La fessée appliquée

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Fessé devant des élèves du CP

par Michel T.

Je côtoie ce blog depuis longtemps mais je n’avais encore jamais éprouvé le besoin de me raconter, bien que de nombreux récits m’aient replongé dans mon enfance durant les années 60.

J’ai reçu des fessées comme c’était l’usage à l’époque, mais seules quelques-unes m’ont durablement marqué. Je crois avoir tenté plusieurs fois de raconter sous forme de témoignage l’une d’elle, alors que j’étais en CM2, que ma mère m’administra en présence de jeunes élèves de la classe de CP. Cependant, l’émotion se faisant trop vive, les mots avaient du mal à venir. J’espère enfin aller au bout cette fois-ci et me libérer de ce poids encombrant…

 

Loulouvz

Issu d’une famille d’instituteurs, j’ai reçu une éducation stricte où le moindre écart de conduite était puni par la fessée déculottée. Mon père et ma mère avaient sur ce point une entente parfaite et jamais ce ne fut l’objet de la moindre discussion entre eux. Pour eux, « fessée déculottée » était un pléonasme. Je crois qu’ils n’envisageaient la fessée qu’appliquée sur les fesses nues. C’était quelque chose de parfaitement naturel et chacun utilisait cette méthode de correction, parfois aussi sur leurs élèves, lors de fautes graves.

Avec moi, chacun officiait selon les circonstances. Avec mon père, je devais me déboutonner moi-même et baisser ma culotte et mon slip pour me présenter à lui avant qu’il ne me bascule en travers de ses genoux. Avec ma mère, c’était un peu différent, dans le sens où c’est elle qui se chargeait toujours de me déculotter.

Mon père fessait vite mais fort, ma mère c’était l’inverse. Curieusement, je supportais très bien la douleur des claques ; en revanche, être déculotté me mettait dans un état de désarroi total, et peu importait mon âge. J’ai reçu des fessées déculottées jusqu’à mes 14 ans et cela semblait toujours produire le même effet.

Lorsque je sentais la boucle de ma ceinture s’ouvrir ou mon pantalon se dégrafer, aussitôt mon petit cœur se mettait à palpiter et les larmes me montaient aux yeux, mes forces m’abandonnaient et je m’effondrais, totalement résigné et passif devant l’intransigeance de l’autorité maternelle ou paternelle.

Likem Chubby

Avoir des parents instituteurs vous donne certes des bases solides et un avantage certain à l’école, mais les miens ne toléraient aucune faiblesse de ma part et durant quasiment toute ma scolarité, j’ai toujours été premier ou deuxième de ma classe. Autre inconvénient non négligeable, durant tout le primaire je fus scolarisé dans une nouvelle école privée mixte que dirigeait ma mère, située dans une ville moyenne où nous habitions.

Elle m’y avait inscrit par commodité, mais était devenue encore plus exigeante avec son fils qu’avec les autres élèves. La moindre mauvaise note étant souvent sanctionnée d’une bonne fessée déculottée lors du retour à la maison. Rien n’était jamais assez bien pour elle, il aurait fallu que j’obtienne 10/10 à chaque devoir ! De plus, elle avait établi une séparation stricte, à laquelle j’avais du mal à me faire, entre sa fonction et sa vie privée. À l’école je devais l’appeler « Madame la Directrice » comme tous ses élèves, et à la maison elle redevenait « Maman ».

Mais venons-en à cette fameuse journée. J’avais 11 ans et j’étais en CM2. C’était donc ma dernière année dans cette école, ce qui n’était pas pour me déplaire. Être le premier de la classe n’était pas toujours simple, encore moins lorsque c’est votre mère qui est aux commandes de l’institution. On vous regarde différemment. Heureusement, j’étais très bon élève et je me faisais rarement remarquer.

Par le passé j’avais déjà été témoin de certaines fessées déculottées données en public. Je me souviens particulièrement de celle d’un garçon de ma classe de CE2 qui avait reçu la fessée du maître en classe car cela faisait trois fois de suite qu’il n’avait pas appris sa poésie. Celle-ci m’avait émue et terrifiée à la fois, à cause de la force des claques qui résonnaient et du garçon qui avait ce jour-là beaucoup pleuré. Mais, en dehors de quelques convocations dans le bureau de ma mère, j’avais toujours été préservé de pareilles punitions.

Littlestella 6

 

Sauf que ce jour-là, Muriel, une fille que je n’aimais pas m’asticota à la cantine en m’envoyant des boulettes de pain mouillé depuis sa table voisine. Discrète, elle ne s’était pas fait prendre, ce qui m’avait passablement irrité et j’avais voulu me venger à la récréation. L’un de mes camarades avait des bombes à eau. Je lui en ai emprunté une que j’ai remplie aux toilettes, puis j’ai patiemment attendu que la surveillante soit hors de vue, pour me faufiler près du groupe de filles dont elle faisait partie alors qu’elle me tournait le dos.

Pris d’une rage soudaine en repensant à ce qu’elle avait fait à la cantine, je lançai la bombe à eau de toutes mes forces sur le dos de Muriel. Elle poussa un grand cri et tout le monde se retourna. D’ordinaire si calme et discipliné, je crois que la violence de mon geste me surprit moi-même. Je le regrettai au point de m’enfuir en courant. La cour étant petite, je ne pouvais aller bien loin, si ce n’est me cacher derrière un platane. Les filles se précipitèrent pour se plaindre en direction de la surveillante et, à peine quelques minutes plus tard, ma mère surgit dans la cour et m’appela d’une voix courroucée qui fit taire les élèves alentour. Elle m’aperçut au loin et se dirigea vers moi d’un pas ferme.

Tout alors s’emballa.

« Mais Maman, c’est elle qui a commencé !… » m’écriai-je affolé, désignant Muriel du doigt tout en essayant de m’expliquer.

Sans m’écouter, ma mère me saisit par une oreille et me fit traverser la cour sous le regard des filles et des garçons. J’avançais en traînant des pieds, à la fois dépité et pris de remords. Je pensais qu’elle m’emmènerait à l’étage dans son bureau pour régler ça entre quatre yeux comme elle en avait l’habitude, mais elle m’entraîna vers la porte de la garderie attenante. C’était une grande salle, haute de plafond avec des jouets et des matelas où les petits du CP faisaient leur sieste, ou attendaient que leurs parents viennent les chercher. Mais pourquoi là ? Ma mère habituellement si posée et organisée semblait hors d’elle. Comme si ce que j’avais fait était d’une gravité telle qu’il lui fallait agir sur-le-champ.

Unknw

Je sentis que des élèves, dont des camarades, nous suivaient mais de loin. Ma mère ouvrit la porte vitrée et, une fois à l’intérieur, la referma derrière elle. Il y avait une vingtaine d’enfants sous la surveillance d’une jeune fille. Voir débouler la Directrice à cette heure-ci en tenant un « grand » garçon par une oreille provoqua l’effet d’une surprise. D’un coup, un silence de plomb s’installa dans la salle.

« Ne vous dérangez pas, je n’en ai pas pour longtemps » prévint ma mère.

On traversa la salle au milieu des petits dont certains se réveillèrent. J’entendais résonner le claquement de ses talons sur le sol carrelé. Arrivés au fond, au pied d’un vieux banc massif, ma mère s’y assit, puis me plaça face à elle en me regardant bien fixement.

« Tu vas recevoir une bonne fessée déculottée Michel, et crois-moi, ton père t’en donnera une autre ce soir à la maison. Ah ! Si tu crois que je vais tolérer que tu te comportes comme un petit voyou ! »

Elle avait dit cela d’une voix assez forte pour être entendue de tous.

Encore aujourd’hui, ces paroles sèches et lapidaires, prononcées avec la solennité d’un verdict de cour d’assises résonnent dans ma tête. C’était comme si s’était produite une déflagration intérieure. Moi qui éprouvais déjà la honte de polariser l’attention de tous, un véritable tsunami émotionnel s’empara alors de moi et fit vaciller tout mon être. Je suis devenu successivement blême, médusé, puis désemparé. Comment, une fessée déculottée ? Là, et devant tout le monde !…

Cela faisait bien un an que je n’en avais pas reçu et la dernière avait eu lieu dans ma chambre. Alors que déjà elle m’ôtait ma blouse bleue, je l’ai implorée plein de repentir, à voix basse de peur que l’on ne m’entende trop dans ce silence pesant.

« Je t’en prie Maman ! Non, pas ici, je t’en supplie… j’le ferai plus jamais… nooooon ! »

L’idée même que j’allais être fessé à derrière nu devant tous ces petits, sans compter les regards des élèves, qui s’étaient sûrement agglutinés aux fenêtres, m’était insupportable. Moi qui étais si irréprochable, premier de ma classe, et qui ne participais jamais aux chahuts, je trouvais ça tellement injuste !

Ma mère chassa mes mains qui s’étaient agrippées mécaniquement à ma ceinture qu’elle déboucla d’un geste assuré. Puis ce fut le tour de mon pantalon. Elle abaissa la fermeture de la braguette dont le bruit si particulier « zzzzzt », me reste encore en mémoire.

Nu-West MaternSpnkg2

Déjà les larmes brouillaient mes yeux. Moi qui étais si fier de porter depuis peu de jolis pantalons en velours après des années passées en culottes courtes, j’étais traité comme un bambin. Ma respiration devenait de plus en plus difficile. Je haletais presque. Quand elle posa ses deux mains de chaque côté de ma taille, glissant ses doigts à l’intérieur du pantalon, agrippant mon slip au passage, j’eus un vertige et poussai un petit cri de désespoir.

« Maman… NOOOON !… »

Mon cri se figea à l’instant où, d’un coup sec, elle abaissa pantalon et slip ensemble jusqu’à mes chevilles. Soudain, je sentis l’air frais envelopper mes fesses nues et mes jambes se mirent à trembler. Il me sembla que le silence s’était fait encore plus pesant.

À cet instant précis, mes mains se portèrent à mon visage comme pour le dissimuler aux regards de tous ces petits dont la présence me mettait mal à l’aise. Sous le coup de l’émotion, j’éclatai en sanglots.

Je considérais cette fessée déculottée en public comme parfaitement révoltante ! J’étais tellement écrasé par la honte, incapable de retenue que j’en pleurais de rage, de frustration et de dépit. Ma mère saisit mes poignets et me plaça sur sa droite pour me basculer en travers de ses genoux, puis elle remonta ma chemisette. C’était comme si je tombais dans un précipice. Le temps fut alors comme suspendu. Puis elle commença à me fesser, de manière régulière à coup de claques sèches, tout en me faisant la leçon. Et cela n’en finissait pas ! Je n’arrêtais pas de pleurer, pleurer, pleurer… mais ce n’était pas tant à cause de la douleur des claques que de la honte qui m’envahissait à l’idée de ce que l’on allait penser de moi.

Nu-West MaternSpnkg3mod RW

La conscience de ma personne, si préoccupée du regard des autres, exacerbait mes sens. Imaginer le premier de la classe, censé servir d’exemple et qui se retrouve fessé comme un vulgaire gamin ! Non, je n’y parvenais pas, c’était proprement scandaleux !

Je me souviens qu’à un moment donné j’ai ouvert mes yeux baignés de larmes et que face à moi, alors que j’étais ployé en avant, des petites têtes enfantines se tenaient à quelques mètres à peine de mon visage. Tous les bambins assis en tailleur sur le sol me dévisageaient.

D’ordinaire, nous les grands, nous passions devant la garderie tous les jours mais sans y entrer jamais. Nous ne voulions pas avoir affaire avec des petits et leur opposions une indifférence hautaine. Pour nous, ce n’étaient que des bébés !

Mais là tout à coup leur présence devant moi, me semblait plus intense et impressionnante que jamais. J’en venais à me demander ce qu’ils penseraient de moi dorénavant, comme si leur avis avait une quelconque importance. Est-ce que je baisserai les yeux en les croisant la prochaine fois ? Est-ce qu’ils se moqueront de moi ? Etc.

Fessé au CM2

Toutes ces pensées qui me traversaient l’esprit m’ont rendu si honteux que j’ai tenté tant bien que mal de retenir mes larmes pour paraître sans doute plus digne. Mais rien à faire, chaque claque qui s’abattait me rappelait immanquablement que mes fesses étaient toutes nues alors qu’eux étaient habillés comme des grands ! Une petite fille dont j’ai croisé le regard m’a fait une grimace à laquelle je n’ai même pas su réagir, trop hagard. Certains me montraient du doigt. J’ai fini par baisser la tête vers le sol pour échapper à ces regards naïfs emplis de curiosité, en attendant la fin de ma fessée magistrale.

Quand ma mère me remit debout, je tenais à peine sur mes jambes. De la morve coulait de mon nez et mes joues étaient mouillées de larmes. En me soutenant elle m’emmena au coin le plus proche. Mon pantalon et mon slip baissés aux chevilles entravaient péniblement ma démarche. Elle plaça mes mains sur ma tête et m’ordonna de regarder fixement un point sur le mur sans bouger. Elle me planta-là, mes fesses nues et meurtries en évidence, à méditer sur ma conduite. En partant, elle fit ses recommandations à la jeune surveillante.

« Surveillez-le, qu’il ne bouge pas de là jusqu’à la fin de la récréation. »

Cette attente fut un calvaire. Je ne reconnaissais plus ma mère. C’était comme si ses habits de Directrice lui avaient ôté toute compassion. En effet, lors des fessées administrées à la maison, quand je finissais en pleurs, elle me prenait souvent dans ses bras pour me consoler, tout en m’expliquant mes torts. Elle paraissait sensible à ma douleur.

Mais voilà qu’après cette fessée elle s’en était allée aussi vite qu’elle était accourue pour me punir. Et elle m’avait conduit au piquet sans ménagement ni égard pour mes sanglots incontrôlables. L’attente fut un calvaire. J’eus alors le sentiment d’un abandon, un déchirement à me retrouver planté ainsi tout seul, totalement perdu et si vulnérable au regard de tous.

De loin j’entendais un léger brouhaha venant de derrière la porte, et j’imaginais que, sans doute, de nombreux élèves étaient venus roder près des fenêtres pour tenter d’entrevoir ma fessée déculottée.

Euticus -extr. modif

Une longue attente débuta, moi debout, nez contre le mur, nu de la taille aux pieds, tenaillé par la contrition et les regrets sincères. Dans mon dos, la salle reprenait vie. Après ce silence, les petits étaient tout excités. Je commençais à entendre des commentaires, puis des reproches et des quolibets m’assaillir de toute part… Certains vinrent même m’observer juste derrière moi. Je sentais leur présence qui me rendait inquiet et nerveux. L’un d’eux interpella naïvement la surveillante.

« Maîtresse il a fait quoi le grand pour avoir pan-pan-cul-cul ? »

Cela en devenait agaçant. Ne pouvait-on pas me laisser tranquille à la fin ! La surveillante finit par répondre.

« Ce garçon a été très méchant avec ses camarades. C’est un vilain-vilain garçon. C’est pourquoi sa maman lui a donné la fessée. Allez ! Maintenant on retourne à la sieste ! »

Au bout d’un temps interminable, la cloche sonna la fin de la récréation. Ma mère revint me chercher et m’aida à me reculotter. Toujours sans un mot, elle me prit par la main pour me conduire à ma classe. Je ne voulais pas y retourner, je ne savais pas qui m’avait vu dans cette position si honteuse et je n’avais pas envie d’affronter les regards de mes camarades et encore moins celui de Muriel.

Lorsque ma mère entra, tout le monde était déjà installé. Tous les élèves se levèrent poliment comme c’était l’usage. Elle prit alors la parole en présence de notre maîtresse et, sans tenir compte de la honte qu’elle m’infligeait de nouveau, relata ma conduite inqualifiable et la fessée méritée qui m’en avait puni.

Les yeux baissés, j’écoutais sans mot dire. Puis elle me fit monter sur l’estrade pour un exercice de contrition forcée et, face à la classe, je dus présenter mes excuses à Muriel et aux filles que j’avais mouillées avec ma bombe à eau. Mes phrases étaient maladroites, hoquetant mes mots, alors que je sentais de nouvelles larmes monter.

Ma mère repartie, je regagnai ma place au premier rang, seul et désemparé. La maîtresse entama le cours mais assez vite une agitation inhabituelle se produisit derrière moi. J’entendis des petits rires étouffés et des gloussements discrets qui venaient d’un peu partout. J’essayais de faire comme si de rien n’était mais je n’osais pas me retourner. Il était clair que j’étais le centre de ces murmures. Puis quelques moqueries fusèrent ici et là.

« Il a eu la grosse fessée ! »… « Pan-pan-cu-nu ! »… « Le Bébé Cadum ! »…

A un moment, un camarade me passa un bout de papier qui avait dû circuler sur lequel était écrit « On t’a vu cul nul, le chialeur. ».

J’étais effondré, car j’ignorais qui parmi mes camarades de classe m’avait vu recevoir la fessée. Et moi qui savais toujours tout sur tout, et bien figurez-vous que ne pas savoir m’était insupportable !

Après cet événement, je m’abstins de tout comportement agressif envers mes camarades, mais je continuai à subir quantité de moqueries tout le reste du trimestre, adressées inopinément comme par jeu ou pour tromper l’ennui. Je décidai d’adopter une attitude stoïque face à ces mots qui, tels des aiguillons, vous excitent la chair pour vous faire sortir de vos gonds. Je me consolais en me disant que de toute façon j’étais meilleur qu’eux en classe, reprenant à mon compte l’expression de La Fontaine « La bave du crapaud… ». Les gamins sont parfois méchants.

Heureusement, il ne restait qu’un trimestre avant que je n’entre au collège. En attendant cette issue, ce qui m’exaspérait le plus, c’était la sortie de l’école. Les petits du CP me reconnaissaient et me montraient du doigt à leurs parents en disant tout haut :

« Maman, c’est le grand qui a reçu la fessée dans notre classe ! »

Et je ne pouvais pas me dérober !

De toute façon, comme tout le monde savait que j’étais le fils de la Directrice et que j’étais réputé très bon élève, cela suscitait beaucoup d’interrogations. Je sentais à chaque fois la honte me monter au visage, je rougissais et je baissais la tête devant les parents dont les regards inquisiteurs ou réprobateurs me rappelaient ma faute. C’était comme si je revivais la scène de ma fessée, alors que j’essayais de l’oublier à tout prix.

Toshi

C’était un sentiment étrange et très inconfortable, comme si j’étais intimidé par ces petits du CP qui n’avaient sans doute aucune intention malveillante envers moi, mais dont la candeur me désarmait parfois. Pour vous dire à quel point ma fessée publique avait dû changer la manière dont on me percevait…

De même j’évitais de passer devant la garderie. J’aurais aimé que cette pièce soit condamnée, fermée à jamais, je ne voulais plus y remettre les pieds. Rien que l’idée de m’asseoir sur le vieux banc du fond me rendait nerveux. D’ailleurs même des années après, alors au collège, je devais parfois rejoindre ma mère à son bureau pour aller à un rendez-vous. En l’attendant sous le préau je voyais le ballet des parents sortir de la garderie avec leurs enfants et je sentais mon cœur palpiter… Je finissais par m’éloigner dans la cour pour attendre plus loin. Mais je gardais tout ça au fond de moi, ma mère n’en a jamais rien su. J’avais sans doute honte qu’elle me sache si vulnérable.

Ma mère recevait parfois certains parents en privé. Or un jour, la maman de la petite fille qui m’avait tiré la langue lors de ma fessée vint chez nous pour rencontrer la mienne. Pendant leur entretien, elles m’avaient confié la garde de la fillette dans le salon. Pour la distraire, j’avais pris le jeu des sept familles. Et la petite fit une réflexion qui me scia en deux.

« Je joue pas avec toi, t’es qu’un bébé, na ! »

Sur le coup, je me sentis terriblement vexé qu’une gamine de 7 ans me dise ça ! Je ne comprenais pas. Je tentai de me défendre, de la raisonner avec mes mots.

« Hé, moi je suis plus grand que toi ! Je suis en CM2, bébête ! »

C’était irrationnel, bien sûr ! Cela n’avait rien à voir avec l’âge réel mais traduisait la perception qu’avait cette fillette de ma maturité. Et elle n’en démordait pas !

« Et puis tu pleures comme un Bébé Cadum ! »

Et comme par jeu, elle se mit à me traiter de « Bébé Cadum », le répétant à tue-tête pour m’asticoter comme le font bêtement les enfants. Vexé comme un pou, furieux, je partis bouder dans ma chambre. Les nerfs noués, j’envoyai un coup de pied rageur sur un coussin qui était sur le parquet.

Ce n’est que plus tard que je réalisai à quel point ma terrible crise de larmes pendant ma fessée en public avait pu impressionner les petits du CP et m’avait fait passer pour un « bébé » à leurs yeux d’enfants. Ils ne s’attendaient sans doute pas à une réaction aussi puérile de la part d’un grand du CM2.

Je resterais sans doute longtemps à leurs yeux ce grand nigaud qui s’était mis à pleurer comme un bébé au moment où sa maman l’avait déculotté devant tout le monde pour le fesser sur son derrière nu.

D’un coup, en une petite phrase de rien du tout, cette peste de petite fille m’avait replongé dans le souvenir de la honte terrible de ces instants, quelques mots qui ne cesseraient de résonner à jamais dans ma tête.

Illustr. : 1) Loulouvz – 2) Likem Chubby – 3) Littlestella6 – 4) earpull Unkw – 5) Nu-West MaternSpnkg2 mod – 6) Nu-West MaternSpnkg3mod RW mod – 7) Euticu extr. mod –  8) Toshi

19 commentaires »

  1. CLAUDE dit :

    Bonjour Michel T. Beau récit plein de sensibilité : vous avez bien fait de vous libérer de ce poids qui pesait si lourdement que vous avez dû attendre longtemps avant de vous en soulager. Amicalement. CLAUDE.

    • Michel dit :

      Bonjour Claude,
      Merci pour vos compliments et votre attention, en effet j’ai longtemps refoulé cet épisode intime et le temps m’a permis de l’accepter et m’en libérer. Bien à vous. Michel

  2. Chris B dit :

    Bonjour Michel,
    Compte tenu de l’estime dans laquelle vous tenez vous portez à vos parents, on peut penser que vos fessées étaient certainement méritées. Néanmoins, vous dites que votre mère vous avait également menacé d’une fessée de votre père. A-t-elle eu lieu après celle du CP ? Et si oui, vous a-t-elle laissé un souvenir ? Merci pour votre remarquable témoignage. Cordialement.
    Chris B.

    • Michel dit :

      Bonjour Chris,
      Cette fessée a bien eu lieu au retour à la maison. Lorsque ma mère a fait le récit de mes actions à mon père le soir après le souper j’ai eu beau gémir, me défendre, m’époumoner à me justifier et répéter ce qui s’était passé à la cantine, mais mon père n’a rien voulu savoir et à suivi l’avis de ma mère et j’ai reçu une nouvelle fessée déculottée dans ma chambre, plus brève mais forte cette fois. Non elle ne m’a laissé aucun souvenir particulier. Elle était somme toute assez banale. Bien à vous, Michel

  3. Julie dit :

    Bonjour Michel,
    Les enfants d’enseignants sont rarement épargnés et ils doivent faire preuve d’exemplarité, pour faire honneur à leurs parents. On attend énormément d’eux et hors de question de relâcher l’attention. J’en sais quelque chose…
    Julie.

    • Michel dit :

      Bonjour Julie,
      En effet, ce n’est pas simple, mes parents étaient doublement exigeants avec moi, comme ils l’étaient sans doute avec eux-mêmes. Et ma mère de par sa fonction, celle d’une directrice d’école qui a la charge d’une responsabilité importante, a sans doute été contrainte d’agir de la sorte avec moi ce jour là. Vous aussi étiez fille d’enseignants ? Avez-vous également ressenti cette même exigence ?
      Bien à vous, Michel

      • Julie dit :

        Bonjour Michel,
        Oui, Maman est professeur dans un Lycée. Inutile de dire que j’ai été suivie de près et que mes dérives ont été punies. Je raconte ma première fouettée à la ceinture dans « Les bêtises de Julie : Mes dérives scolaires sanctionnées ».
        Salutations.
        Julie

        • Michel dit :

          Merci Julie d’avoir attiré mon attention sur votre récit que j’ai lu avec intérêt. J’y ai retrouvé une certaine exigence et sévérité qui ont accompagné mon éducation. Il semble que vos punitions à la ceinture étaient plutôt administrées par votre père. Est-ce que de temps en temps votre maman vous corrigeait elle-même, et si oui comment s’y prenait elle ?
          Affectueusement, Michel

          • Julie dit :

            Bonjour Michel,
            Oui, les fessées étaient administrées par Papa. Mais Maman n’était pas en reste, lorsqu’il fallait prendre les choses en main et surtout lorsque Papa n’était pas présent. J’en fais le récit dans « Les bêtises de Julie : Le mot de trop ».
            Vous aurez un aperçu de l’ado que j’étais et des corrections qui s’ensuivaient, pour me remettre dans le droit chemin.
            Chercher le mot JULIE dans le sommaire de droite et vous trouverez tous les textes que j’ai publié (6 textes dont un qui traite du Banya russe ).
            Bises,
            Julie

  4. cambaceres dit :

    Bonjour Michel,
    A vous lire, on ressent toute l’émotion qui vous a envahi lors de ce triste épisode. Le bruit des claques qui s’abattaient sur vos fesses résonne à nos oreilles tout comme celui de vos cris et de vos larmes. Et au bout de la lecture, un grand silence…Le « je » est constamment présent et, aux détails de votre narration, on comprend que vous avez gardé cela longtemps au fond de vous-même. Cette fessée déculottée publique vous a meurtri physiquement mais surtout vous a profondément blessé sur le plan psychique à cause de l’humiliation subie devant des petits élèves de l’école mais aussi de certains camarades de classe et des moqueries qui suivirent. Certes la fessée était courante à l’époque mais je trouve que votre Maman a exagéré.
    En classe de 11° (cp), l’institutrice a flanqué une fessée déculottée à un garçon devant tous les élèves ; son visage était rouge vif de convulsion, autant que ses fesses. Elle avait quatre enfants et, pour nous terroriser, nous racontait parfois les corrections au martinet qu’ils recevaient et elle ne manquait pas de recommander l’instrument aux parents. Ma mère ne l’appréciait guère. Elle ne me donna jamais de fessée mais des claques sur les cuisses nues. Elle passa bien plus tard au martinet après le redoublement de ma 6°, chose inconcevable de la part d’un excellent élève de primaire. Il ne servit que sur mes cuisses nues, le plus souvent pour des notes insuffisantes, et jamais en public. La gêne, c’était l’obligation d’avoir parfois à exhiber des cuisses zébrées par les lanières car je portais le plus souvent des culottes courtes et d’avoir à subir commentaires et ricanements.
    Personnellement j’ai compris que ma mère ne voulait que ma réussite et je ne lui en ai jamais voulu. Qu’en est-il pour vous ? Jusqu’à quel âge vos parents vous ont-ils puni ainsi ? Bien plus tard, avez-vous reparlé avec eux de cette terrible correction ?
    Ma mère n’était pas enseignante, mais son frère aîné l’avait été, un pur produit de la méritocratie républicaine. Elle voulait absolument que je suive ses traces, d’où ses exigences sur le plan scolaire et sa sévérité.
    Cordialement.

    • Michel dit :

      Bonjour Cambaceres,
      Merci pour votre intérêt, vous avez en effet bien lu et saisi tout l’enjeu de cette terrible correction. Certaines institutrices, comme celles dont vous faites mention, doivent trouver un plaisir sadique à terroriser ainsi leurs élèves, ce qui n’était aucunement le cas de ma mère. En ce qui me concerne, je n’ai jamais douté de son amour et de sa dévotion, mais il est vrai que je lui en ai quand même voulu pendant longtemps de cette humiliante déculottée publique, j’en veux pour preuve certaines tensions apparues dans nos rapports au moment de la crise d’adolescence qui, inconsciemment je pense, n’étaient pas étrangères à cet événement. À sa décharge, je crois qu’elle a été placée face à un dilemme, écartelée entre sa fonction qui commandait une sévérité des plus exemplaires surtout vis-à-vis de moi qui devait être un exemple pour tous, et son amour maternel qui lui enjoignait de me protéger. Cette dualité a sans doute fait pencher la balance du premier côté du fait que nous étions non pas à la maison mais dans l’institution qu’elle dirigeait.
      Sinon j’ai reçu la fessée jusqu’à mes 14 ans. Et non je n’ai jamais reparlé de cet événement avec ma mère, ni mon père qui n’est malheureusement plus parmi nous.
      Bien cordialement.

      • Rémi dit :

        Bonjour,
        Je ne sais pas s’il faut établir une correspondance entre le fait d’être un enfant d’enseignants et l’éducation stricte, mais à vous lire il y a de quoi se poser des questions.
        Moi-même issu d’une famille de professeurs (mère institutrice, père professeur de lycée) j’ai été particulièrement suivi durant mon enfance.
        Toutefois, les fessées déculottées qui m’ont été administrées à l’école primaire le furent par des institutrices, certes collègue de ma maman, mais sans jamais qu’elle intervienne.
        Par contre, elles devaient savoir que ma mère n’hésitait pas à y recourir à la maison et qu’en tant que fils d’enseignants je devais montrer l’exemple.
        En outre, « de mon temps », les punitions corporelles étaient encore considérées comme une méthode efficace d’éducation et peu de parents me semble-t-il y trouvaient à redire.
        Cordialement, Rémi

        • Michel dit :

          Bonjour Rémi,
          J’aimerais pouvoir tirer des conclusions mais je crois que chaque contexte est différent. Selon mon expérience, avoir des parents enseignants prédispose certainement à la discipline.
          De plus, ce n’est pas la même chose pour un enfant que d’avoir des parents instituteurs et avoir ceux-ci en poste dans l’établissement même où celui-ci est scolarisé. J’étais sans doute comme vous très suivi, mais le fait d’être dans l’établissement que dirigeait ma mère faisait qu’il n’y avait pas de séparation ente la maison et l’école. J’étais donc encore davantage sous observation.
          Sachez que de mon temps aussi ce type de punitions étaient courantes et parfaitement admises !
          Bien à vous, Michel

  5. Henri dit :

    Bonjour Michel
    La question qui me vient à la lecture de votre récit c’est de me demander pourquoi votre maman a pris la peine de vous amener dans la classe de CP pour vous punir alors qu’elle aurait pu le faire dans la cour devant tout le monde ? Cela se pratiquait couramment à l’époque ? Non ?

    • Michel dit :

      Bonjour Henri,
      C’est vrai il y avait beaucoup plus de monde dans la cour à ce moment-là, pourtant cela n’a pas été le cas. A-t-elle voulu me protéger ? Sans doute pas, puisqu’on pouvait voir à travers la fenêtre depuis la cour. Je n’ai pas d’explication certaine, si ce n’est qu’il n’y avait pas de banc dans cette cour comme dans la garderie où elle pouvait s’asseoir confortablement pour fesser lus longuement comme ce fut le cas. Dans la cour, les fessées que j’ai pu voir étaient données debout et assez rapidement. En général ma mère opérait dans son bureau mais il était à l’étage, c’était donc plus commode d’entrer dans la première pièce du rdc.
      Bien à vous. Michel

  6. Henri dit :

    Bonjour Michel
    Merci de cette précision ! Vous avez indiqué en présentation que vos parents étaient des adeptes des fessées tous les deux et que celle-ci n’était qu’une parmi d’autres mémorables donc maintenant que vous avez commencé à libérer vos souvenirs, aurez-vous envie de raconter d’autres souvenirs de votre enfance ?…
    Bien à Vous

    • Michel dit :

      Bonjour Henri,
      En effet, les fessées étaient courantes à la maison, néanmoins et Dieu merci ! pas toutes aussi exemplaires et spectaculaires que celle-ci. Je n’ai pas prévu de nouveaux textes pour le moment, tant celui-ci m’a pris du temps à accoucher et mettre en forme, mais on ne sait jamais…
      Bien amicalement, Michel.

  7. Marco dit :

    Bonjour Michel,
    j’espère vraiment que raconter cette fessée vous a allégé l’esprit. Vous l’avez si bien décrite que je crois m’y retrouver.
    j’ai subi aussi de telles déculottées publiques et je confirme qu’elles restent imprimées et modifient notre perception des années durant. Au moins nous ne sommes pas devenus des voyous, comme le craignait votre maman !
    Cordialement,
    marco

    • Michel dit :

      Bonjour Marco,
      Merci pour vos compliments. En effet, cela m’a fait du bien de me lester de ce poids qui fut trop longtemps intériorisé. Ces souvenirs imprègnent durablement notre psyché, c’est indéniable. Ils laissent des traces. Avec le temps on apprend à les apprivoiser, à vivre avec et aussi à en érotiser certains aspects.
      Bien à vous, Michel

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