La fessée appliquée

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Gracié par Mme la Directrice

Takenokoya

par Maurice 

Au coin de la cour de récréation, un petit jardin fleuri colorait les quelques mètres carrés de pelouse soignée, amoureusement taillée pourrait-on dire. Cet espace était bien entendu séparé et clôturé par une grille d’environ un mètre vingt de haut de laquelle, élèves de l’école, nous avions la quasi interdiction de nous approcher. C’est tout juste si notre regard ne risquait pas d’endommager cet espace privé de la directrice dont le pavillon jouxtait le bâtiment des classes.

Mon ami David était un gentil mais turbulent garçon qui avait un énorme besoin de défoulement, d’extériorisation bruyante se manifestant par des cris, des courses effrénées. Quand il jouait il y allait à fond et un ballon ou une balle entre ses mains devenait une menace pour les carreaux des maisons avoisinantes.

Pendant une récréation, nous  jouions  ensemble avec sa balle de tennis achetée par ses parents qui, malgré leurs petits moyens, avaient voulu lui faire plaisir.

Comme toujours, son hyperactivité faisait ses envois de plus en plus forts jusqu’au moment où un rebond malencontreux fit atterrir la balle dans le merveilleux petit jardin. Personnellement, je ne trouvais pas cela d’une grande gravité, mais je vis mon copain s’immobiliser, souffle coupé, et des larmes embuer ses yeux. Le dernier cadeau de ses parents était perdu, un de ses seuls jouets avec la valeur affective qu’il lui accordait compte tenu de l’effort de ses parents dont il était conscient.

Dès mon enfance, je n’ai pu supporter de voir quelqu’un malheureux, a fortiori un ami. J’ai alors escaladé la barrière et suis allé chercher la balle. À peine l’avais-je en mains que la porte fenêtre s’ouvrit et je fus rejoint par la directrice, grande et belle femme approchant la quarantaine. Elle m’attrapa par le bras et me reprit la balle des mains, puis me fit entrer dans son logement pour me faire ressortir par une porte communiquant avec le bâtiment scolaire. À l’orée du couloir, elle me retourna vivement et d’un air glacial me convoqua dans son bureau à la fin des cours à 16 heures 30.

Mon après-midi en classe ne fut pas des plus joyeuses connaissant la réputation de la directrice bien connue pour sa sévérité et la dureté de ses fessées. Ceux qui y passaient en fin de matinée avaient une attitude contrite pendant les cours de l’après-midi. Si elle avait parfois administré quelques corrections séance tenante quand elle visitait une classe, chacun savait  qu’une convocation dans son bureau laissait prévoir une dérouillée magistrale.

Ce jour-là, c’était mon cas, et même si en CM2 je faisais partie des « grands », je ne pouvais vivre sereinement cette attente. La fin du cours arriva, trop vite, surtout quand notre institutrice, qui devait être au courant, me rappela que j’étais attendu dans le bureau de Madame la Directrice.

 

Toshi

 

C’est donc à petits pas que je me dirigeai vers ma fessée, bien que le mot n’eût pas été prononcé. Arrivé au fond du couloir, je toquai timidement à la porte du bureau de la directrice qui vint m’ouvrir. Elle me fit entrer et alla s’asseoir à son bureau me laissant debout. Puis elle me dévisagea de son regard glacial et me demanda si je savais pourquoi j’étais là.

Elle était étonnamment calme, imperturbable même. Plutôt que de répondre « parce que vous m’avez convoqué », je me jetais courageusement à l’eau en avouant que j’étais conscient d’avoir bravé une interdiction en pénétrant dans l’espace privé, mais que je voulais récupérer la balle d’un ami. Elle m’interrompit pour me demander : « sais-tu ce que tu mérites ? »

Comme je voulais assumer et me montrer courageux, je répondis que je m’attendais à être puni et à recevoir une sévère fessée. J’avais compris qu’elle souhaitait que tout puni reconnaisse le bienfondé de sa punition. Elle me demanda alors :

« Tu savais donc qu’il est interdit de pénétrer dans le jardin, et de plus d’enjamber une barrière, à quelque endroit qu’elle soit. »

« Je le savais, Madame, mais j’étais très triste pour un ami qui avait perdu sa balle, tellement elle est précieuse pour lui. »

« Précieuse, cette balle ! releva-telle.  N’exagères tu pas un peu ? »

« Non Madame, c’est un cadeau de ses parents et il n’en a que très peu, car ils ne sont pas très riches. J’aurais sûrement pu demander à Maman de lui racheter une balle en disant que c’était moi qui l’avais perdue, mais il reconnaissait l’effort mis par ses parents pour lui faire ce cadeau plus que précieux à ses yeux. J’ai voulu l’aider et je mérite ma punition. »

La directrice éloigna sa chaise de son bureau et me fit signe de faire le tour.

« Alors viens ici ! »

 

Likem Chubby (LC)

 

Dès que je fus devant elle, elle s’attaqua posément aux boutons de mon pantalon et les a défaits avec des gestes précis, puis cela fait, l’abaissa à mes chevilles. Mon slip suivit. La honte d’être nu devant elle m’envahit et, sans que je lui résiste, elle attrapa mon bras gauche et je basculai en travers de ses cuisses dans la position idéale pour la fessée.

Une main se posa sur ma fesse droite et mon corps se contracta en attendant que tombent les claques. À ce moment la directrice a repris :

« Tu  sais pourquoi tu vas être puni et sévèrement ? »

« Oui, je sais pourquoi, Madame. »

« J’espère que ça te servira de leçon et qu’à l’avenir tu respecteras le règlement. »

«  S’il vous plaît, Madame, punissez moi, mais je vous en supplie, laissez-moi reprendre la balle que je puisse la rendre à mon ami. »

Après ce bref échange, j’attendais l’exécution de la sentence  et, contre toute attente, je me sentis tiré vers le haut et remis sur mes pieds. La directrice remonta mon slip en m’ordonnant de me rhabiller. Elle posa alors la balle devant moi.

« Allez, tu pourras lui rendre sa balle et tu as de la chance que je ne veuille pas punir un acte de bon cœur. »

« Merci Madame, pour moi mais aussi pour lui et je promets de lui dire. »

« Tu as bon cœur et je suis fière de toi, mais tu aurais dû m’en parler, me dire combien ton ami tenant à cette balle et je l’aurais rendue. »

J’étais vraiment reconnaissant et je peux assurer que cette leçon-là sur ce qui est permis ou interdit m’a été aussi profitable que la  fessée qu’elle aurait pu m’administrer.

Illustr. : 1) Takenokoya – 2) Toshi – 3) Likem Chubby (LC)

 

19 commentaires »

  1. GILLES dit :

    Belle histoire… Mais chez nous, pour mon frère et moi les promesses elles étaient toujours tenues… Et pour cause ! Notre mère ne nous passait rien. « Quand votre père va rentrer, vous verrez ça avec lui Vous pouvez préparer vos derrières ! » Quand papa rentrait du travail, notre compte était bon ! … Hop ! au salon ! Nous devions nous présenter en slip et cela se passait très vite. Combien de fois j’ai pu voir mon frère, tête en bas et fesses nues bien exposées subir une sacrée fessée. En attendant mon tour, j’avais tout le temps d’avoir peur ne perdant pas des yeux son derrière qui changeait vite de couleur sous les claques fortes et sévères de papa. Cris et larmes douleur ! Ce n’est que lorsque nos fesses étaient écarlates que papa arrêtait la fessée

  2. Anne-Sophie dit :

    Bonjour Maurice,
    Magnifique histoire, pleine de charme et de sensibilité. Votre bon cœur vous honore, et c’est une très belle amitié enfantine dont vous nous faites part.
    Merci de ce récit plein de beauté.

    • maurice dit :

      Merci beaucoup Anne-Sophie d’avoir compris ma motivation, mon besoin de justice récompensé « un bienfait n’est jamais perdu »

      • Anne-Sophie dit :

        Oui, donner sans rien attendre en retour… La générosité même de l’enfant. Votre spontanéité et ténacité à récupérer cette petite balle, ô combien précieuse aux yeux de votre camarade… Vous bravez l’interdit sachant ce que vous risquiez, mais votre amitié envers votre copain a été la plus forte, et cela a ému votre Directrice à tel point qu’elle a renoncé à vous corriger. Votre texte est tellement bien écrit, avec une magnifique illustration, notamment le 2è dessin, où l’on voit ce petit garçon aller directement vers sa fessée… alors que son acte était tellement beau. Votre récit m’a beaucoup touché et vous remercie de cette belle histoire de vie.

  3. Emilie dit :

    Très belle histoire Maurice ! Merci beaucoup.
    Je suis contente que tu aies échappé à la grosse fessée qui s’annonçait pour toi et surtout que ton copain ait pu retrouver sa balle grâce à toi.
    Bises d’Emilie.

    • maurice dit :

      Bonsoir Emilie,
      Merci de ton commentaire; mais si j’avais pris la fessée et que la balle m’eût été rendue, j’aurais remercié la directrice du « deal » et serais resté fier de mon engagement. déjà à l’époque, je pensais qu’il faut savoir donner de sa personne pour l’humanité.
      Bises
      Maurice

  4. Chloé dit :

    Bonjour Maurice,
    Très beau récit poignant, qui témoigne d’une belle amitié enfantine et de votre franchise qui a permis d’épargner vos fesses alors qu’elles étaient en bonne position ! La Directrice vous offre sa clémence pour cela au prix d’un petit sermon. Si je n’ai pas connue la fessée à l’école, ce genre de situation m’est arrivée avec Maman (oh rarement !) qui après m’avoir basculé sur ses cuisses et baissé ma p’tite culotte, posait sa main sur mes fesses me faisant aussitôt pleurnicher de peur, ses fessées faisant très mal ! Puis me relevant face à elle, étant toujours déculottée, elle malaxait alors mes fesses et me sermonnait très fort! La sensation de ses mains triturant mes fesses nues et le sermon, me faisait fondre en larmes comme lors de la fessée, la douleur en moins, mais pas la honte!
    Amicalement
    Chloé

    • maurice dit :

      Bonsoir Chloé,
      Merci de votre réponse. Comme vous le dites, ma franchise a provoqué cette grâce, cependant m’a-t-elle épargné pour cette seule raison ou bien pour me montrer qu’un engagement pour autrui était une bonne chose ? Je ne le saurai malheureusement jamais.
      Certes, des règles doivent être respectées, mais il ne faut pas vivre dans la terreur qui serait un frein à l’engament pour autrui, donc à l’humanisme. Tout individu a droit à être défendu, donc écouté, et ce dès l’enfance. Il faut donc tourner 7 fois sa main dans sa poche avant que tombe la première claque d’une fessée.
      L’écoute de mes défenses a fait de moi ce que je suis aujourd’hui, quelqu’un qui sait, au risque de perdre un client, défendre son équipe comme je défends ceux qui me confient leurs affaires.

      Amicalement

      Maurice

    • Marco dit :

      Bonjour Chloé,
      je m’intercale dans votre commentaire adressé à Maurice pour vous dire combien votre réponse me fait vibrer. J’ai connu deux expériences analogues avec fessée évitée de justesse mais avec le devoir d’écouter les remontrances tout en étant saisi par la peau des fesses en guise d’avertissement !
      Souvenir troublant garanti.
      Cordialement

      marco

  5. Chloé dit :

    Bonjour Maurice,
    Je suis en tout point d’accord avec les propos de votre réponse ! En tant que Maman, pourtant stricte et sévère, je m’efforce d’abord d’écouter l’argumentaire de mes filles pour juger d’une éventuelle application de la fessée! S’ils sont suffisamment logiques et sincères, je me contente alors d’un bon sermon, recadrant la situation, en ajoutant une ou deux tapes symboliques sur les fesses!
    Amicalement
    Chloé

    • maurice dit :

      Bonsoir Chloé,
      Peut être, mais je tendance à trop m’avancer. A mon avis, Madame la directrice a pensé « Je ne le voyais pas comme ça, mais tu as eu raison d’agir de la sorte » Si c’est le cas, c’est une remise en question de soi devant un enfant et j’appelle ça de la grandeur d’âme.
      Amicalement

      Maurice

      • jpierre36a dit :

        Merci, Maurice pour ce récit si vivant et si sensible ! Juste par curiosité, avez-vous pu échapper à des fessées de cette directrice sévère dans votre scolarité ? Et au-delà ? Et aussi, même curiosité, où et quand sévissait cette directrice ? Merci !

  6. Amel dit :

    Bonjour Maurice,
    Ah ! une grâce ! J’en ai vécu une dans un autre contexte, mes parents n’étant pas d’accord sur le fait de me donner une fessée ou pas, je suis restée un long moment présentant mes fesses, mais le débat a fait rage sans mon intervention et j’ai été graciée ! Une grâce est une bonne chose quand c’est un fait rare, la grâce se transforme en espérance pour les fois suivantes, espoir qui doit être déchu au risque de perdre la main.
    Je vous remercie pour ce témoignage,

    Bien à vous,

    Amel

    • cambaceres dit :

      Bonjour Maurice,
      Je reprends le commentaire d’Amel pour évoquer une grâce qui m’est arrivée. En classe de 4°, j’avais avoué à ma mère que je comprenais tout à fait pourquoi elle m’avait imposé une discipline stricte et sévère, que je l’acceptais et qu’elle pouvait continuer à me punir au martinet quand je le mériterais. Quelques semaines plus tard, lors d’un cours d’EPS, quelques élèves mirent un peu de chahut. Énervé, le prof décida de coller toute la classe deux heures le jeudi suivant. Je ne comprenais pas car nous travaillions par petits groupes et seuls d’entre eux étaient concernés mais pas le mien. Malgré des protestations, le prof resta sur sa position. J’en parlais à ma mère qui fut étonnée de cette attitude.
      - As-tu participé à ce chahut ?
      - Non, évidemment ; ce n’est pas mon habitude.
      - Nous verrons bien s’il te la met ou non.
      Mais moi je connaissais les règles établies par ma mère : une heure de retenue équivalait à 20 coups de martinet; j’en risquais donc 40 coups si j’étais en retenue.
      Le mercredi après-midi, le surveillant distribuait les billets de retenue pour le lendemain. J’étais assez angoissé. Quelques camarades avaient jugé bon de s’absenter cet après-midi-là. Et l’instant fatidique arriva : il déposa un billet sur mon bureau, deux heures de retenue avec pour motif indiscipline en cours d’EPS. Je me résignai à être puni à la maison.
      Dès mon retour, je donnai le billet de retenue à ma mère et sans attendre allai décrocher le martinet. Le visage fermé, je le lui tendis sans un mot et me mis en position mains sur la tête buste bien droit prêt à recevoir les lanières sur les cuisses. Mais rien ne se passa. Ma mère me prit par le bras et me fit asseoir. Elle souriait.
      - Mon chéri, c’est vrai que normalement tu mériterais le martinet pour une retenue. Mais là, c’est différent, tu n’as rien à te reprocher et je n’ai aucune raison de te punir. Je vais signer ce billet en notant mon désaccord car injustifiée en ce qui te concerne et en précisant qu’il est hors de question que tu la fasses.
      Ma mère était sévère mais juste. Le collège prit acte de sa décision et il n’y eut pas de suite car plusieurs parents contestèrent la sanction.

  7. Marco dit :

    Bonjour Maurice,
    Quel beau récit édifiant, mais je note que ce n’est qu’in extrémis que vous avez été gracié ! La Directrice aurait pu vous épargner tout le cérémonial de la préparation, du déculottage et de la mise en position ! Était-ce intentionnel de sa part ? Juste pour vous punir et vous faire honte de votre audace d’avoir sauté la barrière ?
    marco

    • Maurice dit :

      Bonsoir Marco,

      Merci d’avoir apprécié mon récit. Pour répondre à votre question, je pense que la directrice a récompensé mon acceptation de la sanction, moins importante à mes yeux que la récupération de la balle et l’importance de la valeur sentimentale.

      • Lili dit :

        Bonjour Maurice
        Merci pour ce récit qui dessine un joli portrait d’enfant en légèreté et en finesse.
        Pure spéculation, mais, à la lecture de la question de Marco, voici mon avis : j’aime l’idée que la directrice se ravise au dernier moment. Le moment idoine, juste avant que la main ne s’abatte, qui marquerait un point de non retour.
        Cela rend le personnage de cette directrice très humain. Confortée dans ses convictions et son devoir d’un côté, il faut bien sanctionner la transgression… Mais touchée par le contexte, la sincérité. Les mots de fin font pencher sa balance toute personnelle. Cela lui donne une capacité de douter et de voir au-delà des simples apparences.
        Bref! Charmant récit, au plaisir d’en lire d’autres ;)
        Lili

      • Marco dit :

        Bonjour Maurice,
        merci pour votre réponse. Vue sous l’angle de la récompense, l’attitude de la Directrice est noble. Je me range à la réponse toute en nuances de Lili. Et j’admire votre geste chevaleresque pour votre ami.
        j’espère que cela a cimenté votre amitié.
        Cordialement

        marco

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