La fessée appliquée

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La danse du martinet – I

La danse du martinet - I Goldeagle-1-1-300x198

par Bertrand

 Nous étions en 1972, époque où la fessée se donnait encore régulièrement à la maison et à l’école. (J’aurai l’occasion dans de futurs récits d’évoquer les fessées reçues tant dans le cadre familial que scolaire.) Mais cette année-là, je n’étais plus un enfant mais un jeune homme qui avait passé l’âge de recevoir ce genre de correction puisque je venais d’avoir le bac et je m’orientais vers des études supérieures. J’hésitais à l’époque entre le droit ou des études scientifiques. Une classe prépa ? je ne savais que choisir.

C’était l’été donc, après ce fameux bac et je cherchais un job pour la saison afin de gagner un peu d’argent. C’est alors que le hasard me donna l’occasion de trouver un moyen qui conciliait l’utile à l’agréable, je n’imaginais d’ailleurs pas jusqu’à quel point !

J’étais un peu pianiste, un niveau tout à fait moyen, mais j’avais quelques dons pour l’improvisation. Lors d’une soirée très BCBG entre personnes de mon âge, je me suis mis à pianoter et à improviser sur le piano du salon à partir de quelque accords de jazz. Une jeune fille vint vers moi et me dit :

 « Tu sais, c’est pas mal ce que tu joues. Tu as déjà accompagné des cours de danse ? Je prends des cours près de la Salle Pleyel, le professeur de danse cherche un pianiste car le nôtre est parti en tournée et puis elle ne pouvait plus le supporter. »

Trois jours après, je faisais mes armes comme accompagnateur dans un cours très « huppé » de danse classique pour jeunes filles de bonnes familles. J’avais la chance d’être avec le cours des grandes, ce qui m’offrait un spectacle tout à fait agréable, l’évolution de ces jeunes filles en fleurs ne me laissant pas indifférent, quoique au début mes yeux fussent surtout rivés sur le clavier et les partitions de musique.

Je compris assez rapidement comment se déroulait un cours et que beaucoup des mouvements des danseuses avaient un fort impact érotique si on les voyait d’une certaine manière : une certaine façon de se pencher, de se cambrer, les jambes très droites, etc.

D’autre part, il y avait cette ambiance de discipline à la fois très sévère et excitante. Il y avait des rapports très forts entre le professeur (une femme très belle au chignon toujours impeccable) et ses élèves. Celles-ci étaient en dévotion devant elle tout en acceptant des mots incroyablement durs du style « tu es gracieuse comme un hippopotame », « ma pauvre tu es aussi faite pour la danse que moi pour la ferblanterie ». Certaines élèves finissaient le cours en larmes, mais elles revenaient la semaine d’après et subissaient sans mot dire toutes ces brimades à part un pitoyable « oui Madame ».

J’ai oublié depuis cette époque (c’était il y a 40 ans quand même !) beaucoup de choses sur la danse, mais je me souviens que j’avais un faible pour les « adages ». À certains moments, je me disais que j’avais une sorte de pouvoir sur ces jeunes filles, chacun de mes gestes au piano, mes décisions, ralentis, accélérés, influençait chacun de leurs mouvements.

Arriva septembre et, mon expérience étant concluante, je continuais à accompagner quelques cours pendant mon année d’études ce qui me faisait un peu d’argent de poche.

C’est à ce moment que je commençai à remarquer une femme très élégante, mère de deux élèves. Je m’aperçus qu’elle avait l’air encore plus sévère que la professeur ! Un soir, après un cours, elle vint me voir et me proposa d’accompagner les cours de danse qu’elle donnait elle-même chez elle à ses filles pour les « perfectionner » ! Elle m’apprit qu’elle avait installé dans une pièce de son pavillon une salle avec parquet, miroir sur tout un mur et, bien sûr, les barres pour les exercices. Après avoir convenu des différents détails pratiques (tarif de l’heure d’accompagnement par ailleurs très avantageux), elle me fixa un premier rendez-vous chez elle. Elle me quitta en me précisant que « seule la danse classique enseignée de la manière la plus rigoureuse peut dresser comme il convient les jeunes filles d’aujourd’hui ». Tout un programme !

J’acquiesçai aussitôt à cette opinion très personnelle, ce qui sembla la rassurer. Nous étions, en effet, en pleine période post-soixante-huitarde et la « clientèle » de ces cours de danse n’était pas du genre à être monté sur les barricades quatre ans plus tôt ! Mais sa façon de parler du « dressage de ses filles » m’avait beaucoup intrigué ; je dois préciser qu’à cette époque mon attrait pour la fessée était réel mais encore très flou et difficilement assumé.

Quelques jours après ce bref entretien j’arrivai donc dans une belle et grande maison un peu à l’extérieur de Paris. La mère m’ouvrit la porte et, après quelques mots de bienvenue, me fit entrer dans la pièce aménagée en salle de danse. Les trois filles (je ne connaissais pas encore la troisième) étaient déjà en tenue : collant, justaucorps, chaussons de danse et les pointes prêtes à servir à côté. Elles étaient impeccablement coiffées : chignon haut tenu par un nœud, l’usage du chouchou étant considéré comme trop fantaisiste.

Le cours se déroulait avec les exercices à la barre et rapidement je remarquai que la mère était un excellent professeur. Je remarquai également qu’avec elle, il valait mieux filer droit ! À la comparer avec celle du cours que j’accompagnais d’ordinaire, cette dernière aurait semblé bien laxiste ! Rapidement, je fis plus ample connaissance avec les trois filles.

La plus âgée, près de 18 printemps, s’appelait Marie-Agnès. Mince de taille, elle possédait toutefois un postérieur relativement imposant qui s’épanouissait particulièrement dans les mouvements où elle se penchait en avant. Ses formes généreuses (mais raisonnablement généreuses) contrastaient avec un visage angélique tout empreint d’innocence.

La deuxième, Marie-Clémence, 16 ans, je ne l’avais pas vue en cours, me plut tout de suite. Plus brune que ses sœurs, elle était plus sensuelle et plus gracieuse à la fois. C’était elle la vraie ballerine, non pas dans le technicité, mais dans l’interprétation. Elle semblait vivre la danse à fond.

Quant à la cadette Marie-Odile, à 14 ans c’était une véritable chipie devant l’éternel ! Plus mince que ses sœurs (surtout l’aînée), elle était très douée, très souple avec des yeux rieurs (comme quoi la sévérité n’engendre pas forcément une ambiance mortifère).

Deux ou trois semaines après mon « engagement » je fus témoin de la première punition.

Vers la fin du cours pendant un enchaînement assez difficile où Marie-Odile devait faire un « pas- de-bourrée-grand-jeté » (ne me demandez pas ce que c’est), elle se mit à maugréer quelque peu et je crus deviner qu’elle critiquait ma façon de jouer, trop lente à son goût ce qu’il l’empêchait d’être entraînée par la musique. Sa mère lui demanda de répéter tout haut ce qu’elle marmonnait, puis devant l’air revêche de la cadette, elle la menaça d’une bonne fessée. Je fus surpris et plutôt intéressé tout d’un coup ! La mère se tourna vers moi en prononçant une phrase du genre : « Vous n’avez rien contre la fessée, j’espère ? ».

« Oh non, Madame ! Rien de tel pour remettre sur le droit chemin » dis-je à ma grande surprise car cette réponse me vint spontanément. Je fus bien inspiré parce que la suite fut un enchantement pour mes yeux. La mère, Marie-Thérèse de son prénom, partit chercher quelque chose. A son retour, elle avait en main LE martinet des familles, ce bel instrument de correction tel qu’on en trouvait couramment à cette époque.

« Dans ces circonstances, je préfère faire cours avec cet instrument à portée de main, c’est bien mieux pour la discipline. Je pense que l’école de danse classique française se dégrade faute de discipline précisément. Il nous faut prendre exemple sur les Russes ! Là-bas, les danseuses sont régulièrement fouettées, et ce ne sont pas de simples fessées, croyez moi ! On dira ce qu’on voudra, mais le résultat est là. »

Puis se tournant vers la fautive :

« Marie-Odile ! veuillez vous mettre en position pour la fessée ! »

« Sur les pointes ? » demanda la jeune fille, soudain beaucoup moins sûre d’elle.

« Evidemment, Mademoiselle ! Une danseuse est toujours fessée sur pointes ! »

Marie-Odile, déjà avec ses pointes aux pieds, se dirigea donc vers une chaise, puis les jambes tendues, elle appuya son buste, les bras croisés, sur cette chaise. Puis elle mit ses deux pieds sur les pointes et resta dans cette position inconfortable, le dos bien cambré et les fesses dans une position saillante pendant le sermon de sa mère.

Tout en parlant, celle-ci caressait les lanières du martinet. Très ému, j’attendais que commence la correction.

« Vous allez compter chaque coup de martinet, suivi de : « une danseuse reçoit la fessée avec le sourire ». Puis : « Bertrand vérifiez bien que Marie-Odile reste souriante pendant sa fessée. »

La fessée commença, chaque coup espacé d’un court intervalle. Je guettais le visage de Marie-Odile, un sourire figé sur les lèvres à faire pâlir toutes les « Miss France ». Nous en étions à une dizaine de coups lorsque Marie-Thérèse arrêta la fouettée.

« Non, cela ne va pas… puisque nous avons la chance d’avoir un pianiste à disposition, nous allons fesser en musique ! ». Puis me regardant « Bertrand, vous avez sûrement retenu le tempo que j’adopte pour fouetter cette petite insolente… Dans ce cas, pourriez-vous nous improviser un joyeux morceau pendant que je continue de la corriger ? Quelque chose d’assez solennel aussi… les trompettes d’Aïda, par exemple ? … ou quelque chose d’approchant. »

Déjà très ému par ce que je venais de voir, je me demandais si j’allais avoir assez de maîtrise pour jouer en rythme avec les coups de martinet. Puis, faisant un gigantesque effort de concentration j’imaginais une musique assez entraînante à 4 temps, chaque coup de martinet correspondant à 2 mesures ; je finissais chaque mesure précédant le coup de martinet par une petit glissando sur le piano ce qui amusa beaucoup la mère : « oh c’est amusant ça, tigidigidi vlan ! » (le « tigidigidi » c’était le glissando sur le clavier et le « vlan » évidemment le coup de martinet). Elle prolongea cette fessée tout en ponctuant chaque coup d’un « tigidigidi… vlan ». Le tigidigidi me rappela bien sûr le grand Dario Moreno (« Quand elle danse, tigidigidi poï poï ») et je commençais à ajouter à cette marche style 2ème Empire un rythme de mambo qui plut tout à fait à Madame Mère qui continuait à fouetter Marie-Odile sur un rythme mi-opérette mi-musique cubaine.

Les meilleures choses ayant une fin, la fessée s’arrêta et le retour à la réalité aussi. « Mon Dieu ! qu’avais je fait et dans quelle maison avais-je mis les pieds ? » me disais-je, me sentant sans doute coupable d’avoir pris du plaisir à assister au spectacle de la fessée d’une jeune fille.

Ces scrupules s’évanouirent bientôt à la vue des jeunes filles continuant les exercices sous l’œil inflexible, la voix autoritaire et le martinet triomphant de leur mère.

Les déboires de Marie-Odile ne s’arrêtèrent pas là. Elle fut mise au piquet avec un écriteau accroché derrière son dos et portant l’inscription : « FOUETTÉE POUR INSOLENCE ».

Le cours continua avec les deux sœurs plus âgées, Marie-Odile condamnée à rester en pénitence au piquet jusqu’au bout.

Puis vint la traditionnelle révérence au professeur suivie de la révérence au pianiste, moment que j’appréciais toujours. Là, ce rituel eut une saveur particulière car la turbulente et insolente Marie-Odile, fut obligée de prononcer des excuses à sa mère et à moi-même pour son insolence à mon égard.

Ployée en avant, elle fit sa révérence devant moi, sa mère lui demandant de répéter d’une voix claire :

« Je prie Monsieur R. de bien vouloir pardonner mon comportement grossier et mes paroles injustes alors qu’il se donne la peine de venir exprès pour nous et nous faire danser grâce à sa jolie musique. »

En partant je saluai leur mère qui me remercia pour la musique improvisée pendant la fessée.

« Essayez de vous rappeler votre petite improvisation, elle accompagnera parfaitement mes mouvements chaque fois que je serai obligée de donner le martinet à mes filles. Mais comment pourrions-nous intituler votre ingénieuse création lorsque j’aurai besoin de l’entendre ? »

« Euh… La danse du martinet, peut-être, Madame ? » osai-je proposer.

« Bravo ! s’écria-t-elle. Vous êtes vraiment doué ! »

Ainsi débuta ma longue et fructueuse collaboration avec Marie-Thérèse qui me réserva bien d’autres aimables et plaisantes surprises par la suite.

Illustr. ?

2 commentaires »

  1. sam dit :

    Quel magnifique récit ! J’ai hâte de lire la suite, voir si cette mère fut encore plus sévère lors des punitions suivante . Et si un jour le sourire disaparait pendant la fouettée que se passe-t il ? Merci pour votre récit.

  2. bertrand dit :

    Merci Sam pour vos compliments !
    Ne vous inquiétez pas la suite viendra avant le mois d’août.
    Je suis par ailleurs étonné, ayant été témoin de l’ambiance des cours de danse classique d’il y a quarante ans, que ce thème ne revienne pas plus souvent. Sévérité et discipline d’un côté, élégance impeccable et préciosité de l’autre : tout ce qui me plaît ! Mes copains de la fac se moquaient de mon job, je suis sûr que c’était de la jalousie ! Ils auraient bien aimé être à ma place. Mais je ne parlais que de mon boulot « officiel », le cours collectif à Paris avec de vrais professeurs, pas des leçons de Marie – Thérèse à ses filles et encore moins de ses fessées. C’était un secret que j’ai très rarement dévoilé

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