La fessée appliquée

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Fessée à l’école pour xénophobie

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par Marie-Claire

Nous étions en 1950, dans une classe de filles, le CE2 de mademoiselle Monnin. Une petite Marie-Claire était première de la classe. Une petite Rosaria, fille d’immigrés italiens, était deuxième. Ce jour-là, elle était absente, pour la composition de calcul, où elle était meilleure que Marie-Claire. Et celle-ci ricana, à mi-voix, quelque chose que la maîtresse lui fit répéter.

- C’est bien fait. De toute façon, elle a qu’à retourner dans son pays !

- Qu’est-ce que j’entends ? Viens ici tout de suite !

Je m’approchai, pas trop brave, de la maîtresse qui avait pris l’air grave.

- Tu sais que son papa travaille, qu’il construit des belles maisons pour les gens de notre village ?

- Oui, mademoiselle.

- C’est très bête, injuste, et méchant, ce que tu as dit là. Je veux que ça n’arrive plus jamais dans cette classe. Et pour que tu t’en souviennes bien… acheva-t-elle en me tirant contre elle.

Je compris que j’allais recevoir la fessée. Mademoiselle Monnin n’en donnait jamais et ne menaçait pas non plus d’en donner. Le mot « fessée » ne faisait pas partie de son vocabulaire. Pourtant, cette fois-là, mon tour semblait venu.

Mais – oh ! humiliation épouvantable ! -  je sentis qu’elle me relevait ma robe ! Tout le monde voyait ma culotte, elle allait me fesser sur ma petite culotte blanche !

Je n’eus pas le temps de méditer sur cet affront que je sentis qu’elle me la baissait jusqu’aux genoux, cette petite culotte blanche !

J’étais déculottée ! Et devant toute la classe que je devinais ébahie par le spectacle. Je n’eus pas non plus le temps de m’attarder sur ce déshonneur suprême, que la fessée s’abattit sur mon petit postérieur, alors que j’étais coincée sous son bras gauche.

La fessée fut longue, solennelle, méthodique, pour bien marquer les esprits afin qu’aucun acte de xénophobie ne se reproduise jamais dans la classe de mademoiselle Monnin.

Quand elle cessa de me fesser, elle me laissa me rhabiller immédiatement, puis conclut, avant de me renvoyer à ma place :

- C’est toi qui iras lui porter ses devoirs tous les jours, à Rosaria.

Et, malgré l’air boudeur que j’affectai de prendre à ma première visite, je dus admettre que la petite fille d’Italiens était intelligente et gentille, et j’en fis une de mes meilleures amies.

Que conclure de cette fessée ? Si jamais fessée fut méritée, ce fut bien celle-là. Je suis reconnaissante à mademoiselle Monnin de me l’avoir appliquée, et même de m’avoir déculottée devant toute la classe. La leçon a été parfaitement comprise, et par tout le monde.

Quand ma maîtresse prit sa retraite, et que je me retrouvai quelques années plus tard institutrice débutante, je ne manquai jamais de lui présenter mes vœux pour le nouvel an. Et, l’avouerais-je, quand je l’embrassais, son regard malicieux semblait me dire :

Alors, tu ne l’as pas oubliée, cette fessée déculottée ? Une bonne fessée, c’est parfois le meilleur cadeau que l’on peut faire à une élève qu’on aime, pour qu’elle devienne quelqu’un de bien.

J’ai souvent repensé à cette fessée, le soir, avant de m’endormir, et je souriais secrètement dans le noir, en m’imaginant, mes fesses à l’air, devant toutes mes camarades de classe.

9 commentaires »

  1. Jean-Jacques dit :

    Merci pour votre récit, Marie-Claire. Il exprime bien toute l’ambivalence, la richesse, donc, de la fessée : à la fois excellente méthode pour inculquer de bons principes et source d’agréables rêveries pour ceux ou celles qui l’ont reçue jadis. Rousseau n’est pas très conséquent, finalement, ou alors un peu… faux-cul. Pourquoi se récrier, de façon un peu théâtrale, en disant :
    - Qu’on changerait de méthode avec la jeunesse, si l’on voyait mieux les effets éloignés de celle qu’on emploie toujours indistinctement, et souvent indiscrètement! La grande leçon qu’on peut tirer d’un exemple aussi commun que funeste me fait résoudre à le donner.

    Les deux fessées administrées avec toute l’affection que pouvait avoir Gabrielle Lambercier pour les enfants qui lui étaient confiés n’ont pas fait de Jean-Jacques Rousseau un dépravé, que je sache. S’il y a des faiblesses chez cet auteur, pardonnez-moi ma pédanterie, elles sont plus en rapport avec son orgueil, sa paranoïa, et une certaine coutume de l’époque qui absolvait avec indulgence les parents abandonnant leur progéniture.

    Mais que Rousseau ait eu des émotions agréables en revivant les fessées de mademoiselle Lambercier n’est pas un crime, on en conviendra aisément !
    Peut-être, en fait, aurait-il eu besoin d’en recevoir davantage par la bonne Gabrielle, qui cessa prématurément. La face de la philosophie aurait été-elle changée ?

  2. lambercier dit :

    Et surtout grand merci à vous, Jean-Jacques, pour cette analyse magistrale qui rétablit dans son contexte véritable la nature de ce « châtiment » enfantin tellement éloigné des discours spéculatifs – et désenchantés – de notre époque !

  3. alec dit :

    un nouveau blog que je ne connaissais pas.
    quelques histoires intéressantes.
    j’ai lgtps enseigné en écosse et ai délivré à mes étudiantes de très nombreuses fessées au tawse qui est un instrument remarquable.
    j’en garde un souvenir exceptionnel et aussi tres nostalgique. C ‘étail il y a plus de 50 ans.

  4. alec dit :

    oui je crois que la fessée crée un lienentre professeur et élève. C’est ce que j’ai éprouvé avec mes étudiantes.
    Mes préférées étaient souvent très sévèrement fessées et certaines en ont conservé un excellent souvenir.
    Moi aussi bien sûr …

    • Bernard dit :

      Bonjour Alec,
      quel âge avaient ces étudiantes et comment se passsaient les fessées que vous leur donniez ?
      à vous lire

  5. christel dit :

    Le dicton « qui aime bien châtie bien » prend alors tout son sens…. A croire que mes enseignants avaient vraiment peu d’affection pour moi !

    • Bernard dit :

      Bonjour Christel,
      vos fesses sont donc avoir « déserté » le martinet et ses lanières cuisantes ; est-ce bien le cas ?

  6. christel dit :

    Vous ne vous trompez pas, Bernard, mes fesses ont échappé au martinet et même à la fessée manuelle à l’école. Hélas !

  7. Pauline dit :

    Depuis plus de 3 mois, j’ai découvert votre blog. Vos récits sont toujours bien écrits, assez courts et toujours aussi intéressants. Les photos et les dessins vont très bien avec les textes.
    J’adore ce thème.

    Bien cordialement

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