La fessée appliquée

Bienvenue sur mon blog

Bulletin de punition

Ray Leaning 3

Par Edmée

Une fois de plus je me retrouve à genoux en pénitence sur le seuil de son bureau. Dans le silence étouffant du grand vestibule par où passent classes et professeurs après les rassemblements, j’entends battre mon cœur au rythme du carillon suspendu au-dessus de ma tête.

Dans mes mains moites d’appréhension, j’étreins le « bulletin de punition » que vient de me remettre la surveillante en chef. Je dois m’attendre au pire. L’autre fois, cela avait été une fessée déculottée. Mais aujourd’hui ? Madame la Directrice m’avait averti « si jamais… ». Je nage dans la confusion.

La porte s’ouvre. Dans l’obscurité du vestibule, la vive lumière du jour m’éblouit. Reconnaît-elle le grand dadais de 14 ans qu’elle a fessé le mois dernier ? Une brusque traction broie mon oreille. La douleur aiguë m’oblige à me redresser et à la suivre.

« Qui vous a puni ? Donnez-moi ce bulletin. »

Ses yeux bleu-glacier font ciller les miens quand, d’une main tremblante, je lui tends le bulletin infâmant. Comme elle est belle ! Belle d’une beauté intimidante qui me ravit mais m’emplit de honte. Imbécile que je suis ! Me faire punir pour me retrouver de nouveau ici devant elle !

La lumière du soleil nimbe d’or sa chevelure blonde et fait luire le vernis rubis de sa bouche. Ses seins tendent son corsage de soie crème et sa jupe noire enserre les courbes de ses hanches comme dans un fourreau. Elle est encore plus belle, plus séduisante que d’habitude. Il n’en faut pas plus pour m’émouvoir. Je suis dans le secret de mon cœur juvénile comme un vieil amoureux transi s’il est possible.

« Apparemment notre dernier entretien n’a pas suffi ! »

Autant qu’un constat ou une question sa voix exprime un reproche navré, une sorte de déception qui me bouleverse et me met au bord des larmes.

« Décidément, vous n’êtes qu’un jeune sot à qui il faut mettre du plomb dans la cervelle. Défaites-vous, s’il vous plaît… tout seul, cette fois… et entièrement. »

Par bonheur sa secrétaire est absente et je me prépare, ravalant ma gêne d’exposer mon intimité tandis qu’elle ouvre un tiroir. Sa main fine empoigne le martinet des grands jours. Dix solides et rugueuses lanières d’un cuir fauve coiffant un long manche de bois ciré. C’est celui que nous regardons à la dérobée, fascinés et craintifs, quand elle passe parmi nous, le tenant d’une main ferme. À qui le tour ? nous demandons-nous.

Elle l’agite d’un geste plein d’élégance et de sûreté pour en débrouiller l’écheveau. Les lanières se déploient avec un bruissement sec plein de menaces qui balaie mes derniers espoirs.

« Courbez-vous sur le dossier de ce fauteuil et priez que cette correction entraîne un vrai repentir et vous ôte à jamais l’envie de recommencer. »

Sa voix si suave se veut encourageante faisant fondre ma volonté alors que d’une façon menaçante elle m’ordonne de me placer en position, culotte et slip aux chevilles.

« Et tenez-vous dignement car aujourd’hui je vais être extrêmement sévère avec vous. »

J’attends, les paupières closes, la tête prise par les bouffées étourdissantes de son parfum.

Unknow

« Et serrez vos fesses si vous tenez à vos précieux bibelots ! »

L’instant d’après, les anneaux d’or qui cerclent son poignet tintent comme un avertissement. De cuisantes morsures de martinet me hissent irrésistiblement sur la pointe des orteils tandis que j’exhale de brefs sanglots.

Mon Dieu, qu’elle fut implacable ce jour-là, la femme fatale de mes rêves d’ado !

 

Illustr. : Ray Leaning -  Unknown

9 commentaires »

  1. Justin dit :

    Bonsoir Edmée,

    J’aime lire vos mots et ces phrases qui forment une séduisante symphonie. Le parfum de ce récit est plaisant, je me sens comme attiré pour prendre la place de cet étudiant mais la musique qui va être interprétée sera certainement la Walkyrie et les zébrures le mèneront à la baguette.

    Toutefois, j’aurai aimé que votre texte soit plus long, en proportion à la sévère correction du prévenu, dans le but précis de le conditionner une fois pour toute.

    En attendant chère madame, cela ne change rien sur la qualité de vos écrits.

    Mes hommages.
    Justin

    • Edmée dit :

      Merci pour votre compliment Justin. L’essentiel reste que ce récit a l’honneur de vous plaire. Mais ne vous méprenez pas : comme le prénom Dominique, par ex., Edmée est mixte. Et si vous lisez bien le récit, vous identifierez sans peine le sexe et le rôle de chaque protagoniste. Enfin, était-il nécessaire de décrire une correction corporelle, la description d’une seule suffisant presque pour toutes ?
      Courtoisement,
      Edmée

  2. Justin dit :

    Bonsoir Edmée,

    J’ai relu avec attention et sur votre conseil ce récit.
    Effectivement, j’ai constaté avec regret mes négligences relatives à la lecture de ce texte, étant donné la beauté de celui-ci, point de place n’était prévue à cette erreur. l’Habileté dans vos écrits m’enivre, me procure de lointains souvenirs et à mon sens une seule description serait un peu juste. C’est comme la découverte d’un paysage, il est nécessaire de revenir à sa rencontre même plusieurs fois comme si c’était la première, à la manière d’une correction qui ferait figure de cartographie,une forme de lecture corporelle.
    Pour ma part la punition aime le paysage, elle est guidée par une main experte en connaissant exactement
    les zones qui produiront des résultats.

    Pour en revenir à ma faute, je suis disposé à recevoir le châtiment mérité, par rapport aux réparations qui vous sont dues.

    Très cordialement,
    Justin

  3. Justin dit :

    Bonsoir Edmée,

    Je reviens une nouvelle fois vers vos écrits, qui je l’avoue, me passionne avec attention.Donc, avec une certaine réflexion je reconnais qu’une seule description est suffisante, à condition de prendre en compte la délicatesse des mots.Chacun d’eux à le potentiel d’illustrer avec raffinement ce texte, en explorant les mots et voyageant entre les lignes.

    J’admire beaucoup les gens à l’image d’artistes, faire usage de lettres un travail d’orfèvre.

    Cher Edmée, je vous souhaite une bonne soirée.
    Cordialement

    Justin

    • Edmée dit :

      Ne serait-ce pas plutôt votre compliment qui est un ouvrage d’orfèvre, mon cher Justin ? Je le reçois avec plaisir. Merci encore ! (Cela vous épargnera donc le châtiment que vous pensiez mériter.)
      Amicalement, Edmée

      • Justin dit :

        Bonsoir,

        Très flatté par votre témoignage de sympathie, je vois que nos talents brillent mutuellement.

        Cordialement
        Justin

  4. CLAUDE dit :

    C’est en effet un récit aussi bien écrit qu’édifiant. Moi qui ne suis pas favorable aux châtiments corporels en dehors du contexte familial,je ne désapprouve pas cette correction « scolaire » puisqu’elle a été sans témoin et que apparemment le coupable ne conteste pas de l’avoir méritée.

  5. CLAUDE dit :

    « Femme fatale de mes rêves d’ado » écrivez-vous. Moi aussi j’ai connu ce type d’affection envers une jeune et belle préceptrice qui ne m’épargnait pourtant pas de sévères châtiments, peut-être dans l’espoir (vain ) de refroidir mon ardeur envers elle, ce dont elle n’était, évidemment pas dupe!

  6. claude dit :

    Bonjour Edmee. Magnifique récit ! Emotions finement analysées : angoisse de l’attente, déconcertante séduction de celle qui va vous fouetter sans pitié, comme d’ailleur vous l’aviez mérité :voir le fameux »bulletin rose ». Votre récit en évoque un autre qui est sur ce blog : »La dame en noir ». Ce pourrait e
    être vous cet adolescent qui erre désepérément dans les rues sombres à la recherche d’une professionnellle qui luidonnerait… le martinet ! Et, Dieu merci, il la touve. Et il n’est pas déçu notre adolesceent qui « aime les femmes à poigne ». C’est sans pitié que la « dame en noir » le fouette sans ménagement! Mais la fin de la rencontre avec la Maîtresseest moins pénible, ou plus gratifiante si on lit bien la conclusion. Inutile de faire un dessin… Cordialement. CLAUDE.

Flux RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

 

ldelange |
LE MAITRE DE VOS REVES .SM |
✽✽✽TEENS ✽✽✽ |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | unpas2plus
| Le bogoss
| momo1775