La fessée appliquée

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L’essayeur de martinets

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(Arrangement inspiré du texte original « Madame Marrache » de Jean-Jacques)

Je regardais très rarement la télévision, pendant ces années 70. Ma culture de contestataire me faisait afficher une attitude condescendante envers ces distractions mal cuisinées pour le petit peuple, comme les jeux de Rome. Un des slogans de mai 68 n’était-il pas « ouvrez les yeux, fermez la télé » ?

Mais ce soir-là, j’étais en visite chez mes parents, et je ne voulus pas les blesser en étalant mes valeurs rebelles. Donc, après le repas du soir, Maman se leva (il n’y avait pas de télécommande à cette époque antédiluvienne) et alluma le poste. Foot sur la 1. Variétés sur la 2. Elle opta pour la 3, où passait un magazine de société. Et ce fut là que je fis connaissance avec Madame Marrache, fabricante de martinets.

Sans laisser rien transparaître, j’étais bouleversé. Ces garçonnets en culotte courte, cette forte femme, calme, sereine, sûre d’elle et de ses valeurs et repères (qui étaient aux antipodes des miens, et ça m’excitait, en secret bien sûr !).

Maman rit avec naturel, sans voir malice à la chose.

- Tu te rappelles, mon chéri, le martinet ? Oh, tu n’en as pas reçu souvent !

- J’en ai reçu sur les mollets, plusieurs fois, ça brûlait !

- Oui, mais tu as entendu ce que disait cette femme, c’est sur les fesses, que ça se donne.

- Tu ne m’en as jamais donné !

- C’est parce que je n’avais pas le temps. C’était sur le coup de la colère, je ne prenais pas le temps de te déculotter !

- Tu ne m’as jamais déculotté ?

- Non. Mais tes deux frères, je les ai souvent fessés. Toi, tu étais le petit, je t’ai élevé dans du coton.

À ce moment, mon père, qui était parti, sans doute aux toilettes, revint s’asseoir à nos côtés.

- Tu t’en souviens, toi, Papa, du martinet ? demanda ma mère, sans malice apparente, mais l’air amusé quand même.

- Ah, quand j’étais petit, ça ne rigolait pas ! À la maison, quand j’étais en retard pour remonter souper, ma mère lançait le martinet par la fenêtre, et on remontait avec. On n’était pas fiers…

- Mais tu en as donné aussi, aux grands.

- Oui, on a été plus durs avec tes grands frères.

Entre-temps, le reportage avait changé de sujet. Il aurait été indécent de ma part de continuer à évoquer les fessées familiales, d’autant que, comme l’avait précisé Maman, j’avais été épargné. C’était à la fois une sanction cuisante qui avait frappé mes frères, mais aussi, entre eux et ma mère, une complicité dont j’étais exclu. À telle enseigne que, à 20 ans, la veille de son mariage, l’un d’eux reçut de Maman une fessée dans la cuisine, par jeu, appliquée sur le pantalon (tout de même !), mais très vigoureuse, dont je fus quelque peu jaloux lorsque je l’appris de leur propre bouche. (J’avais moi-même 16 ans). Une complicité, en somme.

- Je lui ai donné une bonne fessée, pour la dernière fois, à ton grand frère, dans la cuisine !

Ah tu n’y as pas été de main morte, Maman ! Ça chauffait !

Le lendemain, j’essayai de retrouver des renseignements sur le fameux reportage. Il n’y avait alors ni clips, ni sites Internet, et tout ce que je pus récupérer ce fut le nom de Madame Marrache, dans le Morvan. Fébrilement, je feuilletai les annuaires concernés, et je finis par trouver, croisant le nom de famille et l’activité professionnelle (fabrication artisanale d’objets à usage domestique).

Je résolus d’aller rendre visite à cette dame dès que je pourrais prendre quelques jours de congés.

Quelques semaines plus tard, mon entreprise vendait un matériel innovant à une usine localisée dans un gros bourg des confins de la Bretagne où la « filière équine », comme dit maintenant, était florissante. J’avais été désigné pour former les techniciens qui devraient utiliser ce nouveau matériel. Je n’étais pas ravi de passer deux semaines loin de chez de moi, mais c’était une chance pour le jeune ingénieur que j’étais alors, que l’on me confiât une telle mission.

Le premier jour, une voiture de l’usine vint me chercher à l’hôtel. Le soir, après une dure journée de travail, j’avais besoin de faire un peu d’exercice et je retournais à pied à mon hôtel. En traversant la vieille ville, je passais devant un atelier qui me sembla important de « sellier-bourrelier », à l’enseigne « Gaston LeGuen et fille – Tout pour le cheval, le poney et l’âne ».

Par curiosité, je m’approchai et j’eus la surprise de découvrir dans la vitrine à côté des selles, colliers, harnais et autres, une magnifique collection de martinets que n’aurait pas désavouée Madame Marrache. J’étais complètement allumé, comme un félin affamé depuis des jours qui a senti l’odeur d’une proie et je décidai de revenir dès le lendemain. Il me semblait entendre cette brave dame dire tranquillement: « De bonnes lanières, assez longues, qui épousent la forme des petites fesses, et pan !… »

C’était déjà l’été et le lendemain, je troquais le costume-cravate pour le jean-chemisette. Mon cœur battait à se rompre lorsque j’entrai dans sa boutique. Là, surprise ! Je crus voir la jeune sœur de Madame Marrache. A les confondre ! Avec la même voix calme, posée, sereine, elle me demanda ce que je désirais. Quand je lui eus avoué que j’étais intéressée pas ses martinets, elle me fit un sourire complice en disant :

- Je vois ce que vous voulez. Je prends un plaisir particulier à les fabriquer ceux-là. Je ne les mets pas en vitrine de peur de faire jaser dans la ville, mais c’est ma spécialité et des boutiques anglaises spécialisées se fournissent chez moi !

Je dus la décevoir en lui révélant que je ne recherchais que de bons martinets de ménage comme ceux qu’elle exposait en vitrine, mais son sens des affaires reprenant le dessus, elle s’enquit :

- Vous voulez en acheter ? Et combien ?

- Mais j’ai peur que ça fasse mal. Vous ne croyez pas que ça fait mal ?

- Bien sûr, c’est fait pour ça. Mais ça ne blesse pas. Vous savez, quand on donne une fessée à la main, si c’est un grand garçon, il faut taper fort, et quelquefois ça peut faire vraiment du mal. Alors qu’avec un martinet, ça brûle, mais ça ne blesse pas. Ça n’écorche pas la peau.

- Mais on ne sent rien sur la culotte.

- Vous faites l’idiot ou quoi ? Une fessée, ça se donne sur les fesses, bien déculottées. Vous n’en avez jamais reçu ?

- NON, mais, des petites fessées sur la culotte, des gifles…

- Ah çà, les gifles, vous savez bien que c’est dangereux. Mais personne n’est jamais mort d’une bonne fessée.

Cette voix… Je croyais entendre Madame Marrache. Soudain, elle planta ses yeux dans les miens.

- Vous n’avez jamais reçu le martinet, alors ?

- Non…

- Vous voulez voir ce que ça fait ? Donnez-moi votre bras…

- …. Aïe !

- Vous voyez, ce n’est pas si terrible que ça. Regardez, ça ne saigne pas, il y a des belles marques rouges des lanières, c’est tout. Sur les fesses, c’est pareil.

Elle ne se départissait pas de son calme. Sa voix de gorge, chaude, me semblait envoûtante.

- Vous voulez voir ce que ça fait sur les fesses ?

- Oui, répondis-je d’une voix à peine audible.

- Alors tournez-vous. Voilà ! Il faut baisser la culotte. Oui, jusqu’aux genoux. Levez-moi cette chemise, qu’on voie bien ! Voilà, comme ça. Voilà des bonnes fesses bien blanches qui n’ont jamais rencontré le martinet ! Vous allez me dire si celui-là est bien fait. Allez, pan !

- Aïe !

- Alors ? Ça chauffe ? Vous voulez vous voir dans le miroir ? Il y en a un dans le couloir, au-dessus du lavabo.

- Qu’est-ce que vous attendez pour vous reculotter ? Vous voulez une vraie fessée ?

Je ne pus pas articuler de réponse audible. Mais Madame LeGuen avait bien compris. Elle me prit le bras et me bascula sur son giron confortable. Puis, un par un, les coups de martinet d’une bonne fessée s’abattirent sur mon derrière qui me brûlait de plus en plus. Ma fesseuse s’arrêta quand la cuisson était presque insupportable.

- Vous avez de la chance. J’aime bien donner des fessées. Puis il faut bien que j’essaye mes martinets de temps en temps. Allez, reculottez-vous, ce coup-ci ! J’ai du travail. Mais vous pouvez revenir de temps en temps. Vous me servirez d’essayeur. Allez ! Au revoir, maintenant ! conclut-elle en souriant lorsque je fus debout et rhabillé. À la prochaine !…

Par peur du qu’en-dira-t-on, je dus repasser à l’hôtel mettre une chemise à manches longues pour cacher les « belles marques rouges des lanières » sur mes bras, incompatibles avec le standing d’un jeune ingénieur plein d’avenir !

6 commentaires »

  1. nat dit :

    Quel beau metier, qu’essayeur de martinet (rire)

    Merci! pour ce joli récit.

    Nat

  2. Emilie dit :

    OUI, magnifique récit !! Merci beaucoup…

  3. fournier dit :

    pour ceux veulent revoir la vidé de cette fabrique de martinet ! = http://www.ina.fr/video/CAF95053277

  4. Chris dit :

    http://www.ina.fr/notice/voir/CAB8101688001

    C’est une vidéo sur les chatiments corporels et certains moments figuraient dans l’émission « L’oeil du cyclone » sur canal plus en 1998 sur le thème de la fessée. Je mentionne cette émission dans « fessées racontées sur petit écran ».

  5. monenfance88 dit :

    Très bon reportage sur la fabique de martinets, mais je crois qu’elle n’existe à voir comment les garçons sont habillés. Avec ces culottes très courtes, le martinet devait bien claquer. Je regrette cette époque !

    Dernière publication sur Monenfance88 : 48 A NOËL1966

  6. Emilie dit :

    J’adore ce récit !!
    Il faut oser faire deviner à une personne inconnue que l’on souhaite en fait recevoir la fessée déculottée…
    Bisous d’Emilie.

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