La fessée appliquée

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Les tourments du jeune Arthur – 2e partie

Sur la scène - EdméeGag

par Edmée

À présent, sous le puisant rayonnement des lampes, la peau déjà fort pâle de sa croupe brillait de la lueur nacrée d’une pleine lune. Même du fond de la salle, les demoiselles du pensionnat pouvaient détailler à satiété les résidus de la fouettée hebdomadaire, celle du vendredi soir, l’heure où les plus entêtés des punis de la semaine qui n’avaient pas encore expiés, attendaient leur tour de fessée à la porte de la directrice pour solder leur carnet de discipline.

Mais lui, l’incorrigible de nature, y avait droit tous les vendredis ! Et comme Mlle Rukas aimait prendre son temps avec lui, il était le dernier à passer.

Comme elle voulait bien le lui rappeler :

« Avec votre peau très blanche et totalement imberbe et vos fesses proéminentes, vous êtes fait pour le fouet, mon garçon ! » 

Et lui vivait dans l’attente à la fois terrifiante et troublante de l’inéluctable fessée.

Rivé sur le tabouret, le dos arrondi, la nuque courbée, il gisait là, inerte, atone, l’esprit taraudé par le même regret obsessionnel de ne pas se trouver dans le bureau de Mme la Directrice pour y être puni.

Combien de fois il avait remonté le sentier pentu qui menait au petit bois où il avait coupé ses badines à la bonne taille avec lesquelles elle se faisait un devoir de le fouetter à nu ? Il revivait chaque pas, les odeurs de la prairie où le regain venait d’être fauché, l’humidité du bois fraîchement écorcé… Il se revoyait, toquant à la porte, le souffle court à cause de l’effort et aussi de l’angoisse qui étreignait sa gorge. Il devait alors se déculotter entièrement puis ranger soigneusement les deux vêtements avant de se prosterner par terre, sa croupe nue relevée…

Les apprêts étaient désormais terminés. Haut troussée et fixée aux épaules avec des épingles à linge, la chemise de pénitence dégageait comme il convient les lieux de prédilection d’un châtiment corporel. Comme on lui avait calé les genoux de part et d’autre des montants du tabouret, sa croupe se déployait librement, en surplomb des cuisses, la cambrure très contraignante des reins en rehaussant la pleine nudité. Inconscient de son impudeur, le puni exposait à la jeune femme l’opulence de ses formes d’une sensuelle féminité.

« J’espère que vous êtes enfin entré en contrition et que vous regrettez sincèrement votre acte méprisable de petit voyou qui fait honte à votre directrice comme à tous vos camarades des Aubépines et que vous considérez à sa juste valeur la sanction qui va vous être appliquée dans l’instant. Je suis certaine que vous saurez exprimer votre gratitude envers Mlle Céline et moi-même, qui nous dévouons pour vous donner le fouet et que vous vous y soumettrez de bonne grâce pour nous permettre ainsi de vous accorder notre pardon. »

Il écoutait ce discours à la fois solennel et lénifiant qui l’enfonçait davantage dans la solitude où il se morfondait, en même temps qu’il le sortait de lui-même puisqu’il le mettait au centre de l’attention exclusive de cette foule rassemblée pour le voir lui et lui seul, exposé pour recevoir son châtiment. D’une certaine façon et malgré leur sévérité, les paroles de cette femme le soulageaient de sa culpabilité au point d’en avoir presque les larmes aux yeux.

Pour les deux femmes qui s’en assuraient, les fossettes des hanches, les reins souples et cambrés, la croupe ample et profondément fendue, le haut charnu des cuisses en leur pleine nudité… rien chez ce garçon ne saurait plus faire obstacle aux baisers brûlants des lanières du martinet et des morsures de la souple badine. Il était prêt.

« Céline, vous qui avez manié ce martinet du temps où vous étiez surveillante aux Aubépines, à vous l’honneur de fouetter ce vilain garçon. »

Sur un signe de tête de la directrice, la surveillante s’empara de l’instrument et, tout en lissant entre ses doigts la dizaine de lanières de cuir fauve, elle s’approcha de cette croupe de jeune mâle qui se haussait vers elle, offrande solitaire et obscène de la soumission.

Si cela avait été possible, le puni aurait pu voir la jeune femme, paupières mi-closes, se concentrer sur les gestes adéquats qu’elle tenait des Aubépines quand elle devait corriger un élève, puis s’absorber dans le calcul de la puissance idoine de son bras, et enfin, l’air déterminé, prendre une profonde inspiration, se camper sur ses genoux légèrement fléchis pour s’assurer qu’elle ajustait son martinet sur la trajectoire idéale pour atteindre en une volée cinglantes les fesses du puni.

Plus un bruit ! Comme si toutes les filles des Hirondelles avaient quitté la salle.

L’attente du fouet, compacte, massive qui serre la poitrine

Martinet sur le  banc - EdméeGag

Le souffle court, le cœur palpitant dans sa poitrine resserrée, il attendit le premier coup. L’appréhension avait beau le figer dans sa posture de crapaud écartelé, les tremblements de sa croupe le trahissaient. A l’imminence de sa fouettée, les deux globes pourtant muets disaient sa peur d’avoir mal et de céder à la douleur dès les premières cinglées. Dans l’instant, une seule question lui taraudait la tête : une aussi jeune femme que Mlle Céline serait-elle aussi sévère et intraitable que Mlle Jade ?

Dans l’attente du premier coup, il se crispait d’inquiétude et elle ne le lâcherait plus jusqu’à ce qu’il tombât. Il tentait de se rassurer se disant que la surveillante des Hirondelles était bien trop jeune ou timide pour oser donner le fouet à un grand garçon comme lui, et que de toute façon, il en était certain, les filles ne sont jamais punies aussi sévèrement que les garçons.

Il tourna la tête juste au moment où, derrière lui, le bras de la jeune femme se détendait. Vite ! Se détourner ! Surtout ne pas voir ça ! Chuintement des lanières fendant l’air ! Claquement sec ! Elles s’abattirent en bloc compact sur toute la largeur de la croupe.

La première volée le surprit à peine. Moins forte qu’il ne le prévoyait. Certes, cela piquait, pinçait, mordait profondément dans sa chair, mais sans la vigueur que mettait Mlle Jade aux Aubépines. Son soulagement fut de courte durée.

« Plus fort, Céline, c’est un garçon ! Et ce méchant garçon-là a besoin d’être sévèrement châtié ! »

« N’ayez crainte, Mademoiselle, ce n’est que le début ! » approuva la jeune femme souriant d’un air entendu.

« Et vous, le garçon, resserrez vos cuisses. Vous êtes suffisamment indécent sans cela !

Étrange rappel dévastateur à la pudeur alors qu’il avait été mis nu se noyer dans sa honte !

Nouveau chuintement. Nouveau claquement. Sursaut du puni. Les lanières avaient visé le même endroit, le coup se superposant au précédent. Et une troisième fois !

La vraie correction venait de commencer. Cette fois c’était net, précis, cuisant. Mlle Céline glissa un pas à droite, fléchit un genou, leva son martinet, l’abattit d’un revers du poignet sur la fesse à punir cinq fois de suite en ménageant des intervalles de cinq longues secondes. Puis elle esquissa un pas glissé à gauche. Sifflement des lanières, claquement de la cinglée. À son tour, l’autre fesse trembla et se fendilla de stries dont la rougeur et la finesse égalaient celles de sa jumelle. Et cela recommença méthodiquement, d’une fesse à l’autre.

A la façon de manier le martinet et à l’intensité des coups, il crut une fraction de seconde que c’était Mlle Jade qui avait pris la place de la jeune surveillante pour le fouetter. Il dut admettre rapidement son erreur. La jeune femme d’une robuste vingtaine avait bel et bien une poigne à ne pas s’en laisser conter. Aux Aubépines, elle avait été à bonne école pour en imposer aux garçons. Elle usait de la même tactique. Même tempo, même fesse, même coup droit et même revers, les lanières enlaçant de leurs baisers brûlants une seule fesse à la fois mais en son entier, de la fente médiane au contour de la hanche. Aucun doute, elle avait bel et bien tenu le martinet du temps où elle était jeune surveillante aux Aubépines ! Elle le lui faisait savoir !

Cette fois la douleur dut faire son effet car les demoiselles virent les reins du garçon se cabrer, son ventre se soulever du tabouret réagissant à la soudaineté de chaque coup de martinet. Il s’était donc trompé.

Peu à peu la douleur s’installa, lancinante, brûlante, insoutenable. Elle se mit à irradier des éclairs dans toute sa croupe et le plongea de nouveau dans ce tourbillon affolant qui l’emportait au-delà de la douleur jusqu’à oublier ce qui l’entourait, qui le faisait souffrir, son cœur battant comme le sang dans ses tempes au rythme des coups de martinet incessants qui le soumettaient à la volonté pugnace de la jeune femme à le bien châtier.

Il lui fallut lutter pour ne pas perdre la face en présence de toutes les filles. Sous les cinglées qui lui lacéraient inlassablement les fesses, il s’interdit de crier et de s’ébrouer alors que les supplications se pressaient dans sa gorge et que les larmes lui brûlaient les yeux. Et que penserait la jeune femme en entendant ce grand garçon la supplier ? Qu’il est une mauviette capable de frapper une demoiselle mais incapable d’en assumer les conséquences ? Il lui restait à se rabattre sur le seul recours possible : serrer les dents, serrer très fort ses mains sur les bords du tabouret et crisper ses orteils sur le plancher.

Tous les vingt coups, la jeune femme le laissait souffler puis le houspillait pour l’enfoncer dans sa honte avant de le reprendre.

« Assez larmoyer ! On dirait un petit garçon ! Remettez-vous sinon nous sommes encore là ce soir ! »

L’attaque mortifiante le forçait à s’ébrouer, à ravaler ses sanglots.

Martinet aux Hirondellles -EdméeGag

Un léger brouhaha venu de la salle se mêlait aux bruissements des lanières et aux claquements secs des cinglées. Les commentaires, les exclamations, de petits rires étouffés en gloussements, se propageaient ici et là d’une chaise à l’autre en accompagnement de la sévère correction qui se déroulait là-bas sur la scène sous les yeux des filles. Seules celles des premiers rangs pouvaient avoir une vue précise du lacis de zébrures rouges en train de flétrir la blancheur de la croupe masculine.

Puis, l’étrange miracle attendu s’accomplit…

Échauffées par une longue succession de coups de martinet, ses fesses retrouvaient peu à peu leur existence sinon leur raison d’être : s’asseoir et aussi recevoir la fessée. Cette étrange partie du corps, inerte le reste du temps, se mit à ressentir des sensations de chaleur qui la pénétraient à cœur et circonscrivaient très exactement ses contours dans la masse charnue qui allait des reins jusqu’à la pliure des cuisses.

C’étaient des sensations inédites, presque plaisantes, qui se propageaient jusque dans son bas ventre et qui, de correction en correction, devenaient de plus en plus prégnantes au fur et à mesure qu’il avançait dans la puberté.

Inconsciemment, il avait peu à peu appris à juguler la douleur la plus cuisante pendant qu’on le fessait. L’astuce consistait par un effort de volonté à détendre les muscles de ses fesses. Surtout ne pas les crisper !

Les chairs durcies étaient comme un roc sur lequel tape un marteau alors qu’en offrant au contraire des fesses molles et malléables aux claques d’une main ou aux cinglées de n’importe quel instrument de correction, elles amortissaient aisément la douleur et en dispersait les effets comme le ferait un coussin moelleux.

« Il avait fini par domestiquer la douleur et s’avouait prendre même un certain plaisir à se faire fesser. Il lui arrivait même, pour forcer la sympathie de ses camarades, d’exagérer ses cris et ses supplications tandis qu’on le punissait, manière de leur prouver, pensait-il, qu’il était personnellement l’objet d’attentions toutes particulières de la part de ces deux femmes. »

Soudain sa volonté bascula… Se faire docile ! Montrer à la surveillante qu’il coopérait volontiers à sa punition. Et pour le lui faire comprendre, s’offrir à elle, à sa volonté.

Le dos s’incurvant d’un angoissant plaisir, il restait en place, offert tout entier à la punition. Sa croupe se poussait vers la jeune femme, comme si, prise d’impatience, elle mendiait le prochain coup, s’écartelant davantage pour lui faciliter l’ouvrage et accueillir les brûlantes fouaillées de son martinet.

La récompense se précisa. Les ondes de choc se transformaient en ondes brûlantes certes, mais nullement brutales. Elles s’infiltraient dans son ventre et ses reins leur apportant une bienfaisante et vibrante chaleur. Parfois, cela faisait durer la correction plus que de coutume et retarder la venue des larmes qui y mettrait fin, mais aussi bien pour Mlle Rukas que pour Mlle Jade qui pouvaient y voir les signes d’un entêtement, la lassitude finissait par l’emporter.

Il s’abandonnait doucement au vertige étourdissant où la douleur se fait plaisir quand Mme la Directrice intervint.

« Ses cuisses, Céline ! N’oubliez pas de les marquer également au rouge que tout le monde lui fasse honte en découvrant qu’il a reçu le fouet ! »

L’annonce le fit sursauter. Il ne connaissait que trop bien l’affreuse et déchirante douleur des lanières qui s’égarent parfois à l’intérieur des cuisses. La peau délicate ne le supporterait pas !

Et pourtant !… Mlle Céline les fouetta d’une dizaine de volées chacune. Elle fut assez habile pour que, des jarrets au bas des fesses, les deux cuisses exhibent des stries durables et bien apparentes. De la sorte, le puni aurait bien du mal à cacher qu’il avait été puni de cette façon.

Les dames lui laissèrent un moment de répit pour le laisser se remettre quelque peu des quelques dizaines de coups de martinet avant de le reprendre pour la fouettée à coups de jonc, seconde partie de son châtiment.

caning tabouret - EdméeGag

La directrice des Hirondelles se tint à quelques pas derrière le garçon agenouillé. Une robe noire que la posture avait relevée au-dessus du genou en dévoilait la perfection ainsi que la finesse de ses mollets gainés de soie. Sa jambe droite en avancée fléchie au genou comme une danseuse prête à s’élancer. Elle se pencha sur les reins dénudés examinant d’un air concentré la croupe rougie de stries abandonnée à sa volonté. Comme pour en prendre la mesure, elle apposa le jonc flexible à l’horizontale des deux plis transversaux qui la sépare des cuisses. A ce contact inattendu, les fesses du puni se contractèrent.

Aux commissures des fesses, la chair était celle d’un nouveau-né. Elle en avait la délicatesse et le velouté. De part et d’autre de la fissure médiane de la croupe, une gracieuse courbure de chair tendre ourlait le bas de chaque fesse d’un coussinet capitonné. C’est précisément là que Madame la Directrice allait s’acharner pour lui donner le fouet.

La gravité de l’instant se reflétait sur tous les visages. La tension se fit perceptible quand le jonc se dressa en l’air de toute sa longueur, vibrant de menaces.

« Jeune homme, serrez vos cuisses, je n’ai pas envie de vous blesser à cet endroit ! Et tendez- moi ce vilain postérieur que vous avez eu l’impudeur de laisser dénuder car je vais vous fouetter comme Mlle Rukas vous le fouette aux Aubépines. »

Des larmes brillaient déjà dans ses yeux. Il savait que la directrice l’examinait et de sentir le regard dont cette belle femme enveloppait sa nudité le fit vaciller. Sur ses reins moites, la fraîcheur des mains qui le disposaient de nouveau sur le tabouret le fit frissonner. Il en sentait la troublante douceur en même temps que l’irrésistible fermeté. Il obéit, se fit souple, docile. Se creuser, se fendre, se hausser à la pointe de lui-même. S’offrir. N’était-il pas fait pour le fouet ?

Alors tout s’obscurcit en lui, tandis que son derrière auréolé de lumière affrontait du mieux qu’il pouvait le regard étincelant de l’inconnue, il se laissa emporter par le vertige de son humiliation. Il savait que lorsque le premier coup lui déchirerait la peau, il l’accueillerait avec soulagement. Il allait tenir jusqu’au bout, il se le promettait. Mais il savait aussi qu’entre-temps il ne pourrait s’empêcher ni de pleurer ni de ruer.

« Si la directrice savait comme ça fait mal, elle s’arrêterait !… »

Soudain, un éclair d’or, un chuintement vibrant… un claquement sec brisa le silence.

Sous la fulgurance de la cinglée, le garçon se cabra puis se rua en avant contre le tabouret. Ses fesses se resserrèrent frileusement le long de la fente, cherchant à fuir la brutale douleur. Le jonc flexible avait épousé les courbes de la croupe, puis rebondi sur les chairs capiteuses. Au ras des fesses mordues en profondeur, un sillon, franc, épais chevauchait nettement les fines zébrures du martinet.

De nouveau, le jonc fendit l’air à toute vitesse, découpa une nouvelle rayure parallèle à la première qui rougit à vue d’œil. Nouveau sifflement et une troisième cinglée vint labourer les fesses à petite distance des deux voisines.

Le puni ne cessait de s’ébrouer et de se plaindre sous les implacables fouaillées qui découpaient leurs traits de feu dans la peau sévèrement meurtrie.

Les jeunes filles n’en croyaient pas leurs yeux. Jamais elles n’avaient entendu autant de petits cris de gorge et de gémissements, vu autant de soubresauts, de sauts de carpe, de contorsions de croupe sous les cinglées brûlantes que lui prodiguait méthodiquement leur directrice.

Les plus proches pouvaient même apercevoir en frissonnant de longs sillons que le jonc avait labourés à vif dans les chairs, les bords ourlés de minces crêtes mauves qui cisaillaient la croupe par le travers.

Son ventre nu plaqué contre le cuir du tabouret humide de sa sueur, ses deux mains cramponnées aux montants, rien ne comptait plus pour le puni que les violentes ruades de ses reins censées le prémunir des impitoyables cinglées qui le forçaient à sacrifier sa pudeur à la volonté de cette femme qui le châtiait.

La directrice n’avait aucune raison de se hâter. Elle devait donner au remords le temps nécessaire pour remuer la conscience de ce garçon sans cœur et le délivrer de sa méchanceté une bonne fois pour toutes. Oui, il lui fallait laisser son fouet agir sur cet être malfaisant pour lui faire regretter son acte infâme sur une jeune fille sans défense.

Alors elle prenait le temps d’apprêter ses coups, alignant la badine à côté de la trace du sillon qu’elle venait de creuser dans la chair, puis elle en caressait doucement un emplacement encore vierge, jugeant aux tressaillements de la croupe qui se crispait de peur, que le garçon était prêt pour une nouvelle et cuisante cinglée. C’était le signal. Et l’air chuintait, la cinglée lui arrachait un grand cri.

On ne pouvait soupçonner chez cette femme que des gestes si pleins d’élégance et de précision puissent délivrer tant de souffrances. Les cinglées se succédaient, reprenant pareillement la même trajectoire, appelant les mêmes sursauts et les mêmes tremblements d’un corps raidi par l’effort alors que se creusaient à même les plis du fessier de fins sillons d’un rouge purpurin.

Et lui, affolé de douleur, se mordait ses lèvres pour ne pas crier. Son esprit tournoyait dans une spirale bruissante de sifflements, de claquements, de sanglots rentrés et il mâchait et remâchait la phrase qui lui revenait automatiquement à la manière d’une incantation quand, exposé à demi-nu dans le bureau de Mlle Rukas, les terribles cinglées des verges l’amenaient au paroxysme de la douleur et qu’il pensait ne plus avoir assez de force pour la surmonter.

« Si la directrice savait comme ça fait mal, elle s’arrêterait !… Si la directrice savait comme ça fait mal, elle s’arrêterait !… Si la directrice savait… »

Muettes, ses suppliques implorantes ne trouvaient par l’oreille conciliante pour les entendre. Et le jonc sifflait et happait toute l’attention des dames qui, assises aux premières loges sur l’estrade, assistaient à l’humiliante expiation du grand adolescent coupable d’une horrible méchanceté.

Pommettes rouges et prunelles brillantes, elles semblaient dévorer des yeux la nudité troublante que les fouaillées faisaient sursauter et se tortiller. Elles guettaient le visage durci de leur directrice, ses doigts serrés autour du jonc, son bras qui se détendait comme un ressort invisible pour rebondir sur la croupe dénudée. A quelque distance, la cinglée semblait presque anodine, les chairs frémissaient comme si le jonc les effleurait sans les toucher.

La réalité était tout autre …

Aux violents sursauts du puni, aux brusques écarts de sa croupe, aux yeux qui s’écarquillaient puis se refermaient sur une grimace, à sa bouche qui s’arrondissait, happant un air raréfié pour le rejeter dans un sanglot, aux ruades des jambes et des cuisses, à ses pieds qui martelaient le plancher comme pour s’y enfoncer, ces dames auraient dû se rendre compte que les fulgurances de la correction au jonc qui lui foudroyaient sévèrement les fesses, ça lui faisait réellement très mal.

Malgré la sévérité du châtiment qui l’effrayait plus qu’elle n’aurait voulu, la jeune fille qu’il avait frappée laissait percer son émotion. Elle ne cessait de se dandiner sur ses jambes. Une main plaquée sur ses jeunes seins contenait les mouvements de sa poitrine et les sursauts de son cœur en écho aux claquements du fouet, l’autre posée sur sa bouche, tentait d’étouffer ses cris de surprise tandis que les claquements retentissants des coups sur la chair nue resserraient d’angoisse le cœur des demoiselles  assises dans la salle.

Soudain la douleur fusa en cris étonnamment stridents chez le grand adolescent. La directrice fit une pause et le sermonna, le somma de se reprendre et se tenir dignement. Il bafouilla des excuses et des promesses, entrecoupées de hoquets. La crainte d’une possible aggravation lui fit ployer l’échine tel un chiot apeuré qui, ventre aplati au sol, cherche à amadouer sa maîtresse en colère.

Dans le silence oppressant, l’air vibra de nouveau de claquements tandis que sur ces chairs de labour, le jonc continuait de creuser sa trace en sillons rougeâtres.

L’air siffla, et vite. Une fois !… deux fois !… trois fois ! 

Ah ! le fouet ! Le fouet qui revient ! Ça ne s’arrêtera donc jamais !

Soudain, un long hululement figea l’assemblée. Le puni se cabra. Ses pieds martelèrent le plancher. Sa croupe se souleva, le tabouret se renversa et il bascula d’un bloc sur le plancher.

De surprise, quelques dames se levèrent de leur chaise pour regarder le puni qui se tortillait et roulait sur le dos à même le sol, le frappant de ses talons comme pour étouffer la douleur cuisante qui élançait le bas de son corps. Il ne prenait même plus garde à sa pudeur. Ses cuisses s’évasaient outrageusement tels des ciseaux.

Les regards effarés de la jeune fille s’engouffraient dans la béance impudique qui lui révélait l’intimité de la jeune virilité de cet adolescent de 14 ans fou de douleur.

On se précipita pour l’aider à se redresser. On exigea de lui l’obéissance et sa totale soumission afin d’obtenir le pardon. Et toutes les demoiselles, bouche bée, purent voir ce que le Pensionnat des Aubépines ordonnait à tout garçon puni de fessée.

Hoquetant de honte et de douleur pitoyables, il se traîna sur ses genoux jusqu’aux pieds de la directrice et, balbutiant ses remerciements pour la correction qu’elle avait bien voulu lui administrer, il enfouit ses joues baignées de larmes dans la main qui tenait encore le jonc qui l’avait corrigé et la couvrit de baisers.

Retour - Waldo mod.

De retour aux Aubépines, sa culotte collant à la peau

Une fois reculotté, on le fit repartir par où il était venu. Mlle Céline le raccompagna en le soutenant par un bras, ses jambes le portant avec peine.

Quand il se retrouva au bas du petit escalier et commença à remonter la salle de spectacle par l’allée centrale, ce furent des dizaines de visages qu’il dut affronter. Les demoiselles du pensionnat étaient encore là. Des plus petites aux plus grandes, elles eurent tout loisir d’observer le vilain garçon venu pour recevoir le fouet.

Il aurait voulu courir, fendre ces deux rangées de regards hostiles, les faire reculer. Il refoulait les larmes de honte et avançait à petits pas, l’échine verticale, la nuque raidie comme soudée sur ses épaules, comme si des bâtons s’emmanchaient dans ses membres, escorté par les regards des jeunes filles, les plus éloignées se levant même pour le voir passer, d’autres penchant la tête pour scruter ses cuisses rougies et boursouflées de stries.

Ses oreilles bruissaient encore de sa terrible fouettée et à présent, il lui semblait remonter un torrent à contre-courant. À chaque pas, ses pieds semblaient s’embourber dans de la glaise qui engluait sa marche comme dans un cauchemar.

« Elles avaient su le faire crier, supplier, implorer, elles l’avaient retroussé, expulsé de lui-même… »

Il sentait l’avide cruauté des regards qui l’épiaient. Il lui semblait que les filles le dévisageaient avec plaisir et que, toutes émoustillées encore des bruits de son honteux châtiment, elles se réjouissaient de sa déchéance. L’orgueilleux gaillard avait expié sa conduite misérable, cela se voyait aussi à sa mine chiffonnée de honte !

Dans son sillage, partaient des rumeurs diverses allant crescendo, tout un souffle de chuchotis, de rires perlés et de gloussements, de petits chuintements glissés entre des lèvres, dont il ne savait s’il s’agissait de la compassion ou de contentement mais qui avivaient la blessure de son amour-propre comme le fouet sur ses reins en feu.

Il aurait tellement aimé porter des œillères comme les chevaux. Ne plus rien voir de tous ces visages et de ces yeux qui avaient assisté à son naufrage.

Dehors, le soleil d’hiver avait mis un halo irisé dans ses yeux pleins de larmes. On avait avancé la carriole à cheval, dérisoire carrosse pour ce jeune puni sans importance. Au retour, les cahots de la carriole avaient réveillé d’intolérables douleurs. Il se tenait assis avec précaution, ses fesses à peine posées sur l’extrême bord du banc, le moindre choc provoquant des élancements.

Sa culotte collait à la peau.

« Il glissa sa main sous sa ceinture et sentit les gonflements durs et douloureux laissés par le fouet. »

Richard Steen

Sa chair était à vif, encore chaude de la correction qui lui avait échauffé douloureusement les sangs. Par bonheur, ses doigts en étaient ressortis secs. Il imaginait l’imperceptible sourire de satisfaction de Mlle Jade à son retour aux Aubépines, son regard oblique sur sa croupe dénudée si jamais elle voulait le fouetter le soir au cachot. Sa stupéfaction quand de ses doigts elle effleurerait la peau irritée de boursouflures.

Son imagination ne l’avait pas trompé car il fut de fait mis au cachot pour la nuit. Et comme il venait d’être fouetté doublement au martinet et à la badine, Mlle Jade se contenta de le déculotter et de l’allonger en travers de ses cuisses pour le fesser à main nue comme s’il avait encore 12 ou 13 ans.

Et une fois seul sur sa couche, il se pâma, ses fesses encore palpitantes de claques brûlantes.  Les tensions accumulées dans la journée se dissipèrent comme par enchantement.

La vraie délivrance.

Rappel : il s’agit d’un récit d’imagination d’après une anecdote réelle (voir 1re partie)

Illustr. : 1,2,3,4 Unknw – 5) d’après Waldo – 6) Richard Steen

10 commentaires »

  1. Julie dit :

    Bonjour Edmée.
    Merci pour cette superbe fin. Il n’y a que vous pour décrire avec talent, les émotions et sentiments du jeune Arthur, qui a fait preuve de beaucoup de courage durant sa sévère correction.
    J’aurais été incapable de rester stoïque devant une telle avalanche de cinglées… En plus devant des personnes du sexe opposé, ce qui rajoute à l’humiliation de la correction.
    Félicitations pour ces 2 récits.
    Amitiés.
    Julie

  2. vergani dit :

    Bonjour Edmée,
    je vais me répéter en disant que je trouve magistrale la façon avec laquelle vous traitez le thème qui caractérise ce domaine. Les descriptions détaillées, soit physiques du sujet puni, que psychologiques, relatives aux émotions qu’il éprouve (et souvent l’humiliation est augmentée par une particulière conformation physique) analysent sans aucune pitié le désordre émotif qui agite l’esprit d’un adolescent…. Je voudrais vous lire plus souvent, mais ça concerne votre liberté créative… Permettez-moi de vous souhaiter un projet : une série sur les Aubépines. Merci
    Vergani

    • Edmée dit :

      Bonsoir cher Vergani, à mon tour de vous réitérer mes remerciements pour votre analyse et vos encouragements. C’est bon à prendre ! La liberté créative à laquelle vous faites allusion n’est pas aussi libérée que l’on pourrait croire. Il y a dans bien des têtes d’aujourd’hui la cervelle d’un inquisiteur ! Cordialement

  3. Roger dit :

    De l’art de dramatiser des états d’âme et de distiller des émotions au goutte à goutte. Excellent !

  4. chris.B dit :

    Bonsoir Edmee,
    belle suite au sujet des châtiments d’Arthur. Même si ce récit est fictif, il relate certainement un fait réel de l’époque qui l’inspire. Ce genre de sanctions a certainement existé.
    Nous attendons la suite des mésaventures de Arthur aux Aubépines.
    Chris B.

    • Edmée dit :

      Bonsoir Chris B.
      merci pour vos observations. Les « tourments de » s’inspirent effectivement d’un fait réel dont j’indique la source en introduction de la 1re partie. Dans les sanctions, tout est question de degrés, mais le pire n’est en rien de comparable, je crois, aux exactions et tortures infligées à leurs victimes par les tueurs au MOrient.

  5. vergani dit :

    Cher Edmée,
    j’espère que vous ne voulez pas vous laisser décourager par des commentaires qui, ayant tous les droits d’être hébergés dans ce domaine, n’ont certainement pour objectif de limiter la liberté creative des auteurs qui généreusement partagent avec d’autres leur travail. A mon avis, ce genre de littérature contient, dans sa propre nature, le scandale et la transgression…
    Merci,
    Vergani

  6. Marco dit :

    Bonjour Edmée,
    A la lecture en continue des 1ère et 2ème parties ce récit apparaît comme un film. Vous cadrez les différents protagonistes et savez, comme dans vos précédentes productions, bien peindre ce que chacun éprouve et ressent en mettant bien entendu la lumière sur la vedette le jeune Arthur.
    A la lumière de ma toute petite expérience réelle, je peux tout de même affirmer que je partage fort bien certaines sensations de ce puni, notamment quand il se fait déculotter sur la scène. Cela me rappelle à un moindre degré ce que j’éprouvais quand maman me déculotta dans le préau de son école devant toutes les filles. Impression très très gênante mais néanmoins avec le recul très troublante.
    Mais une fessée sévère reste une fessée et, quels que soient ses apprêts et son environnement, elle vous fait plonger dans la douleur, la régression et le questionnement de soi.
    Bravo.

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