La fessée appliquée

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L’orange et le martinet de… Noël

Ruth Sanderson

 

par Arnaud

Parmi les souvenirs les plus féériques de mon enfance, il y a ces Noëls au château et les allées du parc blanchi par la neige ! Je restais des heures à la fenêtre à regarder tomber les flocons. À l’exception du grand salon, de la salle à manger et du bureau de Papa où crépitait en permanence un bon feu de cheminée, les couloirs et les chambres étaient pour le moins froids. Un petit chauffage d’appoint dans la chambre des parents et dans celles des filles. Mais à l’étage des garçons, il nous fallait nous contenter des couvertures et des édredons. À la dure pour nous forger le caractère !

Une semaine avant Noël nous accompagnions Papa dans le bois du parc pour choisir le sapin. Monsieur Desmares nous ouvrait le chemin et revenait plus tard couper l’arbre qui ornerait bientôt le grand salon. C’est avec Maman que nous le décorions de multiples guirlandes lumineuses, les étoiles et toutes sortes d’objets suspendus. La crèche était faite par Albane et Clotilde sous la surveillance de Papa. Et c’est à moi qu’il revenait, en tant que dernier des six enfants, de déposer la nuit de Noël, l’enfant Jésus dans la mangeoire.

Quelques jours avant Noël arrivait Bonne Maman. Papa allait la chercher au train de Tours. Élégante dans son manteau de fourrure et portant toujours chapeau. Ses valises étaient lourdes de cadeaux ! Nous étions impatients de la voir arriver, notre chère grand-mère si gaie et affectueuse ! Maman était toujours plus détendue quand sa mère séjournait à la maison. Et Papa la traitait avec un grand respect et la parfaite éducation qui était la sienne.

21, 22, 23 décembre… J’égrainais chaque jour avec impatience et nous détachions la petite fenêtre du calendrier de l’Avent. Bientôt Jésus allait naître ! Le 24 nous dînions simplement avant de partir pour l’église à 22heures. Que c’était beau lorsque la neige était au rendez-vous, de rouler quelques kilomètres jusqu’au village dont toutes les maisons étaient éclairées ! Il y avait une veillée avec de magnifiques chants de Noël, l’église était pleine à craquer, beaucoup de gens saluaient Papa et Maman avec déférence car nous étions la « famille du château » ! Louis, Charles, Gaëtan et moi avons tous été plus ou moins longtemps enfants de chœur et la nuit de Noël nous revêtions une aube toute blanche et propre pour assister Monsieur Le Curé dans la longue célébration. « Les Anges dans nos campagnes… Douce nuit… Venez Divin Messie… », les cantiques traditionnels alternaient avec de beaux morceaux d’orgue et des méditations bibliques avant que ne s’ouvre la messe de la Nuit sainte. Je bâillais un peu, surtout lorsque j’étais tout petit, mais je savais que c’était une nuit exceptionnelle où je me coucherais à une heure fort tardive. Et c’était magique !

Il était déjà bien tard lorsque nous regagnions la maison. C’était l’heure du réveillon. Saumon fumé, huîtres… (Longtemps je n‘ai mangé que le pain de seigle et le beurre !) et invariablement boudin blanc et pommes rissolées. Puis la bûche marron et chocolat, spécialité de Bonne Maman. C’était un soir de trêve, nous avions le droit de parler à table, et si notre tenue laissait à désirer, nous n’étions ni réprimandés ni mis au coin !

2 ou 3 heures… La nuit était avancée lorsque nous montions nous coucher. Ce n’était pas encore l’heure des cadeaux… Et nous peinions à nous endormir, excités par la perspective du lendemain… Qu’allaient nous offrir Bonne Maman et les parents ? Je me retournais dix fois dans mon lit emmitouflé sous la couverture… Il est né le Divin Enfant !

Jour de Noël, 25 décembre. Nous nous dépêchions pour retourner à l’église assister et servir la Messe du jour. Nous aurions préféré recevoir les cadeaux dès notre réveil, mais ce n’était pas l’usage de la maison… Ils nous étaient donnés au retour de la Messe avant le déjeuner… pendant que la dinde rôtissait ! Nous ne disposions pas, comme beaucoup de familles le font, nos chaussures devant la crèche et le sapin. Bonne Maman et nos parents s’asseyaient devant la cheminée, à côté d’une grande malle remplie de paquets. Nous commencions par leur dire, tous les six, un compliment où nous promettions d’être sages et leur exprimions nos remerciements pour tout ce qu’ils faisaient pour nous. Et nous leur offrions des friandises que nous avions confectionnées quelques jours auparavant à la cuisine avec l’aide de Madame Desmares… Noix et pruneaux fourrés à la pâte d’amande, orangettes confites, petits sablés de Noël. Ils s’extasiaient même si je crois qu’assez souvent la qualité laissait à désirer !

Puis venait notre tour ! Puisque j’étais le plus jeune, Maman me donnait un sac dans lequel il y avait des petits papiers avec nos six prénoms. Et je tirai un papier. L’appelé s’approchait des parents et de Bonne Maman qui lui souhaitaient un joyeux Noël en l’embrassant. Nous n’étions pas trop gâtés. Un cadeau de notre grand-mère, souvent un objet ancien de valeur, bibelot pour Albane et Clotilde, et deux présents de nos parents, souvent un jeu, un livre, un pull, une radio quand nous grandissions, des cubes et toutes sortes de choses simples mais que nous aimions ! Une fois les papiers froissés, la cloche du déjeuner de Noël sonnait et nous filions à la salle à manger !

Il se pouvait exceptionnellement, et Dieu merci cela n’arrivât qu’à deux reprises, que l’un de nous soit puni et privé de ses cadeaux de Noël. Soit parce qu’il s’était très mal comporté tout au long de l’année ou qu’il avait commis une chose grave juste avant Noël. Seuls Albane et Gaëtan ont été punis de cette manière. Les pauvres… cela m’a peut-être marqué autant qu’eux !

Zekel

Cette année-là, à l’appel de son nom, Gaëtan s’entendit dire :

« C’est le cœur lourd que nous avons décidé votre maman et moi de vous priver de vos cadeaux de Noël. Je vais dans les mois qui viennent redoubler de sévérité avec vous, mon garçon ! »

Et mon pauvre frère reçut seulement une orange et trouva, emballé dans un papier journal… le martinet familial. Il fondit en larmes en regardant les lanières et dut aller lui-même accrocher l’instrument au clou de la cheminée du salon entre pince, tisonnier et soufflet !

« Je vous donne une semaine, reprit Papa, pour venir vous faire punir. Je vous rappellerai alors, si besoin en est, comment je donne le martinet à celui qui l’a bien mérité. C’est compris Gaëtan ? »

« Oui Papa ! »

Gaëtan devait avoir 13 ans, c’était déjà un grand garçon, qui se tenait un peu voûté, certainement mal dans sa peau. Papa disait qu’il manquait de franchise, qu’il était un peu sournois et qu’il fallait le tenir serré et surtout ne pas hésiter à le punir s’il le méritait.

La semaine passait et mes aînés avaient beau lui dire qu’il devrait y aller au plus vite, il reculait sans cesse le moment redouté et se gâchait lui-même ses vacances.

« Vas-y lui disait Clotilde, plus t’attendras, plus Papa te fouettera fort ! »

Le 30 décembre après la prière du soir, il se décida et demanda courageusement à être puni. Nous fîmes cercle au grand salon et Papa le fit mettre à genoux.

« Dites-nous pourquoi vous allez être puni, Gaëtan. »

« Parce que…. »

« Parce que quoi mon garçon ? »

« Dois-je vous aider à faire vos aveux ? »

« Parce que je me suis mal comporté tout au long de cette année. »

Papa alla plus loin, il exigea un véritable examen de conscience dans les moindres détails avec des questions intimes et gênantes. C’est ainsi qu’Il dut à nouveau avouer qu’il avait régulièrement regardé et épié Albane par le trou de la serrure jusqu’à ce que Clotilde le surprenne dans le couloir, l’œil vissé à la porte de sa sœur dans l’espoir de la voir se dévêtir…

Maman jugea l’interrogatoire suffisant et exigea la contrition familiale.

« Répétez après moi mon chéri. »

« Mes chers parents, j’ai un très grand regret de vous causer tant de peine par ma mauvaise conduite car je vous dois respect et obéissance. C’est pourquoi me soumettant pleinement à votre autorité, je vous prie de m’administrer un châtiment sévère et mérité, et je vous demande à genoux, de m’accorder votre pardon et votre confiance. »

Ah cet acte de contrition ! Que l’avons-nous récité avant d’être puni… Tradition familiale remontant à la génération de mon grand-père et se transmettant… puisque dans les années 80, et j’en ai été témoin : quand Albane fessait l’un de ses enfants, elle le lui faisait réciter !

Richard Steen 8mod Edmée

Papa fouettait méthodiquement et pratiquait la « dizaine » faisant compter par le puni les cinglées successives. On entendait plus que le tic-tac des pendules et le crépitement du feu quand Gaëtan alla prendre le martinet et le remit à son père.

« Mettez-vous torse nu immédiatement, et comptez jusqu’à 10 ! »

Gaëtan s’exécuta et se fit fouetter le dos et les reins, sans broncher. Et pourtant Dieu sait si Papa cinglait fort !

Mais lorsqu’après avoir baissé son pantalon, le martinet lui déchira les cuisses, mon pauvre frère n’y tint plus… Chaque coup le faisait sautiller et gémir…

À la vue de ses pauvres cuisses striées, Bonne Maman demanda à son gendre la grâce du condamné, Maman elle aussi trouvait plus décent que la correction cessât. Mais pour toute réponse, Papa d’un geste sec le mit fesses nues, slip aux chevilles. La fouettée fut mémorable, le derrière de Gaëtan fut bientôt cramoisi, écorché en deux endroits, le malheureux enroué à force de crier et de supplier hurlait comme un cochon qu’on égorge.

Davcha

« Papa, je vous demande pardon, je vous en supplie, pardon Papa » hurlait-il en sanglotant.

« Filez dans votre chambre, vilain garçon ! Vous allez voir comment je vais vous dresser. Le fouet est le meilleur des maîtres ! »

J’avais 8 ans, mais je garde inscrite en moi l’image honteuse de mon pauvre frère traversant tout nu le salon et cachant ses parties intimes avec ses mains, pour aller demander pardon à Albane avant de s’enfuir dans l’escalier jusqu’à sa chambre. Maman demanda et obtint la punition de l’écriteau. Gaëtan porta trois jours la planchette sur laquelle il était écrit « VICIEUX ».

Unkn

Quelques Noëls auparavant, c’est Albane qui avait été privée de ses cadeaux. Mais déjà dotée d’un fort caractère, elle se révolta ! Elle devait être assez grande puisque je m’en souviens très bien, je la vis jeter avec colère l’orange et le martinet à la tête de Papa et Maman ! Elle le paya cher ! Maman l’obligea à ramasser et la traîna par les cheveux au petit salon voisin, à l’écart. Je crus qu’elles allaient se battre.

« À genoux j’ai dit Mademoiselle… et culotte basse ! » hurlait Maman.

« Non… Non je ne veux pas ! » sanglotait Albane qui jeta bientôt des cris perçants quand claquèrent les lanières de cuir sur ses grosses cuisses et son imposant postérieur.

Patty

Pauvre Albane, fouettée le jour de Noël !… Mais que lui avait-il pris de réagir si violemment ? Dieu sait si elle pouvait être peste à dénoncer ses frères et se réjouir de nous voir punis ! Nous aurions pu prendre notre revanche, mais lorsqu’elle revint au salon, en larmes et toute rouge, elle faisait peine à voir. Dans la honte et la précipitation, elle avait mal remis son kilt qui pendait sur le côté. Le désordre de sa toilette ne laissait pas place au doute : ma pauvre sœur avait été fessée nue, elle qui avait si honte de son gros derrière, sa « culotte de cheval » comme on disait !

G. Levis Perles -det

Elle alla embrasser Papa et demanda pardon, et nous passâmes bientôt à table. Albane retrouva bientôt tout son mordant, et fit honneur aux plats. Et si elle ne s’était autant tortillée sur sa chaise, personne n’aurait pu deviner qu’une heure plus tôt elle avait eu affaire au martinet et de quelle manière !

***   ***   ***

Martinet traditionel

Le martinet, témoin cinglant de notre jeunesse ! Mes aînés l’appelaient « les lanières du Père Torchy », un lointain parent cordonnier auquel on avait commandé un fort martinet sur mesure, un manche de bois sombre auquel étaient cloutées d’épaisses lanières de cuir, du solide et du fait maison qui manié par notre père, zébrait d’importance les fesses et les cuisses de la fratrie. Mon frère aîné a même été à l’origine d’un néologisme : « J’ai eu les fesses « torchies » par Papa ! ».

Puni au martinet

Dernier des six enfants, j’ai toujours détesté être pris pour le petit dernier plus gâté que ses aînés. J’ai reçu mon premier martinet le jour où l’homme marcha pour la première fois sur la Lune, j’ai connu plus tard la cravache, les verges, l’écriteau et une mémorable fessée aux orties un jour de chasse…

Mais même si je ne fus pas toujours sage, j’ai toujours échappé à la cruelle punition de l’orange et du martinet.

Illustr. : 1) Ruth Sanderson – 2) Zekel – 3) Richard Steen 8mod Edmée – 4) Davcha – 5) Unknw– 6) Patty- 7) G. Levis Perles-det – 8) Martinet – 9) Puni de martinet

 

16 commentaires »

  1. CLAUDE dit :

    Bonjour Arnaud.
    Vous avez donc eu une « éducation la dure ». Félicitez-vous-en ! Que la société serait moins troublée par les incivilités quotidiennes que nous connaissons si ce type d’éducation perdurait. Mais revenons à votre récit. Et d’abord le style si raffiné. Sur le contenu, je suis partagé. Certes, donner le martinet aux garçons et aux filles quand cela est mérité ne me choque pas du tout. Mais de là à transformer le nuit « sainte » de Noël en au mieux une mauvaise surprise, et au pire, comme ce fut le cas de votre sœur, en châtiment, et même en une sévère et humiliante fouettée, là je ne suis plus d’accord ! Hormis cette réserve strictement personnelle et qui n’engage que moi, j’approuve la sévérité de vos parents. Un examen de conscience, surtout quand il révèle un vice, comme le voyeurisme ne peut que me convenir. La honte de la nudité fait partie du châtiment. Cela ne me choque pas non plus. Vous l’aurez compris, je suis loin de diaboliser les châtiments corporels, y compris au martinet. Mais je crois qu’il y a un temps pour toute chose. Transformer, la chaleureuse nuit de Noël en « supplice » dépasse ma compréhension. En tout cas, merci de nous livrer un remarquable récit qui mérite des félicitations. Bien Amicalement. CLAUDE.

    • Arnaud dit :

      Merci beaucoup Claude pour vos impressions et félicitations toujours très pertinentes. je les accepte d’autant plus…
      Croyez bien que je suis reconnaissant à nos parents (aujourd’hui disparus) de la bonne et sévère éducation qu’ils nous ont donnée. La bonne tenue à table, les bons principes, les traditions, l’usage du « vous » et ce très efficace examen de conscience.
      Mes sœurs, pudeur oblige avec 4 frères, ont eu la chance de ne pas être fessées en public…
      Ce qui n’était pas notre cas à nous les garçons. Nous avions droit à l’humiliation complète. Et pour moi qui était très gros, la nudité était une honte terrible
      Je suis pleinement d’accord avec vous que la privation des cadeaux de Noël et la fouettée de ma sœur le jour même était une punition inhumaine d’une sévérité excessive. Beaucoup de gens de la famille qui le surent par ma grand-mère étaient outrés et le firent savoir, et Monsieur et Madame D…, lui régisseur, elle employée de maison, en parlaient encore il y a quelques années.
      « Pauvre mademoiselle Albane, c’est que Madame cinglait dur ! »
      Ma mère était très dure avec cette sœur et c’est elle qui décida qu’elle allait être fouettée de ce pas, le jour de Noël…Il est vrai qu’Albane était une sacrée peste, insolente et coléreuse, très effrontée qui dénonçait ses frères dès qu’elle le pouvait. Ce doit être pour se venger que Gaëtan la regardait par la serrure ! Ma sœur était en plus une dernière de classe avec de mauvais carnets toutes les semaines et des mots à faire signer. Du coup ma mère la fessait à la moindre incartade, et ce jusqu’à un âge avancé. Je me souviens d’un été où elle avait dû être punie…J’avais honte pour elle de la voir jouer au tennis avec sa jupette blanches qui laissait voir ses grosses cuisses toutes rayées de rouge. Cela ne semblait pas la gêner
      Merci encore Claude

    • chris B dit :

      Bonjour Claude,
      Je ne pense pas qu’il faille organiser des jours sans fessée ou avec fessée, surtout pour Noël. Bien sûr, à 13 ans Gaëtan connaissait la règle et les risques, orange et martinet s’il n’avait pas été sage au cours de l’année. Cependant, je n’ai pas compris le pourquoi le père avait donné le délai de 7 jours à Gaëtan pour décider quand il devrait se faire fouetter. Était-ce peut-être que son père voulait lui épargner la honte le jour de Noël ?… Pas de cadeau le droit à recevoir le fouet ?…
      (Je note au passage que beaucoup d’entre nous auraient bien aimé qu’on nous propose un jour pour nous fesser en privé plutôt que de l’être en public sur l’instant.) Comme Gaëtan, certains de mes copains ont eu droit à la fessée à cause d’un mauvais bulletin trimestriel reçu juste avant Noël.
      En tant que secrétaire du collège, ma mère lisaient tous les bulletins avant de les faire signer par le chef adjoint de l’établissement. Au magasin, elle avait croisé la mère d’un copain, la prévenant que le bulletin de son fils n’était pas brillant. La mère laissa entendre que, pour la peine, il ne recevait pas de cadeaux mais une bonne fessée à la place. Par la suite, je sus que, seul parmi ses sœurs qui avaient d’excellents bulletins, sa mère l’avait puni d’une fessée et son père d’une fouettée à la ceinture. Il ne s’en était pas vraiment vanté auprès de nos professeurs !
      Cordialement
      Chris B

      • arnaud dit :

        Bonjour Chris
        Mon père tenait beaucoup, dans l’esprit de l’acte de contrition, que le puni en fasse lui même la demande à son père. Jamais mon père ne fouettait sous l’emprise de la colère. La punition était souvent annoncée la veille et appliquée le lendemain pour nous laisser un temps de réflexion, ce qui était très éprouvant…J’avais une barre au ventre rien que d’y penser. Ma mère était plus impulsive; ce qui explique que ma sœur ait été fessée sur-le-champ suite à son geste de colère.
        Merci de votre lecture

        • Chris B dit :

          Bonjour Arnaud,
          D’après votre témoignage, vous venez certainement d’un milieu aristo vu le château.
          Est-ce que vos camarades de classe qui étaient aussi je pense du même milieu connaissaient aussi ce cette discipline de tradition pour Noël ?
          Et recevaient-ils la fessée dans la vie quotidienne et en étiez-vous témoin ? Il n’est pas mentionné si à l’école ou au collège la fessée était de rigueur.
          Mes remerciements par avance pour vos réponses.
          Chris B

          • Arnaud dit :

            Bonsoir Chris,
            Merci de m’avoir lu ! je n’ai pas connu d’autres familles où les enfants avaient été privés de cadeaux de Noël et fouettés dans la foulée. Nous avions la réputation, justifiée, de recevoir une éducation particulièrement stricte, et nos cuisses, que nos culottes courtes ne cachaient malheureusement pas, en portaient la marque ! J’avais un ami de mon âge, à quelque château plus loin, qui lui recevait souvent la cravache, j’en ai été le témoin à deux reprises, puis il était puni de cachot.
            Pour l’école, je n’y ai pour ma part pas connu les punitions corporelles, mais l’examen de mon carnet et de mes bulletins par mon père, valait toutes les punitions… Mes deux frères aînés ont connu le martinet des jésuites, et Gaëtan a été envoyé un an en Irlande dans un collège qu’il appelait la maison de correction. Albane a connu elle les verges des ursulines dans le sud de l’Angleterre dans les années 70, pendant un an pour la punir de ses insolences répétées… J’espère avoir répondu à vos questions. Arnaud

      • CLAUDE dit :

        Bonjour ChrisB. Chacun a le droit d’avoir sa position sur les moment où on doit donner la fessée. Je respecte donc votre opinion. Pour autant, vous le savez, je ne la partage pas. Cela tient sans doute aux convictions religieuses de mes parents. Certes ils étaient sévères! Je l’ai déjà tant de fois démontré sur ce Blog que, il est inutile d’y revenir. Mais je persiste et signe : la sainte nuit de Noël ne saurait être, quellles qu’en soient les raisons, transformée en un moment au mieux d’angoisse, au pire de souffrance. Cordialement. CLAUDE.

  2. joel TANGUY dit :

    Magnifique récit, bien écrit et émouvant, qui fait passer la compassion d’un petit frère envers ses aînés avant ses propres souvenirs de punition, qu’il ne détaille pas. Ce récit, qui montre l’exigence de certaines familles à l’époque indiquée, (fin des années 60 ?) et peut-être encore aujourd’hui. Les enfants d’Albane punissent-ils ainsi leurs enfants ? Je suis assez d’accord avec Claude pour admettre que le jour de Noël doit être un jour sacré, un jour de paix et la trêve de Noël a longtemps été respectée même parmi les pires guerriers, même si je rêve que l’on mette la pancarte « vicieux » aux sales gamins qui souillent les autres adolescents en direct et par internet.
    Je ne m’autorise pas à dire comme Claude, qui parle d’expérience que c’était une bonne éducation, car je ne l’ai pas vécue, mais j’ai déjà dit ailleurs, dans mes commentaires de mes propres écrits » « quand confinement rime avec redressement » que cela m’a sans doute manqué, mais ce n’est qu’un regret personnel, sans argument, juste un sentiment et non pas un avis général. Je suis touché par la description du milieu social, le château … car dans mes propres écrits, j’utilise comme  » matériaux  » ce décor. Mon épouse, qui est de milieu aristocratique, l’a mal vécu, me reprochant la carricature, mais ce beau récit, qui semble réel, atteste au moins que ce monde a existé, qu’il perdure peut-être ici ou là, dans certains milieux aristocratiques et/ou militaires et autres d’ailleurs (voir les récits de Stéphanie et Chloé ainsi que ceux d’Émilie qui semblent contemporains) et selon moi, ce modèle pourrait revenir, en réponse à la perte d’autorité et à l’incurie générale constatées partout. Bonne année à tous les rédacteurs et lecteurs de ce superbe blog.

    • arnaud dit :

      Merci Tanguy pour votre lecture acérée ! Que je partage totalement. Les souvenirs épars de ces corrections reçues par mes aînés sont très précis, des images qui m’ont profondément marqué. J’avais 8 ans je crois pour la fouettée de Gaëtan, et 6 ans sans doute pour celle d’Albane. Je crois que les épisodes se situent aux Noëls 1968 et 1970 ! C’est dire que l’esprit de « Mai 1968″ n’avait pas pénétré le « château ». Je suis content d’avoir su restituer ce milieu, ces usages et ces traditions. A l’époque c’était si naturel…Tous mes cousins, tous nos amis issus de ces familles aristocrates de la campagne française, étaient élevés à la schlague, si je puis dire. Tout cela s’est peu à peu estompé. Certes mes sœurs et deux de mes frères se sont mariés dans leur « milieu », le mari d’Albane était militaire, certes tous mes neveux et nièces ont reçu des fessées, tous ont vouvoyé leurs parents, mais à présent qu’ils sont parents, la nouvelle génération a perdu ces bonnes traditions, celle du silence à table, et le « vous » qui a presque disparu chez nous…mes parents en seraient bien tristes.
      A vous lire…

  3. CLAUDE dit :

    Bonjour Tanguy. Vous êtes un optimiste. C’est une qualité. Mais je crains que le modèle illustré par ce récit ne reste qu’un vœu pieux ! Certes, la perte d’autorité dans notre société est flagrante. Et l’incurie générale est constatée partout. Mais de nos jours la plus innocente fessée est considérée comme de la maltraitance. Alors le martinet ? Ce n’est pas pour demain ! Amicalemet. CLAUDE

  4. Herbert1 dit :

    Bonjour, Arnaud.
    Vous faites remarquablement bien revivre une atmosphère et on ne peut que se retrouver dans les souvenirs que vous évoquez. Bon nombre d’entre nous ont en effet été soumis à ce régime et ont connu « les souliers vides » à Noël, quand ce n’était pas le « cadeau-martinet » Redoutable épreuve ! Particulièrement mortifiante.
    Il y a un point, dans votre récit, qui a tout particulièrement retenu mon attention, c’est la différence de statut entre filles et garçons. Si, en effet, la fille est corrigée à l’écart, c’est en sa présence qu’au contraire le garçon, lui, reçoit sa punition. Et c’est quelque chose qui était, je crois, relativement fréquent. Que ce soit dans le cadre familial ou en classe. Dans les deux cas on estimait qu’il fallait ménager la pudeur des filles alors qu’on faisait fi de celle des garçons. C’était, concernant ces derniers, le plus souvent considéré comme devant rendre la punition plus efficace.
    Il arrivait également qu’on estime que les garçons devaient être physiquement punis alors que les filles, non. L’un des résultats de cette différence de traitement était d’offrir de facto aux filles une supériorité sur leurs frères, cousins ou camarades masculins. Une supériorité dont elles pouvaient alors jouer soit en évoquant cette différence de traitement en tant que telle, soit en faisant des allusions précises aux punitions qui leur avaient été administrées devant elles soit en adoptant une attitude « supérieure » sur l’origine de laquelle il ne leur était même pas nécessaire de se prononcer. Ça allait de soi. C’était, dans tous les cas, profondément vexant pour les garçons.
    Amicalement.
    Herbert1

    • Arnaud dit :

      Merci Herbert pour vos remarques très intéressantes sur la « non-mixité » des châtiments corporels dans notre famille. Les fouettées des garçons étaient données devant tout le monde par mon père, celles des sœurs par ma mère à l’écart dans un petit salon ou dans leur chambre. Dans les deux cas, le puni était mis nu. Il est arrivé que Clotilde et Albane soient punies devant une autre fille, cousine ou correspondante anglaise, mais jamais devant les garçons. En revanche les quatre garçons étaient punis devant leurs sœurs ou cousines ; et oncles et tantes. Je dois dire que les hurlements significatifs qui parvenaient du petit salon et les cuisses striées d’Albane laissaient à penser que ma mère maniait le martinet sans faiblesse.
      Je suis d’accord avec vous sur l’attitude des filles ; fanfaronnes, voir moqueuses quand elles assistaient à la punition des frères. Je me souviens avoir entendu mes sœurs et mes cousines ricaner dans mon dos quand je me faisais déculotter parce que j’avais de grosses fesses. Ma honte n’en était que plus grande. Je sais que quand mes frères aînés sont devenus adolescents et qu’ils étaient fouettés, ma mère tenait à ce que mes sœurs plus jeunes se retournent contre le mur pour ne pas voir « les parties honteuses » (expression de ma mère) de leurs grands frères.
      Ma mère était assez pudibonde, et trouvait qu’à partir d’un certain âge il aurait été plus décent que le fouetté gardât son slip ! Pour mon père la honte ressentie était au contraire la clé d’une bonne punition. Je me souviens avoir eu envie de gifler ma sœur lorsqu’elle m’avait demandé en riant, après une fouettée mémorable, « Alors gros vilain ça va mieux tes fesses ? »
      A bientôt,
      Arnaud

      • Marco dit :

        Bonjour Arnaud,
        Je me permets de réagir à votre réponse à Herbert1. Enfant et adolescent, j’ai partagé votre complexe sur cette partie de notre anatomie : les fesses. Je n’étais pas spécialement gros mais, selon plusieurs adultes dont mes parents et ma famille au premier chef, j’étais doté de « belles fesses, entendons par là un postérieur bien rebondi.
        Est-ce pour cela que j’ai reçu plus de fessées ? Votre exaspération face aux remarques de vos sœurs est légitime, l’ayant entendu moi de mes cousines ou copines.
        Qu’il était dur de se retenir pour « ne pas leur en filer une » !
        marco

  5. Marco dit :

    Bonjour à Arnaud et à tous les commentateurs,
    C’est un récit agréable à lire et qui décrit parfaitement les traditions de la Noël dans les campagnes. Pour moi, c’est aussi un documentaire sur un aspect très fragmentaire mais apprécié ici sur la vie des « gens de la haute » et leurs méthodes disciplinaires.
    Bien qu’ayant été élevé aussi assez sévèrement par mes parents et aussi un cran au-dessus lors de mes vacances à la ferme, la discipline évoquée ici se trouve à des années lumières, et semblait (on était pourtant en pleines Trente glorieuses) cantonnée aux usages des siècles passés, hermétique à l’évolution du monde. Ces gens des châteaux s’estimaient-ils dépositaires de valeurs éternelles ?
    Certes, les règles de conduite et les sanctions aux manquements étaient connues de tous les habitants de la famille. Certes, c’est pour le bien des membres du clan, mais je trouve le traitement choisi bien amer.
    Et je me range (bien que non pratiquant) aux côtés de Claude pour le respect de la trêve de Noël.
    Cordialement
    marco

  6. Herbert1 dit :

    Bonjour Arnaud. Et bonjour à tous les autres contributeurs.
    Je comprends bien le comportement de votre mère demandant à ses filles de se retourner, nez au mur, quand leurs frères, les plus grands, étaient corrigés. Ce devait être, pour elles, une curieuse sensation que d’assister pour ainsi dire à cette fessée sans vraiment y assister, mais je suppose que certaines d’entre elles devaient discrètement se retourner.
    L’une de mes correspondantes, qui habitait à la campagne, avait fait toute sa scolarité au cours des années soixante, dans une classe unique regroupant filles et garçons du CP jusqu’à l’année du certificat d’études. Ils avaient entre 9 et 13 selon les années, et l’institutrice, qui avait fort à faire avec tous ces niveaux différents, avait recours à la fessée avec cette particularité qu’elle fessait exclusivement les garçons. Devant toute la classe. Les filles en retiraient un sentiment de supériorité et ne manquaient jamais une occasion d’y aller, après les cours, de leurs petits commentaires et de leurs moqueries.
    Herbert1

    • Arnaud dit :

      Bonsoir Herbert
      Oui, comme vous l’écrivez très justement, les filles en retiraient un sentiment de supériorité. Mais cela n’excluait pas pour elles, si je m’en réfère à l’expérience de mes sœurs, la honte devant une autre fille, cousine ou petite amie. je sais que l’une de mes sœurs qui détestait sa correspondante anglaise, furieuse d’avoir perdu au croquet s’était ruée sur la malheureuse et l’avait frappée à coups de maillets. Pour lui faire honte, ma mère lui donna les verges devant la jeune anglaise qui le raconta dès le lendemain à toute la classe.

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