La fessée appliquée

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Fessé à cause d’une paire de tongs

Unkn 296

Par Laurent

Pour présenter ma fratrie, nous étions 3 enfants, mon frère et moi, très rapprochés en âge puisque nous n’avions qu’un an ½ de différence, et une petite dernière arrivée bien après nous. Notre famille était aimante, mes parents étaient attentionnés. Malgré leurs moyens modestes, ils nous ont permis de faire de la musique, du sport et des études.

Mais en contrepartie de ces efforts, ils se montraient très exigeants sur la discipline, la politesse, l’éducation. Nous leur en sommes extrêmement reconnaissants, ceci nous permet d’avoir aujourd’hui de bonnes situations. Nous devions faire notre travail avec application, et tout manquement, insolence, impolitesse, mauvaise note, devoir mal fait, ou encore pire non fait, étaient impitoyablement sanctionné.

Il y avait un martinet accroché à un clou dans la cuisine, mais qui ne servait presque jamais, sauf en tant que menace. Les sanctions prenaient la forme, vous vous en doutez, de fessées déculottées, administrées à la main.

Pour mon frère et moi, compte tenu de la différence d’âge et de sexe, les fessées ne nous étaient pas administrées devant notre petite sœur. Nous partagions tous deux la même chambre depuis sa naissance, qui était le lieu d’exécution de la sentence. Je dois avouer que si c’était évidemment un moment désagréable pour le puni, cette situation ne manquait pas d’intérêt pour l’autre.

Quand mon frère recevait la fessée, je prenais un air compatissant, mais au fond de moi, je me réjouissais d’avance. Je m’allongeais sur mon lit avec un livre, mais inutile de dire que je ne lisais pas grand-chose et ne perdais pas une miette du spectacle quand ma mère arrivait (c’était elle qui nous éduquait le plus souvent, mon père étant pris par son travail).

Elle saisissait mon frère par l’épaule, s’asseyait sur son lit, lui baissait culotte et slip, le faisait se pencher sur ses genoux, puis le tenant de la main gauche, sa main droite très entraînée claquait en cadence sur ses fesses qui rougissaient progressivement. Il se mettait à gémir, mais à la fin, ma mère le prenait près d’elle, lui faisait la morale, promettre de ne plus recommencer, et terminait par un baiser de consolation.

Bien évidemment, il arrivait que ce soit moi qui sois puni, et là, c’était mon frère qui se régalait. Je le voyais prendre à chaque fois la même attitude, assis en tailleur sur son lit, tripotant ses pieds, nul doute que lui aussi suivait de près le fessée que je recevais.

Egalement concernant mon frère et moi, nous n’avions pas le choix de notre tenue vestimentaire. Si notre petite sœur avait ses tenues de fille, nous étions généralement habillés pareil, ce qui ne nous plaisait pas toujours, mais n’avait rien de particulier pour deux garçons proches en âge. Nous ne suivions pas la mode en cours dans cette première partie des années 1970, chevelures opulentes et pantalons à pattes d’éléphant. Nous devions avoir les cheveux courts, voire très courts.

Mon frère, qui est maintenant philosophe, vocation en partie provoquée par une fessée comme j’ai pu le raconter par ailleurs, et arbore une crinière d’artiste, le vivait assez mal. Mais les quelques fessées qu’il a reçues l’ont dissuadé de contester l’obligation d’aller chez le coiffeur. Sinon, dès que le temps le permettait, nous devions nous mettre en short, y compris pour aller au collège, même dans les grandes classes.

Et quand arrivaient les grandes vacances, nous devions, en plus d’être en short, porter des tongs, ces sandales en plastique composées seulement d’une semelle et d’une lanière en forme de V qu’on enfile entre les deux premiers orteils. Là, c’est moi qui n’appréciais pas. La sensation de la lanière entre les orteils était désagréable, et je n’aimais pas montrer mes pieds or les tongs les laissaient presque entièrement nus. Ça ne me gênait pas au judo où tout le monde était pareil, mais beaucoup pour sortir. Devant des copains qui portaient pantalons larges et chaussures de ville, je me trouvais très cloche avec mes jambes et mes pieds à l’air.

Mais la fessée que je vais raconter m’a dissuadé de faire autrement.

C’était au début des vacances l’année de mes 9 ans. Ce matin de début juillet, mon frère et moi trouvâmes chacun une chemisette, un short, et rien d’autre ! Ma mère nous expliqua qu’elle n’avait pas eu le temps de faire les courses, et nous demanda si nous voulions nous charger d’aller acheter les tongs. Mon frère fut volontaire. Il n’allait cependant pas sortir pieds nus, aussi ma mère lui permit de remettre ses baskets. J’en profitais pour la regarder discrètement aller les chercher, et je repérai ainsi le placard où étaient rangées les chaussures.

Mon frère revint un peu plus tard. Il s’était pris des tongs à sa taille, mais il s’était trompé de pointure pour moi et m’avait choisi une paire bien trop grande ! Nous avions déjà défait les attaches et les étiquettes, aussi il n’était plus possible de les échanger auprès du marchand. Ma mère décida donc que je les porterais quand même. Pour se disculper, mon frère abonda dans son sens en expliquant que ces sandales n’étaient pas ajustées et m’allaient. Je ne pus donc rien faire.

J’étais honteux. Déjà que je détestais les tongs, mais là j’étais encore plus ridicule avec ces « tatanes » aux larges semelles qui débordaient, tout en laissant les pieds à l’air. Je pensais que je n’oserais jamais sortir et me montrer ainsi devant les copains. Je restais donc à la maison le matin.

L’après-midi, ma mère sortit en courses avec notre sœur. Souhaitant aller jouer dehors, l’occasion était trop belle de profiter de son absence pour remettre mes baskets, maintenant que je savais comment les prendre. Je trouvai aussi des chaussettes, j’enfilai le tout et sortis ainsi paré. Mon frère me rappela les risques encourus, mais je passais outre, je savais qu’il ne me « cafterait » (*) pas. Rencontrant des copains et des copines, nous nous mîmes à discuter, à nous amuser, et j’oubliais totalement l’interdit que j’avais bravé.

Tant et si bien que rentrant à la maison, ma mère qui était revenue constata immédiatement ma tenue. J’essayai de me disculper avec le fait que mes tongs n’étaient pas à ma taille, mais en vain : nous seulement, j’avais désobéi, mais je m’étais permis de fouiller dans les armoires. De plus, j’allais lui donner du travail supplémentaire en rangement et en lessive. Donc le couperet tomba : je devais immédiatement, bien sûr me remettre les pieds nus, et surtout filer à la chambre.

Je savais d’emblée ce que cela signifiait ! J’y trouvai mon frère qui me regarda d’un air narquois. Je n’eus pas à attendre longtemps, la justice est toujours pressée en pareil cas. Ma mère arriva, et sans avoir eu le temps de m’en apercevoir, je me retrouvai en travers de ses genoux, le short et le slip baissés, les bras maintenus par sa main gauche tandis que sa main droite claquait en cadence sur mes fesses.

Je m’efforçai de me faire le grand garçon et serrai les dents dans un premier temps, mais très vite, mes fesses se mirent à me chauffer, sans que les coups ne cessent, aussi je ne pus m’empêcher de beugler et de chialer comme un gamin.

Je n’ai pas compté le nombre de coups, mais il est sûr qu’il fut important. Quand ma mère me lâcha, mes fesses me brûlaient, il fallut beaucoup de temps pour qu’elles reprennent une couleur normale et cessent de me démanger.

Tout penaud, pleurnichant, je promis à Maman de lui obéir et de mettre mes tongs, et la perspective d’une nouvelle fessée ne me fit pas recommencer. Je me suis trimballé tout l’été avec ces « écrase-m… » (pardon du gros mot) malgré la honte et les moqueries des copains !

Comme je l’ai dit, nous ne roulions pas sur l’or, et les tongs qui ne coûtaient que 3 francs la paire permettaient de nous chausser économiquement, de plus sans mettre de chaussettes, tant pis si ce n’était pas très beau.

Le gros bisou dont Maman me gratifia à la fin me fit comprendre tout cela, et je n’ai plus cherché à mettre autre chose en été.

(*) dénoncer (ndr)

Illust. : unkn ?

 

21 commentaires »

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  1. CLAUDE dit :

    Bonsoir Rémi. En effet, je n’ai pas bien compris votre commentaire, sans doute pour la raison que vous donnez. Même l’achat d’une modeste paire de tongues peut constituer une dépense importante pour une famille modeste. J’en sais quelque chose, étant moi même issu d’un milieu très modeste. Mais je pense que cette fessée ne devait être pas trop sévère car votre faute n’était quand même pas très grave. De plus, votre réaction spontanée est normale puisqu’elles n’étaient pas à votre taille. Certes, l’artifice dont vous avez usé pour pallier ce défaut est condamnable, mais ne constitue pas à mes yeux une faute grave. Cordialement. CLAUDE.

  2. CLAUDE dit :

    Il est rare qu’on « oublie » de faire ses devoirs…A moins que ce ne soit inconsciemment pour provoquer le professeur qu’on ne déteste pas. Ce fut mon cas avec ma préceptrice d’allemand dont j’étais fou amoureux en dépit des sévères corrections qu’elle m’infligeait, à moins que ce ne soit précisément pour…les recevoir! CLAUDE.

  3. Nelly dit :

    Bonjour,
    Que de beaux échanges. Mon avis est qu’il y a plusieurs motifs de punir, mais chaque punition doit être expliquée. Par exemple, pour le devoir oublié la punition doit être stricte mais pas trop forte, juste pour que le puni soit plus attentif.
    Pour les tongs, elle doit être donnée et justifiée car il y a désobéissance. Bien expliquer qu’il aurait fallu demander l’autorisation avant de prendre destongs trop grande. C’est ainsi que cela devient moins pourne pas dire pas injuste.
    Bises Nelly

    • Remi dit :

      Bonsoir Nelly,
      Effectivement tout dépend des motifs et pour en revenir à mon expérience ceux-ci ne manquaient pas!
      Indiscipline, travail scolaire, bêtises… les fessées tombaient, si nécessaires durant mon enfance et mon adolescence !
      Avoir les fesses rouges, car celles-ci se retrouvaient systématiquement mises à l’air, m’a sûrement aidé à progresser.
      Amicalement, Rémi

  4. Laurent dit :

    Je me retrouve dans l’avis de Nelly. Pour l’exercice de maths, l’ayant oublié malencontreusement et involontairement, et ayant fait les autres, j’avais trouvé ça vraiment injuste. Pour les tongs, il est vrai qu’elles n’étaient pas à ma taille, mais j’aurais peut-être quand même fait la bêtise car je détestais avoir les pieds à l’air. La fessée m’a fait comprendre ce que signifie l’obéissance et le respect des parents.

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