La fessée appliquée

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Education avec ou sans martinet ? 4e partie

Akaininare 14

 

Le martinet prend sa place dans la vie familiale

par Fred44

 La vie reprenait comme l’année passée mais en sens inverse. En quittant ma campagne préservée, je repris contact avec un monde durement frappé par la guerre. Ainsi, le service omnibus ferroviaire que j’avais emprunté, long d’une quarantaine de kilomètres, se traînait de gare en gare avec des stationnements prolongés aux points d’arrêt, certains tronçons étant exploités en voie unique – l’autre voie étant obstruée par les débris de convois précédents partiellement détruits par des attaques aériennes. Egalement, une fois parvenu à destination, en arrivant tout près de chez mes parents, un trou dans la chaussée entouré d’une vague palissade informait le public qu’une bombe était tombée là sans exploser mais qu’on n’avait pas eu le temps de la désamorcer – il y en avait une telle quantité ! – il convenait donc de faire attention !

Je sonnai à la maison. Coup de chance, il y avait du courant électrique car j’entendis le grésillement lointain de la sonnette… Par économie, le courant était cependant coupé à certaines heures de la journée – la centrale électrique avait pourtant été épargnée par les bombes mais elle manquait de charbon.

Maman descendit m’ouvrir, image resplendissante de l’amour maternel ! Suivirent de chaudes étreintes, des retrouvailles si longtemps différées… J’étais heureux de me retrouver enfin en sécurité auprès d’une personne aimée. Heureux aussi de retrouver mon chez-moi. Après des effusions prolongées, Maman, prit du recul pour examiner son « grand fils »… et elle me demanda brusquement :

– Mais, dis-moi, j’ai l’impression que tu as été fouetté, il n’y a pas longtemps. Je me trompe ?

Impossible de nier alors que de courtes marques violettes soulignaient encore l’impact de l’extrémité des lanières du martinet à la lisière de ma culotte courte jusqu’à mes sabots. C’étaient les ultimes séquelles d’une grosse fessée – auxquelles étaient venues s’ajouter les apports personnels de Gaston en tant que chef de corvée; il aimait bien asseoir son autorité de manière cuisante.

– Comme d’habitude, tu as donc été désobéissant ? continua Maman.

Je n’allai pas partir dans une auto-défense imprévue peu crédible. Je me contentai d’opiner du chef sans répondre. De toute façon, ce n’étaient là que des marques dues à l’épisode Gamblin qui se rattachaient à un passé définitivement enterré, voué à l’oubli, mais Maman désirait des renseignements complémentaires.

– Madame Simone a été méchante avec toi ?

– Oh non, Maman, Madame Gamblin est une personne de caractère, profondément juste, pour laquelle j’éprouve le plus grand respect.

En portant ce jugement de valeur, j’allais assurément dans le sens attendu par mon interlocutrice, donc je ne risquais pas un démenti… mais c’était vrai, j’obéissais au moindre claquement de doigts de la part de cette Dame tout en craignant la plus infime de ses réactions. En sa présence, je me sentais toujours comme en défaut… Oui c’était une personne efficace, difficile à satisfaire, et qui n’hésitait jamais à souligner par des taloches le moindre de ses désirs, par le martinet la plus petite erreur. Mais c’était là sans doute un comportement normal pour une personne de cette qualité… et j’étais là pour obéir non pour récriminer, Papa me l’avait signifié lors de mon arrivée chez elle.

– Tu as bien raison ! apprécia Maman. Madame Gamblin est une maîtresse femme qui sait se faire respecter de tout le monde, le cas échéant, à coups de martinet. D’ailleurs, il n’y a vraiment que cela que comprenne l’élément masculin, tous âges confondus. Les hommes ne respectent que les coups et cette potion leur est indispensable pour marcher à peu près droit. En prévoyance de ton retour ici, j’ai donc fait l’acquisition auprès du bourrelier du village d’un solide martinet que j’ai disposé dans la cuisine, au-dessus de la chaise de punition. C’est à lui que tu auras affaire désormais lorsque tu ne seras pas sage. Mais il faut aussi liquider les comptes et notamment le tien. Tes notes trimestrielles ont été adressées à ton père et il les a trouvées désastreuses. Il a bien l’intention de t’en dire deux mots lors de son premier passage ici. Il te parlera aussi de ton admission en troisième en étrennant probablement ma nouvelle acquisition sur tes fesses pour te faire sentir la conséquence directe de ta flemme. Tu m’en diras certainement des nouvelles !

Notre maison possédait donc maintenant un martinet, comme tous nos voisins ! Il semblait donc que mon éducation s’orientât désormais vers des chemins plus classiques mais aussi plus difficiles au moins pour moi. Les effusions des retrouvailles avaient été de courte durée ! Je repris donc mon paquetage et l’emportai dans ma chambre. En passant au premier, près de la cuisine, je ne pus m’empêcher de regarder craintivement en direction de la chaise de punition soigneusement repoussée contre le mur. Au-dessus, solidement fixée à un clou, la nouvelle acquisition de Maman, un engin modèle campagnard avec deux paquets de quatre lanières carrées de cuir noir d’une bonne quarantaine de centimètres de longueur qui n’avait rien à envier à celui dont j’avais subi les effets chez Madame Simone. Qu’est-ce que j’allais déguster !

J’avais aussi retrouvé mon frère après notre séparation morale de neuf mois. Certes, nous avions habité ensemble l’année scolaire précédente chez une hôtesse accueillante mais notre séjour chez cette personne âgée avait été placé sous le signe du travail et pas du tout de la distraction, tout au moins pour mon frère – alors que celui-ci avait été auparavant surtout un camarade de jeux. Tout un faisceau de liens avaient donc disparu et il n’était pas certain que mon frère fût volontaire pour en tisser de nouveaux à l’identique. En effet, il venait d’en terminer avec le bac – le veinard avait franchi le premier et le second tour sans oral et il avait même décroché une mention. Il se préparait donc maintenant à suivre une classe préparatoire aux Grandes Ecoles. Ses préoccupations se trouvaient donc à cent lieues des miennes, toujours plongées dans une enfance prolongée.

Il avait vécu, lui, avec une totale sérénité l’apparition du martinet sur le mur de la cuisine tant il était certain de n’être plus du tout concerné par l’instrument de châtiment. Au contraire, l’unique objectif des lanières du fouet étant tout naturellement mes fesses, il avait approuvé cette acquisition qui allait abolir mon statut de « petit favori », par hypothèse à l’abri de toute coercition alors que, d’après son sentiment, j’aurais mérité d’être sévèrement corrigé plusieurs fois par jour.

Cette opinion était plutôt subjective. En effet, une ère avait été close et avait débuté une autre, plus rigoureuse, moins compréhensive. Nous étions dotés maintenant, comme tout le monde, du martinet, un moyen cinglant pour réagir avec fermeté contre tous les relâchements. Cela concernait toutes les personnes présentes quel que soit leur âge, ma mère l’avait affirmé hautement – François avait fait celui qui n’entendait pas. De plus, l’autorité maternelle avait évolué. Les circonstances ancillaires qui avaient accompagné la fin de son séjour à la campagne, avaient laissé des traces sur son caractère devenu moins affectueux, nettement plus rude, peu disposé à admettre la contradiction. Elle avait servi de bonne à tout faire chez des personnes âgées qui exigeaient un service impeccable ainsi qu’une attitude respectueuse de tous les instants et il lui était arrivé d’avoir été punie – à tort disait-elle. Tout cela avait laissé des traces. Et puis, naguère, l’utilisation de la tapette à tapis était peu commode alors que le fouet se trouvait à portée de main. Dans ces conditions, mieux valait ne pas chatouiller les oreilles maternelles par nos querelles et nos cris car la menace de nous donner le martinet était rapidement suivie d’effets « Monte sur le tabouret et déculotte-toi, je m’en vais t’apprendre à être sage ! »… puis une vingtaine au moins de coups suivaient alors que mes cris et mes pleurs rejoignaient ceux qui me parvenaient en échos par la fenêtre ouverte en provenance des maisons voisines. Oui, je n’y avais guère prêté attention jusqu’alors, on fouettait beaucoup les enfants indisciplinés dans le quartier mais les victimes étaient en général des marmots alors que, moi, j’avais quatorze ans ! Pire, il arrivait que mon frère qui avait atteint dix-sept ans subît le même sort, mais il fallait pour cela qu’il eût dépassé toutes les bornes – ce que sa sagesse lui évitait le plus souvent de faire.

Mon père, de son côté, procédait à l’aide d’un camion réquisitionné à cet effet au transfert des archives de son bureau – fruit d’une quinzaine d’années de travaux de son service. Il regagnait un local récemment réquisitionné à son intention en ville. Lorsqu’il passait avec un plein chargement, il venait se replonger dans un bain familial avant de repartir le lendemain pour un nouveau transfert. C’est au cours de son premier passage à la maison que le problème récurrent de mon bulletin trimestriel arriva sur le tapis. Mon père avait reçu par un même courrier le bulletin concernant mon frère et le mien, il entendait donc régler la question collectivement.

Pour mon frère – qui arborait pour la circonstance un sourire béat assez arrogant – l’affaire fut rapidement tranchée : hormis la gymnastique qu’il n’avait jamais appréciée (prestations molles, manque de motivation), toutes les matières faisaient l’objet d’appréciations laconiques du type bon ou excellent élève (en philo et en maths). L’institution ne s’était donc pas fatiguée pour la synthèse avec une mention élogieuse : bon trimestre, élève apte à poursuivre avec fruit des études supérieures scientifiques. Qu’y avait-il à rajouter à cela sinon des félicitations parentales ? Mon frère les accepta, en toute simplicité, comme allant de soi, son sourire s’épanouissant presque au-delà des oreilles. Mon père crut bon d’ajouter cependant :

– Tu veilleras à l’avenir à soigner la culture physique. Puisque tu te destines à une carrière d’ingénieur, je te rappelle que certains concours d’entrée aux Grandes Ecoles, comportent des épreuves d’athlétisme. Tu as donc tort de négliger cette préparation qui est tout à fait indispensable, même pour ta propre santé. Sache que je ne tolèrerai plus de telles notes et appréciations défavorables de la part de tes profs de gym ; nous avons maintenant ici le moyen de t’y contraindre. Cela passe pour cette fois mais la prochaine fois, c’est au martinet que tu auras à faire ! Je n’hésiterai pas à te le donner pour les notes d’éducation physique comme pour toute autre matière !

– Bien, papa. Promis, juré ! Je ferai mon possible.

Ah ! Ah ! Le mot avait été prononcé ; malgré ses bonnes notes, François avait appris incidemment que ses manquements scolaires seraient, eux-aussi, sanctionnés par le martinet lequel n’était donc pas destiné à ma seule éducation. Une précision intéressante mais François ne parut pas s’en soucier.

Maintenant c’était à mon tour et il aurait été de bon ton que mon frère évacuât la pièce et me laissât seul avec les parents pour une suite évidemment plus épineuse. Eh bien non ! Lorsque mon père en arriva à mon bulletin, mon frère alla s’asseoir avec le propos évident d’assister à tout ce qui allait suivre… Tout à l’opposé de ce que je souhaitais – et à ce qui aurait été mon attitude si le cas inverse s’était produit.

En effet, comme à l’habitude, mon année scolaire avait relativement bien débuté – sans doute le fruit des devoirs de vacances que je devais rédiger pendant les deux mois et demi qui précédaient la rentrée, alors que les « bons » élèves pouvaient eux profiter en totale liberté de leurs loisirs d’été. Donc, après un départ dans la moyenne acceptable, les résultats avaient fléchi pendant le second trimestre et aucune reprise n’était apparue au cours du troisième. Une conclusion s’imposait j’étais un imbécile ou je ne travaillais pas – J’entendis mon frère glousser – or il était temps de me reprendre avec mes pauvres moyens pour passer désormais en classe supérieure sans le sempiternel examen de passage à la fin des vacances.

– Ta maman, avec mon assentiment, s’est munie d’un instrument correctif destiné à éveiller ton attention et stimuler tes efforts. Tu vas donc l’étrenner aujourd’hui de ma part. Le terme étrenner s’applique à l’emploi de cet ustensile chez moi mais, pour toi, ce ne sera pas une nouveauté puisqu’il est en usage constant chez nos amis Gamblin qui t’en ont fait tâter à juste titre lors de ton séjour chez eux. François, dit-il à mon frère, va donc chercher le tabouret de cuisine et place-le à proximité du mur – Quant à toi Frédéric, cancre récidiviste, apporte-moi le martinet !

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Tout allait donc se passer comme chez Madame Gamblin, une procédure éprouvée dont le détail avait été exposé par cette honorable personne et que ma mère s’était empressée de rapporter à mon père… Mon frère, avec toujours son bon sourire aux lèvres, revint avec « Le tabouret de cuisine », un solide appui qui pouvait largement supporter un poids triple du mien. A la demande de mon père, il l’installa non au centre de la pièce mais à près d’un mètre du mur. Pour ma part, je revenais à tout petits pas vers la salle à manger, le martinet à la main, les lourdes lanières noires pendant vers le sol. J’avais un bon motif pour faire traîner les choses en longueur… une trouille énorme !

– Accélère un peu Frédéric, on ne va pas y passer toute la soirée…

– J’arrive, P’pa, j’arrive, mais mes bottes ne sont vraiment pas à ma taille.

A mon arrivée, j’avais demandé à ne plus demeurer en sabots et ma mère avait découvert au rebut une paire de bottes en caoutchouc assez usées – mais surtout de trois pointures supérieures à la mienne et qui me couvraient les jambes au-delà du genou en ajoutant « comme tu es en période de croissance, il vaut mieux prévoir large, ces bottes vont donc pouvoir te servir quelques années ».

– Plains-toi. C’est bien toi, je pense, qui as demandé de ne plus porter de sabots !

Je remis le martinet à mon père, le manche en avant et il s’en saisit.

– Mazette ! Ce n’est pas un outil pour nourrisson ! Peut-être vas-tu enfin comprendre grâce à lui qu’il faut se mettre à travailler si tu ne cherches pas à être fouetté plusieurs fois par jour, autant qu’il le faudra, par cet instrument ! Allez ! Mets-toi en position sur le tabouret et déculotte-toi ! Attends-toi à recevoir une grosse fessée. Tes notes lamentables le méritent !

Il n’y avait rien à répondre, j’étais dénué de toute excuse valable et, de toute façon, je méritais d’être fouetté tout comme l’avaient été les fils Gamblin pour un motif similaire. Je montai donc sur le tabouret, me mis face au mur et débouclai la ceinture de ma culotte courte, ceci fait, mon slip suivit le même chemin et dégringola vers mes bottes. En me penchant vers l’avant, je pris appui sur le mur. Lorsque j’étais monté sur mon piédestal, j’avais observé mon frère, François, hilare, qui donnait l’impression que le spectacle de cette raclée à venir, était pour lui un moment qu’il souhaitait vivre depuis longtemps. Et la fessée débuta par un couple de grosses cinglées.

– Pas aussi vite, Chéri ! Pour être punitive, il faut laisser la douleur d’une cinglée s’imposer au cerveau avant de fouetter à nouveau. Comme cela, chaque coup de fouet est subi comme s’il était unique ; d’après Madame Gamblin, un coup toutes les deux ou trois secondes constitue une norme optimale.

– Décidément cette bonne Madame Simone fait autorité auprès de toi. Je le comprends d’ailleurs… Je ne l’ai pas souvent rencontrée mais elle m’a fait une très forte impression. Allez ! On reprend…

Et mon père leva le manche du fouet pour abattre aussitôt après le paquet de lanières sur mes fesses. Puis il recommença à un rythme plus lent qu’auparavant.

– Papa, je t’en supplie, pas toujours au même endroit, tu vas m’arracher la peau ! Je ne vais plus pouvoir m’asseoir !

– En bien tu resteras debout !

– D’après Madame Simone, observa ma mère, le seul critère valable, c’est la couleur de la chair. Il faut que toute la surface fouettée soit rouge très vif avec, naturellement, sur le pourtour des points violacé à l’emplacement où opèrent les extrémités des lanières. Ceci dit, tu ne prends pas assez de recul pour donner de la vitesse au manche du martinet. Il faudrait que ton geste soit plus ample, plus souple et plus ferme.

– Ca va ! C’est la première fois que je me trouve de ce côté du manche. Auparavant je me trouvais plutôt du côté des lanières alors laisse-moi le temps de parfaire mon apprentissage.

– Ce que je t’en dis… C’est pour éviter de perdre du temps.

Et la correction reprit, de plus en plus cuisante Je commençais à avoir très mal au niveau des fesses et je m’étais mis inconsciemment à crier et pleurnicher.

– Eh ! Frédéric, tu ne vas pas glapir comme un goret qu’on égorge à chaque cinglée que tu reçois !

– D’après Madame Simone, si l’on veut opérer en toute confidentialité, il est bon de déposer un bâillon dans la bouche du puni… Mais ici, cela n’a pas d’importance ! Pas plus tard que ce matin, par la fenêtre ouverte, j’ai entendu les hurlements des deux fils de la voisine et les claquements de son martinet. Si les voisins entendent des cris en provenance de chez nous, ils sauront que c’est Frédéric qui trinque et ils estimeront que ce n’est que justice compte tenu de son comportement ! Tu peux donc continuer à crier, Frédéric, cela n’a pas d’importance. Tout le monde saura que tu es fouetté et pensera que tu n’as que ce que tu mérites.

Papa n’avait marqué aucune interruption pendant ce commentaire et la douleur devenait insupportable.

– Papa, pitié ! Arrête de me fouetter. Je te promets que je travaillerai dur maintenant !

– Oui ! On dit cela, répondit ma mère, et une fois les larmes séchées, le puni est tout prêt à désobéir à nouveau ! Une fessée doit être marquante, d’après Madame Simone et se dérouler jusqu’à son terme pour marquer l’esprit. Continue, tu es sur la bonne voie, même si la punition ne fait que commencer !

– Décidément Madame Simone a trouvé en toi un porte-parole de qualité concernant les fins et moyens de la fessée !

– Oh oui ! C’est véritablement une maîtresse femme qui incline au respect tous les gens qu’elle côtoie ! Elle a véritablement une âme de chef qui sait manier pouvoir de conviction et coercition ; je suis fière de faire partie de ses fréquentations.

– Tu sais, je ne l’ai vue sérieusement qu’une seule fois lors d’une réunion de travail qui se déroulait chez elle et il m’a bien semblé qu’elle dominait son monde et excellait pour imposer ses vues à toutes les personnes présentes autour d’elle. J’ai moi-même été subjugué par son attitude pendant le bref moment que j’ai passé en sa présence.

– Pourquoi ? Elle t’a menacé de te fouetter ?

– Pas à proprement parlé, mais en cette occasion, comme dans les réunions mondaines, pour briller devant l’assistance, j’avais parlé à la légère de choses sérieuses ce qui n’avait pas été de son goût ; elle m’a regardé dans le blanc des yeux et m’a dit d’un ton sévère comme celui d’un juge au tribunal : « Monsieur, je considère que vous tenez devant moi des propos irresponsables et inconvenants mais je ne vous connais pas assez pour vous en faire payer le prix sur le champ. Sachez cependant qu’il existe chez moi un martinet et qu’il est là pour punir toutes les extravagances, même de langage, et il s’applique sans distinction à toute personne présente sous mon toit quel que soit son âge et sa condition. » Etre menacé du fouet ! A mon âge ! Cela aurait dû passer pour le sommet du ridicule mais cette menace provenant de la bouche de cette grande dame, la rendait crédible, sérieuse, menaçante.

– Comment t’es-tu tiré de ce mauvais pas ?

– Je m’étais brusquement senti profondément coupable – j’avais agi à la légère pour avoir l’air spirituel… mais je n’étais pas seul avec elle, et les personnes présentes commençaient à me regarder en ricanant. Ils imaginaient sans doute que j’allais suivre notre hôtesse vers le lieu de punition en débouclant ma ceinture pour y être châtié. Je me suis donc excusé platement en expliquant difficilement que mes propos imbéciles avaient dépassé ma pensée et qu’elle avait eu raison de m’en faire la remarque… que je prenais bonne note de son observation pour l’avenir.

– En effet, c’était la moindre des choses et tu t’es seulement ridiculisé vis-à-vis des autres personnes présentes.

– Cela n’est même pas sûr. J’ai surtout fait preuve de diplomatie vis-à-vis de notre hôtesse qui a accepté mes excuses en observant que l’incident était clos mais que je n’avais pas intérêt à recommencer à l’avenir parce qu’alors je serais puni sévèrement comme je le méritais. D’ailleurs, je suis redevable vis-à-vis des autres invités de leur présence. Si je m’étais trouvé seul avec cette Dame, nul doute qu’elle aurait été encore plus catégorique encore et que j’aurais été bel et bien obligé de me soumettre à ses exigences et de la suivre dans sa cuisine pour y être fouetté.

– Tu dis que tu lui as déclaré prendre bonne note. De ne plus lui raconter des sornettes ?

– Oh ! Je lui ai laissé le soin de remplir les vides. Inutile de dire que la première mesure a été de ne plus m’égarer sous son toit… Cela relève de la simple prudence. La seconde était, si je me retrouvais en sa présence, de ne pas chercher à jouer les brillants, les informés, mais plutôt les seconds rôles bien ternes approuvant tous les jugements venant à tomber de son auguste bouche. Ceci étant, elle m’a paru être une grande bonne femme, digne d’un respect profond de la part de tous et j’ai eu l’impression que cette conviction était partagée par toutes les personnes présentes.

– Tiens, elle ne m’a pas parlé de cet épisode… Continue la fessée de Frédéric, il a eu le temps de se reprendre.

La fessée reprit donc avec une nouvelle vigueur. Cette fois mes sanglots avaient redoublé et j’essayais de faire baisser la pression en sautant d’un pied sur l’autre mais mes bottes étaient reliées ensemble par ma culotte et je devais me contenter de trépigner sur place pendant l’ascension de la douleur vers mes sens. Il fallait subir !

– Tu peux agiter tes pieds, cela ne change pas grand-chose. Tu as entendu ta mère, la fin de la punition, c’est une question de couleur de l’emplacement corrigé. Pour l’instant nous y sommes presque pour les fesses mais il reste encore les cuisses, le plus douloureux ! Alors prends patience !

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Mes trépignements redoublaient de même que mes promesses de me mettre résolument au travail le tout sur un fond de claquements intermittents de lanières de cuir sur mon postérieur puis sur mes cuisses jusqu’à à la limite de mes bottes et de sanglots véhéments. Oui ! Oui ! Oui ! J’allais me remettre au travail le plus tôt possible et faire en sorte de ne plus donner à mes parents l’occasion de me corriger. Cette résolution hachée par les sanglots laissa mon père indifférent et le martinet, infatigable, continua à tracer des stries rouges ou violettes sur mes fesses puis mes cuisses. Lorsque la longue correction s’arrêta enfin, j’étais en apnée. Je récupérai mon slip et ma culotte qui avaient glissé au bas de mes bottes et je descendis de mon perchoir ; suivant l’ordre qui me fut donné, je partis pendre le martinet à sa place et déposer le tabouret à la cuisine. Ensuite de quoi, je demeurai en reniflant au piquet dans l’entrée, face au mur, les fesses nues et les mains sur la tête. Mon frère passant auprès de moi me lança :

– Bien fait ! Le petit favori a enfin été fouetté ! Cela fait des années que j’attends cela ! Espère un peu, ce n’est qu’un début.

Ainsi s’était passé, mon premier contact sérieux avec le martinet domestique, une raclée exemplaire mettant fin au contentieux d’une année pendant laquelle je n’avais pas fait grand-chose sur le plan travail scolaire. La correction était donc amplement méritée, même si je passai la nuit suivante sur le ventre et les jambes écartées à cause de mes douleurs. Bien sûr, les marques s’épanouirent entre lisière de ma culotte courte et mes genoux pendant près d’une semaine, donnant une publicité officielle à mon nouveau statut disciplinaire, ce qui n’était pas tellement de mon goût… mais je ne possédais pas de pantalons longs.

A quelques jours de là, Maman m’avait expédié chez le boulanger pour procurer le pain de la journée – contre les tickets correspondants. Alors que je sortais de l’échoppe du commerçant, mon pain sous le bras, je croisai une bande de galopins qui jouaient dans la rue. Parmi eux se trouvaient deux petits voisins, des mioches de huit ou dix ans. L’un d’eux s’exclama :

– Dites, les gars, vous avez vu ? Frédéric a reçu le martinet. Il en a les marques ; je l’ai entendu crier, supplier et pleurnicher comme uns fille.

– J’aurais voulu t’y voir, répondis-je, la correction a duré près de cinq minutes et je suis resté en pénitence ensuite pendant une demi-heure au moins.

– Qu’est-ce que tu avais fait ? Tu avais encore chapardé dans le porte-monnaie de ta mère ? 

– Même pas ! Des problèmes scolaires…

– Avant, tu n’étais pas fouetté ?

– Non mes parents n’avaient pas de martinet.

– Eh bien, si c’est comme chez nous, attends-toi à le recevoir maintenant comme nous, toutes les fois où tu seras désobéissant, plusieurs fois par jour…

Tout le groupe se mit à rigoler. Et oui ! Cependant, j’étais maintenant replacé dans la communauté enfantine soumise aux corrections par le martinet et, de fait, lorsque je faisais une connerie, mon frère ne manquait pas d’observer « attention tu vas voir tes fesses » et cette simple mention suffisait le plus souvent à me dissuader de persister dans la mauvaise direction, car mon frère n’aurait pas hésité une seconde pour aller cafter mes faits d’armes à mes parents, rendant certaine une punition or j’avais acquis la peur du martinet… une forme d’éducation par la menace.

Il n’y avait aucun doute que mon statut avait été renvoyé vers l’enfance… mais, pour faire passer la pilule, je me disais que mon frère, un ado confirmé avec ses 17 ans serait soumis lui aussi au même régime.

Illustr. 1) Akaininare  - 2) Davcha – 3) Arkham-Insanity  

6 commentaires »

  1. CLAUDE dit :

    Merci pour ce long et beau récit. Vous y décrivez avec finesse votre état d’esprit à la fois dans l’attente du châtiment,puis pendant,(notamment la pose peu charitable de votre frère) et de même après. Vous avez de plus l’honnêteté de reconnaître que cette fouettée était méritée. Je suis persuadé qu’elle vous aura servi. Car,je ne vous l’apprends pas, le Martinet est(du moins pour moi) d’abord dissuasif ou dans votre cas « stimulant »pour vous inciter à travailler plus. Cordialement. CLAUDE

  2. Benedicte dit :

    Bonjour Fred,
    J’ai eu les mêmes rapports que toi avec le martinet, mis à part son emploi plus précoce !
    D’abord sa vue accroché bien visible et lanières pendantes qui me narguaient, puis devoir l’apporter à ma mère pour être fouettée alors que j’avais interdiction de le toucher par ailleurs !
    Je l’entends encore me dire : « Bénédicte apporte-moi le martinet et tiens-le par les lanières qui seules te fouettent, le manche c’est pour moi » et j’obéissais, tendant humblement ce martinet qui allait me fouetter sur ma prière : »Mère, merci de me fouetter pour me rendre sage ». Bel exemple de dressage !
    Puis à la longue j’ai eu envie de tenir moi aussi le manche du martinet, oh ! c’était bien sûr en cachette que je le décrochais et que je fouettais l’air, une véritable joie pour moi que de faire comme maman; et bien sûr, dès que je le pouvais, je caressais ces lanières allant même jusqu’à les embrasser un jour ; le « virus « martinet m’avait atteint et, depuis, je ne peux voir un martinet sans être toute retournée.
    Et bien sûr, je ne ratais aucune occasion avec mes copines et nous jouions à la maman sévère qui savait manier le martinet ;,maintenant, c’est mon chéri qui me fouette et ceci pour notre plus grand bonheur à tous les deux. Bien à vous de Bénédicte

    • fred44 dit :

      Bonjour Bénédicte, bonjour Claude,
      Merci d’avoir accordé de l’intérêt à mon récit. Je suis bien d’accord avec vous. A partir du moment, où on a tâté du martinet, cet instrument ne peut plus vous laisser indifférent. En effet, chaque fois que j’en vois un, je suis pris par un sentiment rétrospectif de frousse et de désir qui a été ancré définitivement dans mes gènes.
      Je suis bien d’accord avec vous, Bénédicte, il est entré dans ma vie beaucoup trop tard pour avoir eu un impact réel sur mon comportement. Dans les maisons où il y a un martinet, les petits prennent conscience de sa dangereuse présence presque intuitivement et il entre sans effort dans l’échelle des risques encourus dans leurs actes au quotidien.
      Dès lors pas besoin d’en abuser, pas besoin de chercher la douleur, souvent le simple geste de décrocher le martinet de son clou suffit pour les former pour un monde plein de danger. Plus tard, il faut sans doute changer de registre avec l’âge mais surtout, pour faire utile, il ne faut pas chercher l’égalitaire. Chaque enfant, par lui-même, représente un cas particulier.
      Ainsi que je l’ai raconté, pour mon frère, il a suffi que mon père, lors de son entrée en sixième, lui donne une grosse fessée hebdomadaire à la réception de son carnet de notes pour que, de lui-même, il se bâtisse des priorités et une organisation qui lui a servi par la suite pendant toute sa scolarité et même au-delà.
      Pour moi, à partir de mes quatorze ans, il n’en a pas été de même et malgré des violentes mesures de coercitions (la fessée racontée n’a pas été la dernière), j’ai continué à me traîner de classe en classe jusqu’au baccalauréat. Il aurait sans doute fallu tenter autre chose. La mise en internat ?
      Cependant, il faut remarquer que les faits que je raconte se sont passés il y a fort longtemps, dans une ambiance générale où la fessée et le martinet étaient communément admis comme moyen de formation de la jeunesse. Maintenant les parents sont plutôt démunis pour faire passer leur éducation puisque le martinet est proscrit.
      Amicalement à vous.
      Fred44

      • Nelly dit :

        Bonsoir,
        Joli récit. Il est évident comme le disent Bénédicte et Claude que le martinet est avant tout un instrument qui est présent pour dissuader de faire la bêtise qui entraînera son utilisation. C’est d’ailleurs pour cela qu’il était bien souvent disposé à la vue de tous. Pour ma part, il était suspendu au mur de la cuisine qui était la pièce de vie à l’époque.
        Lorsque mon comportement le nécessitait, l’ordre m’était donné sèchement de le décrocher et de le poser sur la table. Ensuite l’inévitable arrivée d’une bonne fouettée : jupe retroussée et petite culotte baissée pour recevoir 6_7_10 coups maximum. Mais des coups bien appuyés avec l’éternel : »je vais te faire comprendre ce qu’est la sagesse! »
        J’avoue que je le craignais mais qu’en même temps il me fascinait, le trouvant majestueux trônant là sur le mur.
        Depuis, la vue de ce bel instrument me fascine toujours et bien plus encore, je connais bien son utilité et je la regrette pas, j’avoue que de le recevoir m’a troublée. Et aussi qu’il a été utile à mon éducation sans en être traumatisant pour autant puisque utilisé pour de bonnes raisons et sans violence, ce qui est extrêmement important. Bises, Nelly

        • Benedicte dit :

          Bonjour Nelly,
          Oui, le martinet visible qui devrait être dissuasif quand on y a goûté une fois ! Mais on oublie vite et la désobéissance revient vite et… le martinet aussi.
          Je le craignais moi aussi, mais il me fascinait aussi par son pouvoir à me rendre sage et obéissante et je n’avais de cesse de pouvoir toucher en cachette ses lanières redoutables et je prenais même plaisir à les caresser !
          Et depuis il me fascine toujours, mais j’ai la chance (???) d’en avoir toujours eu un à ma disposition.
          En effet, partie en fac pour études je me suis retrouvée, avec le plus grand plaisir, sous la coupe d’une coloc sévère (voir mon commentaire dans « fessées entre filles »), puis d’un petit ami qui, ayant vu mon martinet, ne se priva pas de l’utiliser pour arriver à ses fins et ce fut… DIVIN !
          Bises à toi, Nelly.
          Béénédicte
          .

  3. CLAUDE dit :

    Bonjour Nelly, « la crainte du fouet est le commencement de la sagesse » nous dit la Bible. Votre témoignage est l’illustration parfaite de ce proverbe biblique. Bien sûr, il ne faut pas abuser du martinet pour qu’il ne soit pas traumatisant. Mais pour qu’il soit dissuasif, il faut bien qu’il tombe de temps en temps !
    Cordialement. CLAUDE.

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