La fessée appliquée

Bienvenue sur mon blog

Les fessées au martinet de Michel

Ricky

par Fred

Ce blog attire particulièrement mon attention parce qu’il rapporte des témoignages relatifs à des circonstances importantes qui jalonnent la délicate période de l’éducation enfantine. Pour mon frère comme pour moi, la fessée fut l’un des éléments de base de notre éducation scolaire, mais pas seulement…

Ce châtiment, pratique très courante naguère, eut une incidence réelle dans notre vie. Le temps a passé et finalement, l’âge étant là, je ne conserve que des souvenirs en pointillé de corrections que j’ai reçues surtout à partir de mon adolescence : je conserve des « flashs » sans date ni ordre précis, centrés sur des détails, souvent très accessoires, l’imagination seule fournissant le lien probable qui rétablit le souvenir dans sa globalité.

La fessée ne tirait son importance (la douleur des cinglées, ajoutée à la honte du moment) que dans l’immédiat du vécu. Cet instant de malheur écoulé, la mesure étant à ce point détachée de son lointain contexte – puisqu’elle venait sanctionner des faits commis des semaines ou des mois auparavant – ne pouvait être porteuse que de vœux pieux sans application pratique dans mon comportement pris au quotidien. C’était là pour moi autant de non-événements qu’il importait de chasser de mes souvenirs au plus tôt, d’où le peu d’intérêt éducatif de fessées intervenant longtemps après l’acte répréhensible.

En revanche, l’une des fessées marquantes dont je me souviens avec précision, dans tous ses détails, est celle que notre père administra à mon frère aîné Michel lors de la première présentation de son carnet hebdomadaire de notes après sa rentrée dans le secondaire au collège.

Elle illustre l’action positive de la fessée, dans une méthode d’éducation beaucoup plus rapprochée chronologiquement des faits. Mon père réagissait face à un comportement assez vague de son fils sur le plan scolaire mais lui, Michel, n’avait pas eu le temps d’oublier le fait générateur et il était donc en mesure d’appliquer les contre-mesures indispensables pour repenser ses priorités en vue d’éviter les signalements des enseignants.

En primaire, Michel s’était classé dans la bonne moyenne mais, cette fois, en 6e, le document présenté se faisait l’écho d’une impression peu favorable de ses professeurs : mon frère n’avait pas fourni les efforts d’adaptation nécessaires et ils tenaient à le faire savoir pour que ses parents prissent les mesures adaptées.

La réaction de notre père fut immédiate et aujourd’hui je n’ai toujours pas besoin de faire effort de mémoire tant sa sévérité et les circonstances qui advinrent sous mes yeux de jeune garçon me la marquèrent.

Mike - (det)

Mon frère devait être puni. C’était fatal. Tarif de base préalable à tout châtiment corporel, une paire de gifles cueillit mon frère qui dut se placer debout face à notre père en vue de s’expliquer tant bien que mal sur le passé tout proche. Je l’entendis, les yeux larmoyants et la voix chevrotante, faire des promesses de mieux faire à l’avenir ; ces promesses vagues n’ébranlèrent pas la conviction paternelle et son intention de punir le petit paresseux ! Il fut donc envoyé chercher le martinet qui était suspendu bien en vue au porte-manteau dans l’entrée.

De retour, il remit timidement le martinet à notre père. Cela fait, ordre lui fut donné de se déculotter puis de se placer en position courbée, ventre en appui sur le dossier d’une chaise de la salle à manger ; c’était là un cérémonial tout différent de celui appliqué habituellement : une rafale de coups cinglants à destination des cuisses et mollets sous la culotte. Là, la culotte et le slip tombèrent et furent arrêtés par les tiges de ses petites bottes.

Une fois le puni en place, la fessée suivit immédiatement, en ma présence, formidable. Si je ne peux pas indiquer le nombre de coups de martinet que ses fesses nues reçurent, du moins je puis affirmer qu’il s’ensuivit une correction longue et cinglante, d’une sévérité sans aucune mesure de comparaison avec toutes celles qu’il avait pu recevoir dans le passé. Les lanières de cuir du martinet avaient cinglé durement, couvrant chacune des fesses ainsi que les cuisses de stries purpurines.

correction au martinet

Mon frère avait pleuré, crié, hurlé, réitéré ses promesses à en perdre haleine, mais la fessée avait duré, duré, duré, à croire qu’elle ne cesserait jamais.

Et moi, j’étais demeuré là, atterré, vaguement indigné que mon idole fût ainsi traitée, mais le moment n’était pas à la contestation de la méthode de punition, et de toute façon il ne faisait aucun doute que toute manifestation de vaine solidarité de ma part eût conduit mon père à me fouetter à mon tour. N’étant pas preneur, je me contentais d’observer la correction, à la fois terrorisé et inquiet par les réactions de mon aîné, les paumes de mes mains placées instinctivement en protection sur mes fesses. Quant à Maman, elle était demeurée en cuisine pour préparer le repas.

Puis, notre père ayant mis fin à la fouettée, retira sa main qui, pendant toute la correction, s’était appuyée sur les reins de mon frère ; il lui interdit de se reculotter et lui ordonna d‘aller remettre le martinet à sa place et de rester au piquet dans l’entrée face au porte-manteau. Puis il signa le carnet en notant que Michel avait été fouetté au martinet. Mon frère endura cette pénitence supplémentaire pendant un quart d’heure, hoquetant et reniflant, le nez fourré dans les cirés et ma pèlerine, ses fesses nues rougeoyant dans la pénombre.

Euticus

Une raison supplémentaire pour me souvenir de cette correction : c’est que, ce samedi-là, débuta une nouvelle ère de discipline ; de longues séances de martinet s’insérèrent dans le quotidien de mon aîné. Désormais le martinet intervint en force pour punir non seulement les mauvaises notes pour les devoirs, les compositions trimestrielles, ainsi que le fameux bulletin trimestriel, mais aussi les menus incidents scolaires tels que les retenues et les signalements de ses professeurs.

Ces fessées eurent lieu toute l’année – sauf pendant les vacances puisqu’elles sanctionnaient les fautes commises en classe – tous les samedis, systématiquement, ainsi que certains jours de la semaine, afin de punir les retenues du jeudi notamment, pendant les deux premiers trimestres au moins, et ce en ma présence. En effet, j’ignore si ses fessées se prolongèrent au cours du troisième trimestre car je fus envoyé chez nos grands-parents à la campagne me remettre d’une désastreuse rougeole.

En revanche, j’avais pu observer qu’au fil du temps, notre père avait eu tendance à ne plus réserver ces lourdes punitions au seul domaine scolaire mais à les appliquer dans tous les autres domaines en cas d’incident… Et de ce fait, elles ne concernèrent bientôt plus Michel et lui-seul, mais moi-aussi ! Le martinet était donc bien entré dans notre vie pour faire travailler mais aussi pour apprendre à obéir, pour faire respecter les autres et pour punir les bêtises !

Cet instrument, exposé, lanières pendantes, au porte-manteau dans l’entrée faisait l’objet de regards torves de notre part lorsque nous passions devant, mais aussi de commentaires, allant de l’amusement à la crainte, de la part de visiteurs adultes ainsi que de nos camarades de classe lorsqu’ils venaient nous rendre visite.

Churchward  mod

 

Quoi qu’il en soit, cette année de strict régime disciplinaire avait amené mon frère à réfléchir et il fut admis à passer à la classe supérieure sans examen. Ses fesses trouvèrent enfin le repos, du moins en ce qui concerne les très grosses fessées pour des causes scolaires.

À noter que l’évolution des résultats de Michel fut suivie et pilotée par le professeur rédacteur de la partie communication du carnet de notes ; chaque lundi, lors du retour de ce document, il était informé de la punition reçue par mon frère, réalité concrète exhibée aux yeux de tous par le port d’une culotte trop courte pour cacher toutes les marques laissées par la correction paternelle ; cela ne l’empêcha pas de poursuivre sans faiblesse son action de redressement ; il était donc en plein accord avec la méthode stricte appliquée par notre père, la même, peut-être en plus systématique, que celle appliquée par beaucoup de parents à cette époque.

Ce sont ces méthodes qui ont formé toute une génération d’hommes et de femmes qui ont tenu le pays depuis, avant de prendre leur retraite, sans que leur comportement ne présentât de signes évidents de complexes ou de déviances caractérisées.

Après un ultime cafouillage en début de Cinquième, puni de la façon désormais habituelle, la catastrophique séquence hebdomadaire de la présentation du carnet de notes devint, pour mon frère, un non-événement alors que… mon propre carnet commençait à poser problème. Mais ce sont-là d’autres souvenirs…

Durant tout le secondaire, mon frère fut considéré par tous comme un bon élève. De même pour le cycle supérieur que termina l’École Polytechnique.

Le martinet fut-il pour lui un précieux atout de réussite ? Lui seul peut le dire et chacun peut en penser librement ce qu’il veut.

Mais pour moi, en son nom, compte-tenu de mon expérience, je ne peux qu’exprimer un grand merci pour le résultat d’une éducation musclée et au martinet qui, en France, en était l’un des vecteurs principaux ! Que sont ces fessées nombreuses pendant quelques mois à côté d’une scolarité, ensuite heureuse, et suivie par un bon départ dans la vie ! C’est pourquoi, je considère que le martinet est un auxiliaire essentiel de formation pour aider la maturation des individus au moins en tant que menace, suspendue bien en vue des intéressés, qui impose un préalable avant de poser tout acte sérieux.

Et, pour vous l’avouer, je préfère franchement l’application sans nuance de châtiments corporels aux non-dits ourdis qui surgissent opportunément le moment venu…

Illustr. : 1) Ricky (mod) – 2) Martinet – 3)  Danny/Ricky ? – 4) Euticus – 5) Churward

20 commentaires »

  1. CLAUDE dit :

    Bonjour FRED. Merci pour ce témoignage qui montre ce qu’était l’éducation au sens propre avant le bannissement des châtiments corporels. Douleur et honte redoublées par la mise au piquet, voilà comment moi aussi j’ai été éduqué. Vous décrivez avec talent la sévère fouettée au martinet que votre frère Michel a reçue pour ses mauvais résultats scolaires et démontrez ainsi l’action « positive » de la fessée. Éduquer c’est, comme vous l’écrivez, apprendre à obéir, à respecter les autres et à châtier les fautes commises. Je partage votre conclusion :il vaut mieux une application sans nuance des châtiments corporels que ces « non-dits ourdis qui surgissent opportunément le moment venu ».
    Amicalement, CLAUDE

  2. Julie19 dit :

    Bonjour Fred,
    Merci de ce témoignage qui en dit long sur l’éducation d’une époque révolue. À mon idée, la réussite scolaire de Michel n’est pas étrangère au fait que la correction ait été comme une épée de Damoclès, puisque pour entrer à Polytechnique, il faut être dans le haut du panier. Ce n’est pas ouvert à tous les niveaux. Seule l’élite y a accès. Le martinet a certainement eu l’effet d’un émulateur pour doper ses capacités intrinsèques.
    Amitiés.
    Julie

    • Fred dit :

      Bonjour Julie,
      Elites, dites-vous ? Enfin, peut-être après tout…Encore que je n’aie trouvé dans l’important échantillon de ses camarades qui sont passés par la suite à la maison d’autres facteurs communs qu’une tête bien faite et un immense « complexe » de supériorité.
      Ceci étant, nos visiteurs ne restaient pas indifférents devant notre martinet demeuré suspendu dans notre entrée encore que certains reconnussent en avoir tâté au cours de leur jeunesse… des souvenirs communs.
      Pour mon frère, les fessées sont intervenues au bon moment, celui où la nature ne se rebelle pas encore devant les coups et les incorpore sans idée de révolte dans le comportement d’ensemble ; l’influence bénéfique du traitement m’est apparue, évidente, beaucoup plus tard, contrairement à l’effet dissuasif recherché, sans doute, par mon père en me faisant assister à toutes les corrections fraternelles J’avais bien ressenti toute l’horreur de la situation mais détachée de la douleur physique indispensable, elle demeurait sans force face aux tentations de l’instant… jusqu’à ce que je fusse à même d’ajouter ce complément, un peu tard, un peu trop tard.

  3. cambaceres dit :

    Bonjour Fred,
    Je ne peux que confirmer vos propos. Mon secondaire commença dans les années « 1960″ et il succédait à un primaire assez brillant. Contre toute attente, celui qui avait fini premier de sa classe de 7° (CM2), devint un élève banal, avec des résultats moyens, voire médiocres qui m’amenèrent au redoublement de ma 6° car j’étais en avance. Ma mère en était blessée. La réaction fut à la hauteur de sa désillusion. Les petites claques ne suffisaient plus ; aussi elle passa au martinet. A la moindre note insuffisante (sous la moyenne d’abord puis inférieure à douze), mes cuisses recevaient leur dose de martinet et, toujours en culottes courtes, j’avais la honte d’en exhiber les marques.
    Le remède s’avéra efficace et mes résultats s’améliorèrent nettement. Je redevins un bon élève (sauf en maths, mais là même le martinet n’y put rien). Cependant, au moindre relâchement, le martinet veillait. Moi-même je reconnus que le martinet m’obligeait à travailler de mon mieux et qu’il était un auxiliaire indispensable à mon éducation.
    Vu avec les yeux d’aujourd’hui, cela peut paraître étrange, mais durant les années « 1950-70″ le martinet était couramment employé dans l’éducation des enfants et des adolescents ; la plupart des familles en possédait un. Cela ne choquait pas. Même ceux qui en « bénéficiaient » considéraient souvent comme normal d’être puni ainsi. En tout cas je peux dire qu’il m’a aidé à mûrir et à assumer mes responsabilités. Incontestablement il m’a bien préparé à ma vie d’adulte.

    • M. FREDERIC FAUQUE dit :

      Cher Cambaceres,
      Certes, les idées nouvelles concernant « l’éducation puérile et honnête » de nos jours me paraissent découler de plusieurs aprioris classiques ; l’utilisation de fessées, de paires de gifles, etc. se rattache à l’existence d’une civilisation de type bourgeois, pleine de recommandations et d’interdits faisant appel à des concepts d’ordre philosophique ou religieux que les tenants d’un certain modernisme, rejettent en bloc notamment par l’application dans la gestion sociale des « Grands Principes » – ce qui est applicable à l’adulte serait un acquis dès la plus tendre enfance et honni soit qui mal y pense ! De là à confondre coups, assez naturels au demeurant, avec autoritarisme, ou pratiques sado-masochistes, voire pédophilie, conduit tout naturellement au rejet de la méthode. Comme si la formation d’un jeune n’était pas une déformation d’un état préexistant pour inculquer les règles d’une société de plus en plus complexe à un jeune appelé à séjourner en société pendant une vie de plus en plus longue ! D’évoluer d’un gentil égoïsme de base à la dévotion de ses propres intérêts vers une solidarité militante et engagée (comme le disent si bien nos bons médias) que semble maintenant exiger la multiplication de rapports sociaux, n’est pas chose évidente. Seulement voilà ! Tous les moyens sont bons ? La fessée, le martinet sont-ils adaptés à ce rôle de formation ? Cela a été un peu l’objet de mon petit récit sans autre prétention que de mettre à jour un exemple parmi d‘autres dont j’ai vécu l’évolution auprès de moi.
      Et croyez bien que je ressens finalement comme une malchance de n’avoir bénéficié que beaucoup plus tard, alors qu’il était trop tard, de formes de coercition plus musclées. Comme je l’ai dit dans ce récit, j’ai été expédié chez mes grands parents à la campagne pour me remettre d’une sévère rougeole pendant tout le temps de mon dernier trimestre de 10e, mais mes mésaventures médicales, n’étaient pas terminées, l’année suivante pendant les vacances pascales, j’ai contracté une puissante coqueluche, soignée par le même médecin qui m’a expédié, encore pendant un trimestre entier, chez mes grands-parents. Tout cela sans soutien scolaire ni devoirs de vacances. Il s‘ensuit que je suis retourné en classe en 8° avec un bon retard sur mes petits camarades, retard qui n’a pas manqué d’être exprimé sur mon premier carnet de notes. Les mêmes causes produisant habituellement les mêmes effets, je m’attendais au pire à mon retour de classe le samedi. Eh bien non ! Ma mère était intervenue en invoquant ma « fragile santé » si bien qu’après la paire de gifles habituelle, ce ne fut qu’une fessée au martinet par-dessus la culotte, malheureusement un peu courte, du pas très dissuasif ; c’est ainsi que l’affaire a été manquée et que je n’ai pas été obligé de modifier mes habitudes en remettant à jour dans mon emploi du temps, la priorité pour le travail scolaire et m’a contraint à une scolarité difficile qui a perduré longtemps.
      C’est pourquoi, j’ai tendance à envier le sort de mon frère qui, après une année difficile, n’a plus eu qu’à suivre le chemin qu’il avait tracé lui-même et dont je pouvais observer le bon fonctionnement au fil des jours. Il a eu une scolarité heureuse, pas moi !

      • Cambaceres dit :

        Bonjour Frédéric,
        Je peux parfaitement comprendre votre frustration de n’avoir pas « bénéficié » de la même éducation sévère que votre frère Michel. Alors que la plupart de mes copains étaient punis au martinet dès l’âge de 6-7 ans, moi-même ne comprenais pas bien pourquoi j’en étais épargné ; dans le quartier j’étais en quelque sorte une exception. Le fait d’être fils unique a sans doute joué un rôle alors que beaucoup d’entre eux appartenaient à des fratries. De plus, assez obéissant, je ne commettais que peu de bêtises punies de quelques bonnes claques sur les cuisses. Enfin J’étais bon élève en primaire, et assez curieux de nature, j’apprenais facilement sans trop passer trop de temps sur mes devoirs ce qui satisfaisait ma mère.
        En 6°, j’ai vécu sur mes acquis et ne me suis pas habitué à cette nouvelle organisation scolaire ; je ne travaillais que les matières qui m’intéressaient et en fonction de la sympathie ou non que m’inspirait le ou la prof. Par manque d’efforts, je n’obtenais que des résultats moyens voire parfois médiocres, ce qui amena mon redoublement. Ce fut l’événement déclencheur d’une reprise en main musclée de ma mère concrétisée par l’achat d’un martinet.
        Je trouvais cela mérité et acceptais la sévérité de ma mère. L’usage du martinet dès que je ne travaillais pas assez bien m’obligea à me reprendre et à progresser. Je dus m’y faire bon gré mal gré. Ma mère vit mes résultats s’améliorer et maintint ses exigences recourant au martinet à la moindre rechute. Je finis par comprendre son point de vue et reconnaitre le côté positif du martinet dans mon éducation au point de l’encourager à poursuivre. Vers 14-15 ans, des camarades trouvaient que c’était exagéré, que je ne devais plus accepter cette sévérité ; mais je pensais en avoir encore besoin et mes résultats prouvaient son efficacité.
        Ma scolarité a-t-elle été heureuse pour autant ? Assurément oui pour le primaire ! Certainement non de la 6° à la 3°, non pas du fait de la sévérité de ma mère, mais de la médiocrité de beaucoup d’enseignants peu diplômés de mon institution catholique. Heureusement, la qualité des professeurs de la partie lycée s’avéra bien meilleure (à 2 ou 3 exceptions près) et me mit plus en confiance. D’ailleurs je n’eus aucune difficulté dans mes études supérieures.
        Je n’étais pas prédestiné à devenir enseignant ; le journalisme me tentait. Seulement je voulais voir ce que cela donnait, si j’arrivais à intéresser les élèves et s’ils se sentaient bien avec moi en cours. Ce fut leurs réactions positives qui m’encouragèrent à persévérer dans l’enseignement.

  4. sophiekm dit :

    Merci de ce récit qui sent simplement le vécu et montre l’égalité des frères devant le martinet, mais si j’ai compris avant la fouettée mémorable, le martinet avait déjà sa place chez toi depuis longtemps. Te souviens-tu de ta première correction ?
    Au plaisir de te lire

    • Fred dit :

      Bonjour et merci pour ton commentaire.
      Des souvenirs ? Pas vraiment, la fessée de mon frère a marqué un tournant. Avant, il y avait bien un martinet, oublié par un précédent locataire dans le « placard aux balais », que mon père avait transféré un jour sur le porte-manteau dans l’entrée à titre dissuasif, mais il n’a été utilisé par la suite que pour corriger par des punitions collectives nos désobéissances et bêtises habituelles. D’ailleurs, j’étais petit et la facilité conduisait mon père à me prendre sous son bras gauche pour appliquer une punition mal commode et peu efficace, le manche et les lanières mesurant ensemble plus de 80 cm …et comme l’urgence de la punition ne permettait pas de me déculotter, la fessée conservait son sens du point de vue humiliation mais n’en avait aucun sur le plan du ressenti, mis à part les coups qui s’égaraient malencontreusement sur les cuisses et les mollets en y imprimant des marques infamantes.

  5. Marco dit :

    Bonjour Fred,
    Les gravures illustrant votre récit me parlent, surtout la 1ère, la 4ème et la dernière (en fait celles qui ne représentent pas le martinet que je n’ai pas connu).
    La posture agenouillée du premier puni était celle qu’affectionnait mon père et l’un de mes oncles pour les fortes corrections manuelles à la volée. Moi j’aimais moins cela car ça tendait les fesses, les rendant plus sensibles à la percussion d’une paume lancée à grande vitesse. De plus, étant ceinturé sous le bras, les claques me projetant vers l’avant risquaient de me déséquilibrer lorsque je reposais sur un tabouret étroit et je devais tendre les bras pour tenir le bord du siège ceci me forçant à m’incliner et faire saillir mes fesses comme si j’étais prosterné et donc augmentant la honte et la douleur.
    Je faisais pareil que dans la 4ème vue, essayant de me retourner après une belle fessée pour tenter de constater sans miroir à disposition, de visu, l’étendue des dégâts. Le rouge serait descendu bien plus bas jusqu’à l’arrière des genoux !
    Et dans la 5ème image je m’y retrouve aussi quand Papa ou Tonton décidaient de prendre en charge eux même la mise en tenue. Cela devenait de plus en plus désagréable au fil des ans. Alors qu’on se croit être enfin devenu un « grand » se voir dénier jeune ado le droit de se préparer par soi-même pouvait être source d’énervements. Ça ne ratait pas pour moi et me faire baisser lentement, posément, le dernier rempart à la nudité m’indisposait grandement.
    Le martinet administré avec persévérance et accroissement de ses motifs d’application a eu sur votre grand-frère une action bénéfique indéniable.
    Michel a-t-il été gêné d’être souvent fouetté devant vous ? D’être témoin de ses corrections a eu, semble- t- il, l’effet dissuasif souhaité, mais vous y avez goûté aussi.
    Je sens comme un regret d’en avoir pas reçu autant que lui.
    Les graves maladies qui vous ont éloigné de l’école en perturbant votre cursus scolaire en sont la cause mais je doute que de vouloir « rattraper le temps perdu », comme de recevoir double ration de martinet soit efficace.
    Vous semblez regretter de n’avoir eu la même trajectoire que lui, j’espère cependant que vous avez pu avoir une vie professionnelle et familiale accomplie.
    Même sans cet instrument prodigieux et fascinant on pouvait toutefois obtenir des résultats honorables avec ses « cousins » tels que lanières de cuir, badines, verges, palettes ou règles de bois, brosses, semelles souples, …et j’en passe.
    Les ressources pour bien discipliner strictement les enfants ne manquaient pas, seule s’est progressivement érodée la motivation des parents et autres adultes chargés de notre éducation…..

    Cordialement.

    marco

    Nota
    Un petit mot pour compléter : Outre l’Afrique du Sud, j’ai lu aussi qu’en Jamaïque se pratiquait de tels usages sauf qu’au lieu d’être étendus sur une table les coupables se retrouvaient allongés, courbés et sanglés par dessus un tonneau. Bras et tête en avant vers le sol d’un côté, orteils de l’autre, leur derrière dûment déculotté pointant en l’air, prêt à recevoir les coups d’une longue badine souple. Ils n’en sortaient que les fesses striées à vif.
    Quel châtiment, espérons le, d’une époque maintenant révolue !

  6. CLAUDE dit :

    Bonjour Frédéric,
    Je saisis la publication de votre commentaire pour préciser mes convictions dans le domaine si difficile de l’éducation. Il est pour moi évident que vos ennuis de santé devaient, comme ils l’ont été, pris en compte pour votre éducation : des châtiments moins rudes. Je partage également votre avis quand vous écrivez que le propre de l’éducation est d’inculquer les règles d’un comportement social conformes aux règles de vie en société. Vous vous interrogez ensuite sur la question de savoir si la fessée et le martinet peuvent y contribuer. Pour moi tout dépend des circonstances, du milieu social et des règles de vie que les parents veulent, comme ils en ont le droit, imposer à leur progéniture. Là où je m’interroge, c’est quand vous dites que lesdits châtiment relèveraient : d’une civilisation de type bourgeois. Or,je ne suis pas du tout issu d’un milieu bourgeois ! Mon père état maçon dans un petit village au pied des Cévennes ! Et mon état de santé était excellent et ne constituaient donc pas un obstacle à l’emploi de la fessée et du martinet pour m’éduquer. Merci de m’avoir permis d’apporter ces précisions à votre commentaire. Cordialement. CLAUDE.

    • Lucie dit :

      Mon cher Claude,
      Je me permets de revenir sur votre commentaire en ce qui concerne la santé. A l’heure où la remise en doute de ce questionnement est de mise sur ce sujet, nous devons nous rendre à l’évidence : il est impératif de prendre en compte le passif et l’actif de chaque enfant dans son éducation.
      Si vous avez lu le tout début de mon récit brillamment remanier par Alain, vous constaterez que je ne connais que trop bien ce domaine.
      Et pour ma part, je n’ai connu que peu de cas de figures… soit la famille « ignore » la santé et cela rend parfois les choses compliquées (« c’est à ton tour de mettre la table…même si tu tiens à peine debout, c’est comme pour les autres…), soit la famille profite de votre état de faiblesse (« après tout, il y personne pour la défendre… et je peux vous assurer que ça peut vous mettre dans des situations bien plus humiliantes qu’une déculottée), soit, et c’est extrêmement rare, la famille prend en compte cet état mais ne vous laisse pas tout faire pour autant (« d’accord tu ne peux pas marcher plus loin et je vais chercher la voiture, mais ça ne t’empêche pas de dire « merci » quand je te sers un verre d’eau). C’est dans cette troisième catégorie qu’un enfant en difficulté physique d’épanoui. On reconnaît et respecte ses difficultés, mais on garde un cadre ferme également.
      Bien à vous
      Lucie

      • Marco dit :

        bonsoir Lucie,
        permettez moi s’il vous plaît d’abonder dans votre réponse à Claude.
        C’est bien la 3ème option qui est la meilleure pour assister éducativement un enfant victime d’une santé défaillante sans faire preuve de mollesse.
        Je rajouterai que cela peut concerner aussi ceux atteints de déficiences. C’est aux adultes de s’adapter pour que chacun s’insère dans la société.

        cordialement

        marco

      • CLAUDE dit :

        Bonjour LUCIE. J’ai lu attentivement le début de votre récit ainsi que votre commentaire et je ne peux que m’incliner devant votre connaissance du sujet que : »vous connaissez bien ». Mais pourquoi n’aborder que la question des relations familiales ? Elles sont certes importantes, mais ne couvrent pas tout le champ des possibles en matière de châtiments corporels. Il n’y pas si longtemps ceux-ci étaient courants dans des établissements scolaires. J’ai d’ailleurs échappé moi-même à cette redoutable discipline grâce au puritanisme de mon petit village Cévenol ! Pas questions de corrections publiques, tout se « réglait » à la maison. Et croyez-moi, si c’était moins humiliant ce n’était pas moins, sinon plus, sévère ! Alors oui, vous pouvez le dire : »on garde un cadre ferme »! Bien Amicalement. CLAUDE.

        • Lucie dit :

          Bonjour Marco et CLAUDE,
          C’est évidemment dans ce troisième cas de figure que j’ai trouvé un équilibre sain et cohérent. C’est d’ailleurs dans cette famille que celui-ci que j’appelle, encore aujourd’hui, « papa » a trouvé le parfait dosage entre le cadre et la patience.
          Mon cher CLAUDE, les châtiments corporels et les relations familiales sont étroitement liés dans le point de vue, je vous l’accorde, totalement subjectif qui est le mien.
          Étant née dans les années 60, j’ai aussi connu cette éducation et j’ai reçu quelques fessées, quoique très rarement. En vérité les motifs et déroulements m’échappent complètement à ce jour. Il m’a fallu parfois plusieurs années pour savoir si elles étaient ou non justifiées. Bref, l’éducation varie d’une famille à l’autre. Tout ce dont je me souviens clairement, c’est que lorsqu’on me demandait si j’avais compris la leçon, je répondais « oui »…en réalité non pas du tout, mais c’était ça la bonne réponse…
          Par contre lorsqu’on est dans une famille qui respecte le parcours chaotique, qui prend en compte l’intégralité de l’enfant et que l’on s’y sent aimé, la punition est logique. Ou le cas échéant, on se permet de demander « pourquoi? » avec légitimité.
          Je suis désolée de la longueur de cette réponse, mais j’espère qu’elle vous aura éclairée sur mon intervention précédente.
          Amicalement
          Lucie

  7. CLAUDE dit :

    Bonjour LUCIE. D’abord merci d’avoir répondu si vite à mon commentaire. Je le répète et vous rejoins : les difficultés physiques d’un enfant doivent absolument être prises en considération quand celui ci mérite une correction. L’impératif est bien de mettre en balance l’actif et le passif. Pour autant, comme vous l’écrivez : »Tout en reconnaissant les difficulté physiques et en les respectant, cela n’empêche pas de garder un cadre ferme également ». Bien à vous. CLAUDE.

  8. Marco dit :

    Bonjour Fred et Lucie,
    Je reviens vers vous Fred qui dites au début de votre récit n’avoir que des flashs de faits précis de punitions et des souvenirs en pointillé de vos fessées.
    Le décalage que vous mentionnez entre la punition et son ou ses motifs en est certainement la cause. Une semaine de délai me paraît déjà excessif alors l’appliquer avec un mois de distance semble ahurissant.
    Dans ma famille, une fessée qui, pour diverses raisons, ne pouvait pas être donnée le jour même, l’était le lendemain ou le surlendemain au maximum. Ceci permettant de sanctionner au plus juste la faute dont on avait l’entière connaissance. En laissant filer le temps on laissait rentrer l’imprécision, source d’excès ou de relâchement au moment du châtiment. Et comment se rappeler les faits, des semaines après leur survenue ? les coupables pouvaient aussi tenter d’en profiter pour minimiser leur faute, mais ce plaidoyer tardif agissait souvent en leur défaveur !
    La fessée très différée ne semble se défendre que pour marquer un coup d’arrêt aux petites fautes semblables qui s’accumulent sur une période sans que remontrances et avertissements n’influent.
    Lucie, vos rares fessées auraient pu vous marquer, par leur côté exceptionnel, mais si vous ne gardez pas trace des tenants et aboutissants, c’est peut-être qu’elles n’étaient données que pour des fautes « moyennes » non impressionnantes.
    Cependant questionner leur bienfondé quelques années après prouve que vous n’y étiez pas indifférente et que vous vous interrogiez déjà sur les modes de punition.
    Un point positif aussi c’est d’avoir pris le pli pour bien répondre à la question posée. Vous cochez : OUI, leçon comprise, pour vous échapper au plus vite de la situation.
    Que ne fait-on pas pour sortir de ce mélange de honte et de douleur ! Vous n’êtes pas les seuls à n’avoir que des bribes de fessées reçues.
    Bien qu’ayant restitué fidèlement plusieurs faits cuisants ici présents en divers récits, je conserve d’autres souvenirs plus disparates mais tout aussi marquants.
    Peut-être arriverai-je un jour à les dérouler…. Ne pas retrouver le bout de la pelote ne signifie pas que nous sommes de futurs amnésiques !
    Cordialement.
    Marco

    • Lucie dit :

      En effet, la plupart du temps si je ne m’en souviens pas c’est probablement parce que les fautes n’étaient pas si graves et la punition certainement proportionnelle.
      En réalité il n’y en a que deux qui me reviennent plus ou moins clairement. L’une d’entre elles dont le bienfondé n’a été compris que des années plus tard.
      De 7 à 9 ans, j’étais dans une famille d’accueil particulièrement odieuse qui a perturbé l’intégralité de mon éducation déjà bancale. Nous avions un voisin à qui je n’avais pas le droit de parler. Pourtant, il avait l’air très gentil et j’étais la seule personne de la famille à qui il disait bonjour en faisant un petit signe de la main. Je ne lui répondais pas comme on me l’avait ordonné, mais je lui rendais son sourire et son signe.
      Un soir à table, le fils de la famille, un petit prince tyrannique plus vieux que moi, raconta à table qu’il avait éparpillé le contenu de la poubelle dudit voisin dans son jardin, ce qui a beaucoup amusé ses parents. C’était bien fait pour lui.
      Par la suite j’ai appris en écoutant les grands que ce qui était reproché à ce monsieur était le fait qu’il ait des chats qui grattaient dans les fleurs…
      Lorsque j’ai été retirée de chez ces gens, j’ai été placée chez des gens plus neutres. J’entends par là, de braves personnes qui s’occupaient bien de moi, mais j’étais peu liante et un peu sauvage… ils étaient un peu dépassés, mais quoi de plus normal quand on accueille une fillette persuadée, entre autres incongruités de ce genre, qu’avoir des chats était une grosse bêtise.
      Le fils de famille avait un an de plus que moi et était à l’opposé du précédent. Très souriant et amical, un peu timide. Un midi, alors qu’il pleurait devant la maison, je lui ai demandé ce qui n’allait pas. J’appris qu’un garçon voisin lui jetait des pierres et l’insultait, le menaçait. C’était un grand d’au moins 13 ans, il était méchant avec mon nouveau camarade, et, en prime il avait un chat ! J’entrepris donc de déverser le contenu de leurs ordures dans leur jardin. Sans me cacher, plutôt fière de défendre mon camarade.
      Le père de ma nouvelle famille m’a administré une solide déculottée dont les détails m’échappent aujourd’hui. Je me rappelle avoir eu très mal et avoir eu les fesses très rouges, encore au moment de la douche avant le coucher.
      Je ne suis restée que quelques mois chez ces gens, mais j’en ai voulu à ce monsieur pendant plus longtemps. En théorie, c’était moi la coupable. Dans ma tête, c’était lui.
      Des années plus tard, j’ai compris qu’au final aucun de nous deux ne l’était. J’avais défendu mon camarade comme on m’avait laissé entendre qu’il le fallait. Il faisait son devoir d’éducateur comme il pensait devoir le faire. Les vrais coupables étaient la famille qui m’avait leurrée sur ce qui était autorisé ou non (et le vilain voisin qui jetait des pierres à ce gentil garçon)

      • Marco dit :

        Ah, la vie est injuste !
        Vous aviez pourtant bien agi en fonction des codes et des exemples disponibles. Et le papa fesseur de la deuxième famille aurait dû vous gronder et vous expliquer ce qui n’allait pas plutôt que de foncer tête baissée pour vous punir. Et les gentils sont souvent mal récompensés !

        bises de solidarité de marco

      • Emilie dit :

        Je te comprends tout à fait Lucie !!
        Merci pour ce beau témoignage…
        Gros bisous d’Emilie.

  9. CLAUDE dit :

    Bonjour FRED,
    Ce Blog. : comme pour beaucoup d’entre nous il est pour moi un précieux exutoire qui me permet de revivre des émotions enfouies sous des décennies de vie adulte. Quant au côté « positif » de la fessée, il suffit de lire les témoignages que chacun de nous apporte dans l’espoir d’être utile à la recherche d’un modèle d’éducation pour les adolescents des deux sexes. En ce qui me concerne, voici des principes cardinaux qui me paraissent intangibles et pourtant oblitérer par la société actuelle : obéissance, politesse, respect d’autrui, savoir-vivre… Oui, je crois que le martinet est un précieux atout pour la réussite des individus, que ce soit pour sa formation, mais sa conduite. Amicalement. CLAUDE.

Flux RSS des commentaires de cet article.

Laisser un commentaire

 

ldelange |
LE MAITRE DE VOS REVES .SM |
✽✽✽TEENS ✽✽✽ |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | unpas2plus
| Le bogoss
| momo1775