La fessée appliquée

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L’attente

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Par Edmée

« Préparez-vous, mon garçon, et attendez que Madame la Directrice vienne s’occuper de vous. En l’attendant, méditez sur le motif de votre présence ici. Quand vous serez prêt, il vous suffira de sonner ! »

C’est en ces termes que la jeune surveillante l’avait abandonné à lui-même en refermant la porte du « cabinet de pénitence ». Il y avait eu comme une brève lueur d’ironie dans ses yeux lorsque, de l’index, elle lui avait désigné la clochette posée sur le tabouret devant lui.

Attendre !…

Il est seul dans la pénombre de cette petite pièce qu’éclaire à peine un rai de lumière filtrant à travers les persiennes closes et qu’une porte sépare du bureau directorial. Il n’y était jamais venu et à présent son inquiétude prend forme. On l’a prévenu de la méthode de correction favorite de la directrice, un raffinement cruel dont elle use systématiquement avec le puni qu’elle doit fouetter. C’est de le laisser attendre dans cette pièce pour lui faire croire qu’elle est à sa disposition et qu’il a la totale maîtrise du choix de l’instant de son propre châtiment.

Attendre !…

Attendre quelque chose que l’on redoute de voir venir et que l’on aimerait aussi qu’il arrive pour en être débarrassé au plus vite… mais qui tarde à venir. Prisonnier de cet espace confiné et silencieux, il lui semble que le temps se traîne en longueur et que les minutes n’en finissent plus de s’écouler. Depuis la veille, oppressante comme jamais, l’attente l’étreint d’une appréhension fébrile qui lui colle à la peau comme des ventouses.

N’est-ce pas un état d’esprit bien ordinaire quand on doit être sévèrement puni ?

« Je vous avertis, vous serez puni, et très sévèrement. C’est Madame la Directrice en personne qui va se charger de vous. Et pas par une simple fessée cette fois » lui avait promis la surveillante. Clairement exprimée, la menace dans la bouche de cette jeune fille l’avait piqué au vif. N’a-t-il pas eu raison de se rebeller? Après tout, elle n’a guère plus de dix ans de plus que lui ?

Est-il prêt ? Le sens de ce mot tourbillonne dans sa tête. Pris en tenailles entre le désir d’en finir au plus vite et celui de retarder l’échéance fatale, il regrette amèrement d’avoir échoué là à se morfondre à genoux en pénitence, ses deux mains crochetées derrière la nuque, pour attendre le moment tant redouté. Ses yeux s’égarent ici et là dans la petite pièce. Du sol au plafond, cela fait bon nombre de fois qu’ils en font le tour. Il en connaît chaque détail par cœur jusqu’à l’odeur de vieille cire qui encroûte le parquet au point de pouvoir les répéter les yeux fermés… les quatre murs encombrés de rayonnages, la huisserie de porte en bois sombre, le parquet aux lames de bois légèrement disjointes, et surtout… le tabouret de bois massif planté devant lui.

Au fur et à mesure que se prolonge l’attente, lentement, subrepticement, inexorablement, la peur du fouet s’insinue en lui.

Trop de fois, il a entendu certains élèves, même les grands, la mine soucieuse, parler en tremblant de ce cabinet. Chaque fois, les écouter raconter ce qui se passe ici le faisait immanquablement frémir à la fois de crainte et d’indignation. Et chaque fois, il se jurait que lui saurait éviter cette abomination.

Attendre !…

Sur ce parquet dur ses genoux souffrent le supplice. Il a beau faire porter alternativement son poids d’abord sur un genou puis sur l’autre, la douleur ankylosante a fini par remonter le long de ses cuisses allant jusqu’à raidir son dos et ses épaules, sa nuque.

Des reins aux mollets, la fraîcheur ambiante enveloppe sa nudité. La peau se pique de chair de poule.

« Mais ça, moi je peux le faire tout seul, Mademoiselle ! »

Il a eu beau protester de sa voix en pleine mue qui n’est plus celle d’un enfant, la surveillante a exigé de le déculotter elle-même, le menaçant d’un châtiment plus sévère s’il s’opposait. La crainte a été la plus forte, il lui a obéi. D’un bout à l’autre, il s’est résigné à laisser la jeune femme dégrafer la ceinture, déboutonner la braguette, puis abaisser ses vêtements.

« Non ! Je vous en prie, Mademoiselle, pas ça ! »

Il avait tout de même réagi, juste lorsqu’il avait senti les doigts agiles agripper l’élastique de son slip, puis l’abaisser sans façon le long des hanches puis des cuisses jusqu’au butoir de la culotte. En vain. Sa supplication jetée avec des trémolos n’avait pas fait dévier la surveillante d’un pouce. Et les joues en feu, étouffant de honte il s’était retrouvé à demi nu, sans qu’il puisse dissimuler aux yeux de la jeune femme ni ses fesses rondes et potelées ni sa jeune virilité qu’une érection naissante et inopinée rendait plus visible. Jamais il ne s’était senti aussi honteux qu’à cet instant-là. A présent, la culotte courte d’uniforme et le slip s’enroulent autour de ses souliers et, à la manière d’entraves, l’empêchent d’écarter les jambes.

Il n’a plus guère d’espoir. Pas moyen de s’en sortir. On l’avait prévenu. « Au cabinet de pénitence, les corrections sont administrées à derrière nu. C’est toujours comme ça avec la directrice ! ».

Mais la chose qui accapare le plus ses regards et fait battre son cœur et agit comme un aimant et un repoussoir, c’est le martinet posé devant lui sur le tabouret.

L’instrument de correction est ancien. A la patine de son manche en bois et au lustre qui fait luire le cuir brun de ses lanières, il est clair qu’il sert depuis longtemps. Combien de fois les a-t-il comptés et recomptés les douze serpents de cuir qui ondulent et se lovent autour du manche ? Soudain, pris de curiosité et bravant le risque, il a l’audace de saisir le martinet. Aussitôt, l’odeur rance du vieux cuir pénètre ses narines. Avec un renflement dans le milieu, le manche en bois assure une bonne prise en main. Puis il en palpe les lanières une à une, laissant filer leur bonne trentaine de centimètres entre ses doigts.

Large d’un petit doigt, le cuir reste souple malgré son épaisseur. Timidement, il s’en donne deux ou trois coups légers sur la paume d’une main. Sur la chair pulpeuse, les morsures sont franches. L’essai accroît son trouble. Dans un frisson, il se demande si elles font aussi mal sur les fesses ? Or la directrice a la réputation d’être particulièrement sévère quand elle fouette, et tout particulièrement les grands garçons indisciplinés de son espèce. Combien de paires de fesses a-t-elle donc fait souffrir avec ce martinet dans ce sinistre cabinet ?

De toute façon, on n’en a pas fini avec la honte et rares sont ceux qui, non sans un certain panache, paradent devant leurs camarades exhibant leurs héroïques zébrures. Qui pourrait ignorer que l’on vient d’être fouetté ? Votre culotte remontée, ses bords enroulés exprès jusqu’à l’aine, est-il possible encore de chercher à dissimuler les stries rouges des coups de martinet qui marquent la peau tendre du haut des cuisses du sceau de l’infamie ?

De temps en temps, des bruits de voix troublent le silence. La directrice converse avec sa secrétaire ou bien répond au téléphone. Curieusement, il préfère cela au silence. Ils lui font entrevoir une lueur d’espoir. Peut-être est-elle tellement affairée qu’elle n’aura pas le temps de s’occuper de lui, s’illusionne-t-il.

Le poids de son corps pèse abominablement sur ses rotules. La douleur l’élance et roidit ses membres. Dans ses bras relevés, le sang a reflué, remplacé par des fourmillements. Il n’en peut plus. Il ne tiendra plus ! Soudain, l’instinct guide sa main vers la clochette qu’elle agite violemment.

Le tintement strident qui brise brutalement le silence lui paraît une délivrance.

La porte s’ouvre en coup de vent.

Nimbée de clarté éblouissante, Madame se tient devant lui, intimidante de beauté, glaçante de sévérité.

Il a fini d’attendre…

Comme on l’a prévenu, il faudra bien quelques jours à ses oreilles pour oublier les sifflements et les claquements secs des lanières cinglant ses fesses et ses cuisses nues, la sensation douloureuse du vieux cuir qui enlace la peau délicate de ses baisers de feu.

Cependant, il lui restera en mémoire et pour toujours, le souvenir de bouffées vaporeuses d’un parfum entêtant.

Illustr. Shouhei Yamashiro

2 commentaires »

  1. Arthur dit :

    Non seulement le récit d’Edmée est parfait, mais il restitue la plus stricte réalité. Il est même étonnant que la coïncidence soit à ce point entière. Mais pour moi, madame la Directrice avait encore affiné la chose : je devais moi-même aller couper dans le bois voisin les badines et les verges de bouleau qu’elle me destinait, en plus du martinet. Ensuite, je devais les présenter publiquement et j’étais chaque fois renvoyé les refaire trois ou quatre fois, ce qui augmentait le nombre de cinglons d’autant. Comment décrire cette attente fiévreuse dont j’étais à la fois l’objet et l’instrument; j’étais dans un état d’appréhension exaltée impossible à décrire; c’était comme une cérémonie religieuse; je n’étais jamais fessé sur le coup, mais je devais attendre au moins deux jours; après la fessée, comme je l’ai dit, je devais rester exposé fesses nues plus d’une heure sous les regards de tous, puis j’étais en général mis au cachot; bien entendu, celui qui allait être fessé – encore une fois je n’étais pas le seul – se « réservait » pour ne se « toucher » qu’après, mais parfois la souffrance et la jouissance étaient telles que l’accident arrivait pendant la fessée, ce qui nous valait un supplément cette fois effroyablement douloureux. Il est vrai que la compensation quelques heures après n’en était que plus délicieuse alimentée par la perspective inévitable de la prochaine fessée publique dans une dizaine de jours. J’avais plus de dix-huit ans, c’était en 1946, c’est dire. J’étais amoureux de ma très sévère Directrice qui avait une bonne quarantaine d’années. Je lui dois bien des choses et en plus mon goût pour le latin qui me valait lui aussi de cuisantes fessées. Toute fessée était, bien entendu, toujours donnée déculottée et en cas de péché de masturbation parfois entièrement nu en chemisette de punition agrafée dans le dos. Tout le cérémonial pouvait s’étendre sur une journée entière : comparution, attente, présentation, demande punition, nouvelle attente, etc.

  2. CLAUDE dit :

    Bonjour Edmee. Quel style! Vous analysez avec finesse vos émotions, et elles sont puissantes: c’est l’attente qui en est la cause. Cette attente à genoux dans le « Cabinet de Pénitence ». Et de plus, nu, comme vous l’a imposé la surveillante. Quelle est pénible cette attente ! « Attente de quelque chose que l’on redoute de voir venir » comme vous dites si bien. Attente elle-même voulue, comme partie intrinsèque de la correction. Appréhension fébrile, peur du Fouet qui s’insinue en vous et qui vous font regretter, un peu tard mais amèrement votre conduite. Trop tard, indocile élève! Il fallait y penser plus tôt! Pour couronner le tout, l’objet du supplice: le bon vieux et solide Martinet est exhibé devant vous et vous nargue! Du coup, impulsivement vous vous mettez à tâter ces lanières qui bientôt vont cingler vos cuisses et vos fesses. Et ensuite la honte : les zébrures des coups de Martinet révéleront que vous avez reçu le Fouet. Et, comme vous le dites si bien, il vous faudra quelques jours pour oublier les « baisers de feu » du Martinet. Cordialement. CLAUDE.

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