La fessée appliquée

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Le perron des cuisants repentirs

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Par Edmée

Oh, qu’il semblait haut le perron principal de cette petite institution privée de la région parisienne, et combien interminable et pénible son ascension certains matins de rassemblement !

Des perrons qui flanquaient trois des façades du château à la Mansart, il était en effet le plus imposant, le plus majestueux, mais aussi le plus redoutable aux yeux de quelques malheureux élèves lorsque, à l’appel de leur nom, les punis de la veille devaient rendre compte humblement de leur mauvaise tenue à Mme la Directrice.

Le cérémonial était immuable. Là-haut, des femmes, et rien que des femmes, étaient prêtes à les livrer à l’ordre prévisible d’un rituel de mortification sans failles. Là haut, la cinglante férule de Mme la directrice se chargeait de leur faire expier en public les fautes honnies afin de leur redonner le goût amer du repentir.

Et quelle férule ! Chaque cinglée de cette espèce de spatule d’un cuir épais semblait déverser sur vos mains tout le voltage trépidant d’une centrale électrique. Et en hiver, mieux valait endurer l’onglée que l’une de ses brûlantes dégelées… 

Que dire de ces tribulations matinales si ce n’est qu’elles offraient un remarquable échantillon des caractères du genre humain. Couards ou endurants, espiègles ou timorés ou… la férule  vous en détaillait leurs moindres traits et sans le moindre fard.  

Ce matin-là, un vent piquant lève des tourbillons de feuilles mortes en répandant d’âcres  senteurs de fumées et, au passage, fait ployer les rangs de chacune des classes frileusement déployées comme les branches d’une étoile au pied de l’imposant perron. Le froid de novembre s’est  abattu sur la campagne, marbrant de rouge la peau nue des cuisses juvéniles au-dessous des lisières des culottes courtes.

Engoncés dans leurs pèlerines, les garçons battent la semelle sur place, frissonnant de froid et d’impatience. La cloche les avait depuis longtemps appelés au rassemblement lorsque la directrice, escortée des professeurs et des surveillantes, fait son entrée en haut du perron. Dans les rangs le léger brouhaha des bavardages fait aussitôt place à un silence craintif.

Un nom claque soudain. L’interpellé, un grand garçon de 12-13 ans sursaute. C’est bien lui et pas un autre que Mme la directrice jette en pâture du haut du perron. Il hésite, puis fait un pas de côté, s’écarte du rang. Surtout obéir sans rechigner ! On le voit, visage blême, ombre vacillante, s’avancer d’un pas mécanique. Les jambes lourdes, il lui semble marcher à côté de lui, flottant dans le néant. Autour de lui, le monde s’est rétréci aux dimensions de ses seules chaussures. 

Les nouveaux détournent leurs yeux chargés d’interrogations inquiètes. Les anciens observent avec la suffisance de ceux qui savent, un soupçon de sourire de fanfarons sur les lèvres. Le poids de leurs regards sur ses épaules alentit son allure. La peur le resserre un peu plus sur lui-même. Malgré son âge, il en est toujours ainsi pour lui devant l’imminence d’un châtiment corporel. Le voici rendu au pied du perron. Ses pieds heurtent maladroitement les premières marches.

A mesure qu’il les gravit, s’éloigne l’espoir d’un peu de solidarité de la part de ses camarades de classe. Eux, que rongeait l’appréhension, ne ressentent plus que du soulagement. Ils l’ont échappé belle ! Il est bien seul désormais, cuirassé de solitude, crispé de honte et de peur, définitivement seul sur le morne chemin qui le mène au supplice. Il est le coupable; celui qu’une jeune fille – une surveillante – a dénoncé la veille et qu’une femme va sévèrement châtier en public ce matin même. Là-haut, sur la plate-forme, toutes guettent ses hésitations. Dans un instant elles jouiront de ses cris, de ses pleurs, de ses supplications. Un cauchemar referme un peu plus sur ses pas l’étreinte de la solitude.

Oh ! il sait depuis longtemps que ça fait très mal  les coups de férule ! Et pour se rassurer, il se fait à lui-même l’aumône d’un mensonge : de tous les châtiments corporels en usage dans cette institution, la férule sur les mains c’est tout de même mieux que la fessée ou le martinet sur les fesses nues…  Le croit-il vraiment, ce grand garçon, alors que chez lui l’éducation au martinet obtient toujours la faveur de ses parents ? 

A l’étroit dans sa culotte courte d’uniforme et jambes nues, coudes au corps, nuque raide, il se tient à présent devant la directrice, figé dans un respectueux et craintif garde-à-vous. C’est un joli garçon, un peu gracile et svelte d’apparence. A  son visage d’ange a l’air éperdu, on le sent prêt à fondre en larmes. Il est assez grand pour ses 13 ans, mais cette femme belle et altière le domine d’une tête. Il n’ose pas la regarder en face tant sa sévère beauté l’intimide. La coquette toque de fourrure sombre qui coiffe sa tête fait ressortir la pâle beauté du visage ovale accentuant son habituelle expression de sévérité, l’éclat de ses lèvres purpurines et le bleu glacier de ses prunelles de braises. 

- Vos parents sont prévenus, mon garçon. Je les ai appelés hier au soir. Ils ont dû vous en parler, n’est-ce pas ? Ils déplorent votre attitude et exigent de ma part un châtiment exemplaire dont vous vous souviendriez… Bien que cela ne m’enchante guère, je leur ai promis que je m’en ferais un devoir de conscience. Pour commencer, je vais donc vous punir devant tous vos camarades et vos professeurs, et vous punir très sévèrement.

Encore un effort. Il lui faut reconnaître publiquement ses torts. On ne doit pas se bagarrer dans la rue à la sortie de l’institution : c’est interdit !  Voix blanche, presque inaudible, ton faussé d’une gorge serrée… La sentence tombe, péremptoire. L’énoncé du tarif selon la gravité des fautes lamine les dernières illusions. Quasiment le maximum… Mauvais, très mauvais signe…

Et quoi de plus pitoyable et de plus dérisoire que ces garçons, surtout ceux des grandes classes, qui font en tremblant l’humble offrande de leur soumission et de leur repentir ?

- Relevez les pans de votre pèlerine, je vous prie… 

Le garçon obéit, rejetant les pans de sa pèlerine au-dessus de ses épaules pour dégager ses bras.

- Maintenant, veuillez me présenter votre main droite… Je vous avertis, si vous vous dérobez pendant que je vous punis, je répèterai le coup.

L’une après l’autre, ses mains obéissantes vont monter à l’horizontale, paumes à plat, réceptacles de douleur docilement offerts aux fulgurantes cinglées de l’instrument de correction.

Soudain, la férule jaillit, éclair sombre dans la transparence de l‘air. Un claquement sec, et la foudre s’abat soudain au creux de sa paume. Sous le choc, le garçon ferme ses paupières et jette une sorte de hoquet de surprise tandis que sa main un instant déséquilibrée revient en bonne position. 

Nouveau choc. Son corps se cabre. La douleur l’arc-boute en avant, debout sur la pointe des pieds. Elle s’élance en ondes vibrantes qui remontent le long du bras jusqu’à l’épaule. Sous ses propres yeux, son  supplice se poursuit, têtu, mécanique, infini. La férule claque, les cinglées succèdent aux cinglées. Comme il voudrait que cela s’arrête !… Mais cela recommence, cela fait de plus en plus mal. Des aiguillons par milliers transpercent sa main d’une douleur épaisse et gluante qui fait enfler ses chairs, durcit la pulpe de ses doigts.

Ah ! cette nouvelle cinglée !… Que ça fait mal ! Oh que ça brûle ! Il a beau serrer les dents et les fesses, se mordre les lèvres au sang, la douleur qui élance ses mains devient insupportable.

Des larmes brûlent ses yeux. Surtout ne pas pleurer ! Pas devant ces femmes, pas devant ses camarades de classe ! Mais rien ne semble attendrir cette femme. Elle scrute attentivement les indices visibles de l’emprise croissante de la souffrance. Éduquer ces jeunes gens et les corriger très sévèrement au besoin, leur faire honte et pour leur bien, tel est son devoir… 

Elle regarde le garçon, sûre d’elle, confiante dans son autorité. Il est presque mûr. Bouche tordue et suffocante, mâchoires soudées puis happant voracement l’air en un cri, paupières battantes sur des regards éperdus. A chaque cinglée son corps tout entier tressaille comme traversé d’une formidable décharge électrique.

Il crie, enfin ! Elle sait manier le robuste instrument jusqu’aux cris, parfois aux larmes. Elle sait comment l’abattre en souplesse, le freinant juste avant l’impact d’une brève rotation du poignet, en sorte que la lourde spatule de cuir percute les chairs tendres de la paume avec un bruit sec de détonation pour rebondir et revenir à sa position initiale comme sous l’impulsion d’un ressort.

L’apparente aisance du geste dissimule la terrible puissance des coups dont le visage du puni affiche les ravages grandissants. Il se recroqueville sur lui-même, cuisses ployées et entrouvertes, la violence du choc l’obligeant presque à s’accroupir.

 - L’autre main, je vous prie ! 

On le voit secouer sa main meurtrie comme s’il venait de la plonger par mégarde dans de l’eau bouillante ou dans une fourmilière… Il lui faut puiser dans un reste de courage pour présenter timidement sa main gauche à sa correctrice. Et cela recommence. La directrice pose la férule sur la main pour en ajuster avec précision la  trajectoire, puis l’élève en l’air, se concentre et… Cela claque fort et une sorte de hoquet au fond de la gorge du pauvre garçon qui peine à refouler ses larmes. Sous l’impact, sa main gauche a légèrement fléchi mais il réussit à la maintenir à horizontale.

A la 2ème cinglée, on entend comme une espèce de miaulement suraigu qui se module en une plainte sourde d’animal abandonné. L’étrangeté de ce son fait naître  quelques rires dans les rangs que le regard cinglant de la directrice fait taire instantanément. 

A la 3ème cinglée, il trépigne, piétinant le sol, pressé d’en finir, mais sans oser un seul instant soustraire sa main meurtrie à la sévérité implacable de cette femme qui s’applique posément à la punir. Course épuisante entre la férule et sa résistance qui le laisse hors d’haleine.

A la 4ème, il fait un violent écart, une expression de douloureuse stupeur dans les yeux où brillent des larmes. Va-t-il tenir ?

La 5ème cinglée  le fait plonger en avant fourrant sa main meurtrie entre ses cuisses. Cette désobéissance lui vaut un coup de plus. On le voit tendre sa main toute tremblante avec réticence. Comme pour le punir de cette désobéissance, elle met une force telle dans son élan que le visage du puni semble se rétrécir et se chiffonner. Ses yeux se révulsent, son nez se pince, la bouche  s’arrondit sur un cri muet, s’ouvrant et se fermant en rythme comme pour gober quelque chose à la manière d’un poisson. Entre la fragilité de la chair et l’épaisseur du cuir, la lutte est par trop inégale. A la longue la résistance s’use. Dans l’air retentissant des claquées perce l’inconsolable détresse du jeune puni.

- Madame… Aaaah ! Madame ! 

Les digues se rompent, les larmes giclent des yeux, et l’on voit ce grand garçon pleurer sans retenue, contemplant l’air hébété ses mains dont les chairs rouges et enflées semblent couver un feu de braises incandescentes. C’est fini.

- Allez ! Mettez-vous à genoux en pénitence. Je n’en ai pas encore fini avec vous !

Au signal, les rangs défilent un à un et gravissent les marches du perron pour s’engouffrer à l’intérieur de l’école et rejoindre leurs classes respectives. La directrice n’a pas attendu. On l’a vue relever le puni par une oreille et l’entraîner à toute allure dans l’escalier menant aux étages. 

En son for intérieur chacun connaissant l’issue fatale qui attend le puni, se sent soulagé de pouvoir gagner sa place sans encombre. Quant à moi, l’esprit perdu dans des songes troublants, je pense à l’épreuve que traverse le pauvre garçon ; pour y être moi-même passé plusieurs fois, je ne sais que trop bien ce qui est en train de se tramer dans l’intimité de la petite salle de correction du premier étage. En dehors de sa propre mère, et pour la première fois de sa vie peut-être, ce joli garçon va devoir oublier sa pudeur et s’exposer nu et sans défense, culotte et slip aux chevilles, aux regards de cette étrangère et, tenaillé par la honte, se soumettre dans l’esprit comme dans sa chair à son impitoyable sévérité.

Figé de peur, les paumes encore palpitantes des cuisants coups de férule, sans comprendre ce qui lui arrive, sans même oser protester, il se laissera déculotter puis courber sous le bras ferme de cette femme intraitable ainsi qu’elle a coutume de le faire avec les garçons de tous âges qu’elle fesse. 

Ses camarades de classe le reverront quelques instants plus tard, dissimulant tant bien que mal sa peine et sa confusion, les yeux bouffis de larmes, le fond de sa culotte courte nanti d’une paire de fesses toutes rouges et bouillantes de la formidable, de l’ignominieuse, de l’interminable fessée magistrale qu’il vient juste de recevoir à derrière nu de la main de notre chère directrice.   

4 commentaires »

  1. blain dit :

    Bravo pour ce texte si bien écrit qui me rappelle l’éducation stricte que j’ai reçue et une chère directrice adepte de la fessée et du martinet !

  2. bernard dit :

    Blain, tu veux dire que ta directrice donnait réellement le martinet? ce devait être en école privée car en France il y a des dizaines d’années que cela ne sa fait plus

  3. francois dit :

    Vous avez le don de  » donner à voir  » ce que vous décrivez… C’est un don précieux et rare… Chacun de vos récits constitue un véritable petit tableau. Au plaisir de vous lire…

  4. CLAUDE dit :

    Bonjour Edmee. N’ayant jamais été châtié par des coups de férule sur les mains,(mais est-il trop tard?),je n’avais pas conscience qu’une telle correction puisse être considérée comme pire que le Martinet, que lui,j’ai amplement reçu sur mes cuisses le plus souvent et sur mes fesses, moins souvent, mais bien plus sévèrement. Cordialement, CLAUDE.

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