La fessée appliquée

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Fessées entendues… La « Fessée magistrale »

Fessée magistrale

Par Edmée

La curiosité étant dans toutes les têtes, nous étions avides de savoir ce qu’il se passait dans la petite salle de correction. À quel élève Mme la Directrice était-elle en train d’administrer la formidable, l’épouvantable, l’interminable, la très honteuse « FESSÉE MAGISTRALE », une fessée à derrière nu ?

À l’écoute forcée des bruits terribles de ces fessées déculottées tant redoutées, honte suprême pour qui les recevait, nous tâchions d’affecter une attitude compassée d’indifférence ou de condescendance pour dissimuler notre gêne et nos appréhensions, alors qu’éveillant en moi des souvenirs que j’espérais enfouis pour l’éternité, ils les faisaient ressurgir instantanément tout palpitants d’émotions.

L’une des menaces qui nous étreignait d’inquiétude alors que la journée n’avait pas commencé démarrait le matin même à l’appel des classes avec la perspective de voir un élève recevoir l’une de ces damnées corrections à la férule. Sa faute datant de la veille, il avait eu toute la nuit pour la remâcher.

Le rituel de l’appel du matin rassemblait toutes les classes au pied du grand et majestueux perron en présence des professeurs, surveillantes et secrétaire qui nous surplombaient du haut de la plateforme. Comme nombre de mes camarades, j’appréhendais ce moment car il était parfois le théâtre d’un châtiment corporel public. Mme la Directrice convoquait le fautif qui, à pas lourds, gravissait péniblement la volée de marches sachant ce qui l’attendait tout en haut. Nous le suivions des yeux, intrigués et inquiets, lâchement soulagés de ne pas être à sa place. Maniée avec force, la férule rendait un son sec et vibrant dans le silence total, les cinglées brûlantes cisaillant tour à tour chacune des mains que le puni présentait humblement à Mme la Directrice.

Paul (Adams) Stella

Le garçon pouvait s’estimer heureux quand il redescendait reprendre sa place dans le rang de sa classe, frictionnant ses paumes enflées et endolories. Pour autant, la correction exécutée, une possible aggravation n’était pas à exclure. En effet, au lieu de le renvoyer dans sa classe, elle pouvait le faire mettre en pénitence à genoux sur le perron à attendre la fin de l’appel jusqu’à que toutes les professeurs et les élèves aient fini de défiler pour regagner leur classe respective. C’étaient alors des minutes véritablement accablantes en ce début de matinée. Nul doute… Le garçon était bon pour la « Magistrale ».

De notre classe de 5e, il y avait de grande chance qu’on l’entende de nouveau quelque temps plus tard s’agiter dans la petite salle attenante tandis que Mme la Directrice lui mettaient les fesses au diapason des mains qu’elle venait de chauffer au rouge. On le revoyait alors à la récréation du matin, cuver sa honte à genoux dans le coin réservé aux pénitences de l’un des perrons, ou encore tourner à petits pas hésitants en rond dans l’espace des « arrêts », comme si son postérieur emplissant la culotte courte d’uniforme était comme lesté de la douloureuse fessée, plus pesant que celui des autres punis tournant avec lui.

Unkn d'après photo Reunier

Comment deviner quel élève avait été puni de la sorte ? 

Parfois, le nom du malheureux élu finissait par circuler dans toute l’institution. On pouvait également le repérer à son comportement singulier ainsi qu’aux marques et signes caractéristiques de sa récente correction. Les yeux rougis et embués de larmes, il arborait un air peiné et contrit et des cuisses nues rougies de claques ou zébrées de coups de martinet.

Il était plus fréquent d’apercevoir la silhouette d’un promis à la « Magistrale » en pénitence devant la porte du bureau de Mme la Directrice, ses genoux nus s’écrasant douloureusement sur les durs crins du tapis brosse du seuil. Selon l’usage, une prof mécontente lui avait ordonné d’aller se mettre à genoux « sous l’horloge ».

Sous  l'horloge dans l'attente de la fessée magistrale

L’horloge ?… C’était l’expression consacrée (une sorte d’euphémisme ou de périphrase) qui désignait le carillon suspendu au-dessus de la porte du bureau de Mme la Directrice. Carillon dont le tic-tac dans le silence oppressant de la solitude de l’attente, égrenait au-dessus de la tête du puni les minutes inquiétantes qui le rapprochaient inexorablement de l’imminente et si redoutée  Fessée magistrale.

Expression lourde de signification pour le puni qui, muni du fameux bulletin rose de punition, devait attendre le bon vouloir de Mme la Directrice, le cœur battant d’appréhension, s’efforçant de dissimuler sa honte et protéger son anonymat en se rencognant le plus possible dans le sombre et profond et encadrement de la porte à double battant, la tête rongée d’une pénible certitude : d’un moment à l’autre il expirerait son forfait, dûment déculotté et sévèrement fessé dans le bureau même si elle n’avait pas le temps, ou dans la plupart des cas, dans la petite salle de correction au 1er étage.

Les réactions d’un garçon qui « LA » recevait mobilisaient également notre perspicacité de fins limiers. On suivait les indices sonores comme autant de signes de piste afin de déduire l’âge et la classe du puni et, au degré de sévérité de la correction, même le motif qui pouvait la déterminer. Par exemple, une fessée qui démarrait sans faire entendre autre chose que le bruit des claques, et que venait relayer un moment après l’irruption d’une voix perchée entrecoupée de sanglots, clamant à grands cris sa surprise, sa douleur et sa honte, preuves irréfutables que le postérieur déculotté d’un jeune 7e était en train d’étrenner la « Magistrale ».

Riis mod

Si une pause marquait la fin d’une fessée claquée à la main pour reprendre peu après d’une façon plus feutrée, un chuintement fendant l’air suivi de peu d’un bruit sec, c’était au tour du martinet de parachever la « Magistrale ». Il ne pouvait que s’agir d’un élève de la 6e, de la 5e ou encore d’un grand la 4e, les jeunes élèves de la 7e étant en général exempts des instruments de correction. La fessée déculottée à main nue n’était au menu de ces garçons qu’un simple hors d’œuvre préparant le plat principal : une roborative et vigoureuse fouettée au martinet, les souples lanières de cuir n’épargnant ni les fesses ni les cuisses de ces messieurs. Ainsi nos désobéissances s’affichaient-elles publiquement en stries écarlates sur la peau nue de nos cuisses, marques honteuses jaillissant de dessous les lisières de nos culottes courtes.

Le timbre des voix n’était pas à négliger aussi bien du soprano aigu des garçons des 7e et 6e au mezzo-soprano des 5e et 4e. Le soprano se teintait du trémolo déchirant des sanglots quand les fesses punies atteignaient des degrés insupportables de cuisson.

Une seule fois un événement mit mes pronostics en déroute (y compris ceux des connaisseurs et familiers des excursions dans la petite salle). Successivement, la porte qui s’ouvre, le bref et sobre monologue de Mme la Directrice, le long silence accompagnant le déculottage, puis les claques en rafales rapides et retentissantes. Jusque-là rien que de très normal. La petite salle avait résonné longuement de gémissements qui avaient fini par faire place à une déferlante de cris et de supplications dans les aigus. La fessée s’était prolongée, la force des claques redoublant. Visiblement le puni était l’un de ces coriaces qui obligeait Mme la Directrice à plus d’efforts pour le faire craquer. Soudain, le bouquet final ! Un flot de hoquets et de sanglots avait annoncé la délivrance. Le tout sans recours au martinet. Plus de doute, c’était un de la 7e qui venait de la recevoir. Les sanglots s’étaient estompés, quelques bruits de voix, silence. Fini.

inspiré de Carlo

Plumes trempées dans les encriers, nous retournions à nos cahiers quand soudain… voilà que ça recommence ! Était-ce possible ? Cette fois, c’était une autre voix, un timbre d’une tessiture plus élastique, qui tentait de parlementer tandis que les claques chauffaient la paire de fesses. Tout s’éclaira ! C’était bien non pas un mais deux garçons que corrigeait Mme la Directrice ! Fessés ensemble ! L’un devant l’autre, ce qui arrivait parfois lors d’un châtiment collectif.

La preuve viendra un peu plus tard dans la cour de récréation. C’étaient bien deux jeunes de la 7e, dont un nouveau, punis pour s’être chamaillés en récréation, chose absolument interdite. Dorénavant, la règle était inscrite en rouge vif sur leurs postérieurs juvéniles tenus bien au chaud dans leur culotte.

Durant cette année de 5e bien de mes anciens camarades eurent droit à de nouvelles excursions disciplinaires. Jamie, « Petit Pierre », Maxime, Michael, Matté… et… moi ! Il faut croire que nos fessées antérieures ne nous avaient nullement assagis !

J’aimerais m’attarder sur la personnalité de Jamie, dit « l’Autrichien ». Arrivé comme moi en 7e, il avait d’emblée impressionné toute la classe tant il différait de nous et nous étonnait à bien des égards. Plus âgé d’une année, plus grand d’une tête que la moyenne, c’était un garçon bien en chair dont le visage poupin à l’expression candide contrastait avec sa corpulence. Nous avions su rapidement que, comme certains d’entre nous, il était familier de la fessée et non pas du martinet mais d’une badine, une espèce de jonc qui, chez lui, régissait sa famille qui baignait dans une atmosphère plutôt rigide.

‍Jamie en position pour le fessoir

Autre particularité, comme les scouts qui avaient la permission de déroger au port réglementaire de notre uniforme scolaire en conservant leur propre uniforme. Il pouvait revêtir en permanence ses étranges culottes tyroliennes d’un vieux cuir patiné retenues par des bretelles. Elles auraient pu jouer le rôle de cuirasse contre la fessée, mais tout au contraire, elles incitaient à les baisser ! (En 6e, Mlle Éliane avait bien tenté de le fesser sur le fond de sa culotte de cuir en le faisant s’agenouiller sur le banc du pupitre, buste en appui sur le rabat incliné. Sur le cuir épais, les claques avaient rendu un bruit sourd bien inoffensif comme le ferait du carton.)

Et justement, c’est bien son allure de gros bébé joufflu, le volume de sa croupe qui rembourrait sa culotte de cuir et la belle paire de cuisses charnues à la peau lisse d’une blancheur de lys, qui semblaient attirer claques et fessées de nombre de nos professeurs. Les lanières d’un martinet devaient se plaire à mordre profondément ces chairs grasses et souples. Il était évident que la corpulence et l’âge de Jamie l’assimilaient aux élèves des classes supérieures, la sévérité des châtiments étant proportionnelle à ses caractéristiques physiques.

En 7e déjà, Mlle Élisa n’hésitait pas à lui retrousser cette culotte tyrolienne pour lui claquer ses belles cuisses sur la chair grassouillette desquelles les claques rebondissaient et retentissaient plus fort que sur les nôtres. Au cours des années, nos profs ne manquaient pas de le renvoyer en 7e aux bons soins de cette maîtresse pour lui faire donner l’une de ces humiliantes claquées des cuisses devant des plus petits. Il en revenait, le pourtour de ses cuisses illuminé du pourpre d’un soleil couchant.

Fessoir sur la culotte tyrolienne

En 5e, Mme Suzanne envoya Jamie « sous l’horloge ». Bien entendu, par empathie, le sort de notre camarade ne nous était pas indifférent et nous avions hâte de le voir revenir en souhaitant qu’il ait pu supporter la correction. Quand il réintégra la classe, comme si son ample culotte de cuir patiné le gênait aux entournures, on le vit s’avancer à petits pas d’une démarche empruntée vers le bureau de la prof qui l’avait puni à qui il remit le bulletin rose de punition dûment signé, preuve bien inutile à le regarder.

Il avait l’air perdu, le regard vague, le geste hésitant et gauche. Le rouge de la honte empourprait ses grosses joues de bébé, les coins de sa bouche purpurine étaient en berne, son menton secoué de tremblotements, le chagrin embuait ses yeux de larmes. La candeur de son visage enfantin et contrit d’adolescent le rendait plus pathétique que n’importe lequel d’entre les punis.

La peau blanche de ses cuisses était vernissée et zébrée de cramoisi. Le fessoir de cuir et le martinet de Mme la Directrice venaient d’accomplir leur œuvre salutaire. L’on pouvait aisément imaginer que, sous la culotte tyrolienne, sa croupe potelée en conserverait longtemps le cuisant souvenir.

Il y eut aussi notre camarade « Matté » surnom probablement issu de son prénom de Mathieu et qui, par coïncidence, s’accordait à sa complexion de brun : peau mate, cheveux bruns, une mèche retombant sur ses yeux noisette, de petite taille par rapport à son âge mais silhouette déliée et gracieuse, un fond de culotte copieusement rempli. Le charme de ce garçon tenait à son indolence apparente qui se traduisait au physique par une allure alentie, une certaine préciosité dans les gestes, et son tempérament allant de pair l’inclinait naturellement à un laisser-aller et des négligences impardonnables telles des retards à répétition qui lui valaient maintes et maintes punitions.

Un beau jour sa conduite le perdit en un lieu de tous les dangers pour nous les garçons : les concerts « pédagogiques », barbants et soporifiques au possible. Cependant, ils avaient acquis leur célébrité à la présence attendue des jeunes filles des grandes classes de l’institution voisine.

Inutile de dire que cette émoustillante compagnie féminine était une diabolique et irrésistible tentation pour nous distraire de notre ennui. Là, tous les risques étaient permis. Là encore, toute mauvaise tenue et toute désobéissance jugées dommageables et déshonorantes pour le prestige de l’institution, encouraient l’implacable « Magistrale ». Comme tant d’autres, j’en avais moi-même déjà fait les frais dans ces circonstances.

Euticus det

Matté avait cédé. Une surveillante l’avait noté. Rendez-vous pris chez Mme la Directrice. Comme souvent, elle était venue le cueillir en fin de récréation, martinet à la main. Elle avait gâté ses petites fesses rondes plus que de coutume !

Les claquées de fessoir avaient résonné très fort et la fouettée au martinet particulièrement, longue et dispensée à coups drus et serrés. Comme chaque fois qu’il recevait une volée de férule en classe, le côté indolent de Matté jouait en sa faveur. On aurait dit que ses chairs molles amortissaient les coups, rendant un son mat comme sa peau, et dont un grognement sourd restituait la force et la sévérité.

 Au tour du martinet jeune homme

Matté était un garçon assez secret. À son retour en classe, il paraissait sourire, de ce sourire ineffable qui flottait en permanence sur son visage dont il avait seul le secret. Avait-il souffert de la correction ? Déjà mate en hiver, sa carnation avait pris une couleur de miel sous le soleil d’été. Dépassant de sa culotte courte, à peine visibles, les zébrures de sa correction au martinet se fondaient dans la peau dorée de ses cuisses.

Seul mon ami et voisin Lucien semblait échapper à la « Magistrale ». Et seul dans la classe j’en connaissais la raison. À la suite de la correction aussi spectaculaire que choquante que sa mère lui avait flanquée dans la cour l’année même de son arrivée, un accord avait été pris entre elle et Mme la Directrice. Toute bêtise était rapportée à sa mère. Rendez-vous pris avec le martinet familial ou celui de sa préceptrice-gouvernante. L’affaire était réglée le soir même à la maison.

« Petit Pierre », autre abonné à la fessée, nous avait lâchés en 6e à cause de son redoublement. Deux ans plus tard il n’était plus le « Petit » que j’avais connu en 7e mais un garçon de belle prestance qui avait gardé son caractère espiègle et cette fatale vivacité qui le prédisposaient à de retentissantes fessées auxquelles il avait toujours paru sinon endurci du moins peu sensible, le sourire éclipsant ses larmes peu après une vigoureuse fessée. Lui aussi s’était engagé dans les scouts dont il portait l’uniforme, la coupe un peu stricte s’accommodant avec élégance à sa taille svelte, le léger balancement de ses hanches étroites, ses jambes fuselées et ses cheveux bruns.

Fessée cuisante au fessoir

Un jour, nous fûmes quelques-uns à être certains que c’était « Petit Pierre » et pas un autre que Mme la Directrice était en train de fesser. En effet, malgré deux années passées, il ne s’était pas départi de sa façon très personnelle de résister à la douleur d’une correction corporelle, que ce soit les coups de férule sur ses mains ou la fessée déculottée. Il était bien le seul à pouvoir pousser ces drôles de miaulements de chat qui changeant de registres, descendaient aussi vite qu’ils montaient, chacun indiquant le choc de la nouvelle claque et son degré de cuisson.

À ce propos, et à ma connaissance, il n’y eut qu’un élève de notre classe à perturber la petite salle d’une voix bizarre : « Monsieur D », comme l’avait surnommé ironiquement Mlle Éliane, le jour où elle l’envoya chez Mme la Directrice, son cahier mal tenu épinglé dans le dos, pour lui faire administrer la « Magistrale ». Comme le hasard fait bien les choses, nous détestions cordialement ce petit marquis au nom doté d’une particule. C’était un rouquin au physique ingrat et imbu de sa personne. Il croyait nous impressionner avec le duvet qui ombrait sa lèvre supérieure. Aucune pitié à attendre de nous quand on le punissait ! On se mit aux aguets. Aucune erreur possible, c’était bien lui et sa voix qui, d’une façon cocasse, se fêlait brusquement sautant de l’aigu du chant d’un coq au grave de l’homme adulte. Décrire ce que fut notre lâche plaisir d’entendre cette voix à deux tons entonner un plain-chant au rythme des claquements de martinet.

Paula  & Richard Steen

La directrice l’avait longuement et sévèrement fouetté. On le revit à la récréation tournant seul aux arrêts, menton sur la poitrine pour fuir nos regards moqueurs, tentant d’étirer le bas de sa culotte courte sur ses cuisses afin de dissimuler, autant que faire se peut, l’entrelacs serré de zébrures écarlates qui brasillaient sur la peau nue à la blancheur de craie.

Didier, nouvel élève ayant intégré notre 5e, eut l’honneur d’étrenner la petite salle au cours du troisième trimestre peu avant les grandes vacances. Rien ne présageait que ce gentil blondinet qui semblait ne pas vouloir sortir de l’enfance à voir sa tendre petite frimousse, yeux bleus, nez en trompette, bouche en cœur, nous ferait entendre la musique de ses petites fesses rebondies et serrées dans sa culotte d’uniforme. Sage comme une image tout au long de l’année, diablotin révélé à la veille des vacances ! Le relâchement des dernières semaines lui fut fatal. À notre surprise, Mme la Directrice vint le chercher en personne sur plainte d’une surveillante.

Mlle Éliane, qui avait bouclé son programme, nous avait accordé, comme il était de tradition les examens finis, ce que nous appréciions le plus : la liberté tant attendue de lire ou dessiner en silence. À partir de cet instant, chacun retint son souffle, moins par curiosité que par sympathie. On aimait bien Didier. Ce jour-là, jamais on n’avait entendu sa voix monter aussi haut dans les aigus. La fessée avait démarré depuis un moment et rien de lui n’avait filtré malgré les claques retentissantes qui percutaient ses fesses. L’on se prenait à admirer son courage pour cette grande première chez ce nouveau qui n’avait pas encore étrenné dans ses chairs ce qu’était véritablement, la « Magistrale ».

Martinet culotte baissée

Tout à coup, tout ce que sa poitrine avait accumulé et retenu de larmes et de cris explosa. Dès lors, ses cordes vocales accompagnèrent de ses notes hautes les claques retentissantes tandis que Mme la Directrice infléchissait le tempo de la fessée jusqu’à en fixer la percussion la plus insupportable pour les fesses et les nerfs du puni. Puis il y eut une courte accalmie bercée par une lente et mouvante mélopée de pleurs et de hoquets, le temps de disposer notre camarade sur le tabouret, croupe saillante, pour la séance de martinet. Quand le claquement sec des lanières de cuir remplaça celui plus sonore des claques, la voix juvénile de Didier se cala aussitôt sur un registre plus haut perché, redoubla ses trilles et ses arpèges.

Mike

Je crois que Mlle Éliane était aussi surprise que nous des réactions du garçon. Quand il revint en classe, son trouble était tel qu’il n’avait pas pris la précaution de remonter complètement sa culotte, les pans de la chemisette d’été en débordant, et il se frictionnait pitoyablement son postérieur. Mlle Éliane lui fit simplement signe d’aller s’asseoir sans aucun commentaire pas plus qu’elle ne fit taire les chuchotis émanant des proches voisins de Didier s’informant de ce qu’il ressentait. Il nous avoua par la suite que, chez lui, la fessée était chose courante, mais pas le martinet.

Phénomène inévitable lors ces fessées, à l’écoute fébrile du honteux châtiment mon cœur s’emballait dans ma poitrine à la même vitesse, au même rythme chaloupé des claques retentissantes qui frappaient les fesses nues de l’élève inconnu.  Mon imagination galopait follement, se fondait dans les émotions et l’angoisse du puni englué dans chacun des préparatifs méthodiques menant à la contrition et s’enfiévrait des vifs souvenirs de mes propres visites dans la petite salle : le sermon préalable, la lenteur minutieuse du déculottage, la soudaine caresse de l’air sur mes fesses mises à nu, l’immodeste posture d’offrande à prendre…

R. Hegeman - Déculottage  en règle

L’impression était si forte, si prenante qu’elle me transportait dans la petite salle où je me revoyais, réduit à l’impuissance, culotte courte aux talons, tenu fermement courbé sous le bras de et plaqué contre sa hanche, yeux fixés au ras des carreaux blancs du sol, volonté en miettes, fesses nues crispées, prêtes à l’imminence des premières claques, brûlant de honte.

Prémonition ?…

Je savais que nous changions de région l’été prochain. C’est ce qui me perdit. Je me crus autorisé à baisser la garde, à désobéir aux règles, jusqu’à défier sottement la belle Mlle Roselyne, mon béguin de toujours. Je me croyais son protégé. Elle ne l’entendit pas de cette oreille, me prit en grippe, se plaignit. Imbécile que j’étais ! On considéra que j’avais abusé d’une prof débutante. Doublement Impardonnable… Mon insolence fut fatale, durement punie.

Cette 5e fut bien ma dernière année d’élève dans cette institution … et ma dernière « Fessée magistrale ». La totale cette fois… Souvenir inoubliable. Mais sur cette page, il n’est que de narrer ce que l’on entend de loin…

R. Hegeman - Piquet culotte baissée

La fessée magistrale reçue, nous n’en étions pas quittes pour autant. Le poids de la honte continuait à peser encore longtemps sur nos épaules car si tous les élèves n’avaient pas été mis au courant, toutes ces dames et demoiselles, elles, en avaient eu connaissance !

Les regards de chacune qui s’attardaient sur vous donnaient à comprendre qu’elles savaient que vous veniez de recevoir l’innommable fessée déculottée, semblant vous murmurer « J’espère qu’elle vous a servi de leçon ! ».

Illustr. : 1) Paul (Adams) Stella – 2) d’après photo Reunier – 3) Riis mod – 4) Carlo mod – 5) Euticus – 6) Paula  & Richard Steen – 7) Mike – 8&9) R. Hegeman  – (autres : unknw)

 

 

 

10 commentaires »

  1. CLAUDE dit :

    Bonjour EDMEE. Voilà encore un chef d’œuvre ! Le style raffiné rejoint les illustrations pour le plus grand plaisir du lecteur. Il est bien vrai que la férule et le martinet servaient à châtier les élèves indisciplinés, insolents, paresseux… Ce qui a retenu mon attention, c’est l’allusion au » Bulletin rose » dans votre récit. J’ai aussitôt pensé à votre récit : « La Dame en Noir ». Revenons à votre sublime récit. Je ne vais pas ennuyer les lecteurs en commentant toutes les « expériences » de châtiment corporel que vous décrivez avec minutie. De toutes les fessées magistrales, celle qui a également retenu le plus mon attention, c’est celle de « Jamie l’Autrichien ». Pathétique est le mot bien trouvé pour décrire la sévère correction de Jamie. « Le rouge de la honte empourprait ses grosses joues… », après la sévère fouettée sur ses fesse nues, écrivez-vous. Aucune raison d’en douter ! Quant à la présence des jeunes filles à la fin de votre récit, elle rajoute du pathétique aux corrections que vous et vos autres compagnons d’infortune vous subissiez. Espérons que ces sévères châtiments étaient mérités. Encore MERCI cher EDMEE pour ce récit aussi réaliste qu’édifiant. Amicalement. CLAUDE.

  2. Maurice dit :

    Très beau récit, comme d’habitude de la part d’Edmée, et je me permets pour le fun de remarquer que les féssées sont entendues, mais pourtant dessinées comme si les cloisons étaient transparentes. A part celà autre bémol contraire à mes convictions et qui réside dans l’antipathie envers les aristocrates.

    Amicalement
    Maurice

  3. Pauline dit :

    Magnifique récit. Très bien écrit et très réaliste. Nous lecteurs nous nous représentons magnifiquement les scènes. Chaque détail est précisé avec une grande finesse.
    Amicalement vôtre,
    Pauline

  4. Julie19 dit :

    Bonjour Edmée,
    Lecture tardive de ce témoignage….
    Texte avec la même sentiment de poigne de la part des professeures. Poigne et inflexibilité dans l’exécution des châtiments corporels pour ceux qui auraient transgressé une règle de l’institution.
    Le fautif, corrigé à la férule en public, devait être honteux de ce traitement. Le piquet continuait de marquer le garçon comme celui qui avait fauté et ça n’était que le hors d’oeuvre, puisqu’il devait être corrigé un peu sévèrement dans la grande salle.
    Je relève une pointe de sadisme de la part de la directrice qui laissait le puni angoissé de longues minutes avant de le corriger, de façon à ce qu’il réfléchisse à son méfait. Et puis après la magistrale, quelle honte c’était que de devoir affronter le regard accusateur des autres, qui font remarquer qu’ils ou qu’elles savent… Quelle vexation ça devait être ! Quand vous dites le poids de la honte, j’imagine très bien ce que c’est !
    Amitiés.
    Julie.

  5. CLAUDE dit :

    Bonjour EDMME. En relisant votre récit, je ne résiste pas à mon envie de relire votre récit : »La Dame en Noir ». Moins pour le fameux « Bulletin rose », que par les émotions que vous analysez avec une pénétrante lucidité. N’ayant pas connu les châtiments corporels à l’école, comme je l’ai souvent expliqué, des témoignages comme le vôtre me touchent profondément. Ils me rappellent les fondamentaux de mon éducation tant dans le domaine des études que dans celui des mœurs. Comme vous le savez mes parents étaient très vigilants dans ce domaine. Ils avaient raison ! Mon tempérament très sensuel aurait pu me conduire à commettre des actes déplacés envers les jeunes filles, tout particulièrement les étudiantes. Elles mêmes point effarouchées à l’idée de partager de lubriques rapports avec certains de leurs jeunes et charmants collègues étudiants .Merci cher EDMME. de m’avoir permis d’évoquer des souvenirs enfouis sous de décennies de vie adulte. CLAUDE.

  6. Marco dit :

    Bonjour,
    Pour une fois la parité des commentateurs est respectée et je vais, c’est regrettable, hausser les effectifs masculins.
    Que dire ? Après les portraits des correctrices de l’établissement des Aubépines voici celui des punis, certains amenant la sympathie, vraies « vedettes » malgré elles tandis que quelques autres nourrissaient l’hostilité et la satisfaction de leur sort.
    Quelle maîtrise de l’illustration qui est fidèle aux scènes décrites !
    Et re-re-re admiration quant à la maîtrise de la langue et des tournures de style pour colorer habilement les souvenirs évoqués.
    Je m’incline

    marco

  7. Marco dit :

    Bonsoir Edmée,

    Je m’interroge sur la Fessée Magistrale.
    Je vous prie d’avance d’accepter mes excuses si certaines de mes questions ont déjà trouvé réponses car je n’ai pas relus vos précédents récits traitant de cette punition si particulière.
    Vous l’avez évoquée directement en décrivant vos confrontations personnelles avec Madame la Directrice dans cette petite salle de soins ou dans son bureau directorial.
    Vous l’avez évoquée indirectement par les révélations, confessions, rumeurs d’autres punis et par les bruits générés.

    Je trouve quelque peu « pervers » l’usage de cette pièce à l’étage pour y infliger d’intenses corrections.
    Certes l’acoustique excellente de ce local, en amplifiant les moindres sons et en saturant les sonorités est un instrument de dissuasion formidable.
    La classe entière mitoyenne est immédiatement avertie de ce qu’il en coûte de se faire trop remarquer des professeurs.
    Vous risquez de prendre la place du malheureux de l’autre côté de la cloison pour y payer prochainement vos bêtises.

    Mais y avait-il d’autres salles de cours à l’étage ? et si tel était le cas, même non contigües, devaient avoir des échos de la punition en cours.
    Donc une grande publicité avant même le retour du condamné » en cours ou lors de la sortie en récréation.
    Ceci pour dire que cette « Magistrale » bien que non vue, est une fessée publique !

    Seuls l’ignorent les « nouveaux » non encore avertis de leurs congénères qui sont à l’écoute, transis d’angoisse mais tous les « anciens » y ayant déjà fait un détour en revivent avec acuité les moindres péripéties et leur malaise personnel est réveillé. Quel formidable pouvoir évocateur que le son ! Personne ne peut paraître indifférent à un tel afflux sonore.
    Il me semblerait même que les « durs à cuire » qui referaient un stage à l’étage pour que Madame la Directrice leur rafraîchisse la mémoire en bonne conduite quitteraient vite leur attitude crâneuse dès le seuil franchi et oublieraient les innombrables paires d’oreilles tendues.
    Ce rendez-vous donne l’illusion d’une punition en privée. En apparences le puni est livré à son sort en tête à tête avec Madame, mais tout le monde à l’étage l’épie.
    Apparemment tous ceux face à elle étaient figés mais n’y avait-il pas quelques rares cas de rébellion ou de résistance ?
    Évidemment supplications, demande d’excuses, tentative de se justifier semblent hors de propos en ce lieu pourtant cela s’entend… avant le « lourd silence du déculottage »

    Madame semble attacher un point d’honneur à en souligner l’importance. Ce rabaissement cérémonial des culottes agit parallèlement à celui du moral, de l’amour propre, et du contrôle de soi.
    Madame agissait-elle toujours pareillement ? Culottes et slips sont aux chevilles, mais n’arrivait-il pas qu’elle les retire ou le fasse faire ? (Certains dessins montrent les culottes courtes déposées sur le sol.)
    La fessée proprement dite : la position interpelle :
    La description de la Magistrale donne l’impression d’une correction interminable cependant combien de temps cela demandait-il de châtier un élève ?
    Cordialement
    marco

  8. Edmée dit :

    A Pauline, Julie, Claude, Maurice, Marco,
    Je vous remercie pour votre lecture attentive et bienveillante de mes récits en 3 parties « Fessées entendues… » Il va sans dire que je suis très sensible à vos appréciations et compliments pour l’écriture de souvenirs qui semblent appartenir à des temps lointains mais qui restent d’actualité dans bien des mémoires actuelles.
    Quelques remarques…
    Julie… Telle que je la décris à travers le filtre de mes impressions d’antan, la directrice semble en effet animée d’une subtile cruauté ; en réalité, je pense qu’elle devait simplement se résoudre à accomplir son devoir de justice et très probablement sans grande envie comme la plupart des parents quand ils sont obligés de sévir à contrecœur « Qui aime bien… »
    Maurice… Le « de » attaché au patronyme de ce camarade n’était pas une vraie particule ; d’où la dérision à son endroit à cause de ses faux airs d’aristocrate ; donc, rien à voir avec des jugements portés sur l’aristocratie en général. J’avoue que nous étions assez méchants pour prendre plaisir aux sévères corrections qu’il pouvait recevoir.
    Pauline… vous entérinez ma réussite : tenter de faire revivre une réalité ancienne et floue dans l’esprit des contemporains. Merci !
    Marco… notre langue maternelle est effectivement plus jamais au cœur de mes préoccupations au moment où tant d’idéologues s’acharnent à la détruire.
    Claude… Jamie était un camarade éminemment sympathique comme tous ceux que j’évoque dans le récit. J’ai exclu les autres avec lesquels je n’avais aucune espèce de relation autre que camarade de classe. De fait, la discipline pratiquée posait clairement les limites à ne pas franchir sous peine de…
    Cordialement,
    Edmée

    • Julie19 dit :

      Bonjour Edmée.
      Merci de ces éclairages au travers de votre ressenti quant aux remarques que les différents commentateurs dont je fais partie, avons pu faire. Vous êtes en effet le mieux placé pour juger du bien fondé de nos remarques et/ou souvent de nos interprétations.
      Encore une fois, merci de ce témoignage.
      Amitiés.
      Julie

    • CLAUDE dit :

      Bonjour EDMME. Merci pour cette précision concernant Jamie. .C’était de fait un sympathique garçon. Reste que, même si elle doit être adaptée aux circonstances et à celui qui est châtié, la discipline doit, comme vous le démontrez si bien, doit « poser les limites à ne pas franchir « sous peine d’une correction, qui, bien proportionnée doit être dissuasive. Cordialement. CLAUDE.

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