La fessée appliquée

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Les bêtises de Julie : impardonnable étourderie !

Crescent

par Julie

 Après une soirée de fête entre copines, un seul moment d’inattention me conduisit à vivre un très fâcheux enchaînement de conséquences…

J’avais 13 ans en Juin 2002, lorsqu’à la fin de l’année scolaire, j’organisais une soirée à la maison avec quelques copines. Je reçus l’aval de mes parents, car mon année avait été correcte et je passais en classe supérieure avec une bonne moyenne.

La soirée fut une réussite. Nous étions entre filles nous nous amusions, dansions et rigolions comme de petites folles. Maman m’avait confectionné quelques plats froids et des petits gâteaux.

En ce début d’été, le temps était lourd et chaud. Dans une grande pièce aménagée en salle de jeu, en haut de la maison, j’avais ouvert le vasistas du toit en espérant qu’un peu d’air nous rafraîchirait pendant que nous dansions.

Peu avant minuit, les copines parties, Maman et moi avons remis un peu d’ordre dans la pièce. Maman me laissa seule finir de ranger en me recommandant de refermer le vasistas avant d’aller me coucher. Épuisée par cette soirée de fête j’avais hâte de regagner mon lit. Hop ! un passage à la douche et hop ! au lit ! La fermeture du vasistas était sortie de mon esprit…

Fatalité… Ce qui devait arriver, arriva. Un gros orage éclata dans la nuit. La pluie se déversa à seaux dans la pièce par le vasistas ouvert en grand. Dormant à poings fermés je n’avais rien entendu. Sotte que j’étais !

Le lendemain matin, je descendis prendre mon petit déjeuner en toute innocence, comme d’habitude. Soudain, venant de l’étage, j’entendis Maman pousser un grand cri et parler en russe (ce qu’elle fait lorsqu’elle est très en colère). Papa et moi montâmes pour voir ce qui avait provoqué cet accès de colère.

Nous avons trouvé Maman en train d’éponger l’inondation avec seau et serpillières. D’un coup d’œil j’avais saisi le drame. Le vasistas ouvert au maximum et de l’eau partout dans la pièce jusque sur le palier. Je pense que j’ai dû pâlir d’un seul coup lorsque j’ai senti le regard de Papa se poser sur moi. Un autre drame se préparait, mais pour moi, assurément.

Je ne savais plus où me mettre, bafouillant des excuses. Mon premier réflexe a été d’aider Maman qui enchaînait ses reproches moitié en français moitié en russe sans pour autant apaiser sa colère. Il était désormais clair que les choses n’en resteraient pas là.

Zekel 124mod1 Donatello

Ce fut un défilé incessant de seaux pleins d’eau à vider. Lorsque ce fut fini, Papa mit le chauffage à fond pour faire sécher la pièce en espérant que le parquet ne gondolerait pas. La corvée dura une bonne demi-heure à trois pour tout éponger. Certains objets au sol étaient trempés. Il fallait tout descendre pour les faire sécher dehors, ce qui continuait d’énerver Maman.

Quand nous fûmes descendus dans la salle de séjour, je me sentais toute penaude et pleine de remords et je continuais de m’excuser. Je m’en voulais tellement de mon étourderie. Papa, qui était sur le point de partir à son travail, me dit que je ne m’en tirerais pas sans une bonne fessée. Ce que j’avais appréhendé durant tout ce temps et que j’avais tenté d’écarter en me donnant à fond pour aider à nettoyer, se réalisait.

La fessée !

Zekel

Ma première véritable correction eut lieu à l’âge de 11 ans à la suite d’une première grosse bêtise. J’avais arrosé un parterre de fleurs du jardin avec de l’eau mélangée à du désherbant en croyant que c’était de l’engrais liquide. La catastrophe fut visible quelques jours après. Maman qui m’avait vue remplir l’arrosoir exigea des explications, me reprochant de ne pas avoir lu le mode d’emploi ou de demander conseil au lieu d’agir au hasard. Le soir même, Papa étant revenu de son travail, je reçus une fessée, le bas du corps mis à nu.

L’âge de l’adolescence venant, mon caractère impulsif prit le dessus sur la raison. Je n’en faisais qu’à ma tête et peu importaient les conséquences. (Comme on dit, ça passe ou ça casse !). J’enchaînais les grosses bêtises et les corrections à la main ou à la ceinture commencèrent à punir sérieusement mes désobéissances.

Bien évidemment, la punition reçue, lorsque je me retrouvais seule avec mes sombres pensées, je m’en voulais d’avoir fauté et de ne pas avoir réfléchi et pire encore, je m’en voulais d’avoir trahi une fois de plus la confiance de mes parents, me disant que quelque chose s’était cassé entre eux et moi. En fait, il semblerait qu’après la correction les compteurs se remettaient sensiblement à zéro. Mes parents devaient espérer que j’avais enfin pris conscience de mes responsabilités, que la correction avait porté ses fruits et que j’allais changer.

Mikuriya Chika

Bien qu’il fût pressé, Papa se devait d’accomplir son devoir quand je désobéissais. D’un ton qui ne tolérait pas la contestation, il m’ordonna de retirer ma culotte. Je commençais à pleurer en la faisant glisser le long de mes jambes avant de l’ôter complètement, me séparant de qui aurait pu être une protection pour mes fesses.

Cela fait, il me fit me pencher pour prendre appui sur l’arrière du dossier du divan puis souleva ma chemise de nuit pour dégager mes fesses et les mettre à nu. A ce stade, plus rien ne pouvait empêcher la fessée.

Je n’eus pas le temps de me ressaisir que de grandes claques sèches se sont mises à frapper chacune de mes rondeurs. Aussitôt une chaleur intense se répandit dans mes chairs au point que je me mis à gémir puis à crier de douleur en me contorsionnant en tous sens. Comme je sursautais à chaque claquée, ma chemise de nuit retombait sur mes cuisses. Papa la remonta par-dessus mes épaules et poursuivis la fessée qui était loin d’être finie.

Mes fesses devenant de plus en plus brûlantes, je mis mes mains en protection, tout en tentant de me retourner pour avoir un peu de répit. Papa me prit par le bras pour me remettre en position et continua les claquées.

Salalo

Lorsque la dernière claque se fut abattue, je m’empressai de masser mes fesses fort meurtries et chauffées au rouge et de demander pardon en sanglotant. Je rabattis ma chemise de nuit, pour cacher mon corps dénudé, ma pudeur d’ado étant décuplée avec le sentiment de vulnérabilité où me laissait la fessée.

Papa voulut bien m’écouter mais me prévint que j’aurais droit à d’autres fessées si jamais je n’étais pas capable de faire ce que l’on me disait de faire à mon âge.

Toute penaude, tête basse, je ramassai ma culotte en continuant de me masser les fesses et le haut des cuisses. En pleurs et bafouillant mes regrets, je promis de faire attention à l’avenir, me fustigeant intérieurement pour mon étourderie.

Estimant que cette fessée n’avait pas suffi, Papa me consigna dans ma chambre pour la journée et me priva de sorties durant quelques jours. Ce fut ma seconde punition, car je ne pouvais plus voir mes copines.

Justfred

Je remontai rapidement dans ma chambre pour m’y cloîtrer. Je me jetai sur mon lit pour pleurer la tête enfouie dans mon oreiller, le bas du corps encore brûlant de claques et en ressassant les événements qui m’avaient valu cette sévère tannée. La journée se passa à tourner en rond. Les seuls moments d’échappatoire furent les repas et la toilette, pendant lesquels Maman continua à me sermonner.

Dès le lendemain, Maman m’embaucha pour faire du nettoyage dans la maison et le jardin. Mes premiers jours de vacances scolaires se passèrent assez tristement au lieu de m’amuser. Je m’acquittais de mes tâches sans rechigner car planait au-dessus de ma tête la menace d’une nouvelle correction et je n’avais guère envie de sentir mes fesses brûler de nouveau comme avec cette dernière fessée déculottée. Mes seules détentes ont été quelques séances de bronzage et de repos dans le jardin entre deux corvées.

Meloko

Maman passa l’éponge plus rapidement que Papa qui ne m’a plus adressé la parole durant le temps de son irritation. Les câlins avec Maman reprirent le surlendemain de la correction, alors que je me trouvais dans le jardin. Elle et moi avons discuté et elle m’a prise dans ses bras en disant que j’étais une « vraie tête de linotte », mais que j’étais sa fille chérie. C’était tellement agréable d’être réconfortée !

Je dus trouver quelques « bons » prétextes pour dire à mes amies que je ne pouvais pas venir les voir car j’avais trop honte de leur avouer ma sotte étourderie et la correction qui s’en était suivie.

_____________

 Ce nouveau récit de souvenirs est un exemple de mes frasques et de mes fâcheux travers qui jalonnèrent mes années d’adolescence. Comme dans bien des cas, il est vrai que je ne pouvais m’en prendre qu’à moi-même si je méritais des fessées. Par contre, je peux dire que ce jour-là je m’en étais bien sortie, car Papa délaissa la fameuse ceinture ! Pourtant, je puis dire avec le recul que la gravité de ma bêtise, je ne l’aurais pas volée !

 

Illustr. 1) Crescent – 2)  Zekel mod1 Donatello – 3) Zekel – 4) Mikuriya Chika – 5) Salalo – 6) Justfred – 7) Meloko

15 commentaires »

  1. Marco dit :

    Comme je vous plains, Julie !
    Certes les dégâts étaient de votre faute mais seulement par étourderie, non pas par méchanceté; donc je trouve que c’était trop cher payé et que d’autres sanctions moins cuisantes auraient suffi.
    Mais vous n’aviez pas le choix. Apparemment ce n’était pas la première fois. Vos fesses étant rodées à la fessée, vous avez passé ce moment sans trop de casse. Et heureusement de continuer à être aimée des vôtres !

    marco

  2. Herbert1 dit :

    Bonjour Julie,
    Le genre de situation où on regrette de ne pas pouvoir revenir en arrière, mais… trop tard ! Comme quoi une étourderie, un défaut d’attention peuvent avoir des conséquences importantes. Non seulement il a fallu que vos parents passent un temps considérable à réparer votre bêtise, mais encore des objets ont été détériorés. Quant au parquet, il peut avoir subi un dommage définitif. Au-delà de cette étourderie proprement dite, c’est votre propension à avoir la tête en l’air que votre père s’est efforcé de guérir par cette fessée, sachant qu’elle pourrait, un jour ou l’autre, avoir des conséquences beaucoup plus fâcheuses encore.
    Et, pour que la leçon rentre bien, il vous a imposé une longue période de méditation dans votre chambre (et nous savons, l’un comme l’autre, que ces heures interminables passées à ressasser, les fesses brûlantes, portent toujours leurs fruits), suivie d’un confinement de plusieurs jours à la maison, pendant lequel il vous a fallu accomplir bon nombre de corvées. Et sans doute cette « épreuve » vous a-t-elle évité de commettre bien des étourderies par la suite. Même si ce ne fut pas le cas pour toutes.
    Quant à la fessée proprement dite, je ne sais pas comment vous avez, vous, ressenti les choses, mais, en ce qui me concerne, j’ai toujours trouvé qu’une fessée à la main, si elle est souvent physiquement moins douloureuse qu’une correction au martinet ou à la ceinture, est psychologiquement beaucoup plus mortifiante.

    • Julie dit :

      Bonjour Herbert1,
      Je pense que, comme d’habitude, votre jugement de la situation est correct. Il vaut mieux prévenir que guérir. En punissant quelqu’un assez tôt, ça lui sert de leçon, pour qu’à l’avenir il réfléchisse davantage et progresse. Après tout, l’éducation sert à ça. Lorsqu’il y a faute, l’auteur doit être sanctionné de quelque façon que ce soit. Il y a des méthodes plus douces qui font effet, tout dépend de la personne qui est récepteur du conseil. Pour moi, ça n’a pas été vraiment le cas, en tout cas, entre 10 et 15 ans. Je pense qu’inconsciemment, j’ai dû mûrir avec cette épreuve, d’ailleurs toutes les épreuves, car à un moment donné, je suis sortie de l’ornière, pour reprendre une vie normale.
      En ce qui concerne la fessée à la main, oui, je suis en accord avec vous, car il y a contact entre le fesseur et la personne fessée, ce qui pour une jeune fille est assez dégradant. Qu’on lui touche les fesses est souvent synonyme d’humiliation. Le bas du corps à la vue de tout le monde est souvent perçu comme la rupture de l’intimité. Là, il s’agissait de Papa, vous me direz c’est différent, oui c’est vrai, mais tout de même. Autant avec Maman, ça n’avait pas d’importance, car entre mère-fille, c’est normal, autant avec un homme, ça l’est moins (j’exclus mon fiancé de la dernière remarque, car avec lui, c’est normal aussi). Avec Maman, un nombre important de fois où nous nous sommes douchées ensemble, pour gagner du temps le matin. Avec Papa, ça a été moins souvent et lorsque j’ai été pubère, ça n’a presque plus été le cas. Avec la fessée à main nue de la part de Papa, c’est tout ça qui est remis en cause. Généralement, il ne s’embarrassait pas, le bas du corps était toujours dévêtu et il ne fallait pas que je traine à tout retirer. Il y a eu des fois, où j’ai été nue pour être fessée (Voir « Dérives scolaires sanctionnées »), je ne vous explique pas ma honte, vous devez vous en douter ! Ça n’a pas été la seule fois. Mais passons, ce sont mes parents et il n’y a pas « mort d’homme ». Je n’ai jamais été corrigée nue devant des étrangers, Dieu merci. Dans ce Blog, des filles l’ont été et, à ce titre, elles sont beaucoup plus à plaindre que moi.
      Amitcalement
      Julie

  3. laverny didier dit :

    Bonjour Julie.J’ai une différence d’âge de 24 ans, avec vous. Toutefois, je vois que certaines méthodes étaient toujours en cours pour faire raisonner les tête de linotte , que nous pouvions être durant nos jeunes années. Toutefois , vous en savez reçu un nombre certains !
    Mais point de martinet, ou de badine ? Que la ceinture qui, je le reconnais, peut faire très mal. Bien à vous.

    • Julie dit :

      Bonjour Didier L.
      Je vois que les méthodes d’éducation étaient similaires quelques années auparavant. La fessée pour les fautes les plus importantes. Les têtes de linotte doivent se rendre compte de leurs erreurs et fautes. Lorsque les méthodes traditionnelles ne fonctionnent plus, on passe à la vitesse supérieure. Voilà le constat que je fais de l’éducation que j’ai connue. J’ai reçu un grand nombre de fessées, je l’avoue. Mes parents en étaient désespérés, mais ils se devaient de me garder dans la norme et, entre nous, je pense que ça leur faisait mal de me corriger. Ils auraient autant apprécié que je sois une petite jeune fille modèle afin d’être fiers de moi. Pour ce qui est de la fessée en elle-même, en effet, il n’y a eu que la main et la ceinture. Pas d’autres instruments de punition.
      Je pense que la ceinture est déjà un instrument de punition assez terrible, preuve en est les traces laissées sur ma chair (bien rouges, boursoufflées, avec des zones plus marquées sur le bout de la zébrure). Ce n’était pas une partie de plaisir, je vous prie de croire. Il fallait voir comment je criais, me trémoussais et trépignais lorsque la ceinture s’abattait sur moi ! La douleur est beaucoup plus concentrée sur la zone où la ceinture cingle, tandis que pour la fessée à la main, la douleur est plus diffuse. Je ne dirais pas que je préférais la fessée à la main, mais elle était moins intense. Lorsque Papa retirait sa ceinture, j’étais transie de peur, car je savais que j’allais passer un sale quart d’heure, avec de longues heures après la fessée à avoir mal.
      A la maison, pas de martinet et pas de badine. Je ne sais pas ce que ça provoque, mais je pense que la badine doit être plus douloureuse que la ceinture, car la zone cinglée est plus étroite, dont la douleur est plus intense… Mais ce n’est qu’une supposition de ma part.
      Salutations.
      Julie.

      • Julie dit :

        Bonjour Marco,
        En effet, mon éducation a été celle-là. Oui, vous avez raison, c’est une étourderie, mais évitable. C’est ce qui m’a été reproché.
        Je suis d’accord avec vous, elle a été chèrement payée cette faute. Vus les dégâts, je peux me considérer comme chanceuse, car j’ai échappé à la ceinture. Ca n’a pas toujours été le cas.
        En ce qui concerne mes fesses rôdées à la fessée, je dirais qu’on ne s’y habitue jamais. Qui peux penser cela ?
        Amitiés.
        Julie

      • l didier dit :

        Chère Julie ,
        En effet, avec une badine, la douleur est particulièrement cuisante. On la ressent quelques secondes après le coup, quand la peau se relâche. De plus, cela laisse des traces. Bien différent du martinet ou de la fessée.

        • Emilie dit :

          Coucou Julie !!
          Oui, je confirme pour avoir reçu plusieurs fois la badine… C’est vraiment horrible !! C’est le plus douloureux instrument de punition corporelle que je connaisse…
          ça laisse des traces pendant très longtemps sur les fesses et sur les cuisses, et des douleurs d’une intensité effroyable !!
          Gros bisous ma chère Julie.

          • Julie dit :

            Salut P’tite Emilie.
            Je te plains de tout mon cœur. Tu as dû beaucoup souffrir avec ces instruments ce que je qualifierais de grosses corrections, car la faute devait être assez grave, auquel cas, la souffrance doit être à la hauteur du préjudice. Après ça, on fait moins la fière et les jupes courtes sont interdites…
            Je t’embrasse bien fort.
            Julie

          • l didier dit :

            Oui, pour les fautes ou erreur, graves voire très graves, ou à répétitions, la badine était l’instrument ultime, et cela calmait tout de suite … Après 5 à 10 coups …

  4. Herbert1 dit :

    Bonjour, Julie,

    Ma mère m’a fessé à la main jusqu’à l’âge de onze ans. Elle a eu ensuite recours au martinet, peut-être parce que j’approchais de la puberté, mais aussi, disait-elle, « parce que je n’en viens pas à bout » et que mes fautes étaient, au fil du temps, devenues, à ses yeux, beaucoup plus graves. Mon père, lui (mais je n’avais que très rarement affaire à lui sur ce plan-là) est toujours resté fidèle à la traditionnelle fessée à la main. J’avoue que, pour ma part, je redoutais énormément le martinet dont la cuisson perdurait très longtemps et de façon extrêmement vivace. Je ne la redoutais toutefois pas au point de renoncer totalement à mes errements.
    Vous dites que vous vous douchiez parfois avec vos parents. C’était, à mon époque, tout bonnement inimaginable. Il y avait une conception de la pudeur qui n’avait rien à voir avec ce qu’elle a pu être par la suite. À tel point que, quand nous nous retrouvions pour les vacances, mes cousines, cousin et moi, nous faisions notre toilette séparément. C’était, pour autant que j’aie pu en juger, le cas de figure le plus courant. Du moins dans ma région et dans mon milieu. La nudité, sur les plages ou ailleurs, devait impérativement se cacher. La seule exception à la règle, c’était quand il y avait fessée. C’était, tout d’un coup, comme si on changeait de registre. Comme si les critères habituels n’avaient plus cours. De parfaitement illégitime d’ordinaire, la nudité devenait brusquement légitime. La honte, pour celui ou celle qui était alors amené à l’exposer publiquement n’en était que plus intense. Il y avait toutefois une distinction à opérer entre filles et garçons. On avait parfois (pas toujours) tendance à ménager la pudeur des filles : s’il y en avait bien qui étaient fessées le derrière à l’air, c’était beaucoup plus souvent par-dessus la culotte, voire par-dessus la robe (les filles étaient alors quasiment toujours en robe, du moins l’été. L’hiver on les affublait de monstrueux pantalons de golf.) Avec les garçons, on prenait beaucoup moins de gants. On les déculottait le plus souvent complètement. Et ce, avec d’autant plus de détermination qu’on estimait que les garçons étaient beaucoup plus durs que les filles et qu’il fallait en user avec d’autant plus de sévérité avec eux.
    Vous imaginez dans quel état d’esprit on pouvait se trouver quand on était un garçon et qu’on se faisait déculotter devant des filles qui, elles, ne l’étaient jamais. (ce fut rarement mon cas, mais ce le fut malgré tout). C’était un sujet dont on parlait beaucoup entre nous (entre garçons). On se retrouvait sur le terrain de jeux, le jeudi après-midi, et on échangeait informations et commentaires. On ne se vantait évidemment pas des fessées qu’on avait reçues (mais le secret en était parfois éventé). Par contre sur celles auxquelles on avait assisté ou sur celles dont on avait entendu parler, on était intarissables. Si je n’ai, pour ma part, jamais eu d’institutrice ou d’instituteur qui donnait des fessées, ce n’était pas le cas de mes camarades qui étaient, pour certains, beaucoup moins bien lotis. Ils avaient aussi des sœurs, eux, qui leur rapportaient ce qui se passait à l’école des filles. Ou ce qu’elles avaient de leur côté appris. En sorte que l’information circulait en permanence. Et savoir que d’autres (beaucoup d’autres) en prenaient apportait un certain soulagement. On se sentait moins seul.
    Bonne journée, Julie.

    • Edmée dit :

      Bonjour Herbert1,
      je me permets de m’immiscer dans votre message pour Julie parce que, une fois encore, je suis d’accord avec la justesse de vos observations. Ici, le rapport à la nudité selon les coutumes de l’époque et la différence (inégalité ?) de sévérité de traitement entre les filles et les garçons : nudité impudique en temps normal, permise sinon voulue pour la fessée ; respect de l’adage « on ne bat pas une fille même avec une fleur ! ». Bravo pour la finesse de vos analyses ; merci de les prolonger pour ceux qui ont partagé votre vécu et ceux qui aimeraient comprendre.
      Cordialement,
      Edmée

    • Julie dit :

      Bonjour Edmée et Herbert1.
      Merci pour vos commentaires, qui ne font qu’enrichir les lecteurs sur les us et coutumes des différentes époques. Je voudrais revenir sur la nudité, puisqu’elle prend une signification toute particulière durant la fessée. Ce que je vais dire n’implique que moi et loin de moi l’idée d’être une donneuse de leçons.
      Je pense qu’il y a une différence significative entre être nue devant d’autres personnes nues et être nue devant des personnes vêtues.
      La fessée avec nudité partielle ou totale revêt un caractère où l’on rabaisse la fautive avec l’exposition de son intimité en plus des cinglées reçues, qui sont en soi on ne peut plus dégradantes. En fait, il y a une double sanction.
      Lorsqu’on est nue devant d’autres personnes nues, il y a ressemblance, sensation d’appartenance à un groupe. Lorsqu’on est nue devant des personnes vêtues, ce n’est pas du tout pareil, même s’il s’agit de ses parents ou de personnes de connaissance.
      Ce que dit Herbert est juste sur l’inégalité des fessées à son époque. Les garçons n’ont aucune raison d’être plus mal traités que les filles, qui peuvent être aussi turbulentes que les garçons. Sûrement plus fines pour ne pas se faire prendre, mais pas moins fautives. J’en suis le bon exemple.
      Concernant la pudeur dont parle Herbert, le constat est intéressant, car il montre que même avec des personnes de connaissance, la pudeur peut revêtir un aspect sacré.
      Pour moi, moins, lorsqu’il s’agit de personnes proches (Maman, mes cousines, ma meilleur amie). J’ai eu récemment l’occasion de prendre quelques douches en présence de personnes inconnues et vous avez raison, ma pudeur était entière, bien plus que je ne l’avais imaginé.
      Amitiés.
      Julie

  5. Herbert1 dit :

    Bonjour Julie et Edmée,
    Tout-à-fait d’accord avec vous, Julie, pour dire que la nudité en compagnie de personnes habillées et en compagnie de personnes nues ne relève pas du même registre. À plus forte raison quand on se trouve dans le domaine de la fessée. Et la nature de la honte éprouvée dépend beaucoup, à mon sens, de la « qualité » des assistants (membres de la famille, camarades, voisins, étrangers, etc.), mais aussi de la nature et de la gravité de la faute commise (être puni pour un gros mot n’est pas la même chose qu’être puni pour un vol devant le commerçant ; être puni pour une insolence n’est pas la même chose que d’avoir fait punir quelqu’un à sa place ou de l’avoir mis physiquement en danger. C’est là, me semble-t-il, la honte-matrice. Les deux autres (nudité exposée et châtiment) n’en sont que le prolongement et seront essentiellement vécues en fonction de la façon dont est ressentie la première.
    La façon dont la nudité était perçue à l’époque ne peut qu’apparaître comme surréaliste aujourd’hui. La censure veillait au grain. Sexes à découvert, (masculins comme féminins), toisons pubiennes étaient rigoureusement prohibés au cinéma. Dans les revues légères, les parties génitales des modèles étaient intégralement floutées. En 4ème, mon prof d’histoire collait des étiquettes cache-sexe sur les reproductions des statues grecques qu’il nous montrait. En janvier 1961 a éclaté un épouvantable scandale : dans un téléfilm l’actrice Nicole Paquin est apparue nue, de dos, pendant deux à trois secondes. Ce fut un tsunami. Les journaux furent assaillis de milliers de lettres de protestation indignées. À la suite de quoi fut institué un carré blanc. Dans un tel contexte de refoulement généralisé, la curiosité pour la nudité ne peut qu’être portée à incandescence. Avant même d’être pubère, vers 11-12 ans, j’ai commencé à développer un très vif intérêt pour l’anatomie des femmes faites. En secret. Ce qui me valait, quand j’étais découvert d’être accusé de dissimulation perverse : je savais que c’était mal puisque je me cachais. Cette passion a fini par me pousser à essayer de surprendre de jeunes femmes (et de moins jeunes) dans le plus simple appareil. Ce qui me valut de mémorables corrections dont je suis bien forcé d’admettre qu’elles étaient parfaitement justifiées. Essayer de les voir nues à leur insu était une forme d’agression inacceptable. Là-dessus, j’aurai encore beaucoup à dire.
    Amitiés.

    • Julie dit :

      Bonjour Herbert1.
      Pour une adolescente, c’est terriblement rabaissant de savoir qu’un garçon l’a reluqué, car ça donne l’impression qu’elle a perdu ce qu’elle a de plus secret, son intimité. Le corps d’une adolescente n’est pas public. Cala dit, quel adolescent n’a pas tenté de le faire ? surtout à l’âge où les hormones sont en ébullition !
      Amitiés.
      Julie

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