La fessée appliquée

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Le prix de l’insolence – 1ère partie

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Par Edmée

« Je m’appelle personne ! » 

Ce fameux soir, ce fut la bêtise suprême. La folie inexcusable ! Profitant de l’obscurité e la rue en cette soirée d’hiver, trois camarades et moi avions eu le culot de chahuter es filles de l’institution voisine. 

Une femme, une inconnue surgie de nulle part, nous avait interpellés et menacés. De quoi se mêlait-elle donc celle-là ? Je lui avais lancé une insulte à la tête avant de détaler à toutes jambes, fier de mon exploit de fanfaron et sûr de mon impunité. Elle n’avait qu’à nous fiche la paix ! 

Cette nuit-là je m’endormis du sommeil du Juste. C’est le lendemain – dans cette institution privée pour garçons et régentée par la directrice et ses adjointes – que je devais payer chèrement le prix de mes insolences et de mon audace d’adolescent de 13 ans. 

La porte de la classe s’ouvre brusquement. D’un même élan, les 28 élèves se lèvent figés dans un respectueux garde-à-vous. Madame la directrice se tient sur le seuil. Mon pouls s’accélère subitement, mon  cœur manque un battement. Une autre femme la suit en qui, stupéfait, je reconnais la mystérieuse inconnue de la veille. 

Ces irruptions inopinées en pleine classe sont généralement de mauvais augures et un léger malaise plane sur toutes ces têtes de garçons de 12-13 ans. Que craignent-ils vraiment, eux ? Contrairement à son habitude, la directrice n’a pas emporté son martinet. Il en est toujours ainsi lorsqu’elle se déplace durant les leçons à la recherche d’un élève à châtier. Néanmoins, sur son  beau visage la sévérité est palpable. Et en cette fin de matinée, seuls quatre jeunes cœurs se serrent d’inquiétude. Le mien en particulier. 

L’inconnue s’avance d’un pas. Oui, c’est bien cette femme ! Qui est-elle donc vraiment ? Son regard embrasse toute la classe à la ronde. Puis, sans la moindre hésitation, d’un index accusateur, elle nous désigne tous les quatre les uns après les autres. Le pointant longuement sur moi, elle murmure quelque chose  l’oreille de la directrice qui me transperce aussitôt de son regard bleu glacier tout en hochant la tête. Je sens mon estomac se retourner comme un gant de caoutchouc et des picotements onduler sur ma nuque et mes épaules. Il est clair que  cette femme nous a dénoncés et que l’heure des représailles a sonné. 

Un événement chassant l’autre, l’incident de la veille n’était déjà plus pour moi qu’un bon vieux souvenir, juste une bonne partie de rigolade entre copains. Et le voilà qui revient en force sans crier gare ! Certes mes  complices et moi savions que nous bravions les consignes de bonne tenue en ville, et surtout, l’interdiction absolue d’importuner les filles de l’institution voisine. Oh, rien de méchant pourtant! Juste des gestes un peu lestes par dessous les jupes plissées, le contact furtif mais combien électrisant des chairs douces et tièdes ! Enhardis par leurs petits cris de frayeur et d’indignation et tout excités par ces jeux de mains-jeux de vilains, nous avions rivalisé d’audace avec toute la fougue irraisonnée de l’adolescence. 

Par malheur, une femme surgie de l’ombre tel l’ange exterminateur nous avait foudroyés. « Qui êtes-vous ? Vos noms !… », avait-elle exigé. Mes camarades lui avaient obéi. Moi, non.  Quoi ?… Livrer mon nom à cette inconnue ? Et puis quoi encore ?…Non mais pour qui se prend-elle, celle-là !… « Moi, je m’appelle personne ! » l’avais-je publiquement défié d’une voix furieuse. N’étais-je pas, à près de 13 ans, le plus grand et le plus costaud de ma classe ? J’avais ma  réputation de meneur à défendre, moi ! 

D’un claquement de doigt, la directrice nous intime l’ordre de nous lever et de la rejoindre. Dans le lourd silence chargé d’inquiétude, mes camarades s’empressent d’obéir. Les jambes soudain molles, la tête dans un brouillard, je me traîne vers les deux femmes. Escortés par l’inconnue dont nous comprenons qu’elle est professeur à l’institution de jeunes filles, nous défilons en file indienne, avançant comme des automates, tempes battantes, oreilles basses, jusque dans le vaste bureau de la directrice qui nous ordonne de nous mettre à genoux. Le cœur au bord des lèvres je n’ose pas penser  à ce qui nous attend. 

Mlle Sylviane, la secrétaire, une jeune et jolie personne qui travaille dans un bureau attenant, vient aux nouvelles. Elle découvre quatre gaillards alignés à genoux les uns à côté des autres, bustes droits et reins cambrés, quatre paires de fesses juvéniles tremblant dans leurs culottes courtes d’uniforme sous les regards de sa patronne et de l’inconnue commodément installée dans l’un des fauteuils réservés aux visiteurs. Je sais que Mlle Sylviane assiste parfois aux corrections corporelles à la grande honte des punis. Et la présence de ces trois femmes aggrave mon malaise. 

Assise les jambes croisées, l’inconnue rappelle brièvement les faits de la veille nous toisant les uns après les autres. Ses paroles vibrent d’indignation. La directrice la relaie d’une voix ferme et incisive. L’interrogatoire est irrésistible, sa sentence implacable. Oui, c’étaient nous, les vauriens, les petits voyous, le déshonneur de l’institution… « Conduite indigne… une honte… débordement intolérable… tous les quatre sévèrement châtiés !….». 

Huit coups de férule chacun, soit quatre par main. 

Nous déglutissons la sentence, têtes baissées. 

La main que la directrice a glissée dans un tiroir de son bureau brandit l’un de ses terribles instruments de correction. Ce n’est pas le martinet à 12 solides lanières de cuir avec lequel elle fouette les grands élèves mais la pesante férule de 30 cm de longueur dont l’extrémité du manche s’évase en une sorte de spatule d’un cuir épais de forme ovale de 6cm de large environ. 

Sa vue nous arrache un frisson. C’est celle qui châtie, en public, les mains des garçons coupables certains matins de rassemblement en haut du perron principal.  Pour l’avoir maintes fois vue à l’action, sinon expérimentée par moi-même l’année précédente, j’en connais les terribles et cuisants effets dévastateurs. Nous allons devoir payer cher notre imprudence. 

Il y a bien une centaine d’écailles sur la porte à double vantail du bureau de Mme

la Directrice. De petites craquelures fendillent le vieux vernis. Genoux douloureusement cloués au sol sur les crins durs du paillasson de seuil, mains au dos, le buste droit, combien de fois les ai-je comptées pour calmer les affres de l’angoisse et fuir ma solitude ?  Combien de temps cette femme impitoyable va-t-elle me laisser croupir en pénitence après avoir congédié mes trois complices puis traîné là avant de raccompagner notre dénonciatrice. En voilà une qui au moins n’aura pas gâché son plaisir ni perdu son temps. En ressortant du bureau, elle s’est arrêtée pour contempler un instant mon désarroi, une sorte de son guttural remontant brièvement  du fond de sa gorge. Apparemment, elle approuve par avance le sort réservé à mes insolences. La sévérité avec laquelle la directrice vient de punir la mauvaise conduite de quatre grands garçons lui a donné pleine satisfaction. 

Il est midi passé. Toutes les classes se sont vidées. Humiliation suprême, élèves, professeurs et surveillantes, toute l’institution a défilé derrière mon dos. Accablé de honte, la tête enfiévrée entre les épaules, les mains enflées et parcourues d’élancements brûlants, je ne me suis pas retourné. Certains ont cité mon nom, d’autres ont émis ces chuintements particuliers que produit l’air aspiré entre les lèvres serrées, et qui veulent signifier bien des choses à la fois et dont le ressort commun est une lâche hypocrisie : compassion feinte, soulagement de ne pas partager le même sort… Les veinards ! Il fait si beau dehors… 

Au-dessus de ma tête, dans le silence pesant du grand vestibule désert, le tic-tac régulier de l’horloge égrène les longues minutes d’attente. L’angoisse me presse de questions. Pourquoi la directrice m’a-telle laissé là sans rien me dire ? Pourquoi moi seul et pas les autres ? Seul à se morfondre dans le silence du vestibule, les mains trépidantes de douleur. Qu’ai-je fait de plus que les autres ? Que veut-elle faire de moi ? Vaines questions ! L’unique et horrible réponse que je pressens tient en une évidence qui me laisse transi d’effroi, la gorge et le ventre noués d’appréhension : je suis à genoux en pénitence sous l’horloge ! 

Sous l’horloge ! Non, pas moi !  Plus à mon âge ! C’est impossible !…Voilà plus de deux années que je m’efforce d’éviter cette ignominie depuis mon arrivée dans cette stricte institution privée pour garçon et réputée pour au strict régime de discipline. 

Naïf que j’étais ! Ne suis-je pas victime de ma propre illusion, de mes égarements ? Hier au soir, égaré par notre fougue d’adolescents et l’excitation du jeu,  j’avais eu le tort de croire que les règles strictes de discipline de l’institution ne s’appliquaient plus à l’extérieur. Pourtant, j’étais averti, notre directrice ne plaisantait pas à ce sujet. 

La directrice ! Dès le 1er jour j’avais appris à craindre cette femme de caractère. Âgée d’une quarantaine d’années, elle était  à la fois intimidante d’une altière et sévère beauté, impressionnante d’autorité. Et à juste titre ! C’est elle qui prône et préconise auprès de son personnel exclusivement féminin – et avec la bénédiction des parents d’élèves – l’usage immodéré des châtiments corporels dans l’éducation des garçons et des jeunes gens. Du reste, s’il faut s’en convaincre, il suffit de la voir déambuler, martinet à la main, à la recherche d’un élève coupable de quelque méfait puis de revoir le puni un peu plus tard. 

D’un naturel rebelle j’ai eu, les premiers temps de mon admission, un mal fou à dissimuler mon refus de toute autorité féminine. Me faire commander ou punir par une femme autre que ma mère et devoir lui obéir rebutent ma fierté de garçon mûri avant l’âge, état d’esprit qui me vaut parfois, il est vrai, de cuisants déboires. 

Néanmoins, comme tant d’autres garçons, je n’échappe pas à quelques pénibles rappels à l’ordre des règles élémentaires de discipline. Et je ne compte plus les mises à genoux en pénitence, les paires de gifles, les torsions d’oreilles ou de joues, ou encore les cinglées de férule sur les mains ou les cuisses qui d’ordinaire châtient mes désobéissances. 

En contrepartie, ces punitions ont pour effet d’alerter opportunément ma vigilance car, à l’unisson de ma nouvelle et juvénile fierté d’adolescent, un impérieux sentiment s’est fait jour en moi : la pudeur. Ce sentiment à fleur de peau me commande d’éviter à tout prix ce qui me paraît être le plus terrifiant, le plus ignominieux comme le plus redouté des châtiments corporels de l’institution : la fessée magistrale. Une sévère et honteuse fessée déculottée à la main ou/et au martinet. C’est le châtiment suprême que la directrice administre de ses propres  mains sur les fesses entièrement mises à nu de tout garçon coupable d’une grave entorse à la discipline et ce, indépendamment de son âge ou de sa taille. 

Paradoxalement, ces divers châtiments corporels administrés de mains de femmes ne me laissent pas indifférent. Et au fil du temps, leur spectacle ne cesse d’exercer sur moi une mystérieuse et inexplicable attraction. 

Voir, ou simplement entendre, l’un de mes condisciples s’humilier et souffrir entre les mains de l’une ou l’autre de ces femmes me jette dans un trouble inexplicable. Comme s’il était mon double reflétant l’ambivalence de mes propres sentiments. 

L’appréhension de  la douleur mais aussi la honte que je ressens moi-même à me soumettre à une femme comme  à étaler sous ses yeux mes faiblesses et ma vulnérabilité me fait alors frémir d’une à une excitation secrète. En constante rupture d’équilibre, mes sentiments balancent de la peur à la compassion, de la honte à la curiosité. 

Les yeux embués de larmes je m’apitoie sur mes paumes enflées et rouges encore sillonnées d’élancements. Elles me font mal. L’horrible cuisson causée par les vigoureuses cinglées de la férule de cuir s’incruste profondément dans les chairs. La peau tendue par l’enflure est douloureuse au toucher. Je suis sûr que la directrice s’est montrée plus impitoyable avec moi qu’avec les autres punis 

Je ne cesse de revivre la scène…   

Je viens de m’agenouiller en ligne comme mes trois camarades. Une  angoisse sourde m’oppresse et me fait suffoquer. Pour en desserrer l’étreinte, je concentre mon attention sur ce qui se passe dans le bureau. 

La directrice est commodément assise en appui sur le bord de son bureau. Elle nous scrute tout en lissant lentement entre ses mains sa sinistre férule de cuir. Du fait de sa position, la robe bleu foncé qui drape sa mince et haute silhouette s’est légèrement retroussée et découvre ses genoux et ses mollets fuselés gainés de bas fins. A côté d’elle, l’inconnue, l’air grave et compassé, feint l’indifférence tout en épiant de ses prunelles étincelantes de curiosité les quatre misérables garçons agenouillés qu’elle tient à faire punir. Plus loin, debout sur le seuil de son propre bureau, les bras croisés sur sa poitrine, Mlle Sylvianne observe une scène dont elle connaît par cœur le déroulement à force d’habitude. 

La directrice m’a gardé pour la fin. Il n’est pire supplice que d’assister passivement aux supplices de ses camarades, l’estomac révulsé en attendant mon tour, moi qui ai déjà subi la férule en public l’an passé un matin de rassemblement en haut du perron principal. 

L’esprit enfiévré, comme au ralenti, je vois mes complices à genoux se relever tour à tour en observant les règles propres à ce châtiment corporel : se tenir respectueusement au garde-à-vous face à la professeur qui est sur le point d’administrer la punition, obéir à son ordre d’étendre le bras droit devant soi, paume retournée et doigts serrés, une main soutenant l’autre, ne pas quitter des yeux le bras armé de l’instrument de correction, férule ou règle, obligation de garder la main en position sous peine de redoublement du coup, et enfin obligation de remercier poliment… 

Je vois l’instrument de correction, si gros et lourd pour cette main féminine si fine… Je vois le  bras qui se relève à la verticale dans le prolongement de l’épaule, puis se maintenir en l’air quelques longues secondes, le puni suspendu à la menace angoissante du coup à venir. Je vois l’impeccable mécanique de ce bras féminin qui se lève et s’abat sans trêve de toute sa hauteur pour cingler à toute volée les pauvres chairs sacrifiées du coupable. Je vois le chemisier de la directrice gonfler et frémir sous la poussée houleuse de ses beaux seins et des élans rythmiques de son bras. 

Quel supplice que de voir et d’entendre mes camarades souffrir ! 

Je les vois se soumettre à cette femme déterminée à les punir. L’appréhension comme la douleur les rendent méconnaissables. Les visages sont pâles et tendus, les yeux rétrécis d’inquiétude et déjà humides de larmes. Je les vois qui s’effondrent, leurs yeux chavirés de douleur. Malgré les différences de corpulence, la punition les unit dans une même poignante et dramatique contenance. Les premières cinglées leur arrachent des gémissements et des grimaces. Les suivantes les transforment en pantins grotesques que la cuisson dévorante fait trépigner et se contorsionner de la tête aux pieds, les visages grimaçant de spasmes, les bouches tordues explosant de cris et de sanglots. 

Mes oreilles ne résonnent bientôt plus que des explosions du cuir brut broyant les chairs pulpeuses des paumes et des doigts, et des hoquets étouffés de sanglots, du tintement argentin des nombreux anneaux ornant le poignet droit de la directrice et qui rythme en musique le rituel de toutes les corrections qu’elle vous inflige. 

Et les 8 cinglées reçues, chacun s’en revient se remettre à genoux en ligne près de moi, les yeux noyés de larmes et des sanglots dans la gorge, frictionnant désespérément ses mains meurtries l’une contre l’autre, ou les fourrant entre ses cuisses. 

Le premier à passer est Jean H., un joli garçon, la coqueluche de toute la classe, la finesse d’esprit personnifiée. Planté face à la directrice sur ses longues jambes, il arbore une mine chagrine. Ses grands yeux bleus habituellement rieurs reflètent la peur et sa jolie bouche et charnue s’abaisse en deux plis d’amertume. C’est la première fois qu’il est puni de férule et il avance une main hésitante. Le premier coup  lui fait instantanément perdre contenance. Son corps svelte et délié tressaute et se cabre violemment comme s’il subissait une commotion électrique. Ses traits délicats se convulsent tandis qu’un long gémissement fuse de sa bouche. 

Vient le tour de Jacques M. La frange des longs cils recourbés sur yeux de velours noir ne tarde pas à briller de larmes. A chaque coup, il se dandine d’un pied sur l’autre et ses jolies fesses rondes élégamment moulées dans sa culotte courte semblent entrer en transe et se tortiller en tout sens comme pour amortir les chocs. Yeux écarquillés, il souffre sans se plaindre, mais  il ne peut s’empêcher de secouer ses mains meurtries, ce qui lui vaut deux cinglées supplémentaires. Elles claquent sur la portion largement dénudée du haut de ses belles et robustes cuisses qui rougissent aussitôt. 

Voilà le gracieux Pierre B., le plus jeune de nous. Ses cheveux en bataille coiffent son adorable frimousse de blondinet. Son habituel et séduisant sourire espiègle se métamorphose en d’horribles grimaces, sa petite bouche charnue semble incapable de retenir d’étranges couinements entrecoupés de brefs sanglots. Comme d’habitude, trop courte d’une taille, sa culotte d’uniforme boudine ses fesses rondelettes et, à chacune des cinglées qui le font s’accroupir à demi, sa petite croupe tend l’étoffe qui menace de craquer sous toutes les coutures. 

Mon tour approchant, le courage vient à me manquer. Des tics irrépressibles secouent en rafales mes lèvres et mon menton. 

L’ordre de me relever me surprend comme si je ne m’y attendais pas. Un goût amer dessèche ma langue. Sous moi, mes jambes molles me portent à peine, mes pieds foulent des sables mouvants. Mes oreilles vibrent aux sourds battements de mon cœur. Je suis debout face à cette femme, presque contre elle, à toucher ses genoux. Le regard acéré de ses yeux bleu glacier me transperce. L’expression de sévérité qui fige son  beau visage est si intense qu’elle me force à baisser aussitôt les yeux. Dès lors, mon champ de vision se rétrécit à  l’instrument de correction et au chemisier blanc que gonflent ses seins, à ses genoux que dégage le léger retroussis de sa robe. 

De nouveau, comme sur le perron, son parfum et le léger bruit de crissement de ses bas m’environnent  intensifiant mes sensations. 

Elle me répète ce qu’elle a dit aux autres auparavant. Mes vilaines mains, mes mains désobéissantes, mes mains dégoûtantes doivent être sévèrement punies. 

Je rassemble toute ma fierté, fierté qui  m’interdit de céder devant ces trois femmes. Faire preuve d’une capacité de résistance supérieure à celle de mes camarades. Conserver ma dignité… ne pas crier, ne pas pleurer…. 

De mon bras gauche je m’applique à soutenir mon poignet droit. J’ai beau savoir par expérience que le premier coup est le plus foudroyant, l’onde de choc est telle qu’elle me fait basculer en avant. La directrice y a mis toute ses forces. Fulgurance d’une secousse électrique. Claquement retentissant du cuir suivi d’une sensation d’engourdissement sous le choc. Puis ma main qui explose en mille morceaux. Au 3ème coup,  une douleur incandescente déferle, carbonisant instantanément mes pensées. Je serre les dents pour ne pas crier devant l’inconnue. Un sursaut d’amour-propre m’a a donné assez de force pour me contenir. Je ne veux pas lui donner le plaisir d’entendre mes cris. 

Les cinglées se succèdent, broyant la chair et la transformant en braises incandescentes. Je sens la pulpe de mes doigts grésiller et la douleur s’infiltrer en ondes brûlantes à travers la paume jusqu’aux os. Je dois tenir !  Au moment où son bras s’élance, mes yeux se détournent de la vision de l’affreux instrument de cuir et se posent sur le chemisier blanc, les bonds discrets de ses seins à la violence du choc du cuir sur ma paume endolorie. Une lutte s’engage entre ma volonté et la douleur fulgurante qui foudroie ma main. Surtout ne pas la retirer !  Tenir bon, coûte que coûte !…Et de quatre ! Le compte y est ! Soulagé, je me prépare à retirer la main punie pour lui présenter l’autre. 

- Votre main ! Tendez-la, s’il vous plaît ! Je n’ai pas fini !  dit-elle d’une voix calme mais ferme. 

Je vacille. J’ai envie de lui crier qu’elle est injuste parce qu’elle me punit plus sévèrement que les autres ! Je ne sais pas où j’ai pu trouver des forces pour lutter contre le torrent de lave qui déferle… 

Aucune pause au changement de main. A l’ordre, je dois présenter l’autre main soutenue par celle qui vient d’être punie. Le poignet frais enregistre la chaleur de l’autre. 

De nouveau cette douleur fulgurante qui cisaille et tord mes nerfs comme si une lame chauffée à blanc découpait et brûlait ma paume et mes doigts. Cette fois elle me fait dresser brusquement sur la pointe des pieds, fesses serrées à l’intérieur de ma culotte courte. 

La directrice sait ajuster le coup qui doit faire mal. Je serre les dents, me préparant au claquement à venir, ce craquement de bois sec qui se mêle aux secousses des bracelets qui tintinnabulent gaiement. Affolé de douleur, je ne sais plus si je dois  résister jusqu’au bout de mes forces ou implorer la pitié de la directrice et m’effondrer pitoyablement devant ces trois femmes. Les élancements portent au cœur mais leur intensité ne parvient jamais à son paroxysme, laissant du champ au coup suivant. 

C’est fini, J’ai compté les 6 coups. Des larmes brouillent ma vue, mais je ne pleure pas et j’ignore si j’ai gémi ou crié. Mais j’ai tenu bon… Reste à remercier la directrice de m’avoir puni pour mon bien. J’ai de la peine à desserrer mes mâchoires soudées par mes efforts à faire pièce à la douleur. Mais c’est bien fini… 

D’un claquement de ses doigts elle congédie mes camarades. Pourquoi pas moi ? Je les vois qui se relèvent et, profitant de la délivrance, se frictionnent les mains à qui mieux mieux. Les voilà qui filent, dos voûtés, ombres d’eux-mêmes, sans un regard pour moi. 

Mes mains sont enflées et toutes rouges d’une brûlure qui colle aux chairs et mes doigts  comme des brandons sortis de l’âtre. On les dirait étrangères au reste du corps. Je sais que l’épiderme restera longtemps sensible à la sensation de gants fourrés d’épines revêtant mes mains. 

Je n’ai pas encore fait mine de m’esquiver qu’une douleur subite me déchire une oreille et me hisse sur le pointe des pieds. 

Le visage de la directrice est impavide mais la détermination se lit dans ses yeux comme dans la vigueur irrésistible de sa poigne. L’air navré, l’inconnue me regarde en hochant la tête, tandis que les lèvres de Mlle Sylvianne esquissent un léger sourire. 

- Non,  jeune homme, pas vous ! 

(A suivre…) 

 

3 commentaires »

  1. Maurice dit :

    Pour cette seconde partie tant attendue, je pense que le coupable devrait passer sur les genoux de la prof des filles avant que celle cipour discuter avec la directrice ne charge Sylviane d’appliquer le martinet. La première intervention corrective par Sylviane, tout un programme !

  2. Lucas dit :

    Excellent récit et d’une très belle écriture, merci à toi.

  3. CLAUDE dit :

    N’ayant (par bonheur!) jamais reçu la férule, je constate en vous lisant qu’elle est un redoutable châtiment. En outre, n’ayant connu que des établissements publics d’enseignement, je n’ai jamais connu non plus la honte d’être corrigé en public. Certes, il m’arrivait d’être copieusement fouetté chez moi avec le Martinet familial. C’était redoutable (et dissuasif!), mais du moins mon humiliation était légère puisque subie en privé. Cordialement. CLAUDE.

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