon toute l’année. Apparemment les autres garçons n’en portent plus en première ; c’est dommage ! Mais gare à toi ! J’y mets une exception : en cas d’impolitesse ou de nouvel écart de langage, non seulement tu seras sévèrement corrigé mais ce sera systématiquement suivi de trois jours de classe en culotte courte ! C’est bien clair ! A toi de te maîtriser ! »

J’étais soulagé mais j’aurais intérêt à faire très attention à moi.

« Cependant pour te rappeler que tu es encore un enfant, je te garde en culottes courtes le reste du temps, à la maison, chaque week-end et durant les vacances scolaires… Je ne crois pas que ça te dérangera beaucoup. Et puis jusqu’à maintenant ça t’a toujours convenu. »

Je m’y attendais un peu mais trouvais que « le reste du temps », ça faisait quand même beaucoup. Je le dis à ma mère.

« L’an dernier, tu t’es remis en culottes courtes parce que tu aimais bien, pour ton plaisir et finalement ça s’est avéré complémentaire de ton besoin de sévérité ; cette année tu en mettras encore mais pour mon plaisir cette fois. »

Le ton était ferme ; il était inutile de discuter. Ma mère poursuivit.

« Chaque vendredi soir, nous ferons le point tous les deux sur ta conduite durant la semaine. Nous passerons en revue bien sûr tes résultats scolaires, cela reste primordial, mais aussi la manière dont tu te seras comporté. J’y inclus l’obéissance à mes demandes, la ponctualité, ta tenue et le soin pour tes vêtements, l’ordre et le rangement de ta chambre. Nous évaluerons tout cela ensemble et déciderons d’un commun accord si tu mérites ou non d’être puni. J’ai confiance en ton jugement ; tu as toujours su admettre tes torts même si tu savais que tu allais être puni. Et dans ce cas, la punition au martinet te sera appliquée le samedi midi à ton retour de l’école. »

Pendant quelques instants, je demeurai muet suite à cette annonce. Elle m’avait totalement décontenancé. Bien sûr je ressentais une certaine fierté face à la confiance de ma mère envers mon sens des responsabilités et mon impartialité. Mais en même temps le poids de celles-ci pesait sur mes épaules car quand même en fonction de la décision que j’aurais à prendre avec ma mère dépendra ou non une correction au martinet sur mes cuisses.

Ma mère me trouva l’air perplexe.

« Tu ne dis rien ! Tu te rends comptes de la confiance que je te porte, j’espère ? »

« Oui, bien sûr…Mais jusqu’ici c’est toi qui décidais seule pour le martinet. Je ne suis pas certain de rester si objectif. »

« Allons ! Tu y arriveras parfaitement. Chaque fois que je jugeais que tu méritais une punition, tu trouvais que c’était finalement normal. Mon chéri, malgré tes seize ans, tu restes encore quelque part en toi un petit garçon, et qui a toujours besoin d’être guidé et puni s’il le faut. Le martinet a bien fonctionné avec toi jusqu’ici, tu l’as reconnu, et je crois que tu en auras encore besoin quelques fois. Tu sauras prendre tes responsabilités, je le sais. »

La cause était entendue ; il était inutile de discuter.

Et même à seize ans, je dus me soumettre encore aux essayages de vêtements décidés par ma mère. Puisqu’elle avait décidé que je pourrais aller en pantalon en classe mais que je resterais en culotte courte en dehors, il m’en fallait aussi des neuves, deux de chaque. Elle m’entraîna dans l’un des magasins habituels de prêt-à-porter, et j’étais en culotte courte. Moi qui espérais qu’avec mes seize ans, on ne trouverait peut-être plus de culottes courtes à ma taille, je me faisais des illusions ! De ce côté-là, le « 14 ans » m’habillait toujours. Heureusement, ma mère se garda bien de donner mon âge. Mais elle ne put s’empêcher d’en rajouter quand même.

« J’aime les culottes bien courtes ; pourriez-vous les raccourcir un peu plus d’un revers, s’il vous plaît ? Et puis ce sera plus pratique pour le martinet. »

Face au miroir, je constatai que je faisais toujours très « petit garçon » si bien que la remarque de ma mère fit sourire la vendeuse ; elle devait me prendre pour un de ces gamins turbulents ayant toujours besoin d’être rappelés à l’ordre. Très fidèle à certains modèles, ma mère avait choisi une nouvelle fois une culotte en velours bleu marine qui, une fois le revers cousu, ne recouvrait pas grand-chose et laissait très largement mes cuisses nues. Une autre en tergal marron s’avéra aussi courte que celle en velours. Elles s’ajouteraient aux deux en flanelle dans les tons gris et une autre en velours beige qui m’attendaient à la maison. Ma mère avait trouvé que les autres étaient trop usées ou devenues trop justes.

Comme à son habitude, ma mère avait parfaitement tout organisé. Chaque soir, elle me préparait le pantalon pour aller en classe le lendemain ainsi que la culotte courte à mettre en rentrant. Durant les deux premières semaines, tout se passa sans problème. Chaque soir, je passais la culotte courte prévue dès mon retour de l’école puis je travaillais dans ma chambre ou dans la salle à manger. Cela ne souffrait d’aucune discussion entre nous. Ma mère semblait fort satisfaite de m’avoir toujours en culottes courtes à la maison.

Le premier vendredi soir arriva. Je n’avais pas encore de résultat mais cela n’empêcha pas ma mère de me questionner sur le déroulement des cours et mon travail. Et elle reconnut qu’à la maison cette semaine s’était écoulée sans nuage. Puis comme prévu, je passai tout le week-end en culotte courte. Lors des courses ou de la messe dominicale, on ne semble pas porter beaucoup d’attention à ma tenue. Sans doute y était-on fort habitué.

Cambaceres

Je croyais que le vendredi suivant se passerait de la même manière. D’ailleurs les deux premières notes étaient plus que satisfaisantes. Cependant ma mère me bombarda de questions sur tout ce qui avait pu se passer durant cette semaine à l’école. Sans penser à mal, j’admis qu’une fois je m’étais fait réprimander pour un oubli de cahier et que j’en avais été quitte pour recopier le cours.

« Un problème d’ordre ! Ça ne m’étonne pas ! », déclara ma mère d’un ton sec.

Cela me surprit un peu. Puis elle enchaîna :

« Je dois dire qu’à deux reprises j’ai regardé ta chambre en rentrant du travail, elle aurait pu être mieux rangée. Et il me semble bien avoir dû t’appeler plusieurs fois avant-hier pour venir à table. »

Je fus un étonné de ces reproches qui m’apparaissaient comme secondaires. Mais comme ma mère me fixait droit dans les yeux sans ciller, je compris qu’elle ne les prenait pas à la légère.

« Cela nous fait quand même trois points négatifs pour cette semaine…Certes tu n’as pas été puni en classe pour ton oubli de cahier mais tu aurais pu l’être et cela aurait été totalement justifié. Ce qui ne veut pas dire que tu ne dois pas l’être ici… »

Je trouvais que ça commençait à sentir le roussi pour moi.

« Cela ajouté à ta chambre mal rangée et ton retard à table font qu’une punition peut être envisagée. Qu’en penses-tu ? »

La balle était dans mon camp. Nous y étions. Le fameux pied du mur. Mais je n’avais pas l’impression qu’il était si haut que ça. Certes il y avait des points négatifs dans ma semaine mais ils me paraissaient mineurs.

« C’est vrai que ma semaine n’a pas été parfaite mais ce ne sont que des fautes mineures ; je ne crois pas que cela mérite une punition au martinet. »

Ma mère me sourit.

« Mon chéri, en fait nous sommes d’accord… j’ai voulu te montrer les aspects négatifs pour que tu pèses leur importance, mais tu as réussi une bonne semaine, tes résultats sont à la hauteur. A toi d’améliorer ce qui n’a pas bien marché. Fais attention de ne pas oublier quelque chose pour l’école et range mieux ta chambre. »

Puis elle me prit contre elle et m’embrassa.

Mais ce n’était que partie remise. Le vendredi suivant, je confessais un résultat un peu juste en allemand et avouais des rappels à l’ordre verbaux pour de petits bavardages. J’aurais pu taire ces derniers mais ma mère avait raison, ce n’était pas dans mon tempérament.

« Qu’en penses-tu ? » me demanda ma mère.

« Effectivement, je crois que là une punition ne serait pas imméritée » dus-je admettre du bout des lèvres.

« Tu vois, chéri, je pense la même chose. Bien sûr, tu n’as pas eu de punition à l’école, mais tu reconnais que tu aurais pu obtenir un meilleur résultat et éviter ces réprimandes. Je sais que ce n’est pas facile pour toi mais demain à ton retour de l’école tu auras donc le martinet, une dizaine coups devrait suffire. »

Le lendemain, au retour de l’école, je découvris sur mon lit ma culotte courte en velours bleu marine. Ce serait donc dans cette tenue que je recevrai le martinet. Ma mère me proposa de déjeuner d’abord et de me corriger après le repas, ce que j’acceptai.

Puis il fallut s’y résigner. Dans le salon, je décrochai le martinet, le tendis à ma mère et pris ma position, dos courbé mains sur les genoux, selon le rituel en place depuis un an. Comme d’habitude, le premier coup me tira un cri ; ma mère n’y était pas allée de main morte, je l’avais bien senti. Elle prit son temps pour le deuxième coup appliqué avec la même vigueur. Et ceux qui suivirent très espacés les uns des autres eurent le même effet. J’avais fait tout mon possible pour demeurer le plus stoïque possible mais mes cuisses me brûlaient et je me précipitai pour les rafraîchir.

Puis comme avant ma mère me prit contre elle, me serra dans ses bras et me glissa doucement à l’oreille :

« Mon chéri, pardon si je t’ai fait mal, mais c’est quand même une punition ; il fallait que tu la sentes et qu’elle se voie. »

Pour le coup la punition au martinet se voyait bien ; des traces rosâtres s’étalaient sur mes cuisses car ma mère avait pris soin de ne pas frapper au même endroit. Elle avait toujours affirmé que devoir exposer ainsi ses cuisses zébrées à la vue de tous faisait partie intégrante de la punition et que c’était un excellent exercice d’humilité. L’ayant maintes fois expérimenté, je ne pouvais que confirmer cette assertion. Et une fois de plus, j’allais devoir assumer.

Évidemment ce samedi après-midi, les traces de martinet s’affichaient nettement. Je perçus des regards ironiques dans certains commerçants mais aucun commentaire déplacé ne vint nous troubler. Il en fut tout autrement lors de la messe du dimanche matin. Ma mère avait l’habitude de saluer quelques connaissances et de bavarder un peu. Elle m’avait habillé avec une chemise blanche sous mon veston et une traditionnelle culotte fort courte grise en flanelle. Je jouais au petit garçon bien élevé faisant comme si de rien n’était et restant le plus placide possible. Cependant je tirais sur le bas de ma culotte courte tout en sachant qu’elle ne s’allongerait pas. Et elle offrait aux gens alentours un beau panoramique sur mes cuisses nues. Je ne pus éviter certaines remarques embarrassantes.

« Je vois qu’Éric n’a pas été très sage », dit une dame en me toisant.

« Disons plutôt que sa semaine à l’école aurait pu être meilleure…Et il sait ce qui peut arriver dans ce cas…D’ailleurs il a reconnu mériter une punition », précisa ma mère.

« Vous restez donc fidèle au martinet », ajouta la dame avec un sourire satisfait.

Ce n’était pas la première fois qu’elle me voyait arborant des traces de coups de martinet. Elle avait déjà abordé ce sujet avec ma mère. Elle-même avait manié l’instrument avec ses enfants devenus depuis adultes et avait été parmi les personnes l’ayant encouragé à recourir au martinet avec moi. Et visiblement elle appréciait me voir les cuisses marquées.

« C’est une punition qui convient à Eric et qui a toujours donné des résultats…Même à seize ans, c’est encore un enfant, pas encore un adulte. Passer encore du temps en culottes courtes et recevoir parfois du martinet font toujours partie de son éducation ; je crois que ça lui est encore nécessaire », expliqua ma mère.

« Vous avez raison ! Il est encore très bien en culotte courte et montrer les traces d’une récente correction reste très éducatif, même à son âge. »

J’étais habitué à ce genre de conversation au sujet de l’éducation des enfants. Depuis que j’avais accepté la sévérité de ma mère et l’avais incité à poursuivre celle-ci vers 13 ans, je m’étais senti moins gêné quand on évoquait mes punitions, mais là j’avais 16 ans et les gens le savaient. Je rougis en entendant cette dame parler de ma punition au martinet et je baissai instinctivement la tête pour ne pas croiser son regard. Ma mère, comme à son habitude, continua la discussion sans trop prêter attention à moi.

Curieusement, il n’y avait pas grand-chose de changer. Ce n’était pas la première fois qu’on me voyait à la messe avec mes cuisses zébrées par le martinet. Non ! La seule différence était que j’avais maintenant 16 ans, que je portais toujours une culotte courte et qu’on pouvait encore observer les traces d’une punition au martinet sur mes cuisses nues. La gêne que j’avais pu parfois ressentir en classe, surtout l’année précédente, se transformait en honte. Oui, étant plus jeune c’était plutôt de la gêne d’avoir à exhiber des cuisses marquées, mais comme beaucoup de garçons à l’époque, et puis à la longue, on faisait moins attention ; mais à 16 ans, je mesurais toute la honte que cela impliquait.

Et pourtant ! Bien sûr j’avais été soulagé quand ma mère avait convenu que je pourrais aller en classe en pantalon. Mais finalement j’avais quand même accepté bon gré mal gré de mettre encore des culottes courtes le reste du temps et d’être encore puni au martinet s’il le fallait. Malgré mes seize ans, je me pliais toujours à la discipline de ma mère, plus comme à onze ans ni treize ans, bien sûr, en y étant plus associé puisque je participais à la décision d’être puni ou non, mais j’acceptais toujours d’être traité comme un enfant. Pourquoi ? Sans doute par habitude, parce que j’avais conscience que cette discipline stricte avait toujours bien fonctionné avec moi, que je ressentais toujours le besoin d’être encore encadré, et que quelque part au fond de moi « le petit garçon » voulait continuer de vivre.

Et tandis que ma mère et cette dame conversaient, je tournai le regard autour de nous pour m’apercevoir que quelques personnes, dont des enfants, jetaient un coup d’œil attentif à mes cuisses. Je perçus alors toute la portée des paroles prononcées par la dame, « montrer les traces d’une correction récente reste très éducatif, même à son âge ». Je rougis de plus belle, baissai à nouveau la tête les yeux figés sur mes cuisses nues.

28 commentaires »

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  1. Jackie dit :

    A treize, puis quatorze, quinze, maintenant 16 ans… Ce n’est quand même pas coutumier ! Cela a un côté pittoresque. Vous n’avez quand même pas passé le 1er bac, petit garçon de 17 ans, culotte au ras des fesses et cuisses striées ! Va-t-il y avoir un autre épisode : à 17/18 ans en terminale (sans doute Philo pour vous) ? J’espère, je le savoure à l’avance !
    Mais dîtes-moi : avez-vous mérité le martinet pour fléchissement scolaire, désordre, manque de ponctualité,etc,
    ou les avez-vous eu pour mériter le martinet ? Vous avez éveillé ma curiosité, excusez moi si c’est indiscret.
    En tout cas, cela reste un grand plaisir à vous lire.
    Très cordialement.

    • cambaceres dit :

      Bonjour Jackie,
      Je dois dire que j’apprécie beaucoup vos poèmes ; j’en ai écrit mais pas sur ce sujet. Mais vous avez trouvé, je suis avant tout un littéraire, nullement un scientifique ; il fallait, pour m’intéresser que les sujets soient ancrés dans l’humain et le concret. Comme il m’arriva de l’avouer à mon professeur de mathématiques de terminale, « désolé mais en matière de mathématiques, je ne suis pas croyant ; vous ne m’avez pas convaincu », ce qui ne m’a pas empêché de réussir mon bac et mes études supérieures.
      Rassurez-vous, mes péripéties éducatives s’arrêtent à seize ans ! Mes dernières expériences du martinet se déroulèrent lors de cette classe de première. En avais-je encore besoin ? Je me sentais encore enfant, assez introverti (aujourd’hui, je suis tout l’inverse grâce à l’université, l’enseignement, la pratique du droit). Je crois que ma petite taille m’a longtemps complexé et m’a conforté dans mon sentiment d’être un enfant. Et ma mère en a sans aucun doute profité et me laissant le plus tard possible en culottes courtes.
      Ne vous excusez pas de votre indiscrétion car ces questions que vous vous posez, je me les suis aussi posées justement durant cette classe de première. Si parallèlement à mes études d’histoire, j’ai approfondi mes connaissances en sciences humaines et rencontré des psychothérapeutes, c’est aussi pour avoir des réponses à celles-ci.
      Le martinet était tellement présent dans l’éducation à l’époque que j’avais trouvé normal d’y goûter à mon tour. C’était avant tout pour mes résultats scolaires. Le martinet se montra efficace ; ma mère l’adopta donc et je n’y trouvai alors rien à redire. Il devint comme une routine dès que je n’avais pas de notes correctes et je m’y fis sans protester. Mais d’autres le connaissaient aussi. Jusqu’à la fin de la troisième, tout me paraissait naturel, dans l’ordre des choses.
      Et puis en seconde, c’est moi qui ai demandé le retour de cette sévérité tandis que j’avais remis de moi-même des culottes courtes. Alors oui, avec le recul du temps et surtout après réflexion, j’ai le sentiment qu’à ce moment-là, inconsciemment, j’avais encore besoin de cette discipline et que j’ai sans doute fait en sorte de mériter le martinet.
      Ma mère en avait-elle conscience ? Je ne le pense pas ! Elle était si centrée sur l’excellence scolaire qu’elle voulait que je me hisse au même niveau que son frère de huit ans son aîné, agrégé de lettres devenu enseignant puis rapidement journaliste.
      Je crois que les mères rêvent très souvent du meilleur pour leur fils, surtout quand elles l’élèvent seules. Je l’avais fortement déçue avec le redoublement de ma 6e qu’elle en était venue au martinet. Impressionnée par l’efficacité de cet instrument de correction, elle l’avait finalement trouvé pratique à employer et très utile dans mon éducation. Et je crois que ma docilité l’a encouragée à continuer. Elle a considéré qu’il pouvait encore servir à seize ans. J’aurais pu m’y opposer ; je n’y ai même pas songé ! C’est dire à quel point j’étais conditionné.
      En tant qu’historien, j’ai appris à faire des recherches, à expliquer l’histoire, pas à la réécrire. Alors mon passé est le mien et on ne réécrit pas non plus son histoire. Même si ce fut parfois difficile, je ne regrette pas cette éducation stricte ; elle a contribué à faire ce que je suis devenu, et je ne m’en plains pas.
      Et soyez sans crainte, Jackie, il y aura encore au moins un ou deux autres épisodes se situant toujours durant cette classe de première.

      Cordialement à vous

    • didier dit :

      Il n’était pas rare, dans les années 70-80,que les fesses voire les cuisses d’un adolescent ou d’une adolescente, ne soient chauffées par un martinet, ou une baguette, en cas de fautes graves, ou mauvais résultat scolaire, ou insolence. Mais cela éduquait, et évitait de refaire certaines erreurs.

  2. Stéphanie dit :

    J’ai personnellement eu des fessées déculottées jusqu’à mes 16 ans, pour cause d’insolence, et la dernière fois devant tout le monde à 15.
    Malgré la terrible honte occasionnée, je reconnais que je l’avais cherché, et que ce n’était pas une question d’âge …

    • cambaceres dit :

      Bonjour Stéphanie,
      des fessées déculottées devant tout le monde, c’est évidemment humiliant ! Et encore plus à quinze ou seize ans !
      S’il m’est arrivé de recevoir quelques claques sur les cuisses nues devant certaines personnes quand j’étais enfant, et c’était toujours mérité, j’ai eu la chance de ne pas recevoir le martinet en public. Cela se passait toujours à la maison entre ma mère et moi. Mais j’étais en culottes courtes et les traces sur les cuisses se voyaient, ce qui est une autre forme de honte. « Cela fait partie de la punition ; il faudra t’y faire » disait ma mère. Et après tout, certains de mes camarades connaissaient aussi ce châtiment. Je réussissais à dépasser ce sentiment de honte, mais j’avoue qu’une certaine gêne persistait toujours;
      En seconde, à quinze ans, ce fut la seule exception. Moi-même vexé par de mauvais résultats en français, j’avais demandé le retour à une certaine sévérité. Je dus prendre des cours particuliers de lettres classiques. L’enseignante eut notre accord pour employer aussi le martinet en cas d’insuffisance ou de nonchalance; elle ne s’en priva pas. Elle me punit seule avec moi ou parfois devant ma mère. Il arriva même que ma mère me punisse en sa présence. Ce fut la seule exception au principe d’une punition entre ma mère et moi.
      Mais cela se passait dans les années soixante ! Une autre époque, un autre temps, une éternité, trouveront certains. Peut-être même sur une autre planète pour d’autres.
      Cordialement

      • Jackie dit :

        Merci CAMBACERES de votre longue réponse qui m’a enrichi d’explications.
        Ma mère m’a fait suivre mes « humanités » (latin, grec), qui étaient à l’époque l’apanage de l’élite sociale, parce qu’elle n’avait été que jusqu’au Brevet. J’étais alors plutôt matheux. Mais j’ai bénéficié en 5e d’un prof formidable qui m’a fait aimer la littérature. En fait, je brillais dans les matières qui me plaisaient et que je trouvais bien enseignées (!), et faisait le minimum pour les autres. Les punitions et les classements pour le travail me laissaient indifférents. Excellent élève ou mauvais élève, question d’appréciation. Est-ce que fessées ou martinet m’auraient appris l’orthographe et guéri de mon esprit critique vis-à-vis de l’enseignement ? Je ne le sais pas, faute d’en avoir jamais reçu pour cela. En tous cas je suis heureux de ne pouvoir être en nostalgique.
        Oui, cet assujettissement maternel qui prend d’autant plus qu’il est acte d’amour. Mais conduit au complexe. Je l’ai bien connu, mais sous une forme bien différente : mes deux grands frères avaient des caractères bien affirmés, pas moi, le petit dernier, et ma mère m’a moulé en enfant très sage donc épargné de fessées, cas exceptionnel pour un garçon de l’époque. Les mamans de mes camarades me présentaient comme un modèle. Ce qui les agaçait et me faisait mettre de côté, relativement isolé. J’en étais malheureux, mais j’étais trop bien dans ce nid douillet et confortable, pour vouloir en sortir.
        Plus grand, j’assistais à des fessées déculottées chez des camarades qui m’invitaient. Les mamans n’y allaient pas de main morte. Mais je ressentais qu’une fois les pleurs séchés et les derrières refroidis, ils repartaient dynamiques, pleins de vie, heureux. Et que, par comparaison, j’avais, moi, une vie bien terne. Je me mis à envier leurs fessées (mais pas le martinet). Mais décidément, ce cocon était trop douillet.
        Ce fut quand même plus tôt que vous que je me libérais : mon placement en quatrième dans une pension religieuse. Loin de maman ! Plus de bisous le soir au dortoir ! Je m’attachai beaucoup aux études – du moins celles qui m’intéressaient – Mais, pour la sagesse, j’éclatais ! Je me mis un point d’honneur à acquérir une réputation d’élève indiscipliné. Faut dire que j’avais un grand succès, et que mes condisciples m’y encourageaient. Aussi de punitions en punitions, l’inévitable arriva : une formidable fessée déculottée de mon prof principal dont les mains étaient de puissants battoirs ! Les « Bons » Pères n’usaient pas de martinet). Au moins j’échappais par miracle à la forte humiliation qui normalement accompagnait ces fessées. Pas l’année suivante où j’ai failli y sombrer, mais ça, c’est une autre histoire.
        J’avais eu horriblement mal, mais, en cette fin de quatrième, j’étais libéré. Et en seconde, plus de problème. Du reste on n’y donnait plus de fessées.
        Ce qui m’intéresse c’est de comprendre comment, grand adolescent, on peut accepter, voire réclamer, d’être fessé, battu au martinet, avec les humiliations qui accompagnent. Comment aussi peut-on s’en sortir. Et là, la description de vos pensée et états d’âme, à cette période cruciale, m’a fort intéressé et apporte des éclaircissements.
        Une dernière remarque: Vous dites « c ‘est une période révolue ». Mais à la mienne, la guerre et l’après-guerre, la fessée était le lot de tous les garçons. J’étais une rarissime exception – et le martinet ne chômait pas. Les cuisses des jeunes ados en témoignaient. Mais pour les grands ados ? Pourtant la culotte courte était portée très tard. Témoins les cuisses quadragénaires toutes velues des commissaires scouts, par tous les temps. Témoin la tenue des soldats de la deuxième DB de Leclerc et de la 1re de De Lattre, au repos ou à la parade.
        C’est vrai que le revers des culottes courtes au ras des fesses pour les plus jeunes, redescendait quand même plus bas à partir de 13/14 ans. Mais les stries du martinet auraient quand même débordées! Je n’en ai jamais vues chez les grands ados. De mon temps…
        J’attends avec fébrilité votre prochain épisode.

  3. cambaceres dit :

    Bonjour Jackie,
    Et merci pour votre commentaire. Le mien, sur votre poème, a dû croiser le vôtre. L’attitude de ma mère et sa sévérité s’expliquent aussi par le fait que ma scolarité en primaire avait été excellente, voire brillante en 7e (CM2) car j’étais premier de classe assez facilement. D’où son énorme déception pour mes déboires en 6e. C’est vrai, j’ai eu du mal à m’acclimater à tous ces profs qui changent selon les matières et qui ont chacun des exigences différentes. Comme vous, je ne travaillais que dans les matières qui m’intéressaient et dont les profs savaient nous en donner le goût. J’étais comme vous dans le privé catholique et je vais être clair : beaucoup d’enseignants n’avaient pas les diplômes requis, parfois aucun sinon le Bac, alors à par l’autoritarisme, ils n’avaient trop souvent pas d’envergure pour faire aimer leur matière. Heureusement, les choses ont changé peu à peu grâce au contrat d’association avec l’Etat.
    Mais voilà j’avais eu tendance à m’endormir sur mes lauriers durant cette 6e, à me montrer indolent et même nonchalant face à mon travail. Ma mère savait que j’étais parfaitement capable de faire mieux si je m’en donnais la peine. L’arrivée du martinet à la maison était donc bien méritée. Et il s’est révélé vraiment efficace lors de mon redoublement. Plus tard ma mère m’a avoué que si au bout de quelques mois le martinet n’avait pas donné de résultats, elle l’aurait abandonné puisque inutile. Mais ce ne fut pas le cas ! D’ailleurs en 3e, quand elle a compris que j’avais atteint mon maximum en maths et que les punitions n’y feraient rien, elle baissa nettement ses prétentions pour celles-ci puis n’exigea plus rien à partir de la seconde.
    Pour vous éclairer encore davantage, il ne faut pas perdre de vue que ma mère m’élevait seule et que j’étais un enfant assez introverti, d’où une relation assez fusionnelle avec elle. J’étais fort proche d’elle, m’efforçais de la satisfaire et, n’ayons pas peur des mots, lui étais très soumis.
    Elle n’aurait jamais accepté de me mettre en pension trop soucieuse de me garder près d’elle. Et elle n’aurait pas admis qu’en classe un prof me corrige.
    « Comment aussi peut-on s’en sortir ? » vous demandez-vous. Pour ma part, ce fut durant cette classe de première au contact des grands auteurs. Comprendre les personnages, leur psychologie, voir à travers eux le souffle de la vie. Comprendre le sens de l’Histoire, différencier temps long et temps court, distinguer l’essentiel du secondaire. Et ma mère, par sa culture, qu’elle tirait de son frère, m’en avait donné le goût. Ce fut à cette époque aussi que je me pris d’une grande passion pour la peinture, son histoire. Tout cela a forgé ma personnalité et mon caractère. Bien qu’encore souvent en culottes courtes et parfois soumis au martinet, je m’évadais par la lecture et la culture.
    Vous avez connu la guerre et l’après-guerre. « Le martinet ne chômait pas » dites-vous. Avec raison. Les garçons restaient assez longtemps en culottes courtes, plus qu’à mon époque. Et on les élevait plus rudement aussi. Fessées, martinet, ceinture, étaient monnaie courante. Cela l’était un peu moins à mon époque mais existait toujours.
    Voyez-vous, je croyais m’en « être sorti » à la fin de ma 3e, mais visiblement ça n’était pas le cas. Je n’étais tout simplement pas près. Je me sentais encore enfant et n’avais pas envie de quitter cet état. C’est sans doute cela qui m’a poussé inconsciemment à remettre des culottes courtes puis, face à des résultats médiocres, à réclamer le retour à une certaine sévérité, c’est-à-dire le martinet. Malgré un étonnement certain, ma mère s’accommoda fort bien de cette situation et, je le reconnais, en profita un peu.
    Voilà, cher Jackie, quelques explications complémentaires.
    Cordialement,
    Cambaceres

  4. Roger dit :

    Et si l’on parlait d’une éventuelle addiction au martinet ?
    Plus que la fessée proprement dite, le martinet peut amener à une forme d’addiction inconsciente. Comme le sceptre, cet objet symbolise concrètement l’autorité omnipotente. Contrairement à la main, sa présence matérielle, visible au sein du foyer, signifie à celles ou ceux qui s’aviseraient de déroger aux règles une vigilance permanente et la menace de son intervention à tout instant. Il semble bien que le martinet agisse à la manière d’un stimulant pour prévenir les faiblesses, le laisser-aller, la paresse en encourageant à l’effort quand le travail rebute. Il peut aussi devenir un maître intransigeant en cas de désobéissance et de franchissements des limites, et la correction donnée, relancer l’enthousiasme et le goût vital de l’action. On peut comprendre que certains apprennent à « marcher au martinet » jusque tard dans l’adolescence et, parfois, ne puissent plus s’en passer une fois adultes au point de regretter le bon vieux temps où fesses et cuisses en goûtaient les baiser de feu. En résumé : Un coup de pompe ? Une bonne volée de lanières et ça repart !

  5. cambaceres dit :

    Bonjour Roger,
    Vous évoquez le mot : « addiction ». J’avoue que je n’y avais pas pensé. Pour moi ce terme est connoté « tabac, alcool, drogue ». Cependant, dans ma réponse à Jackie, j’avais parlé de « besoin inconscient de cette discipline ». mais n’irai pas pas jusqu’à utiliser le terme « addiction » qui correspond à une envie irrépressible. Par contre, je vous rejoins tout à fait quand vous comparez le martinet au « sceptre symbole de l’autorité omnipotente », ce que je ressentais totalement même avant qu’il n’apparaisse dans mon éducation. Le fait qu’il soit bien visible à la maison renforçait cette impression. « Stimulant, maître intransigeant », c’est aussi le rôle qu’il jouait.
    Mais non, passé ce cap de l’année de mes seize ans, ce besoin s’est estompé. Et adulte, je n’ai jamais ressenti l’ envie d’y goûter à nouveau. Mais plus tard j’ai compris qu’il me fallait en parler, écrire sur cette expérience.
    Cordialement
    Cambaceres

  6. Roger dit :

    MARTINET… « Qu’est-ce que c’est ? A quoi ça sert ? » pourrait se demander un petit homme vert apercevant pour la première fois la queue de serpentins de cuir rattachés à un manche en bois. Il le comprendrait d’un coup… et dès le premier si ces choses à la fois souples et raides entraient en contact avec son fessier ou ses cuisses. La connexion s’établirait immédiatement entre la chair et l’esprit, l’acte et ses conséquences. Aïe! « Ça me fait mal !… donc j’ai mal fait ! »
    Vous avez raison, cher Cambaceres, le terme d’addiction est trop connoté. Je dirais plutôt qu’il s’agit de souvenirs mémorables quand dans notre jeunesse on a goûté à l’éducation au martinet sans pour autant en raffoler. Mais les faits sont là : même l’âge passé, et quel que soit le nombre d’années écoulées, la fessée ne nous quitte plus, fraîche comme la première fois dans nos têtes et nos écrits, voire plus qu’une survivance, certains cherchant à en goûter de nouveau les sensations anciennes dans la continuité d’une pratique, comme semblent le prouver ce blog. Ce souvenir peut agir ainsi durant toute une vie, comme un réflexe conditionné en somme : « fais pas ci, fais pas ça ! » (1), sinon gare à la fessée !
    Merci pour votre réflexion
    (1) (1) Titre d’une célèbre série télévisée française

    • Jackie dit :

      D’abord, félicitations à Roger pour ces deux morceaux de littérature. Style léger, imagé, concis, empreint d’humour avec expressions frappantes. C’est un plaisir à lire. Est-il aussi expert en martinet. ? J’espère que non, cela ne ressort pas de son texte, du reste.
      Car je m’interroge, moi qui n’en ai jamais reçu (certains diront  » bénéficié  » ) . J’ai été interloqué, comme Cambaceres, par ce terme d’addiction, qui est employé maintenant pour évoquer le tabagisme, l’alcoolisme et la sujétion aux drogues. Mais de quel droit, dans une  » autorité omnipotente « , mener ou risquer de mener son enfant vers une addiction, quelle qu’elle soit , même seulement éventuelle. Du reste, il ne viendrait à l’idée de personne de pousser son enfant vers le tabac, l’alcool ou la drogue ? L’enfant a le devoir d’obéir, les parents ont des droits sur l’enfant, mais aussi des devoirs, y compris de le  » tenir « , de sévérité, oui, mais pas d’intransigeance. Et surtout de développer et respecter sa personnalité propre et non pas de le  » dresser  » pour qu’il devienne ce que l’on désire, conforme à l’image que l’on s’en est donné. Arriver à l’âge adulte sans pouvoir se passer du martinet, ça pose quand même question, même si on y trouve une jouissance érotique . Ce n’était pas en tous cas le choix de l’enfant, ce n’était pas inscrit dans ses gènes.
      L’usage du martinet comporte des dangers. Certains ont relevé qu’il pouvait provoquer une certaine excitation chez le donneur. Comme combien d’ados ont l’art d’être exaspérant, on en arrive à des escalades que des auteurs de ce blog ont très bien décrites.  » Toi papa, t’as besoin de te défouler, moi j’ai besoin de t’affronter. Tu vas me faire très mal, mais tu m’y as habitué, et c’est moi qui vais gagner » Quel que soit le vainqueur, c’est toujours avec de gros dégâts.
      Cela dit, je me souviens, qu’à cette époque ou le revers de la culotte remontait jusqu’au ras des fesses, des camarades de secondaire jusqu’à la quatrième, qui étaient tout fiers d’exhiber les stries du martinet sur leurs cuisses : marques héroïques des grands garçons. Alors que ceux qui recevaient encore la fessée déculottée, couchés sur les genoux, se taisaient, gênés : c’était pourtant moins douloureux, mais ils restaient des petits. Moi j’entendais mon petit voisin, si fiérot à son retour en classe, hurler et supplier sous les cinglées. Mais après, il revenait vite me chercher, encore secoué par quelques hoquets de sanglots, pour jouer, tout dynamique et souriant, avec moi. Le martinet aidait sans doute à grandir et devait être un stimulant. (Le fouet l’est bien pour les chevaux !) . Ce qui me paraît important, c’est qu’il soit mené avec tact et mesure, sans excès, comme le répète Claude. Pour qu’il n’aboutisse pas à l’addiction. S’il faut le renouveler souvent c’est la preuve de son inefficacité, sauf à servir « l’autorité omnipotente ».
      Si on le reçoit encore à 16 ans et plus, dit-on, c’est qu’on le veut bien – et même qu’on le réclame – qu’on en a besoin. On s’en félicite, on en remercie les parents, ça nous a permis de faire de brillantes études, de réussir dans la vie. Mais sont autrement plus nombreux ceux qui comme moi n’ont pas connu le martinet, ou l’ont eu de façon mesurée, et sont arrivés aux mêmes réussites. Ce n’est pas pour autant que nous n’avions pas de défaillances scolaires, que nous n’avions pas besoin de stimulants, que nous n’étions grands ados se tenant parfaitement. Alors je dis aux premiers : mais êtes-vous certains que si on ne vous avait pas insufflé ce besoin de martinet à de tels âges, vous n’auriez pas eu les mêmes réussites ?
      Et je vous le demande : avez-vous été vous-même ce maître omnipotent et intransigeant, avec vos propres enfants ? Le martinet est-il resté accroché dans votre cuisine, pour servir jusqu’à leur majorité passée?
      Oui l’intervention de Roger – qui ne prône pas pour autant cette autorité omnipotente » donne à s’interroger…

      • Roger dit :

        Que de fleurs ! Des compliments sans que je m’y attende, c’est bon à prendre ! Merci beaucoup Jackie, mais je n’en mérite pas tant pour la simple réflexion que m’inspirent les confidences de Cambaceres en particulier. Elles respirent la franchise et le désir de quelqu’un qui se retourne sur son passé et le regarde « droit dans les yeux » si je puis dire.
        Vos interrogations sur la discipline du martinet dans l’éducation, ou en tout cas sa présence symbolique de l’autorité dans un foyer, aussi bien que le besoin d’en prolonger l’usage dans sa vie d’adulte dénotent la même démarche. Pour ma part, je crois que c’est l’affaire de chacun d’y répondre.
        Vous rappelez à juste titre la fierté que nous avions, nous les « garçons » devenus « grands » enfin, d’exhiber les stries du martinet qui surgissaient de dessous les bords de nos culottes courtes. Ainsi, nos cuisses nues affichaient-elles sans honte aux yeux de tous notre glorieuse vaillance d’avoir supporté la toute récente fessée au martinet (après avoir pris soin d’essuyer nos larmes en cachette, bien sûr !) En définitive, c’était une sorte d’initiation, de passage de l’enfance à l’adolescence.
        Vous dites également que les enfants ont le devoir d’obéissance et de respect vis-à-vis des adultes qui ont pareillement le devoir de les éduquer… c’est tellement vrai ! Cependant, on dirait que de nos jours le sens de l’autorité s’est perdu dans les méandres d’un certain laisser-aller ou de la peur d’imposer son autorité… Autrefois, les limites étaient clairement signifiées sinon la fessée y pourvoyait comme le fait le chien berger avec la brebis égarée.
        Autant que je m’en souvienne, et Cambaceres nous le rappelle fort opportunément, naguère le martinet était un objet relativement banal et aussi l’instrument privilégié des mères et des éducatrices quand les garçons – surtout eux ! – avaient outrepassé les bornes ainsi que l’âge de la fessée manuelle. Les pères, eux, nous tenaient la dragée haute… d’une seul de leurs mains ! Et je n’étais pas le dernier à m’en bien porter !
        Très cordialement

        • cambaceres dit :

          Bonjour Jackie et Roger,

          Je ne pensais pas, en postant mon récit, que celui-ci aboutirait à des échanges d’une telle qualité.

          Comme l’indique Roger, oui, il m’a fallu à un moment donné prendre sur moi et oser me retourner sur mon passé. Un comble pour un historien qui, après tout, vit du passé. Et à mon âge, il arrive que l’histoire que j’enseigne se confonde parfois à ma propre histoire. A un moment donné, ce sont mes élèves qui m’ont obligé à me retourner sur un passé que j’avais voulu fuir, que j’avais enfoui au plus profond de moi. Je voulais absolument comprendre les réactions, les sentiments, la manière de penser de ces adolescents qui accompagnaient ma vie. Qu’avais-je été à leur âge ? quelles étaient mes sentiments, mes réflexions ? Et je me suis aperçu que l’enfant et l’adolescent que j’avais été n’étaient pas morts mais ne faisaient que sommeiller au fond de moi. Cette introspection m’amena à des réminiscences pas toujours agréables mais qui pourtant m’avaient forgé aussi.

          J’avais été un enfant aimé, adoré même, mais mon éducation n’en avait pas moins été sévère, rude parfois. Cela ne m’empêchait pas de la considérer heureuse. Pourtant je n’avais pas connu ce qui était très commun pour tous les enfants : la fessée. Indolent, comme « l’albatros » de Baudelaire, je m’évadais trop souvent au pays des rêves au point d’en oublier quelque peu mes obligations scolaires ou plus simplement de les expédier un peu trop rapidement. Ma mère me ramena à la raison avec un martinet, objet « banal » dans l’éducation des enfants et adolescents d’alors, et ce avec efficacité si bien qu’il s’installa dans mon éducation, sans que j’y trouve quoi que ce soit à redire.

          Et il perdura jusqu’à seize ans passés. Des règles claires, simples, et finalement acceptées s’étaient imposées pour son usage et, je l’avoue, il pacifia mes relations avec ma mère. Et bien sûr il m’obligea à travailler de mon mieux en classe. Mais je dois reconnaître qu’il m’a sous doute conforté aussi dans mon sentiment d’être un enfant déjà accentué par ma petite taille et mes culottes courtes. Comme l’évoque Jackie, oui, à quinze et seize ans, si je le recevais c’est que je le voulais bien. Ma mère l’avait compris et elle avait deviné mon manque de maturité à travers mon côté introverti et un peu tête en l’air. Et c’est précisément durant cette classe de première que cette maturité émergea enfin.

          Il me fallut l’admettre, cela avait été mon adolescence. Et oui, en la regardant « droit dans les yeux », je comprenais bien mieux mes élèves et je savais me mettre à leur place.
          Je ne peux pas changé mon passé ; je dois faire avec. Sans cette éducation, serais-je là où j’en suis aujourd’hui ? je ne sais pas ! Je n’ai pas la réponse. Mais une chose est sûre, non, je ne la regrette pas. et je l’assume car il faut mieux se réconcilier avec soi-même.

          Je n’ai pas eu d’enfant. Mais il n’y aurait pas eu de martinet à la maison. Non que j’aurais été contre par principe, mais simplement parce que j’aurais été incapable de l’employer.

          Je suis un enseignant qui joue surtout sur son autorité naturelle avec les élèves, celle que donnent la connaissance et la culture.Je dialogue beaucoup et ne sanctionne pratiquement pas. Et je pose un regard plein d’empathie et d’affection sur mes élèves. Et assurément, c’est l’adolescent qui demeure en moi qui m’y incite.

          Cordialement.
          Cambaceres

  7. CLAUDE dit :

    Bonjour Cambaceres. J’ai le plaisir de vous retrouver sur ce blog que j’ai trop longtemps délaissé. Il n’y a rien qui me paraît choquant dans votre attitude, à savoir accepter et même demander l’usage du Martinet pour vous stimuler dans vos études comme vous le faisiez. Je ne partage pas l’avis émis par Roger d’une « addiction ». Moi-même j’ai connu à peu près le même régime à deux exceptions près : la question vestimentaire n’existait pas et je n’ai jamais eu le courage de « solliciter » le Martinet qui, au contraire, me faisait très peur. Ainsi, les vendredis soir, revenant du Lycée (public) où j’étais pensionnaire, mes parents procédaient à la revue de mon « Cahier de Correspondance ». Toutes mes fautes de comportement ou d’inattention y étaient consignées. Il y avait aussi le passage en revue de mes résultats scolaires hebdomadaires. Le dit cahier devait être retourné le lundi dûment signé par mes parents. Inutile de vous dire que mon retour à la maison était mêlé de joie et d’angoisse. Car je ne me souviens pas d’une seule fois où le Martinet ne m’ait été infligé par mon père. En outre, j’avais droit en préliminaire à une sévère fessée avant d’être fouetté. Il n’y avait pas de barème, mais la correction était fonction de mes fautes et de mes mauvaises notes. Après m’avoir strié les fesses à coups de martinet mon père m’imposait une fouettée des cuisses qui était encore plus douloureuse. Ni mes larmes ni mes supplications ne l’attendrissaient. Jamais il ne m’a épargné le moindre coup. Ensuite, on n’en parlait plus et je passais le reste du W.E en famille, et entouré d’affection. Au risque de surprendre certains jeunes lecteurs qui n’ont pas connu ces méthodes des années 50/60, je dis en toute sérénité et loyauté, que je ne regrette pas ce type d’éducation, impensable de nos jours, on le voit. Voilà, cher Cambaceres ce que m’inspire la lecture de votre récit. Et merci de m’avoir, par la même occasion permis de retrouver ce blog que j’ai trop longtemps délaissé. Cordialement. CLAUDE.

    • cambaceres dit :

      Bonjour Claude,

      Si mes réactions face à mon éducation ont pu surprendre certains lecteurs, il ne faut pas perdre de vue que j’étais élevé par ma mère seule et qu’il existait entre nous une sorte de lien « fusionnel ». Son objectif était que je réussisse à faire des études supérieures pour « avoir un bon travail ». Elle savait que j’en étais très capable après un primaire brillant. Mon redoublement de ma 6° l’a faite tomber du grenier à la cave. Le martinet est intervenu dans ce contexte à une époque où il était couramment employé. Cela ne choqua personne moi y compris. j’avais tellement vu des camarades en faire la douloureuse expérience que je ne trouvais rien d’anormal de le connaître à mon tour. Il s’avéra très efficace et s’imposa dans mon éducation. Après l’avoir subi, je finis par le reconnaître et l’admettre.
      Ma mère adorait me mettre en culottes courtes ; ça ne me dérangeait pas et j’aimais lui faire plaisir. Elles facilitaient, c’est vrai, l’application du martinet et lui offraient de la visibilité. Je dus faire avec et j’avais donc intérêt à faire en sorte de l’éviter ; c’était très incitatif et éducatif.
      J’étais un garçon immature même à quinze ans, je le savais, je le sentais. Même si j’étais un bon élève, j’avais toujours tendance à me montrer indolent, nonchalant, et j’aimais toujours mettre des culottes courtes. C’est dans ces conditions que j’en vins à réclamer le retour à la punition au martinet en classe de seconde après des résultats vexant en français. Non, ce n’était pas une addiction mais une sorte de besoin inconscient de discipline.
      Ma mère a sans doute exagéré en classe de première en m’imposant encore les culottes courtes en dehors de l’école et en maintenant des punitions au martinet, même si elle me faisait participer à la décision. Mais elle considérait que je manquais encore de maturité. Elle avait peut-être raison ; c’est cependant durant cette classe que cette maturité arriva.
      Je suis comme vous, Claude, je fais avec mon passé, je ne vais pas le refaire, et je ne le regrette pas. C’est vrai que ce type d’éducation n’est plus de mise aujourd’hui mais il donnait des résultats et il était toujours accompagné d’affection. Mais je l’admets, je n’aurais pas su moi-même recourir au martinet.
      Cordialement
      Cambaceres

      • CLAUDE dit :

        Oui, comme vous dites, cher Cambaceres, il faut faire avec son passée , et, hélas, pour moi du moins, il pèse lourd sur ma conscience. Non pas que j’aie commis quelque délit ou faute grave dans les domaine public ou familial. C’est parce que ma forte sensualité, que mes parents avaient réussi, en partie au moins, à canaliser, resurgit aujourd’hui avec une puissance que je n’aurais jamais soupçonnée! Or je ne me résous pas à l’acceptation d’une situation contraire à mes valeurs, chrétiennes en l’occurrence. Et je suis bien résolu quoi qu’il m’en coûte à m’en délivrer, ou du moins à faire tout pour tenter de mieux les contrôler, même si cela doit prendre du temps. Cordialement. CLAUDE.

  8. cambaceres dit :

    Bonjour Claude,
    Je vous remercie de votre franchise. Je me suis réconcilié avec mon passé parce que j’ai décidé de le regarder en face. J’ai reçu une éducation chrétienne mais j’ai su mettre de la distance avec celle-ci grâce à ma formation d’historien dans laquelle l’histoire religieuse tient une grande place. Cela m’a permis de relativiser car l’Église elle-même a été peu regardante avec ses propres valeurs.
    J’ai aussi pas mal travaillé sur l’histoire de l’éducation où je me suis forgé certaines idées dont celle que je n’avais pas été « mal élevé » même si ce fut un peu dur parfois. Ensuite la connaissance du droit, sa pratique dans les tribunaux, m’ont appris la rigueur morale et argumentative et m’ont donné une sorte de carapace supplémentaire capable d’affronter ce que j’étais y compris mon passé.
    Chaque être est pluriel car il combine la série d’événements et d’expériences qui ont jalonné sa vie. Il faut du recul pour s’y confronter et y réfléchir car comprendre qui est « quelqu’un  » est complexe, notamment quand il s’agit de soi-même.
    Cordialement
    Cambaceres

  9. yvan125 dit :

    Après avoir le récit si sincère et si attendrissant de Cambaceres, les commentaires si justes et si sensibles de Roger, Jackie et Claude, je me demande si une éducation sans punitions corporelles (sans martinet), sans menaces ni chantage affectif n’aurait pas apporté d’aussi bons résultats et même de meilleurs résultats, au plan du développement intégral de la personnalité de Cambaceres. Je recevais encore la fessée au collège et à la maison en Première (et même beaucoup plus tard dans la vingtaine) sous prétexte que je manquais toujours de maturité et je suis convaincu avec le recul du temps que j’aurais tout aussi bien réussi dans ma vie personnelle et professionnelle et même mieux en passant au bleu cette éducation stricte, sévère et coercitive.
    Ce genre d’éducation qui avait pour but de nous faire parvenir à un certain degré de maturité humaine la niait au point de départ, C’est ce qu’on appelle un « non-starter» en anglais, c’est-à-dire que les moyens contredisent le but recherché. Rien ne m’horripile plus qu’une certaine pédagogie de bazar où se combinent dans un mélange pitoyable un moralisme déliquescent et une bonne conscience coupable et replète, un peu hypocrite sur les bords. Quant au port de la culotte pour des garçons de 16 ans et plus, j’y vois souvent de la part des parents qui l’exigent l’expression d’un barbouillage malodorant de concupiscence timorée, mâtiné de préceptes (ou de préjugés) éducatifs périmés et délétères.

    • Loup dit :

      Voyons cher Yvan125 ! Pensez-vous réellement qu’une éducation « sans punition corporelle » aurait apporté un aussi bon résultat ? Un enfant n’est pas un adulte. Un adulte peut être raisonné, il écoute lorsqu’on lui explique les choses. Mais un enfant ou un ado qui boude, qui n’en fait qu’à sa tête et qui ne veut rien entendre ? Il trouvera la « leçon de morale » bien barbante, fermera totalement son esprit et il l’oubliera dans l’heure qui suivra ! Les paroles s’en vont… mais la honte pour la faute commise est durable tant que les marques de la correction restent, les deux entretenant la mémoire pour empêcher d’oublier pourquoi on est puni !
      Je doute fortement que les punitions à la mode, aujourd’hui, soient réellement efficaces. Privez un enfant de jeux vidéos ou d’ordinateur, il trouvera toujours un moyen de se distraire. Enfermez-le dans sa chambre, il sera heureux d’être seul et de pouvoir se livrer à ses activités préférées sans subir la surveillance barbante d’un adulte !

      Le port de la culotte courte pour les ados et les grands ados vous semble humiliant et contre-productif, mais je pense qu’à cet âge, où l’on a coutume de se rebeller, d’être arrogant, de faire les plus grandes bêtises, de vouloir toujours avoir raison (alors qu’on a toujours tort… !), le port de la culotte remet l’ado à sa place en lui rappelant qu’il n’est pas encore un adulte indépendant qui peut faire ce qui lui plaît. Psychologiquement, la culotte courte lui donne l’impression de ne pas être encore trop grand, l’aidant ainsi à réfréner ses ardeurs rebelles et de se calmer. Ainsi, il se maîtrise, ce qui lui permet paradoxalement de mûrir.

      Je suis persuadé, en effet, que ce genre d’éducation mène à la maturité ! Voyez aujourd’hui comment vivent les enfants : ils naissent quasiment avec un smartphone, c’est leur nouvelle nounou, ils n’embêtent pas papa/maman grâce à ça ! Les parents sont bien tranquilles ! Une tape sur la main ? Vite, il faut appeler les services sociaux ! Porter de gros classeurs et des livres cartonnés dans leur cartable ? Ho, non ! Cela leur fait mal à leur pauvre petit dos ! (étrangement, mon dos va très bien, pourtant, des charges lourdes, les gosses de ma génération en ont porté…) Même l’éducation nationale s’y met ! Les notes sur 20 ou sur 10 disparaissent ! Pourquoi ? Parce que c’est trop rabaissant et humiliant bien sûr ! A la place, il faut mettre des petits points rouges, jaunes et verts ! Même le service militaire, censé transformer de jeunes hommes en adultes, a disparu… Et le résultat, on le voit ! A la suite de de l’un de ces horribles attentats un enfant avait dit à un journaliste « les terroristes nous attaquent avec des balles, mais nous, on se défend avec des fleurs » ! Voilà dans quelle aberration nous mènent toutes ces nouvelles méthodes d’éducation bien-pensantes ! Tout semble fait pour affaiblir la nouvelle génération. Que deviendra-t-elle si une guerre éclate ? Elle jouera du piano sur une place publique en se lamentant sur son propre sort ! On est bien loin des soldats qui partaient vaillamment au combat !
      Peut-on se permettre une éducation aussi laxiste dans le chaotique monde actuel ? Bien sûr que non !

      Je le dis, haut et fort, cher Yvan125 : mon opinion est que l’éducation punitive à l’ancienne, à condition de respecter chez l’enfant ou l’ado l’adulte en devenir, est la première étape de l’endurcissement du corps et de l’esprit. C’est là que se forge la vie d’un vrai adulte.

  10. CLAUDE dit :

    Bonjour yvan125. Que vous mettiez en doute la place des châtiments corporels dans l’éducation, fussent-ils réduits à la simple fessée, et penser qu’ils sont contre-productifs, c’est votre opinion et je la respecte. Par contre, quand vous écrivez: « pédagogie de bazar », « moralisme déliquescent », « bonne conscience coupable et replète, un peu hypocrite sur les bords », là j’estime que vos accusations frappent et blessent sans discernement et manque de tact celles et ceux qui ne partagent pas vos opinions. Votre éducation a peut-être été négative ou contre-productive à vos yeux, il n’empêche que vous ne gagnez rien à ériger votre expérience en leçon universelle à l’intention de tous ceux pour qui elle fut et demeure une réussite. Cordialement. CLAUDE

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