La fessée appliquée

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Fessé devant des élèves du CP

par Michel T.

Je côtoie ce blog depuis longtemps mais je n’avais encore jamais éprouvé le besoin de me raconter, bien que de nombreux récits m’aient replongé dans mon enfance durant les années 60.

J’ai reçu des fessées comme c’était l’usage à l’époque, mais seules quelques-unes m’ont durablement marqué. Je crois avoir tenté plusieurs fois de raconter sous forme de témoignage l’une d’elle, alors que j’étais en CM2, que ma mère m’administra en présence de jeunes élèves de la classe de CP. Cependant, l’émotion se faisant trop vive, les mots avaient du mal à venir. J’espère enfin aller au bout cette fois-ci et me libérer de ce poids encombrant…

 

Loulouvz

Issu d’une famille d’instituteurs, j’ai reçu une éducation stricte où le moindre écart de conduite était puni par la fessée déculottée. Mon père et ma mère avaient sur ce point une entente parfaite et jamais ce ne fut l’objet de la moindre discussion entre eux. Pour eux, « fessée déculottée » était un pléonasme. Je crois qu’ils n’envisageaient la fessée qu’appliquée sur les fesses nues. C’était quelque chose de parfaitement naturel et chacun utilisait cette méthode de correction, parfois aussi sur leurs élèves, lors de fautes graves.

Avec moi, chacun officiait selon les circonstances. Avec mon père, je devais me déboutonner moi-même et baisser ma culotte et mon slip pour me présenter à lui avant qu’il ne me bascule en travers de ses genoux. Avec ma mère, c’était un peu différent, dans le sens où c’est elle qui se chargeait toujours de me déculotter.

Mon père fessait vite mais fort, ma mère c’était l’inverse. Curieusement, je supportais très bien la douleur des claques ; en revanche, être déculotté me mettait dans un état de désarroi total, et peu importait mon âge. J’ai reçu des fessées déculottées jusqu’à mes 14 ans et cela semblait toujours produire le même effet.

Lorsque je sentais la boucle de ma ceinture s’ouvrir ou mon pantalon se dégrafer, aussitôt mon petit cœur se mettait à palpiter et les larmes me montaient aux yeux, mes forces m’abandonnaient et je m’effondrais, totalement résigné et passif devant l’intransigeance de l’autorité maternelle ou paternelle.

Likem Chubby

Avoir des parents instituteurs vous donne certes des bases solides et un avantage certain à l’école, mais les miens ne toléraient aucune faiblesse de ma part et durant quasiment toute ma scolarité, j’ai toujours été premier ou deuxième de ma classe. Autre inconvénient non négligeable, durant tout le primaire je fus scolarisé dans une nouvelle école privée mixte que dirigeait ma mère, située dans une ville moyenne où nous habitions.

Elle m’y avait inscrit par commodité, mais était devenue encore plus exigeante avec son fils qu’avec les autres élèves. La moindre mauvaise note étant souvent sanctionnée d’une bonne fessée déculottée lors du retour à la maison. Rien n’était jamais assez bien pour elle, il aurait fallu que j’obtienne 10/10 à chaque devoir ! De plus, elle avait établi une séparation stricte, à laquelle j’avais du mal à me faire, entre sa fonction et sa vie privée. À l’école je devais l’appeler « Madame la Directrice » comme tous ses élèves, et à la maison elle redevenait « Maman ».

Mais venons-en à cette fameuse journée. J’avais 11 ans et j’étais en CM2. C’était donc ma dernière année dans cette école, ce qui n’était pas pour me déplaire. Être le premier de la classe n’était pas toujours simple, encore moins lorsque c’est votre mère qui est aux commandes de l’institution. On vous regarde différemment. Heureusement, j’étais très bon élève et je me faisais rarement remarquer.

Par le passé j’avais déjà été témoin de certaines fessées déculottées données en public. Je me souviens particulièrement de celle d’un garçon de ma classe de CE2 qui avait reçu la fessée du maître en classe car cela faisait trois fois de suite qu’il n’avait pas appris sa poésie. Celle-ci m’avait émue et terrifiée à la fois, à cause de la force des claques qui résonnaient et du garçon qui avait ce jour-là beaucoup pleuré. Mais, en dehors de quelques convocations dans le bureau de ma mère, j’avais toujours été préservé de pareilles punitions.

Littlestella 6

 

Sauf que ce jour-là, Muriel, une fille que je n’aimais pas m’asticota à la cantine en m’envoyant des boulettes de pain mouillé depuis sa table voisine. Discrète, elle ne s’était pas fait prendre, ce qui m’avait passablement irrité et j’avais voulu me venger à la récréation. L’un de mes camarades avait des bombes à eau. Je lui en ai emprunté une que j’ai remplie aux toilettes, puis j’ai patiemment attendu que la surveillante soit hors de vue, pour me faufiler près du groupe de filles dont elle faisait partie alors qu’elle me tournait le dos.

Pris d’une rage soudaine en repensant à ce qu’elle avait fait à la cantine, je lançai la bombe à eau de toutes mes forces sur le dos de Muriel. Elle poussa un grand cri et tout le monde se retourna. D’ordinaire si calme et discipliné, je crois que la violence de mon geste me surprit moi-même. Je le regrettai au point de m’enfuir en courant. La cour étant petite, je ne pouvais aller bien loin, si ce n’est me cacher derrière un platane. Les filles se précipitèrent pour se plaindre en direction de la surveillante et, à peine quelques minutes plus tard, ma mère surgit dans la cour et m’appela d’une voix courroucée qui fit taire les élèves alentour. Elle m’aperçut au loin et se dirigea vers moi d’un pas ferme.

Tout alors s’emballa.

« Mais Maman, c’est elle qui a commencé !… » m’écriai-je affolé, désignant Muriel du doigt tout en essayant de m’expliquer.

Sans m’écouter, ma mère me saisit par une oreille et me fit traverser la cour sous le regard des filles et des garçons. J’avançais en traînant des pieds, à la fois dépité et pris de remords. Je pensais qu’elle m’emmènerait à l’étage dans son bureau pour régler ça entre quatre yeux comme elle en avait l’habitude, mais elle m’entraîna vers la porte de la garderie attenante. C’était une grande salle, haute de plafond avec des jouets et des matelas où les petits du CP faisaient leur sieste, ou attendaient que leurs parents viennent les chercher. Mais pourquoi là ? Ma mère habituellement si posée et organisée semblait hors d’elle. Comme si ce que j’avais fait était d’une gravité telle qu’il lui fallait agir sur-le-champ.

Unknw

Je sentis que des élèves, dont des camarades, nous suivaient mais de loin. Ma mère ouvrit la porte vitrée et, une fois à l’intérieur, la referma derrière elle. Il y avait une vingtaine d’enfants sous la surveillance d’une jeune fille. Voir débouler la Directrice à cette heure-ci en tenant un « grand » garçon par une oreille provoqua l’effet d’une surprise. D’un coup, un silence de plomb s’installa dans la salle.

« Ne vous dérangez pas, je n’en ai pas pour longtemps » prévint ma mère.

On traversa la salle au milieu des petits dont certains se réveillèrent. J’entendais résonner le claquement de ses talons sur le sol carrelé. Arrivés au fond, au pied d’un vieux banc massif, ma mère s’y assit, puis me plaça face à elle en me regardant bien fixement.

« Tu vas recevoir une bonne fessée déculottée Michel, et crois-moi, ton père t’en donnera une autre ce soir à la maison. Ah ! Si tu crois que je vais tolérer que tu te comportes comme un petit voyou ! »

Elle avait dit cela d’une voix assez forte pour être entendue de tous.

Encore aujourd’hui, ces paroles sèches et lapidaires, prononcées avec la solennité d’un verdict de cour d’assises résonnent dans ma tête. C’était comme si s’était produite une déflagration intérieure. Moi qui éprouvais déjà la honte de polariser l’attention de tous, un véritable tsunami émotionnel s’empara alors de moi et fit vaciller tout mon être. Je suis devenu successivement blême, médusé, puis désemparé. Comment, une fessée déculottée ? Là, et devant tout le monde !…

Cela faisait bien un an que je n’en avais pas reçu et la dernière avait eu lieu dans ma chambre. Alors que déjà elle m’ôtait ma blouse bleue, je l’ai implorée plein de repentir, à voix basse de peur que l’on ne m’entende trop dans ce silence pesant.

« Je t’en prie Maman ! Non, pas ici, je t’en supplie… j’le ferai plus jamais… nooooon ! »

L’idée même que j’allais être fessé à derrière nu devant tous ces petits, sans compter les regards des élèves, qui s’étaient sûrement agglutinés aux fenêtres, m’était insupportable. Moi qui étais si irréprochable, premier de ma classe, et qui ne participais jamais aux chahuts, je trouvais ça tellement injuste !

Ma mère chassa mes mains qui s’étaient agrippées mécaniquement à ma ceinture qu’elle déboucla d’un geste assuré. Puis ce fut le tour de mon pantalon. Elle abaissa la fermeture de la braguette dont le bruit si particulier « zzzzzt », me reste encore en mémoire.

Nu-West MaternSpnkg2

Déjà les larmes brouillaient mes yeux. Moi qui étais si fier de porter depuis peu de jolis pantalons en velours après des années passées en culottes courtes, j’étais traité comme un bambin. Ma respiration devenait de plus en plus difficile. Je haletais presque. Quand elle posa ses deux mains de chaque côté de ma taille, glissant ses doigts à l’intérieur du pantalon, agrippant mon slip au passage, j’eus un vertige et poussai un petit cri de désespoir.

« Maman… NOOOON !… »

Mon cri se figea à l’instant où, d’un coup sec, elle abaissa pantalon et slip ensemble jusqu’à mes chevilles. Soudain, je sentis l’air frais envelopper mes fesses nues et mes jambes se mirent à trembler. Il me sembla que le silence s’était fait encore plus pesant.

À cet instant précis, mes mains se portèrent à mon visage comme pour le dissimuler aux regards de tous ces petits dont la présence me mettait mal à l’aise. Sous le coup de l’émotion, j’éclatai en sanglots.

Je considérais cette fessée déculottée en public comme parfaitement révoltante ! J’étais tellement écrasé par la honte, incapable de retenue que j’en pleurais de rage, de frustration et de dépit. Ma mère saisit mes poignets et me plaça sur sa droite pour me basculer en travers de ses genoux, puis elle remonta ma chemisette. C’était comme si je tombais dans un précipice. Le temps fut alors comme suspendu. Puis elle commença à me fesser, de manière régulière à coup de claques sèches, tout en me faisant la leçon. Et cela n’en finissait pas ! Je n’arrêtais pas de pleurer, pleurer, pleurer… mais ce n’était pas tant à cause de la douleur des claques que de la honte qui m’envahissait à l’idée de ce que l’on allait penser de moi.

Nu-West MaternSpnkg3mod RW

La conscience de ma personne, si préoccupée du regard des autres, exacerbait mes sens. Imaginer le premier de la classe, censé servir d’exemple et qui se retrouve fessé comme un vulgaire gamin ! Non, je n’y parvenais pas, c’était proprement scandaleux !

Je me souviens qu’à un moment donné j’ai ouvert mes yeux baignés de larmes et que face à moi, alors que j’étais ployé en avant, des petites têtes enfantines se tenaient à quelques mètres à peine de mon visage. Tous les bambins assis en tailleur sur le sol me dévisageaient.

D’ordinaire, nous les grands, nous passions devant la garderie tous les jours mais sans y entrer jamais. Nous ne voulions pas avoir affaire avec des petits et leur opposions une indifférence hautaine. Pour nous, ce n’étaient que des bébés !

Mais là tout à coup leur présence devant moi, me semblait plus intense et impressionnante que jamais. J’en venais à me demander ce qu’ils penseraient de moi dorénavant, comme si leur avis avait une quelconque importance. Est-ce que je baisserai les yeux en les croisant la prochaine fois ? Est-ce qu’ils se moqueront de moi ? Etc.

Fessé au CM2

Toutes ces pensées qui me traversaient l’esprit m’ont rendu si honteux que j’ai tenté tant bien que mal de retenir mes larmes pour paraître sans doute plus digne. Mais rien à faire, chaque claque qui s’abattait me rappelait immanquablement que mes fesses étaient toutes nues alors qu’eux étaient habillés comme des grands ! Une petite fille dont j’ai croisé le regard m’a fait une grimace à laquelle je n’ai même pas su réagir, trop hagard. Certains me montraient du doigt. J’ai fini par baisser la tête vers le sol pour échapper à ces regards naïfs emplis de curiosité, en attendant la fin de ma fessée magistrale.

Quand ma mère me remit debout, je tenais à peine sur mes jambes. De la morve coulait de mon nez et mes joues étaient mouillées de larmes. En me soutenant elle m’emmena au coin le plus proche. Mon pantalon et mon slip baissés aux chevilles entravaient péniblement ma démarche. Elle plaça mes mains sur ma tête et m’ordonna de regarder fixement un point sur le mur sans bouger. Elle me planta-là, mes fesses nues et meurtries en évidence, à méditer sur ma conduite. En partant, elle fit ses recommandations à la jeune surveillante.

« Surveillez-le, qu’il ne bouge pas de là jusqu’à la fin de la récréation. »

Cette attente fut un calvaire. Je ne reconnaissais plus ma mère. C’était comme si ses habits de Directrice lui avaient ôté toute compassion. En effet, lors des fessées administrées à la maison, quand je finissais en pleurs, elle me prenait souvent dans ses bras pour me consoler, tout en m’expliquant mes torts. Elle paraissait sensible à ma douleur.

Mais voilà qu’après cette fessée elle s’en était allée aussi vite qu’elle était accourue pour me punir. Et elle m’avait conduit au piquet sans ménagement ni égard pour mes sanglots incontrôlables. L’attente fut un calvaire. J’eus alors le sentiment d’un abandon, un déchirement à me retrouver planté ainsi tout seul, totalement perdu et si vulnérable au regard de tous.

De loin j’entendais un léger brouhaha venant de derrière la porte, et j’imaginais que, sans doute, de nombreux élèves étaient venus roder près des fenêtres pour tenter d’entrevoir ma fessée déculottée.

Euticus -extr. modif

Une longue attente débuta, moi debout, nez contre le mur, nu de la taille aux pieds, tenaillé par la contrition et les regrets sincères. Dans mon dos, la salle reprenait vie. Après ce silence, les petits étaient tout excités. Je commençais à entendre des commentaires, puis des reproches et des quolibets m’assaillir de toute part… Certains vinrent même m’observer juste derrière moi. Je sentais leur présence qui me rendait inquiet et nerveux. L’un d’eux interpella naïvement la surveillante.

« Maîtresse il a fait quoi le grand pour avoir pan-pan-cul-cul ? »

Cela en devenait agaçant. Ne pouvait-on pas me laisser tranquille à la fin ! La surveillante finit par répondre.

« Ce garçon a été très méchant avec ses camarades. C’est un vilain-vilain garçon. C’est pourquoi sa maman lui a donné la fessée. Allez ! Maintenant on retourne à la sieste ! »

Au bout d’un temps interminable, la cloche sonna la fin de la récréation. Ma mère revint me chercher et m’aida à me reculotter. Toujours sans un mot, elle me prit par la main pour me conduire à ma classe. Je ne voulais pas y retourner, je ne savais pas qui m’avait vu dans cette position si honteuse et je n’avais pas envie d’affronter les regards de mes camarades et encore moins celui de Muriel.

Lorsque ma mère entra, tout le monde était déjà installé. Tous les élèves se levèrent poliment comme c’était l’usage. Elle prit alors la parole en présence de notre maîtresse et, sans tenir compte de la honte qu’elle m’infligeait de nouveau, relata ma conduite inqualifiable et la fessée méritée qui m’en avait puni.

Les yeux baissés, j’écoutais sans mot dire. Puis elle me fit monter sur l’estrade pour un exercice de contrition forcée et, face à la classe, je dus présenter mes excuses à Muriel et aux filles que j’avais mouillées avec ma bombe à eau. Mes phrases étaient maladroites, hoquetant mes mots, alors que je sentais de nouvelles larmes monter.

Ma mère repartie, je regagnai ma place au premier rang, seul et désemparé. La maîtresse entama le cours mais assez vite une agitation inhabituelle se produisit derrière moi. J’entendis des petits rires étouffés et des gloussements discrets qui venaient d’un peu partout. J’essayais de faire comme si de rien n’était mais je n’osais pas me retourner. Il était clair que j’étais le centre de ces murmures. Puis quelques moqueries fusèrent ici et là.

« Il a eu la grosse fessée ! »… « Pan-pan-cu-nu ! »… « Le Bébé Cadum ! »…

A un moment, un camarade me passa un bout de papier qui avait dû circuler sur lequel était écrit « On t’a vu cul nul, le chialeur. ».

J’étais effondré, car j’ignorais qui parmi mes camarades de classe m’avait vu recevoir la fessée. Et moi qui savais toujours tout sur tout, et bien figurez-vous que ne pas savoir m’était insupportable !

Après cet événement, je m’abstins de tout comportement agressif envers mes camarades, mais je continuai à subir quantité de moqueries tout le reste du trimestre, adressées inopinément comme par jeu ou pour tromper l’ennui. Je décidai d’adopter une attitude stoïque face à ces mots qui, tels des aiguillons, vous excitent la chair pour vous faire sortir de vos gonds. Je me consolais en me disant que de toute façon j’étais meilleur qu’eux en classe, reprenant à mon compte l’expression de La Fontaine « La bave du crapaud… ». Les gamins sont parfois méchants.

Heureusement, il ne restait qu’un trimestre avant que je n’entre au collège. En attendant cette issue, ce qui m’exaspérait le plus, c’était la sortie de l’école. Les petits du CP me reconnaissaient et me montraient du doigt à leurs parents en disant tout haut :

« Maman, c’est le grand qui a reçu la fessée dans notre classe ! »

Et je ne pouvais pas me dérober !

De toute façon, comme tout le monde savait que j’étais le fils de la Directrice et que j’étais réputé très bon élève, cela suscitait beaucoup d’interrogations. Je sentais à chaque fois la honte me monter au visage, je rougissais et je baissais la tête devant les parents dont les regards inquisiteurs ou réprobateurs me rappelaient ma faute. C’était comme si je revivais la scène de ma fessée, alors que j’essayais de l’oublier à tout prix.

Toshi

C’était un sentiment étrange et très inconfortable, comme si j’étais intimidé par ces petits du CP qui n’avaient sans doute aucune intention malveillante envers moi, mais dont la candeur me désarmait parfois. Pour vous dire à quel point ma fessée publique avait dû changer la manière dont on me percevait…

De même j’évitais de passer devant la garderie. J’aurais aimé que cette pièce soit condamnée, fermée à jamais, je ne voulais plus y remettre les pieds. Rien que l’idée de m’asseoir sur le vieux banc du fond me rendait nerveux. D’ailleurs même des années après, alors au collège, je devais parfois rejoindre ma mère à son bureau pour aller à un rendez-vous. En l’attendant sous le préau je voyais le ballet des parents sortir de la garderie avec leurs enfants et je sentais mon cœur palpiter… Je finissais par m’éloigner dans la cour pour attendre plus loin. Mais je gardais tout ça au fond de moi, ma mère n’en a jamais rien su. J’avais sans doute honte qu’elle me sache si vulnérable.

Ma mère recevait parfois certains parents en privé. Or un jour, la maman de la petite fille qui m’avait tiré la langue lors de ma fessée vint chez nous pour rencontrer la mienne. Pendant leur entretien, elles m’avaient confié la garde de la fillette dans le salon. Pour la distraire, j’avais pris le jeu des sept familles. Et la petite fit une réflexion qui me scia en deux.

« Je joue pas avec toi, t’es qu’un bébé, na ! »

Sur le coup, je me sentis terriblement vexé qu’une gamine de 7 ans me dise ça ! Je ne comprenais pas. Je tentai de me défendre, de la raisonner avec mes mots.

« Hé, moi je suis plus grand que toi ! Je suis en CM2, bébête ! »

C’était irrationnel, bien sûr ! Cela n’avait rien à voir avec l’âge réel mais traduisait la perception qu’avait cette fillette de ma maturité. Et elle n’en démordait pas !

« Et puis tu pleures comme un Bébé Cadum ! »

Et comme par jeu, elle se mit à me traiter de « Bébé Cadum », le répétant à tue-tête pour m’asticoter comme le font bêtement les enfants. Vexé comme un pou, furieux, je partis bouder dans ma chambre. Les nerfs noués, j’envoyai un coup de pied rageur sur un coussin qui était sur le parquet.

Ce n’est que plus tard que je réalisai à quel point ma terrible crise de larmes pendant ma fessée en public avait pu impressionner les petits du CP et m’avait fait passer pour un « bébé » à leurs yeux d’enfants. Ils ne s’attendaient sans doute pas à une réaction aussi puérile de la part d’un grand du CM2.

Je resterais sans doute longtemps à leurs yeux ce grand nigaud qui s’était mis à pleurer comme un bébé au moment où sa maman l’avait déculotté devant tout le monde pour le fesser sur son derrière nu.

D’un coup, en une petite phrase de rien du tout, cette peste de petite fille m’avait replongé dans le souvenir de la honte terrible de ces instants, quelques mots qui ne cesseraient de résonner à jamais dans ma tête.

Illustr. : 1) Loulouvz – 2) Likem Chubby – 3) Littlestella6 – 4) earpull Unkw – 5) Nu-West MaternSpnkg2 mod – 6) Nu-West MaternSpnkg3mod RW mod – 7) Euticu extr. mod –  8) Toshi

35 commentaires »

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  1. Seb dit :

    Bonjour,
    Après la lecture de ce récit, je comprends tout à fait la nécessité de vous punir sévèrement, Michel. Je trouve normal qu’il y ait une barrière entre la maman et la directrice qu’elle était. Il n’y a pas de compassion à avoir ni de passe-droit, au contraire. Je pense que la punition était amplement méritée. Il n’y a pas à laisser s’expliquer, la faute commise est suffisamment grossière. La demoiselle aurait également dû être punie . Elle a voulu en faire un exemple et je trouve ca très respectable mais à sa place, je pense que j’aurais puni devant toute la cour d’école afin d’augmenter votre honte. En tout cas, en tant que fils de la directrice d’école, je pense que la punition a dû être bien honteuse.

    • Stéphanie dit :

      En effet, la punition dans la cour pouvait s’imposer. J’ai aussi été fessée devant des plus jeunes, moi en 5ème, les autres en cm2, la honte est d’autant plus grande, avec en plus des commentaires de parents présents…

  2. Marco dit :

    Bonsoir Seb,
    Ce récit vous fait réagir aussi. L’élément déclencheur : la boulette de mie de pain lancée par Muriel sur Michel, geste puéril assez courant dans nombre de cantines d’écoles, de colonies de vacances ou de patronages et signe de distraction et de laisser aller des pensionnaires aurait pu se finir par un simple rappel à l’ordre ou envoi au piquet.
    Il n’en fut rien et les harcèlements répétés de cette gamine ont atteint la limite du supportable. On dit que la vengeance est un plat qui se mange froid mais celui-ci ne devait pas être assez refroidi et Michel l’a mal digéré par l’erreur de jugement. Il aurait dû patienter davantage pour n’atteindre que la bénéficiaire, cela lui aurait sans doute épargné tout ce « foin ».
    Et sa boule d’eau, loin de rafraîchir l’atmosphère, a fait l’effet d’une bombe, dont il a ressenti le trauma jusqu’à aujourd’hui !
    Je loue votre esprit d’équité : la gamine aurait dû prendre sa part comme autrice des événements, mais froissée par le geste de son fils la « Maman-Directrice » n’avait pas la patience pour entamer une enquête sereine des faits avant d’affermir son jugement et elle s’est emportée, aveuglée par la colère (qui n’est jamais bonne conseillère) ouvrant la mauvaise porte pour lui flanquer sa dégelée.
    Je doute qu’une fessée dans la cour eût été mieux. Quoique cela lui aurait au moins épargné l’excessive exposition devant les petits.
    La Raison aurait dû conduire Madame la Directrice à le fesser dans son bureau ou dans la classe de son fils. La vue de Michel corrigé sur l’estrade par sa faute aurait peut-être impressionné Muriel.
    Voilà mon point de vue !

    marco

    • Seb dit :

      Bonjour à tous,
      Je ne suis pas très en accord avec la mansuétude que l’on accorde à Michel. Certes, c’était généralement un bon élève discipliné la plupart du temps, cela n’a pas empêché cet écart de conduite qui méritait d’être bien sanctionné. Aussi bon qu’il soit, tout élève qui fait un écart est soumis à la règle générale et doit être puni comme n’importe quel autre élève. Pas de passe-droit.
      Mettons-nous à la place de sa maman directrice : voir son fils se mettre en spectacle ainsi et faire le pitre devant toute la cour en humiliant une demoiselle avec une bombe à eau. C’est d’autant plus inacceptable que ce garçon met en cause et en public l’autorité de sa mère. On imagine qu’elle a dû se sentir trahie et honteuse de voir son fils avoir ce type de comportement. Il est normal qu’elle ait pu être furieuse.
      Toute bêtise commise en public mérite d’être punie en public. Aussi, je pense qu’il aurait été bon que Michel soit au minimum puni devant sa classe et surtout devant la demoiselle. Pour une punition bien honteuse et juste au final dont Michel ne pouvait plus se plaindre pour ne s’en prendre qu’à lui-même et à son erreur. Par justice, Muriel aurait dû être punie elle aussi. Mais elle ne s’est pas fait prendre, c’est injuste comme beaucoup de d’événements dans la vie hélas !
      Félicitations à cette maman directrice qui, par devoir, a su punir son fils en lui faisant subir la même punition que n’importe quel élève.
      Stéphanie, je me retrouve bien dans votre commentaire. Être puni devant des élèves plus jeune fait réfléchir. J’ai moi-même été puni, étant collégien, dans la cour de l’école primaire et devant les mamans présente à la grille à de l’école. Cela afin de me discipliner. Je lui en suis reconnaissant aujourd’hui.

      • Chris B dit :

        Bonjour Seb,
        Vous dites avoir été fessé à la cour de l’école. Pouvez vous nous raconter ces anecdotes et en dire plus ?
        Merci par avance
        Chris B

  3. Gilbert D dit :

    Bonjour Seb
    Marco a tout à fait raison. Ce qui est surprenant aussi, c’est que Michel a toujours été un garçon bon élève, sage et irréprochable. Muriel l’a harcelé avec sa miche pain jusqu’à le pousser par la provocation à ce geste grossier qui lui fait perdre sa bonne conduite : lui lancer sottement une bombe d’eau. Avec le recul, je me demande pourquoi par la suite, une fois calmée et l’affaire un peu tassée, sa maman ne s’est même pas demandée pourquoi son fils s’était brusquement mis en colère contre Muriel. Je comprends mal qu’une directrice d’école n’ait même pas pris la peine d’y réfléchir, au lieu de fesser son fils devant tout le monde et les petits du CP et de n’avoir même pas pris la peine d’user de son autorité par la suite pour faire cesser les brimades et les moquerie durant le reste du trimestre avant qu’il n’entre au collège alors qu’il avait compris la leçon et purgé, en l’assumant, sa punition.
    J’ai aussi du mal à saisir la réaction excessive de sa mère car même si son fils s’est montré d’une violence qui l’a surpris lui-même, après tout ce n’était que de l’eau qui a mouillé les vêtements de la. Elle en aurait qu’été quitte pour aller se sécher aux toilettes de l’école. Qui n’a pas pris dans sa vie une petite douche impromptue ? Il n’y avait pas de quoi en faire une montagne de fromage ! Michel n’avait pas commis un crime et Muriel et ses copines n’en sont pas mortes ! Bref, une réaction maternelle disproportionnée qui m’échappe ! Bien a vous,

    Gilbert D

  4. Serge dit :

    Bonjour,
    je trouve cette histoire assez triste, Michel bien des années plus tard n’a pas encore tout à fait évacué la terrible humiliation que fut pour lui sa fessée déculottée devant les petits du C.P, à cela s’ajoute ne l’oublions pas, la honte du récit de sa mère devant sa classe, mixte, et la « victime », plus l’exposition au piquet non seulement devant les C.P, mais également devant tous ceux qui se régalaient de la vision des fesses enluminées au travers des vitres, j’imagine qu’ils étaient nombreux.
    N’oublions pas in fine, une bonne fessée par le père au retour de l’école !
    Je trouve que cela fait beaucoup pour avoir lancé de l’eau sur une gamine qui l’avait par ailleurs provoqué. Je veux bien admettre que la maman était en colère, elle n’est jamais bonne conseillère comme le souligne Marco. Qu’aurait-il fallu alors me direz-vous ?
    Si la directrice doit marquer le coup compte tenu de sa position, je pense qu’à la limite une fessée devant la classe aurait été préférable et aurait permis, comme le souligne judicieusement Marco, de faire honte à la gamine, lui montrant qu’à cause d’elle, qui s’en tirait à bon compte, Michel recevait une fessée fesses nues devant elle.
    Mais j’aurais préféré que cela se passe dans l’intimité de son bureau, quitte à en faire le compte-rendu, le « traumatisme » pour Michel aurait été bien moindre.
    Cordialement.
    A. QUILICI

  5. Gilbert D dit :

    Tout à fait d’accord avec Serge. Toutefois, je doute qu’une fessée déculottée dans la classe devant Muriel aurait pu impressionner cette dernière, si semble-t-il, son but était de le faire punir afin de se venger en détruisant sa réputation de bon élève censé donner l’exemple en tant que le fils de la directrice. Je ne crois pas non plus qu’elle ait eu le moindre remords, sinon elle aurait sans doute fini par se dénoncer elle-même. Mais même si Michel a mérité sa fessée déculottée, j’en conviens, car on ne doit pas se faire justice soi-même, celle-ci aurait dû lui être donnée par sa mère en privé dans son bureau ou dans l’intimité familiale.
    Bien à vous et amicalement.

  6. Marco dit :

    Merci à vous Gilbert D et Serge d’avoir pris mon parti.
    En réexaminant les faits, il semble bien que la gamine voulait le faire punir et le faire tomber de son piédestal d’élève modèle.
    Elle a été comblée au-delà de ses espérances, qui sait si elle a vu la scène depuis la porte vitrée ?…
    Michel ne devait pas se faire justice lui-même mais son comportement inhabituel aurait dû interroger sa mère, passés quelques jours et le feu de l’action éteint.
    Cela aurait pu permettre de rétablir l’équilibre et de sanctionner la coupable.
    Michel a bien trop payé pour cette faute, une fessée à huis-clos c’était le maximum ! et dire que son père l’attendait le soir à la maison pour un même traitement ? Trop c’est trop !

    Indignation rétrospective de marco

  7. Gilbert D dit :

    En tant que nouveau membre de ce blog, je suis, vraiment, très heureux d’avoir pu m’exprimer sur ce récit qui m’a vraiment touché. J’espère que mes commentaires et celui des autres membres, en l’occurrence Marco et Seb, permettront à Michel de continuer sa vie d’une manière très sereine.
    Michel, tu as toute ma sympathie, ma compassion et mon amitié et par elle, je me joints à tous et si je puis t’aider encore à travers ce blog pour te rendre bonheur et joie de vivre, même avec ta maman, si tu l’as toujours, tu peux compter sur moi.
    Toutes mes amitiés.
    Gilbert D

  8. Serge dit :

    Finalement les arguments de Seb m’ont convaincu, la mère de Michel ne pouvait pas laisser passer l’incartade de son fils et une fessée déculottée bien honteuse devant toute la classe aurait été bienvenue plutôt que devant les petits du C.P, voire dans la cour de l’école. En revanche, je maintiens que le rappel le soir même par le père ne s’imposait nullement, en dépit du principe une fessée au dehors, une à la maison et du second édicté par Seb, une bêtise en public, une fessée en public, qui me semble lui aussi difficilement applicable et peut-être un peu trop sévère.
    Quant à l’attitude de la jeune Muriel, on peut espérer qu’elle ait passé de mauvaises nuit, hantée par les conséquences de ses actes, ou au contraire qu’elle se soit régalée du spectacle de la correction de Michel et sans que nul remord ne l’habite. Il faudrait la connaître un peu pour se faire une idée, ce qui n’est pas le cas. Après, comme dit Seb, la vie est injuste, nous ne le découvrons pas et Michel aura peut-être eu d’autres occasions sinon de se venger, à tout le moins de voir d’autres camarades punis et autant humiliés que lui, histoire de n’être plus le seul à subir les inévitables quolibets que sa fessée quasi publique lui ont certainement valus durant des jours et des jours.
    Sympathiquement
    Serge

  9. Gilbert dit :

    Vois-tu Serge, entre le fait d’espérer que Muriel ait passé de mauvaises nuits hantées par les conséquences de ses actes ou au contraire, qu’elle se soit régalée de la correction de Michel sans que nul remord ne l’habite.
    Je suis persuadé que c’est la deuxième hypothèse qui est la bonne. En effet, lorsqu’un enfant a conscience qu’une de ses fautes a porté préjudice à un autre et le regrette sincèrement, il fera tout ce qui est en son pouvoir pour se racheter et se faire pardonner par sa victime. À l’évidence, Muriel ne l’a jamais fait, ce qui est la preuve de son absence de scrupule à cet égard.
    Je persiste à affirmer que Michel ne devait pas être puni en public.
    Très amicalement
    Gilbert D

  10. Seb dit :

    Bonjour,
    Je pense que cette punition n’a pas fait de mal à Michel, bien au contraire. Reconnaissons qu’il a commis une grosse bêtise en humiliant Muriel devant tout le monde en lançant cette bombe a eau, et il est juste qu’il subisse à son tour ce même genre d’humiliation en étant puni devant tout le monde. Il n’a pas laissé le choix à sa mère, directrice de l’école, de punir son fils avec plus de sévérité que d’autres élèves. Il n’y a aucune raison que les élèves les plus sages échappent à la punition s’ils ont commis une faute. Compte tenu de ma propre expérience, je considère normal qu’il soit également puni par son père au retour à la maison. Dans mon cas, toute punition à l’école me valait systématiquement la fessée déculottée en rentrant à la maison. Je me souviens d’avoir été puni publiquement à 13 ans étant jeune collégien dans la cour de mon ancienne école primaire et je n’en fus pas fier. Je raconterai peut-être cet épisode qui reste vivace dans ma mémoire.

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