La fessée appliquée

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La Valse des souvenirs

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Par Plumine

C’est après un repas de famille que j’ai pris la décision d’écrire ce texte. Un repas qui sépare des générations où tous les points de vue sont partagés. Un univers de détente qui peut parfois vous rappeler vos propres souvenirs…

Cette impression d’injustice, de révolte, m’oppresse. Je ne comprends pas mais j’écoute. Mes mots deviennent flasques. Je me rends compte qu’entre leur époque et la mienne, il y a une marge trop importante. « Trois siècles » ai-je dit avec le sourire. Les souvenirs s’envolent … On ne peut plus les arrêter…

« Mais tu sais, ça ne rigolait pas de notre temps ! Je me souviens qu’un jour la Jacqueline avait cassé une bouteille de vin au père en f’sant le ménage… Beh ! je peux te dire que quand il est rentré, elle s’est pris une sacrée fessée ! Ah oui, ça, tu peux me croire, l’éducation c’était très important à l’époque… Bien plus qu’aujourd’hui ! »

Je ne pouvais pas en croire mes oreilles. L’éducation est toujours la même, c’est juste que les méthodes ont évolué. La société n’est plus la même. Toutefois, je ne préfère rien dire, j’attends patiemment mon tour.

« Pis, ton Papi, c’était le Rebelle de la famille! Qu’est-ce qu’il a pu en faire des bêtises ! Il tenait même tête au père, ce qu’il lui a valu d’aller en maison de correction. Tu sais pas ce qu’il a fait l’père un jour? Il a fabriqué un martinet, mais pas n’importe quel martinet ! Tiens, demande à ton grand-père, comment que c’était ! Le connait bien, lui ! Un jour, il voulait pas aller à l’école… Il râlait et se plaignait. Alors l’père, il l’a amené jusqu’à l’école avec le martinet à ses trousses. A chaque pas, hop… Un coup ! Il est arrivé à l’école en pleurs avec les cuisses zébrées !… »

Et Blablablabla… C’est limite de la maltraitance à mes yeux. Autant dire que je comprends mieux mon grand-père maintenant. Je reste stoïque. Je ne comprends pas que l’on puisse frapper autant son enfant. Pourtant, plus elle parle… Plus, elle me rappelle de vieux souvenirs. Finalement, moi aussi, j’ai reçu des fessées… Pas au martinet certes, mais j’en ai reçu, et ce n’est pas si vieux que cela. Pendant qu’elle parle encore et encore, mes yeux s’emplissent de souvenirs, MES SOUVENIRS… dont un qui m’a particulièrement marqué…

« Non, mais tu te rends compte de ce qu’elle a fait ? Je n’en reviens pas ! Comment est-ce que c’est possible? Voler, tu te rends comptes, Thomas ? Voler!… Je suis dégoûtée. Je ne l’ai pas élevée comme cela ! »

Ma mère ne se doutait pas que j’entendais tout de ma chambre. Elle criait tellement fort et était tellement en colère que cela ne pouvait passer inaperçu ! Je me rongeais les ongles. Mais qu’est ce qui m’était passé par la tête à ce moment précis ? Pourquoi est-ce que j’avais fait cela ? Trop de questions qui ne me ressemblaient pas ! Peut-être pour attirer l’attention sur moi ?… Et j’allais être servie ! J’étais pourtant une fille sage, bien éduquée, qui travaillait très bien à l’école, mais je me sentais terriblement seule. Je devais passer l’étape supérieure : me faire remarquer en faisant une énorme bêtise… Au moins là, j’aurais toute l’attention de mes parents qui ne m’en accordaient que peu comparé à ma sœur. Mais ce n’était que mon point de vue ! Je n’avais qu’un mot à la bouche (ou plutôt deux : « Je regrette ». Je n’aurais jamais dû aller dans cette boulangerie ce matin-là. Au moins je n’aurais commis aucune bêtise !

« Thomas, tu vas réagir, n’est-ce pas ? »

Elle criait toujours autant. Face à cette phrase, mon inquiétude ne fit que s’accroitre et pour la première fois, les remords me donnaient la nausée !

 

 

 

« … »

Tu sais que c’est grave ce qu’elle a fait ! Comporte-toi en père pour une fois ! Réagis… J’en ai assez de passer pour la méchante ! Ta fille mérite une punition et tu le sais !  Certes, ce n’était qu’un bonbon, mais elle l’a volé quand même alors qu’elle savait parfaitement qu’on lui aurait acheté si elle nous l’avait demandé ! »

« Tu exagères un peu, Lydie! Ce n’est qu’un bonbon, ce n’est pas encore une délinquante ! Toutefois, tu as raison, elle a besoin d’une punition et je crois qu’une fessée lui fera le plus grand bien ! »

Une fessée ?…  Je ne pouvais pas en croire mes oreilles. Au rythme des pas de mon père dans l’escalier, mon cœur ne cessait de battre de plus en plus fort. Je ne savais plus quoi penser, j’étais effrayée ! Plus rien ne trottait dans mes pensées à part ce mot « fessée ». Quelques minutes plus tard, il était là assis à côté de moi pendant que je regardais mes pieds…

« Tu te rends compte de ce que tu as fait ? »

Du haut de mes neuf ans, je n’arrivais pas à regarder mon père dans les yeux. Mais dans sa voix, je sentais parfaitement la déception… Il ne criait pas, il me parlait tranquillement. (Du reste, c’est un élément qui marque toujours mémoire comme une évidence : recevoir une fessée dans le calme est toujours déstabilisant.) Avant même d’avoir reçu la correction méritée, je commençais déjà à verser des larmes de culpabilité et d’anxiété.

« Tu ne veux pas me répondre ? »

J’étais incapable déparler tellement j’avais honte! Je ne voulais surtout pas croiser son regard. Mon père ne fit pas attendre mes fesses trop longtemps… N’obtenant aucune réponse de ma part, il me coucha sur ses genoux et commença à… Non ! Je ne voulais pas qu’il baisse mon pantalon de pyjama.. Malgré mes tentatives de résistance et mes cris, mon père ne céda pas  et n’eut aucun mal à me déculotter.

« Je crois que là, tu l’as bien méritée cette fessée, ma fille. »

 Il claquait mes fesses d’une manière assez brouillonne, très vite et avec beaucoup de force… Une, deux, trois claques… Quelle douleur effroyable !

« Papa, …Aïe ! S’il te plaît, arrête ! »

Silence. Rien n’y faisait. Ses claques devenaient de plus en plus fortes. C’en était trop pour mes petites fesses ! J’éclatai en sanglots. Je ne saurais dire combien de temps cela dura, mais bien assez longtemps pour rendre mes fesses écarlates. Au bout d’un certain temps qu’il m’était impossible d’estimer, la fessée prit fin. Mon père remonta mon pantalon de pyjama et, sans un mot de plus, sortit de ma chambre.

Après quoi, je me souviens d’être restée à pleurer dans ma chambre pour finir par m’endormir. Le lendemain, je échappai pas, bien sûr, à la leçon de morale qui se solda par un énorme câlin. Je me sentais quelque peu soulagée bien que mes fesses me fassent un mal de chien. Je n’en voulais pas à mon  père. Au contraire, je m’en voulais tellement de l’avoir déçu ! Bizarrement, avec le recul, je n’ai vu que du bien dans cette fessée méritée.

« Enfin, c’était un autre temps… Aujourd’hui, l’enfant roi est né ! »

Petit à petit, j’émerge. Je reviens sur ce souvenirs. J’écoute ici et là mais je ne sais plus quoi penser. Bien sûr, l’éducation à la dure me surprend. Les martinets et compagnie, ça  me rend malade rien que d’en entendre parler… A leur époque, c’était peut-être une intention affectueuse, toutefois, pour moi, ça aurait été comme une torture.

En revanche, en ce qui me concerne, cette simple fessée, bien que sévère, je l’ai acceptée alors que l’emploi du martinet m’aurait sans doute révoltée. De nos jours, la douleur comme punition n’est plus vue de la même manière et l’éducation est beaucoup plus laxiste. Et quoi qu’on en dise, la fessée reste une méthode encore très courante, même dans les années 2000. Au reste, je viens de vous le prouver.

 

Illust. Miyuki

Un commentaire »

  1. Alexandre dit :

    Votre témoignage est intéressant parce que vous arrivez à prendre du recul par rapport à l’évolution des méthodes éducatives sans pour autant trancher dans un sens ou dans un autre.

    Vous trouvez que votre fessée reçue à 9 ans avait du sens et était nécessaire et pourtant vous semblez réprouvez toute forme de violence. Pour vous une fessée est violente selon la manière dont elle est administrée. Et pourtant, êtes-vous certaine que le martinet vous aurait fait beaucoup plus mal que des claques données avec beaucoup de force pour reprendre vos termes ? Ce qui fait mal ne serait-ce pas plutôt l’objectif poursuivi par le fesseur ? en d’autres termes ce qui fait mal ne serait-ce pas que l’une des personnes qui vous aime le plus veuille que vous ayez mal ? C’est pourquoi moi je plaide pour la fessée non violente, celle qui est donnée sans l’intention de faire mal, qui est symbolique avant tout et qui n’a pour but que de rappeler à l’enfant qu’il y a des limites qu’il vaut mieux ne pas franchir dans l’intérêt de tous.

    Il est tout de même troublant de constater que pour obtenir plus de marques d’affection de vos parents vous ayez été obligée de les défier (et vous de défier la douleur)en leur imposant de vous donner la fessée. La fessée devient dès lors une marque d’affection non seulement parce qu’elle oblige un de vos parents à s’occuper de vous (et seulement de vous) pour reprendre la terminologie ambiante mais aussi parce qu’elle se termine par l’obtention d’un câlin, le but recherché finalement Mais est-ce bien raisonnable ?

    Alors quel genre de mère vous préparez-vous à être ?

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