La fessée appliquée

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La pattemouille

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Par Paladin

Ce foutu bon vieux temps…

D’abord, plantons le décor.

Petit village de campagne, début des années 50.

Nous sortons de la guerre, la génération du baby boom use ses fonds de culottes sur les bancs de l’école élémentaire. Les temps ne sont plus aux pénuries, mais les tickets de rationnement sont toujours dans les mémoires, s’ils ne sont plus dans les poches. Bref, les temps sont moins durs et ils le seront encore moins demain… mais nous n’y sommes pas encore, et une certaine rigueur est toujours de mise.

Les gens de la campagne ont toujours eu la réputation d’avoir la main plus lourde que leurs cousins de la ville. Je ne sais pas si c’est vrai. Mais le fait est qu’à cette époque, les paysans mènent leurs enfants comme ils mènent leurs animaux : à la baguette.

Je ne dis pas que je reçois des trempes tous les jours.

Mais toutes les semaines ? Certainement.

Et plusieurs fois par semaines ? Certainement aussi.

Et je ne suis pas le seul !

Tous les enfants du village _ tous les garçons, en tout cas _ ont régulièrement droit à une bonne déculottée. A cette époque, ce sont les parents qui ne corrigent pas leurs enfants qu’on regarde de travers. Ces enfants-là, ils « tourneront mal » : ils finiront alcooliques ou en prison, voire les deux, comme disent nos mères quand elles discutent.

Je vois des sourcils qui se dressent.

Je comprends qu’avec votre sensibilité de citoyens éclairés du XXIème siècle, vous trouviez ça ahurissant. Mais vous confondez vie facile et vie heureuse. Comprenez bien : nos parents ne sont des brutes épaisses. Ils nous aiment. Simplement, c’est notre avenir qu’ils ont à cœur, pas notre confort immédiat. Ils veulent faire de nous des adultes responsables, honnêtes et droits, des gens dont ils puissent être fiers. Si cela implique de renoncer aux marques d’affections immédiates, alors ainsi soit il. Comme ils disent, « Ca leur fait plus mal à eux qu’à nous », et « c’est pour notre bien ».

Que ça leur fasse plus de mal qu’à nous, ça, franchement… je suis sceptique. Mais que ce soit pour notre bien, là, par contre, je n’en doute pas un instant.

Et puis, c’est comme ça que tout le monde fait, et c’est comme ça que tout le monde a toujours fait. Ca a marché pour eux, ça a marché pour leurs parents, et leurs grands parents avant eux… A ce moment-là, personne n’est encore venu leur dire que, peut-être, il y a d’autre façon de faire. Ce n’est pas qu’ils refusent de faire autrement ; ils ne savent tout simplement pas qu’il est possible de faire autrement.

Vous voulez que je vous dise ? Taxer quelqu’un de « conformiste » alors qu’on ne lui a pas, au préalable, présenté une alternative, c’est tout simplement malhonnête.

Mais assez radoté, passons aux choses sérieuses :

Quand je rentrai de l’école ce jour-là, maman était en train de repasser.

Et attention, quand je dis « repasser », ce n’est pas avec une de ces stations-vapeur que l’on a aujourd’hui. Non : un fer, à époque, c’est vraiment un fer. C’est une simple semelle de fonte que l’on fait chauffer sur la cuisinière. Et quand je rentrai de l’école de jour-là, donc, mes fesses étaient déjà à peu près aussi chaudes que le fer que maman tenait en main.

 « Ooooh, toi tu as quelque chose à te reprocher… », me dit-elle en voyant mon air piteux.

Les mains sur les fesses, grimaçant sous la douleur qui me tiraillait, je m’approchai en boitant. N’importe quel observateur neutre en aurait conclu que quelque ait pu être ma faute, je l’avais déjà plus que suffisamment payée.

Hélas, maman n’était pas un observateur neutre.

« Pas la peine de jouer la comédie, ça ne prend pas avec moi ! Qu’est-ce que tu as encore été fabriquer !? »

Je lui expliquai que j’avais été fessé par le maître, parce que… parce que… parce que bon. Franchement, je ne m’en souviens absolument pas. C’est que, les occasions d’être corrigé à l’école ne manquaient pas. Chahut ? Bavardage ? Ca peut paraître incroyable, de nos jours où les parents d’élève cassent la gueule des enseignants à la sortie de collèges pour un regard de travers. Tout ce que je peux dire, c’est que ça avait été suffisamment grave pour que le maître me fasse les honneurs de ses genoux, plutôt que le simple petit coup de règle habituel sur les doigts.

« Mais c’est pas Dieu possible ! Mais qu’est-ce qui m’a fichu un vaurien pareil ?! Je vais te faire voir, moi ! »

Elle allait me faire voir, certes, mais elle n’était pas pressée au point de délaisser son repassage. Elle continua donc son travail tout en me rouspétant, pendant de longues minutes. Au bout d’un moment, elle se trouva à bout d’arguments, et commença à les reprendre en boucle. Et encore. Et encore…

Mais moi, j’étais content.

Je connaissais ses intonations, et je savais faire la différence entre une vraie colère et une colère feinte. Et celle-ci était à peu près aussi authentique que ma peine d’un peu plus tôt. Bon, je n’y échapperais pas, évidemment. Je ne pouvais pas y échapper, et de toute façon je n’espérais pas y échapper. Toute bêtise devait être punie : c’était obligatoire. Si on laissait passer, si on ne punissait pas, alors on montrait le mauvais exemple et la bêtise risquait d’être refaite, voire d’être pire la fois suivante. C’est pour ça qu’on punissait toujours, même pour les petites bêtises : pour ne surtout pas avoir à punir pour une grosse.

Finalement, la dernière chemise pliée, elle prit la pattemouille, ce linge humide qu’on mettait par-dessus les vêtements à repasser pour éviter de les brûler. D’accord, j’étais fixé sur mon sort. Elle l’essora un peu, pour ne pas que l’eau éclabousse partout à l’impact, et elle en enroula une extrémité autour de son poignet.

« Allez ! Fais voir tes fesses ! »

Je protestai que le maître m’avait déjà puni, que j’avais compris et que je ne recommencerai pas, naturellement. Il ne fallait surtout pas que j’accepte trop rapidement ma fessée, où elle en déduirait que j’étais content de m’en tirer à si bon compte.

« M’oblige pas à le faire moi-même ou ça va mal aller ! »

Drôle de formule : ça allait mal aller de toute façon. Mais bon. Il fallait résister un peu pour éviter une fessée plus sévère, mais il ne fallait pas trop résister non plus ou le résultat serait le même. Je me déboutonnai donc en geignant encore un peu par principe, puis je baissai mes culottes et relevai ma chemise jusque sous mes aisselles.

« Et c’est ça que tu appelles une fessée ? , dit-elle en regardant mes fesses qui n’étaient plus que roses, depuis le temps.  Je vais te montrer ce que c’est, moi, une fessée ! »

Maman leva la pattemouille et me fessa avec.

Ouh ! Que ça faisait mal !

Elle n’était pas aussi cinglante que la ceinture de papa, ni aussi perçante que la cuillère en bois dont maman se serrait servie si j’étais rentré à un autre moment, mais la pattemouille « pesait » sur toute la surface de mes fesses à chaque claquement mouillé. Et puis… ne sous-estimez jamais _ jamais ! _ la poigne d’une femme qui repasse son linge avec une enclume miniature !

Je tressautais, mais je restais droit dans mes souliers. C’était, après tout, une punition relativement modeste. Ca faisait mal, bien sûr _ c’était un peu le principe. Mais ça restait supportable. Enfin, c’est ce que je me répétais à chaque fois que la pattemouille venait me racler le derrière. J’avais eu bien raison de lui dire tout, tout de suite. Ouch ! Mais si !

Oh ! Ca n’était pas par pure candeur, ne croyez pas ça. C’était le fruit d’un savant calcul : petite bêtise, petite punition. Si j’avais pris le risque de ne rien dire, et qu’elle l’avait découvert par ailleurs, j’aurais reçu une grosse punition pour une petite bêtise… Si j’avais fait une grosse bêtise, par contre… Sachant que quoi qu’il arrive j’aurais droit à une sacrée raclée, là, j’aurais peut-être tenté le coup. Mais là, jeu n’en valait pas la chandelle.

Ce qui ne m’empêchait pas de passer un sale quart d’heure ! Owh ! Il y avait le contact frais du tissu humide, puis cette sensation de râpe, et la brûlure qui se diffusait. Mes fesses avaient déjà honorablement rosies par le maître, et elles devaient commencer à bien rougir !

« Allez, un dernier pour la route… »

Ouf ! Un dernier sursaut, une dernière grimace,  et je me risquai à desserrer enfin les fesses.

« Et que je t’y reprenne plus. Allez file ! »

Je ne me le fis pas dire deux fois : je filai sans demander mon reste.Je passai les mains sur mon derrière. Ça faisait bizarre d’avoir les fesses toutes chaudes et pourtant humides. Somme toute, je m’en tirai plutôt bien cette fois-ci.

Mais… ça n’a pas toujours été le cas !

 

 

4 commentaires »

  1. christel dit :

    Ce récit imagé de la fessée administrée à la pattemouille m’a bien plu, ma foi.. Très intéressante approche ! Félicitations de la part d’une admiratrice de ce blog et correspondante épistolaire.

  2. bernard dit :

    je ne connaissais pas la pattemouille; cela change de la ceinture ou du martinet et doit beaucoup ressembler à la fessée donnée avec la main j’imagine

  3. Paladin dit :

    En fait, j’ai découvert la pattemouille tout à fait par hasard, en cherchant des conseils on ne put plus terre-à-terre sur le repassage…

    Mes premières tentatives pour la mettre en application se sont soldées par de grandes éclaboussures et aussi de grands éclats de rire !

    Une fois trouvé le bon tissu et le bon dosage, s’approche assez d’une fessée à la main : c’est plus souple que la ceinture, et ce n’est pas cinglant comme le martinet. C’est une sensation plus « enveloppante ».

  4. chris B dit :

    Je ne savais pas que l’on pouvait aussi recevoir par passé, des fessées de cette nature, avec une pattemouille.

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