La fessée appliquée

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En Seconde, le martinet reprend du service – 3e partie – FIN

Unkn interp.Par Cambaceres

8e épisode – Je ne suis pas seul à recevoir le martinet 

Avec Mme Nicole, ma professeur de cours particuliers, mes cours avaient repris leur rythme, ceux de grec deux fois par semaine, et le jeudi après-midi pour le soutien en français et en latin. 

Ses conseils semblaient porter leurs fruits car en classe j’avais obtenu un douze en français pour un devoir sur Rabelais et « Gargantua ». Mme Nicole en parut satisfaite mais sans plus. Elle maintenait ses exigences d’un niveau élevé de compréhension de texte et d’expression écrite. 

Cependant, dès la mi-novembre, le martinet reprit son rôle d’instrument d’éducation. Je pensais avoir réussi un exercice de style et de vocabulaire, mais Mme Nicole avait repéré six fautes d’orthographe. Elle ne me gratifia que d’un dix.

« Reprenons nos habitudes » dit-elle d’une voix neutre en décrochant le martinet. 

Malgré la fraîcheur de novembre, je portais toujours la culotte courte grise qu’elle m’avait offerte et qui avait l’avantage de présenter aisément mes cuisses largement dénudées aux cinglantes lanières. 

Elle me corrigea avec rudesse. À chacun des dix-huit coups, je grimaçais et je finis par pleurer doucement. Affichant une apparente impassibilité, Mme Nicole m’ordonna de me remettre immédiatement au travail. J’osai lui demander la permission d’aller rafraîchir mes cuisses rougies à la salle de bains. 

Bien que n’y étant pas obligé cette semaine-là, j’avais promis à ma mère d’aller en classe en culotte courte les jours où j’avais cours avec Mme Nicole. Mes cuisses étaient bien marquées et le lendemain j’avais cours de grec. Malgré cela ma mère me rappela ma promesse. Je dus aller en classe vêtu de la culotte courte en velours côtelé bleu marine offerte par Mme Nicole et, comme il faisait doux et sec, ma mère m’avait chaussé de sandales. J’avais vraiment l’allure d’un « petit garçon ». 

Certains camarades me jetèrent un regard amusé mais il n’y eut aucune moquerie. Ce n’était pas la première fois qu’il m’arrivait de devoir exhiber des cuisses zébrées ; déjà en 4e et en 3e, par exemple. En récréation, Benoît et le « petit Philippe » s’en émurent. Pourtant Benoît savait depuis longtemps. 

« Ne vous en faites pas pour moi, les gars, je suis habitué. Je ne suis pas à plaindre ; j’ai accepté les règles. « Dura lex sed lex » rappelais-je. Et puis vous savez bien que je ne suis pas le seul à être puni au martinet ! » 

Sous les regards croisés de Benoît et du mien, Philippe baissa la tête. 

«  N’aie pas honte, lui dis-je ; on sait que toi aussi tu en portes parfois les marques du martinet. » 

C’était vrai ! Lorsqu’il était en 4° avec Benoît, j’avais pu apercevoir sur l’arrière de ses cuisses des stries rosâtres qui m’étaient familières. 

Philippe l’admit. Quand sa mère se fâchait, ça chauffait à la maison ! Sa petite sœur recevait la fessée mais lui avait droit à une correction au martinet. 

«  Ce n’est pas juste ! remarquai-je. Pourquoi pas le martinet pour tous les deux  ? » 

« Parce que je suis l’aîné et qu’elle, c’est une fille » justifia Philippe. 

« De plus, tes culottes courtes n’arrangent rien » ajouta Benoît. 

Philippe hocha la tête. Il reconnut aussi recevoir le martinet parfois pour ses mauvaises notes. 

« Moi aussi ; mais j’accepte cette punition. Je travaille souvent mieux après. » 

« Et ça ne te fais rien ? » s’étonna Philippe. 

« Bien sûr que si ! Mais je m’en accommode. Les culottes courtes font plaisir à ma mère et le martinet m’oblige à avoir de bons résultats. Tu sais, une fois qu’on s’est mis d’accord sur le système, ça ne pose plus aucun problème entre nous. Penses-y par rapport à ta maman. » 

Le cours de grec se déroula le plus naturellement du monde. Mme Nicole ne revint pas sur la correction de la veille. Par contre je ramenais de l’école un dix en anglais que je dus montrer à ma mère à son retour. Elle aurait sans doute laissé passer, mais ma professeur veillait. 

« Dix ! Ce n’est pas douze ! Ça mérite une punition » intervint-elle. 

« C’est logique en effet, admit ma mère. Cours particuliers et résultats scolaires doivent être jugés selon le barème le plus exigeant. »

 « Je suis désolée, chéri, mais je vais devoir te punir pour ce « dix ». Tu as eu la moyenne, certes, mais ce n’est pas suffisant. » 

Ce disant, Maman vérifia l’état de mes cuisses. 

« Tu as été corrigé hier. Les rougeurs sont encore visibles. On attendra demain après-midi pour cette punition. » 

Mme Nicole approuva cette décision tout en regrettant de ne pas avoir le loisir d’y assister. 

Comme prévu, ma mère attendit le samedi après-midi. Elle était assise sur le canapé et me prit la main.

« Eric, on se retrouve tous les trois comme d’habitude. »

« Tous les trois ? » questionnai-je, un peu dérouté. Je crus comprendre… Maman, moi et le martinet, cela faisait trois, évidemment ! 

« Allons, Eric, va décrocher le martinet et prends la position ! »  commanda-t-elle.

Selon le rite établi, je pris le martinet et le tendis à ma mère avec respect. Puis, sans réfléchir, je pris la position que Mme Nicole exigeait de moi. 

Je reçus mes six coups de martinet sans broncher. Maman fouettait moins fort que Mme Nicole, mais ça faisait quand même assez mal. Mais à la différence de ma professeur, la correction finie, elle me serra contre elle et m’embrassa. 

« Mme Nicole est plus sévère que moi, n’est-ce pas ?  » 

« Oui, Maman. C’est toi qui l’as choisie et qui lui a recommandé d’être ferme avec moi. Elle note sèchement, se montre très exigeante et me punit sans hésiter. J’ai accepté les règles. J’assume. Même si c’est dur, je pense que c’est l’enseignante qu’il me faut. » 

J’avais dit cela d’un même élan. Ma sincérité était évidente. J’exprimais le fond de ma pensée en dépit des picotements brûlants qui taraudaient mes cuisses. 

Maman approuva en souriant et me rappela que j’aurai trois jours de classe à passer en culotte courte la semaine suivante.

 

Original Danny (interpr. unkn)

9e épisode – Philippe, François, Thierry, moi et les autres 

Être élève dans un collège catholique de garçons jusqu’au bac facilitait le port des culottes courtes. Seul en culotte courte en classe de Seconde, pantalons longs et culottes courtes cohabitaient en récréation avec les élèves de 3e. Et à la sortie, une fois au dehors, je retrouvais d’autres garçons en culottes courtes.

Le « petit Philippe » restait fidèle aux culottes courtes. Benoît me révéla que mes paroles et mon attitude semblaient l’avoir décomplexé. D’ailleurs dans leur classe, deux autres élèves en mettaient encore. Il n’était plus honteux de montrer ses cuisses et il avait retrouvé le sourire. 

Chaque midi, je prenais un autobus pour aller déjeuner chez ma grand-mère. D’autres élèves l’empruntaient aussi. Je retrouvai souvent Thierry, le cousin d’un de mes camarades de classe. Il était scout et arborait le plus souvent une culotte courte bleue en toile ou en velours côtelé. Il ne fut pas étonné de me revoir en culotte courte ; ça l’amusa plutôt. 

« Je ne suis pas sûr d’en mettre encore quand je serai en Seconde. » 

Cela ne lui déplaisait pas, bien au contraire, mais plus jeune de deux ans, il me dépassait déjà de quelques centimètres. C’était un gentil garçon aux cheveux bruns avec des lunettes. Lorsqu’il était en 6e je l’avais défendu alors que des camarades se moquaient du « scout toujours les cuisses à l’air ». 

Thierry était souvent accompagné d’un élève de sa classe, François, de la même taille que lui mais aux cheveux châtains et portant de fines lunettes. Celui-ci mettait encore des culottes courtes, comme Thierry, mais pas en permanence. Un jour de fin novembre, il arriva vêtu d’une culotte très courte à carreaux noirs et blancs. 

« François, tu me fais concurrence, lui lançai-je ; ta culotte est aussi courte que la mienne ! » 

Thierry m’apprit qu’il était puni. Assez prétentieux et volontiers arrogant avec les autres élèves et ses professeurs, François se montrait trop dissipé en classe. 

« Ses parents n’ont pas apprécié certains résultats et les remarques sur son comportement, m’expliqua Thierry. Au prochain écart, il sait ce qui l’attend : comme toi, le martinet ! » 

« Tu le reçois souvent ? » me hasardai-je. 

« Quelques fois, oui, mais pas souvent » admit-il. 

« François, comme tu sais, je connais bien le martinet. Ses coups font très mal sur les cuisses et les traces peuvent rester plusieurs jours. Fais attention ! Contrôle-toi ! On n’a pas envie de te voir avec des cuisses zébrées. » 

Curieusement je n’aimais pas qu’on me plaignît pour mon éducation sévère et acceptée. Mais paradoxalement je n’aimais pas voir des camarades la subir ni être victimes d’injustices. En classe, il m’était déjà arrivé de protester contre une sanction infligée à un copain. Malheureusement je ne pouvais rien faire de plus pour François. 

Quelques jours plus tard je découvris François et Thierry dans la rue de l’école, mais bien loin de son entrée. Je compris tout de suite : de nettes traces pourpres s’affichaient sur les cuisses de François. Il avait dû commettre la faute de trop et son père l’avait visiblement fait danser au martinet. Il semblait avoir honte, pleurait et n’osait pas entrer au collège. 

« François ! Moi aussi il m’arrive encore d’en passer par là ; c’est difficile mais il faut prendre sur soi. Depuis que j’ai accepté cette discipline, ça m’est devenu égal. Crois-en mon expérience. Si on te questionne, joue l’indifférence, réponds que c’est sans importance. Si on insiste, laisse glisser. Le silence demeure la meilleure des réponses aux railleries. Quant à tes copains et tes amis, ils comprendront d’eux-mêmes. » 

François se calma, cessa de pleurer et entra avec Thierry. Plus tard ce dernier m’indiqua qu’il y avait eu quelques murmures mais qu’il avait suffi de quelques regards sombres pour clouer le bec aux curieux.

En tout cas le martinet dut assagir François car Thierry m’apprit qu’il se montrait moins dissipé et plus attentif en classe. Cependant, il restait en culottes courtes et savait que cette cuisante expérience lui pendait toujours au nez. 

Peu de temps après, ce fut au tour du « petit Philippe » d’exposer des zébrures de martinet. 

« Des mauvaises notes en maths et en anglais » m’expliqua-t-il l’air piteux. 

De mon côté, je ne pouvais pas prétendre échapper au martinet. 

Mes résultats en français se redressaient : dix, douze, treize pour les derniers devoirs. L’intransigeance de Mme Nicole s’avérait bénéfique même au prix de quelques bonnes volées de martinet. Le latin suivait cette progression, surtout en version. Quant au grec, il ne m’avait occasionné aucun désagrément jusque-là. 

De leçons en leçons, ma professeur demeurait imperturbable. Certes, elle appréciait mes progrès mais considérait qu’ils étaient normaux et qu’il n’y avait pas de quoi pavoiser. Comme en classe nous travaillions « Antigone » de Jean Anouilh, elle m’avait donné le prologue à apprendre par cœur. Je n’en voyais guère l’intérêt et ma prestation décevante me valut neuf coups de martinet. Mme Nicole se montra plus convaincante que moi en art dramatique. 

Elle me remit à l’étude d’« Antigone », me lut le prologue à haute voix en y mettant le ton. Puis me laissa une demi-heure pour m’imprégner du texte. 

Quand elle me donna la parole, je me lançai. Mme Nicole fut enchantée par ma lecture. Je lui avouai que j’avais lu cette pièce d’une seule traite et qu’elle m’avait bouleversé. Nous discutâmes d’Antigone et de Créon, des notions d’ordre et de révolte, de raison et de passion. 

« Chacun de nous possède en lui une part d’Antigone et de Créon » dis-je. 

« Tu es beaucoup plus Créon qu’Antigone. Tu préfères l’ordre et la discipline. La sévérité te convient, y compris le martinet et tu ne te révoltes pas quand tu le reçois », jugea Mme Nicole. 

De ce point de vue, elle avait raison et le lui dis avec fierté. 

« C’est dans l’ordre des choses, j’en suis sûr, Madame. Les parents fixent les règles et les enfants doivent obéir ou être punis ; c’est ça l’éducation. Quand Maman estime que je mérite d’être corrigé au martinet, c’est sa décision et je n’ai pas à discuter.  J’ai compris depuis longtemps qu’elle faisait ça dans mon intérêt. Et je sais que si je ne veux pas goûter du martinet, je dois mieux travailler pour progresser. »

Mme Nicole m’avait écouté avec attention. Elle hocha la tête dans un grand silence. 

 

Unkn 434

10e épisode – les cadeaux de Mme Nicole

Le lendemain, Mme Nicole fit son cours de grec sans revenir sur les péripéties de la veille. Au retour de ma mère, elles eurent une longue conversation entre elles et je fus prié d’aller dans ma chambre.

Après le départ de ma professeur, je montrai à ma mère  un devoir d’allemand pour lequel je n’avais obtenu que neuf. Je savais ce que cela signifiait mais, comme j’avais été corrigé par Mme Nicole la veille, ma mère décida de remettre la punition au lendemain après-midi.

Quand je rentrai de l’école, Maman m’annonça que Mme Nicole viendrait prendre le café avec nous.

« Tu devines pourquoi ? » me demanda-t-elle en souriant.

Face à mon air perplexe, elle précisa :

« Nous sommes le 6 décembre, c’est la Saint Nicolas ! »

La fête des enfants ! Je l’avais oubliée ; mais à la maison nous étions plutôt Noël que Saint Nicolas.

Tandis que nous prenions le café tous les trois, Mme Nicole posa deux paquets devant moi en me souhaitant un « bon Saint Nicolas ».

L’emballage du premier cadeau ne m’avait pas trompé : c’était bien un livre, « Antigone » de Sophocle. Quelle bonne idée ! J’en remerciai ma professeur.

Le second paquet avait une forme plus allongée. Voyons…

« Rappelle-toi, Eric, selon la tradition Saint Nicolas ne se déplaçait pas seul ; il était accompagné d’un personnage moins sympathique… » suggéra Mme Nicole avec un petit sourire entendu. »

« Le Père Fouettard ! » m’exclamai-je !

Étais-je assez sot pour ne pas saisir l’allusion de Mme Nicole ? Poussé par la curiosité, je déchirai à la hâte l’emballage. Un martinet !… Un martinet tout neuf à cinq lanières de cuir carrées… Le même que celui qui était accroché au salon. Mais alors, pourquoi deux martinets à la maison ?

Devant mon air ébahi, Mme Nicole vint à mon secours.

« Ta maman m’avait expliqué qu’elle renouvelait ton martinet à chaque rentrée scolaire, mais pas en Seconde. Ce n’est qu’après que tu as exprimé le souhait d’être à nouveau puni au martinet. J’ai pensé réparer cet oubli. Votre droguiste se souvient bien de toi et du modèle de martinet qu’il te faut. Elle était ravie de me guider dans mon choix. Elle m’a confié en vendre surtout à la Saint Nicolas. »

« C’est vrai Eric, l’ancien martinet a bien servi durant ta 3e » reconnut ma mère.

« Et depuis que je te donne des cours, il a encore rendu bien des services, renchérit Mme Nicole. Mais après notre discussion sur « Antigone », j’ai mieux compris ton désir d’ordre, de sévérité et de punition. Tu as besoin d’autorité et de fermeté, Eric, et je comprends ce que le martinet symbolise pour toi. »

Mme Nicole m’avait analysé avec finesse. Ma mère approuva totalement.

Elle expliqua à ma professeur que j’avais toujours craint le martinet même quand nous n’en possédions pas. Elle avait remarqué que j’étais toujours impressionné par les corrections que recevaient mes copains et que j’en parlais volontiers à la maison. Elle avait fini par avoir la certitude que, si elle me soumettrait régulièrement à cet instrument de discipline, je réagirais et travaillerais bien mieux. Depuis, son intuition ne s’était jamais démentie.

« Nous avons vu juste, Eric se félicita Mme Nicole. Le livre correspond à ton désir de culture, et le martinet à celui d’ordre et de discipline ! »

Je me montrai beau joueur. Un martinet pour la Saint Nicolas, c’était bien pensé. Je reconnus qu’il gardait toujours sa place dans mon éducation et qu’après tout un neuf pour remplacer l’ancien, pourquoi pas ?…

« Je suis contente que tu le prennes ainsi, Eric. Mais attention ! Ce n’est pas une plaisanterie ! J’en ai discuté avec ta maman. Tu as fait des progrès, mais c’est insuffisant ! Ton travail reste trop aléatoire ; nous attendons bien plus de ta part ! Mais s’il n’y avait que ça !… »

Cette dernière expression de doute leva mes inquiétudes. Que voulait-dire Mme Nicole ?

« Je t’avais prévenu que je ne tolérais pas une attitude nonchalante. Or depuis quelques jours, tu sembles glisser sur cette pente. Par exemple, tu adores « Antigone » mais quand je t’ai demandé d’apprendre le prologue, tu ne l’as pas pris au sérieux et tu l’as récité assez banalement et avec beaucoup trop d’hésitations. Et plus tard, tu as su le lire avec brio. »

« Je ne voyais pas trop l’intérêt d’apprendre cela par cœur », me défendis-je.

« D’abord parce que je te l’avais ordonné ! Et puis c’est un excellent exercice de mémoire et enfin par respect pour l’auteur et sa pièce. »

« Nicole s’en est ouverte à moi, relança ma mère. Je lui donne entièrement raison. Tu as progressé mais tu es capable de faire nettement mieux. Et cette indolence que tu affiches de temps en temps peut être exaspérante ! Aussi nous avons décidé de te serrer davantage la vis. »

Mme Nicole m’annonça que dorénavant pour chaque note insuffisante, ce ne serait non plus trois coups de martinet mais cinq. Pour l’orthographe, la tolérance serait ramenée à quatre fautes et la sanction à trois coups. Par ailleurs, je devrais aller en classe en culottes courtes jusqu’à la fin du trimestre. On verrait bien en janvier.

« Pour ton attitude et la discipline, je laisse carte blanche à Nicole. Elle seule jugera si ta tenue et ton comportement mérite le martinet quand elle te donne les cours. »

Mme Nicole détailla alors ses exigences en matière de vêtements et de comportement à l’avenir.

Mes tenues devraient être impeccables : chaussettes remontées, culotte courte correctement ajustée à ma taille par la ceinture, chemise rentrée à l’intérieur de la culotte, pullover descendu sans plis, mains propres, cheveux peignés. Livres, cahiers, copies soigneusement rangés sur la table. Lors des récitations, je devrais me tenir debout bras croisés face à ma professeur. Durant les cours, j’observerais une attitude attentive en me tenant correctement assis sur ma chaise. Enfin, le martinet devra être déposé bien en vue, lanières repliées contre le manche, à la place de Mme Nicole, prêt à servir.

Je ne m’y attendais pas et j’étais atterré.

« Tu peux prendre cette mine chagrine, Eric, me dit ma mère, mais c’est le fruit de ton attitude et de ton travail. Et puisque tu as désormais un martinet tout neuf, nous allons l’étrenner. Je dois te punir pour ta mauvaise note en allemand d’hier, neuf coups, et j’invite Nicole à t’infliger la même peine pour ta nonchalance. Et ce n’est pas négociable ! A vous Nicole. »

Un peu abasourdi, je repris la posture habituelle. Mme Nicole s’empara du martinet. Elle n’y alla pas de main morte ! Je trépignais sur place. Je peux le confirmer : le cuir neuf est très mordant sur les cuisses, surtout sur les parties les plus sensibles à la lisière de la culotte courte. À la fin, mes cuisses me brûlaient et j’avais les yeux humides.

Maman me fit mettre au piquet dans un coin, debout et le dos tourné tandis qu’elles reprenaient du café. J’avais une furieuse envie de frictionner mes cuisses endolories mais je n’avais pas le droit d’y toucher. Au bout d’une demi-heure, ma mère prit le relais.

Unk 428

«  A présent, à nous deux, mon chéri, ce n’est qu’un mauvais moment à passer ! »

C’était la formule habituelle qu’elle affectionnait avant une punition au martinet. Comme je m’y attendais, elle me fouetta moins fort que Mme Nicole mais sur des cuisses déjà endolories, cela me fit beaucoup plus mal au point de me tirer des gémissements. Puis je fus remis au piquet en pénitence avant d’être autorisé à me passer un gant de toilette frais sur les cuisses à la salle de bains.

Rude fête de Saint Nicolas ! Mais en mon for intérieur, je reconnaissais avoir mérité cette punition à cause de ma mauvaise volonté à apprendre le prologue d’« Antigone ». Et maintenant je devrais me montrer plus performant avec Mme Nicole comme en classe. Je sentais que ce martinet connaîtrait une belle carrière.

Cerise sur le gâteau, le lundi matin de belles zébrures striaient encore mes cuisses et je subis quelques railleries de la part de mes camarades de classe.

« Alors Eric, on a fêté Saint Nicolas ! »

« Oui, on dirait bien ! … Quand on a sonné chez lui, c’est le Père Fouettard qui l’attendait derrière la porte ! »

Tout le monde trouvait cela très drôle. On riait ! Bien fait pour moi ! Je voulais ne rien laisser paraître, affichant un petit sourire pincé. Comme je me le répétais souvent, les blagues ça faisait aussi partie de la punition.

Ainsi ce fut avec un certain fatalisme que j’accueillis ma nouvelle destinée éducative.

-  FIN -

Illustr. : 1) Unkn interpr. – 2) Dacha –   3&4 ) Unkn

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3 commentaires »

  1. Edmée dit :

    Bonjour Cambaceres, lisant vos divers récits de souvenirs magnifiquement documentés, je relève que votre mère, après l’achat d’un 1er martinet familial lors de votre redoublement de la 6e, renouvela systématiquement cet achat de martinet à chacun de vos passages dans une nouvelle classe, et ce jusqu’en 2nde à 15 ans. Extraits :

    « A l’entrée en 3e je fus invité à aller acheter moi-même mon martinet neuf. Ma mère l’avait commandé à l’avance. C’était un martinet à cinq lanières épaisses, carrées et souples, fabriqué à la demande de la droguiste par un cordonnier, un martinet « d’éducation » spécialement réservé pour ses « bons clients ». » …/…
    « J’avais craint le premier martinet en 6e ; mais celui-là d’une capacité bien supérieure m’inquiétait davantage. »
    Etc.

    Conclusion : puis-je présumer que votre mère estimait qu’il fallait les martinets à vos changements de corpulence au fur et à mesure que vous grandissiez en âge et en taille ? Il est vrai qu’à 15 ans on ressent différemment la fessée au martinet.
    Il est également vrai qu’autrefois, on trouvait à la vente un grand choix de modèles de martinets de grande qualité de fabrication artisanale (cordonnier, sellier…), donc tous potentiellement adaptés à l’âge et au sexe des punis-es et peut-être aussi au mode de correction (chez vous, sur les cuisses uniquement).

    C’était notamment le cas dans l’institution privée que je fréquentais, le cas aussi chez des camarades et voisins, une fratrie de 3 garçons…. Chez eux, c’était l’abondance ! Il y avait des martinets de toutes formes et de tous âges dans presque toutes les pièces et même, dans un panier d’osier, de vieux martinets dont les lanières usées débordaient en bouquet ! Et ce n’était pas seulement ça qui m’impressionnait ! (souvenir évoqué dans « Mémorable séance pour Lucien, mon camarade et voisin »)
    Dans l’attente de votre point de vue,
    Très cordialement, Edmée

    • cambaceres dit :

      Bonjour Edmée,
      Votre remarque concernant les martinets est fort juste. En effet, la droguiste conseillait un martinet différent en fonction de l’âge et de la taille des enfants. Je sais que dans certaines familles nombreuses il pouvait y en avoir deux en service selon l’âge des gamins. J’ai pu voir les martinets du rayon « animalerie » des grandes surfaces ; ils n’ont rien à voir avec les robustes martinets que j’ai connus. Ce ne sont que des modèles standards, mal fichus, et assemblés dans des matériaux de pacotille, bref la caricature des martinets éducatifs de l’époque.
      La droguiste disait connaître des pics de vente lors des grandes vacances, à la rentrée des classes et à la Saint Nicolas, tradition du Nord et de la Belgique oblige, mais Noël prenait déjà le dessus. Le fameux martinet de cordonnier n’était proposé par la droguiste que pour des adolescents à partir de treize ans et en fonction de l’usage qu’en faisaient les parents. Elle savait que ma mère l’employait avant tout pour les résultats scolaires et qu’elle plaçait la barre bien au-dessus de la moyenne ; j’étais donc un « bon client » pour ce type de martinet (qui n’était pas fabriqué dans la célèbre usine du Morvan !). Il produisait une douleur plus vive que le martinet classique à dix lanières, même réduit à cinq, en raison d’une épaisseur plus importante du cuir et de la longueur des lanières qui s’enroulaient plus facilement autour des cuisses. Les stries perduraient aussi plus longtemps. Ce genre de martinet m’inspirait vraiment crainte et respect. Et il ne me serait jamais venu à l’esprit d’en couper les lanières, c’eût été stupide et inutile. Heureusement pour moi, ma mère a vite pris conscience que ce martinet corrigeait plus durement et elle a modéré la vigueur de sa fouettée ; elle a aussi compris que pour les maths il ne ferait pas de miracle et a baissé ses exigences pour cette matière. J’ai toujours gardé rancune à cette matière et il m’arrive encore à l’occasion de me prendre la tête avec un prof.de maths. Mais pour les autres domaines enseignés, bien plus culturels, ma mère appliquait sans hésiter le barème prévu.
      Assurément ce fut ce type de martinet qui m’a le plus impressionné et qui m’a obligé à obtenir les meilleurs résultats en classe.
      Amicalement;
      Cambaceres

      • daniel dit :

        Merci messieurs pour ces excellentes descriptions au sujet du martinet. J’ai moi-même vécu le port de la culotte courte et je recevais le martinet sur les cuisses nues. Aujourd’hui, pour mon plaisir, j’aime porter ce genre de vêtements courts et revivre ces instants de discipline.

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