La fessée appliquée

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La hotte de Croquemitaine

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par Jean-Jacques

Il y a bien longtemps, plus d’un demi-siècle, la fessée faisait partie de l’univers des enfants et, dans mon cas, l’enfance se  prolongeait jusqu’à 13 ou 14 ans, ce que l’on nomme plus couramment l’adolescence  de nos jours. La fessée était appliquée évidemment dans les familles, mais aussi à l’école ou en colonie de vacances. Elle ne choquait personne. On en parlait sans aucune censure. On en menaçait les petits désobéissants, insolents ou paresseux sans passer pour un bourreau d’enfants ou un pervers.

Pour  ma part, j’en ai été menacé très souvent, je l’ai reçue parfois, j’ai été témoin d’un certain nombre de fessées administrées par les parents de mes copains ou par l’instituteur.

Comme  pour les sanctions pénales, il y avait une échelle dans la rudesse de la peine. Pour moi, les châtiments corporels commençaient par l’avertissement, la simple gifle, l’oreille ou les cheveux tirés (ça, c’était à l’école), puis la fessée sur le pantalon (brève, dans une situation d’urgence, mais déjà assez vexante  si elle n’était pas très douloureuse) et enfin la fessée déculottée, la plus redoutée et la plus exemplaire si elle était donnée « devant tout le monde ». De ces dernières, j’ai reçu quelques-unes qui me sont restées gravées en mémoire de façon indélébile, même si le souvenir, comme le bon vin, en devient de plus en plus doux en vieillissant alors que l’expérience  elle-même n’avait rien d’une gâterie.

L’instituteur  fessait à la main. Ainsi pratiquaient mes parents dans la plupart des cas, bien que mes frères aînés aient goûté au martinet. Je pense seulement que les fessées que j’ai reçues de leur part étaient appliquées sans préparation et qu’ils n’avaient tout simplement pas le temps de décrocher ce martinet, soit que nous étions dans la cour, soit que nous étions en visite dans la famille. Mais être fessé à la main par une grande personne qui sait donner « une bonne fessée » est suffisamment cuisant pour atteindre son but. Je me  souviens en tout cas que j’avais certainement les fesses bien rouges après avoir reçu la fessée, les camarades qui en étaient témoins ne se privant pas de m’en informer par la suite avec ironie.

C’est pourquoi j’ai une nette fixation pour les fessées à la main : ce sont celles qui sont vivantes dans mes souvenirs. Mais il y a toutefois une exception.

Ma  grande-cousine Henriette, de 40 ans mon aînée, veuve vivant avec sa vieille maman veuve également, me fit cadeau un jour d’un album d’Épinal, ouvrage neuf et qui avait déjà (nous étions en 1960) un petit côté rétro.

En le feuilletant, j’eus la surprise délicieuse d’y découvrir une image de fessée : une correction appliquée aux verges par le Père Fouettard sur le derrière déculotté d’un petit garçon, sous les yeux de ses camarades et du Croquemitaine.

Tout me  ravissait dans cette image : la situation, le fait que la fessée soit pour ainsi dire officialisée en étant ainsi représentée sur un livre d’images, les fesses nues de la victime et les expressions des gamins ; voilà pourquoi je fais une exception pour les verges dans mon dédain habituel pour des instruments à fesser.

Il y a de nombreuses représentations illustrée de fessées aux verges appliquées à des garçons : Malteste, bien sûr, (l’un montrant un garçon coincé sous le bras d’une dame qui commence à le fesser à la main, mais les verges sont posées sur la table. L’autre montre un maître d’école assis, tenant un garçon agenouillé et déculotté contre lui pour le fesser avec les verges qu’il tient à la main.)

Mais il y a aussi toute l’imagerie des siècles passés que j’aime à redécouvrir sur spankingartwiki. Je parle ici des dessins de fessées comme celles que je me souviens avoir reçues et non de ces innombrables fessées coquines données à des dames grassouillettes dans l’iconographie érotique.

Ma  grande-cousine me donna la fessée à plusieurs reprises. Je l’ai évoqué dans l’un des textes de ce blog, mais le souvenir le plus marquant qu’elle m’a laissé est ce dessin, qui figure en exergue de cette  contribution. Si vous possédez des images de l’époque, faites-en profiter les amateurs nostalgiques dont je fais partie. C’est ma madeleine de Proust : une bonne fessée déculottée devant tout le monde…

 

 

4 commentaires »

  1. Marie-Claire dit :

    Bonjour Jean-Jacques,

    Voici des souvenirs pleins de fraîcheur, même s’ils rappellent plutôt certaines expériences cuisantes pour votre amour-propre et… la peau de vos fesses. Je n’ai jamais donné la fessée avec des verges, mais j’ai bien connu les albums dont vous nous parlez et certains de mes camarades étaient fessés de cette manière lorsque j’étais enfant, il y a … bien bien longtemps…

  2. Jean-Jacques dit :

    Bonjour, Marie-Claire ! Heureux de vous lire à nouveau.
    Ce qui me fascinait tout particulièrement dans cette histoire, c’est la hotte qui raflait tous les enfants méchants, gourmands ou menteurs pour qu’ils soient fessés l’un après l’autre, et remis, « corrigés et repentants », à leur maman. Je me disais que j’aurais certainement été interpellé moi-même, ce qui était à la fois terrifiant et excitant !
    En tout cas, si l’on en croit les images de cette époque, la fessée était systématique pour les garnements et nul n’y trouvait à redire. L’album que l’on m’avait offert était tout empreint de moralité et de bons principes, pensait-on. Ce dessin me plaît parce qu’il n’est pas fait pour plaire, du moins pas intentionnellement, mais pour instruire.

  3. lambercier dit :

    Tout ceci n’est que trop vrai, cher Jean-Jacques, mais il paraît qu’on en a perdu le souvenir. Aujourd’hui, quand chahuter la parole d’un professeur devient la norme dans le quotidien, la figure redoutable du Croquemitaine d’antan, si tant est qu’il pût encore survivre dans l’imaginaire, ne serait plus qu’un gag hilarant pour amuser les « polissons » !

  4. claude dit :

    Bonjour Jean Jacques. Je ne partage pas votre optimisme pour la fessée manuelle comme correction suffisante. Pour moi j’ai reçu le martinet en plus de la fessée et je puis vous dire que c’est autre chose! Vous évoquez un châtiment aux verges. Je ne l’es ai reçues q’une fois, mais je m’en suis si bien souvenu que j’ai écrit un récit sur ce blog : »Les verges, châtiment d’un petit voyeur ». Oui, les verges font encore plus mal que le martinet. C’est d’ailleurs ainsi que les éphèbes Athéniens étaient châtiés dans la « palestre ». Ma vénérable grammaire latine possède la reproduction d’une telle scène. Je me souviens qu’un jour notre prof de latin a regretté que cette tradition ne soit plus autorisée de nos jours! Avait-il tort ? Quand je vois certaines incivilités, j’ai quelques doutes… Cordialement. CLAUDE.

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