La fessée appliquée

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Mamie Charlotte dialogue…

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1 – Souvenirs de Mamie Charlotte

2 – Considérations sur l’éducation et le rôle des parents

3 – Parlons martinet

 

Souvenirs de Mamie Charlotte 

 

De Thierry 

Oh oui, Mamie, s’il vous plaît, racontez-nous tous vos souvenirs de fessées ! Nous en sommes friands !

 

De Jean-Jacques

Quels délicieux souvenirs vous nous racontez là, Mamie ! J’attends sagement les suivants. Quel âge avait Olivier, lorsqu’il reçut la fessée devant vous ? Est-ce que l’on fessait, dans les écoles, ou au catéchisme ? Ne pensez vous pas, tout à fait entre nous, que l’on devrait parfois revenir à ces méthodes ?

 

De Mamie Charlotte

Merci à tous pour vos encouragements.

Pour répondre à Jean-Jacques, mes cousins Ninon et Olivier avaient tous les deux 7 ans au moment des faits.

Patientez un peu Jean-Jacques, je vous emmènerai bientôt avec moi à l’école.

Je dis souvent à mes petits-enfants qui ont renoncé à ces méthodes qu’une bonne fessée déculottée est préférable aux privations de sortie, de console ou de télévision qu’ils imposent à leurs gamins pendant parfois un mois. Elle perturbe la vie des gamins que quelques minutes mais leur laisse un souvenir tout aussi durable. Autre temps, autres mœurs…

 

De Sophie 

Bravo mamie Charlotte pour vos souvenirs. Ma mamie était une grande fouetteuse et j’ai eu « la chance? » de goûter à son martinet qui avait déjà fouetté ma mère et je pense qu’elle devait comme votre tante l’avoir toujours avec elle. Et vous-même, avez-vous été fouettée par votre tante avec son martinet? Vous rappelez-vous son aspect qui devait être bien plus redoutable que ceux que l’on peut encore voir (aujourd’hui rarement) dans certaines drogueries. Avez-vous vous aussi utilisé cet instrument sur vos enfants comme l’a fait ma mère ? Autre temps, autre éducation.

 

De Jean-Jacques 

Merci de votre réponse, mamie Charlotte. Je n’ai que 60 ans, mais ce que vous racontez me semble familier. A ceci près que les fessées que j’ai reçues, et vu donner, l’étaient à la main, le martinet n’étant pas toujours à portée. Mais ça claquait bien je vous assure, et la belle couleur carmin qui concluait la fessée n’avait sans doute rien à envier à celles de votre récit. J’ai encore le son de ces claques en mémoire… Au plaisir de vous lire, et mes respects, chère mamie.

 

De Mamie Charlotte 

Pour Sophie, je précise que tous les martinets du village étaient du même modèle et provenaient de l’unique épicerie, seule la couleur du manche changeait. Ils cinglaient bien, tous les enfants d’alors pourraient en témoigner. Tatie Eugénie avait choisi un manche vert et Maman un manche rouge.

Dans ma jeunesse, fillettes et petits garçons avaient des jeux différents et se fréquentaient peu. Je ne pense pas avoir été seule chez Tatie Eugénie jouer avec mes cousins. J’accompagnais Maman quand elle rendait visite à sa sœur. Ma tante n’a, donc, pas eu l’occasion de me corriger lorsque j’étais chez elle, Maman s’en chargeait et c’est elle qui m’a fait goûter le martinet de la maison.

Comme pratiquement toutes les mères d’enfants un peu grands des années 50, j’avais mon martinet. Il était accroché au portemanteau de l’entrée. Il a surtout servi lorsque mes enfants eurent 7/8 ans et à nouveau pour leurs 12/13 ans afin de juguler ce que l’on appelle, aujourd’hui, leur crise d’adolescence.

Mes enfants n’étaient pas plus traumatisés, que je ne l’avais été, par les fessées, toujours méritées qu’ils ont reçues. C’est tout naturellement que, devenus parents, ils ont donné à leurs enfants le même type d’éducation et se sont équipés d’un martinet le moment venu.

 Suite à la question de Jean-Jacques sur le catéchisme, je me rappelle que le prêtre qui s’occupait des garçons était un sacré fesseur. Tous ses élèves ont reçu au moins une bonne déculottée pendant les années qu’ils ont passées avec lui.

Sœur Marie-Hortense, qui s’occupait des filles, nous punissait en nous donnant des coups de sa longue règle carrée sur le bout des doigts (ouille, que ça fait mal !).

Une seule fois, je l’ai vu donner une fessée à une élève qui, étant en retard, avait oublié d’enfiler une culotte avant de venir. Lorsque la sœur s’en aperçut, elle s’approcha de la négligente en lui faisant honte, la fit se lever et se pencher sur son pupitre, elle releva sa jupe et lui donna une bonne rafale de coups avec la règle qu’elle ne posait jamais. C’est en larmes, qu’elle la renvoya chez elle mettre un pantalon et prévenir sa mère qu’elle resterait après le cours pour rattraper ce qu’elle avait manqué.

 

De Bernard 

Bonjour Mamie Charlotte, merci beaucoup de nous faire part de votre expérience et d’enrichir notre propre vision ; on imagine que vous devez comme beaucoup regretter aujourd’hui le laxisme parental et la confusion qui s’est instaurée entre tendresse-dialogue (que nous connaissions jadis) d’une part et laxisme-déresponsabilisation répandue aujourd’hui appliquiez-vous des fessées symboliques ou étaient-elles sévères? Infligiez-vous le martinet en privé? Quel âge ont aujourd’hui vos enfants?

Encore merci pour vos récits ; faire nous vite part d’autres souvenirs

 

De Mamie Charlotte 

En réponse à Bernard :

J’ai envoyé hier à Alain mes premiers souvenirs d’école. Il a eu la gentillesse de les mettre immédiatement en ligne sous le titre « Souvenirs de Mamie Charlotte – suite ».

Je tiens à le remercier publiquement pour l’immense travail qu’il fournit en faisant vivre ce blog avec talent.

Bien sûr, comme vous, je déplore le laxisme ambiant. J’ai déjà dit que je pense qu’une bonne fessée est préférable à toutes ces privations de sortie, d’ordinateur ou autres que les parents d’aujourd’hui imposent à leurs enfants pour les punir.

Ma fille aînée aura bientôt 70 ans (eh oui, j’étais toute jeunette lorsque que je l’ai eue !). Mon mari ayant été prisonnier, les deux autres font partie du baby-boom : mon fils a 61 ans et la benjamine 58.

Étant secrétaire bilingue, j’ai dû aller travailler à la ville où j’étais hébergée par ma tante, la couturière dont vous ferez bientôt connaissance. Jusqu’à la fin de la guerre, c’est Maman qui a élevé ma fille avec mes petites sœurs (ses tantes) de seulement 3 et 8 ans plus âgées qu’elle. Le martinet était à la maison et elle y a goûté très jeune car elle était terrible. Maman corrigeait les trois gamines, l’une devant l’autre, la fessée de l’une servant aussi de leçon aux autres.

Elle ne pouvait pas compter sur la honte du déculottage : comme elle l’avait fait pour Julie et pour moi, elle les laissait cul nu sous leur jupe à la maison. Maman ne nous maltraitait pas, mais, pour être efficaces, ses fessées devaient être de bonnes fessées qui n’avaient rien de symboliques, elles étaient proportionnelles à la gravité de la faute. Elles, comme nous, en ont reçues des sévères quand elles le méritaient.

Je ne voulais pas que ma fille pense que la discipline se relâchait quand je m’en suis occupée complètement, je l’ai, donc, punie avec la même rigueur que Maman. J’ai agi de même pour ses cadets.

Lorsque ma fille eut 12/13 ans, période particulièrement difficile durant laquelle j’ai eu à décrocher souvent le martinet pour la canaliser, son petit frère n’en avait que 3/4. Je n’avais, donc, aucune raison de la corriger en privé. L’unique fessée qu’elle ait reçue plus tard (à 15 ans pour avoir sécher le collège), je lui ai infligée en privé dans sa chambre mais les petits étaient parfaitement au courant de sa punition.

Elle a toujours assisté aux corrections de ses cadets dont elle était, un peu, la seconde maman.

Étant donné leur différence d’âge, elle était suffisamment au fait des choses de la vie quand le garçon commença à avoir des « réactions physiologiques ». Par contre, c’est à partir de ce moment que je n’ai plus fessé mon fils devant sa petite sœur ni elle devant lui.

 

De Jean-Jacques 

Quelles bonnes éducatrices vous aviez, Mamie Charlotte ! On sent que vous ne leur tenez aucun grief d’avoir été ainsi corrigée.

Mademoiselle Blanc vous a donc fessée à la main, ce fameux jour d’absence de Madame Rouquette ? Votre sœur n’a pas été déculottée, mais vous-même ?

Elle était bien indulgente, finalement. Mais qu’est-ce qui vous inspirait le plus de crainte, que la fessée soit appliquée au martinet, ou d’être déculottée devant vos camarades ?

Pour ce qui me concerne, quand j’ai reçu le martinet, c’était toujours sur les mollets et les cuisses, par ma maman. Il ne s’agissait donc pas, à proprement parler, de fessées. Les vraies fessées, culotte baissée, m’étaient administrées à la main, par le maître d’école le plus souvent, ou sur le trottoir par ma maman, qui, hors de la maison, ne prenait pas de martinet. Mais je craignais beaucoup plus ces dernières, à cause de la honte que l’on me déculotte devant tout le monde, suivant l’expression consacrée, et que l’on me fesse.

 

De Mamie Charlotte 

En réponse à Jean-Jacques :

Dans ma jeunesse, tous les enfants savaient que désobéissance, insolence, mensonge ou paresse entraînaient une punition, et la punition, c’était la fessée. Je n’ai jamais eu le sentiment d’avoir été punie injustement. Je ne peux, donc, pas faire grief à mes parents ou à mes maîtresses des corrections qu’ils m’ont infligées.

Mademoiselle Blanc n’avait pas de martinet et fessait toujours à la main.

Ni Francine, ma camarade de classe corrigée par sa grande sœur, ni moi n’avons été déculottées, mais nous n’aurions pas éprouvé de honte particulière si on nous avait baissé notre culotte. Dans notre campagne, les gamines ne portaient une culotte que pour aller à l’école ou à la messe. J’avais vu le derrière de toutes mes camarades comme toutes avaient vu le mien. Ce que l’on redoutait, c’était la douleur provoquée et le regard des autres après la correction.

Bien sûr, comme tous les enfants, je craignais plus une fessée au martinet qu’une fessée à la main.

 

De Mamie Charlotte (répondant à une observation de Marie-Claire à Thiery et Jean-Jacques retranscrite ci-dessous)

« Vous allez être un peu déçus, Thierry et Jean-Jacques. Il ne me vient pas, tout de suite, de souvenir de fessée mémorable, parce que la fessée était pour moi quelque chose de familier… Je ne dis pas de routinier, je ne fessais pas tous les jours, mais ce n’était pas un évènement quand ça arrivait, et surtout pas un évènement dramatique.  C’est peut-être pour cela que je ne crois pas, sincèrement, avoir jamais traumatisé un ou une élève.  Il y a une différence entre un maître (ou une maîtresse) qui annonce la sentence comme une peine capitale, qui met en scène de façon exagérée, qui frappe avec brutalité, et un maître ou une maîtresse qui fesse avec mesure des enfants qui savent déjà à quoi ils s’exposent.  Je dirais aussi qu’une seule fessée, si c’est le genre de cataclysme qui arrive une fois par génération, c’est traumatisant pour le puni, et parfois pour les témoins. Si la fessée est un élément de la vie, qu’on en a déjà vu donner quelques unes, lorsque le moment arrive de la recevoir, pour un motif justifié, cela est vexant, cuisant, mais pas traumatisant. Tout cela pour dire qu’il faut donner la fessée à bon escient et à tous ceux qui la méritent, et non la réserver à un seul qui deviendrait la risée de tout le monde.  Il m’arrivait de donner la fessée sur le pantalon, ou le fond de culotte des filles quand elles étaient en jupe. Mais, en cas de récidive, je déculottais, et devant toute la classe. A l’époque, les parents approuvaient ouvertement cette punition.  Au début de ma carrière, les écoles n’étaient pas encore mixtes. Je n’enseignais qu’à des petites filles, qui recevaient la fessée de temps en temps, je n’ai pas fait de statistiques, vous pensez bien…   Quand j’ai eu des classes mixtes, j’ai hésité un tout petit peu avec les garçons, et, par souci de justice, avec les filles. Nous en avons parlé, avec les maîtres, pendant la récréation, et ils m’ont convaincu que les messieurs supportaient très bien le même sort, et qu’ils y avaient déjà goûté dans les classes précédentes.  La première fois que j’ai déculotté un garçon, au CM1, il avait craché sur la table de sa voisine pendant que j’écrivais au tableau. Il a eu droit à sa fessée, et je vous prie de croire que c’était une bonne fessée, sur l’estrade, sous mon bras, et je l’ai envoyé se reculotter dans le couloir les fesses à l’air. Il est resté sage comme une image tout le reste de l’année.  Mais, au fait, Thierry et Jean-Jacques, quel âge avez-vous ? N’avez-vous jamais été fessés, pendant vos années d’écolier ?  Si ça se trouve, vous auriez pu être mes élèves, vous savez, je suis une vieille dame, maintenant. »  

Mamie Charlotte :

Je ne peux que souscrire à ce que dit Marie-Claire.

Je me souviens mieux de fessées qui m’ont été infligées, auxquelles j’ai assistées ou que l’on m’a racontées que de fessées que j’ai moi-même données.

De notre temps, la fessée était la punition normale; on donnait une fessée à un enfant pour lui montrer que sa conduite est inacceptable et lui ôter l’envie de recommencer.

Avec trois enfants plus ou moins terribles et une petite sœur de 14 ans ma cadette, qui essayait de me tester et de faire chez moi ce qu’elle ne se serait jamais permis avec Maman, j’ai dû donner bon nombre de fessées dans ma vie. Elles provoquaient gémissements, voire pleurs quand la faute méritait une punition sévère, demande de pardon et promesse de ne pas recommencer. Le scenario était toujours le même et aucune ne me laisse un souvenir particulier. De même, j’ai oublié les raisons pour lesquelles j’ai dû sévir, sauf dans trois cas particulièrement graves :

- retard de 3 heures de ma sœur à 15 ans, un jeudi où elle avait emmené ma fille à la foire ;

- école buissonnière de mon aînée à 15 ans ;

- fraude pendant une composition d’histoire de mon fils à 13 ans.

 

De Henri50 

Dans l’un des commentaires cités plus haut, Mamie Charlotte indique que parmi les fessées mémorables qu’elle a données, elle a eu l’occasion de punir sa sœur plus jeune de 15 ans et j’aurais aimé savoir si elle avait l’habitude de fesser sa sœur ou si c’était la seule fois et évidemment…si elle nous ferait le plaisir de raconter CETTE fessée !?

 

De Mamie Charlotte 

En réponse à Henri50 :

Comme je l’ai indiqué dans ma réponse au commentaire de Bernard sur « Souvenirs de Mamie Charlotte », la dernière de mes sœurs n’a que 3 ans de plus que mon aînée. Ma fille a passé pratiquement les six premières années de sa vie chez Maman pendant lesquelles elles ont partagé, comme de bonnes copines, jeux, bêtises et fessées.

Après le retour de captivité de mon mari, nous avons loué un appartement en ville et j’ai pu reprendre ma fille.

Ma petite sœur est venue chez nous lorsqu’elle a eu 14 ans, pour préparer l’École normale. Elle partageait la chambre de ma fille et était soumise à la même discipline, donc au martinet si sa conduite était répréhensible. En venant chez moi, elle pensait pouvoir faire, impunément, tout ce qu’elle aurait voulu. J’ai dû être intransigeante pour l’en dissuader et lui montrer que c’était moi qui commandais. Je n’avais pas l’habitude de la fouetter mais son comportement lui a valu plusieurs fessées.

J’ai dit plus haut que toutes mes fessées se ressemblaient et qu’aucune ne m’avait laissé de souvenir particulier. Dans les trois cas que j’ai cités, ce sont les raisons pour lesquelles j’ai dû sévir qui m’ont marquées, pas la fessée elle-même.

Je ne peux, donc, pas vous faire plaisir et vous m’en voyez désolée.

 

De Jean-Jacques 

Vous avez donc fessé votre fils, chère Mamie Charlotte. Il était donc dissipé ? insolent ?

 

De Mamie Charlotte

Réponse à Jean-Jacques :

Mes enfants, filles et garçon, n’étaient pas des petits saints mais des gamins pleins de vie. J’ai réprimé chez mon fils, comme chez ses sœurs, désobéissance, insolence, mensonge et paresse. Oui, j’ai fessé mon fils pour ces motifs.
J’ai utilisé la même méthode pour le convaincre qu’il devait un minimum d’égards à la gent féminine, à ses sœurs en particulier. Il a compris très vite et c’est le plus galant et le plus attentionné des hommes.

 

 

Considérations sur l’éducation et le rôle des parents

Dialogue avec Edmée à propos de son récit « Mémorable séance pour Lucien… » suivi d’une intervention de Marie-Claire

Commentaire de Mamie Charlotte 

J’ai éprouvé un réel malaise à la lecture de ce texte. Certes, dans les années d’après-guerre, j’ai croisé des familles où les enfants étaient éduqués, je devrais dire dressés, avec une extrême sévérité. L’indifférence qui tolérait de tels excès est, en partie, responsable des excès inverses que nous connaissons aujourd’hui où le martinet est hors la loi et où un gamin qui reçoit une fessée un peu appuyée peut envoyer ses parents devant les tribunaux.

Il était dans la logique de l’époque pour les parents qui déléguaient l’éducation de leurs enfants à une gouvernante, de lui donner les moyens d’accomplir sa mission donc de lui déléguer, aussi, le droit de correction. Dans cette même logique, la présence de leur mère aux corrections infligées par la gouvernante devait montrer aux enfants qu’elle agissait en plein accord avec elle.

Mon fils avait des camarades punis à la cravache ou à la ceinture, parfois du côté de la boucle.

Dans une maison où ma fille a été invitée à un goûter d’anniversaire, elle a été amusée par la pléthore de martinets exposés : dans l’entrée, dans la chambre de chacun des quatre enfants (dont l’aînée avait 16 ans) … et elle n’a eu accès à la chambre des parents !

Quoi qu’il en soit, Edmée a assisté aux débordements d’une folle, venue à l’école humilier et passer à tabac son fils. Aucune mère saine d’esprit n’aurait agi ainsi.

Je suis révoltée par la conduite de la surveillante, coupable de ne pas avoir tenté de s’interposer et de calmer la marâtre et encore plus coupable d’avoir voulu lui complaire en aggravant la punition de Lucien pour des actes commis en dehors de l’école.

 

Réponse d’Edmée par l’intermédiaire d’Alain 

(Ces temps derniers Edmée est assez insaisissable, mais j’ai réussi à le joindre à une étape de ses voyages. Votre réaction l’a surpris, Mamie Charlotte, d’où son empressement à vous répondre).

Edmée comprend votre malaise et votre révolte à la lecture de ce récit de souvenir, Mamie Charlotte, mais il dit qu’il lui a paru nécessaire de restituer avec un certain réalisme l’impression pénible que lui laissa cette scène à l’époque.

Qui était donc cette mère venue exprès dans l’école de son fils pour l’humilier, le « passer à tabac » et s’acharner sur lui avec tant de brutalité en présence de tous les élèves ?

Edmée rectifie : « Loin d’être un passage à tabac, c’était plutôt une volée de gifles désordonnée dont la plupart atteignaient uniquement les avant-bras que Lucien avait placés au-dessus de sa tête pour se protéger. Néanmoins, rien qui justifie une telle violence à l’opposé de la sévérité des punitions méthodiques en usage dans cette institution ».
Certes, à l’époque, il y avait parfois des châtiments publics – et d’une sévérité excessive comme vous l’attestez vous-même -  qui, sans être la norme, seraient aujourd’hui inconcevables et entraîneraient la réprobation générale voire la dénonciation de leurs auteurs comme d’abominables criminels.

La mère de Lucien était une personne secrète, distante et d’un abord intimidant.

Avec le recul, Edmée se demande si cette dame était heureuse en couple et si la vie qu’elle menait la laissait insatisfaite ? Son mari lui offrait-il le rang et la condition qu’auraient légitimés ses origines ? Toujours est-il que, ce jour-là – et ce fut la seule fois dont Edmée fut témoin – elle avait déversé sa hargne sur son aîné. En tout cas, il semblait qu’elle avait conservé dans son salon les vestiges des splendeurs du passé.

Quant au personnel, et à cette surveillante en particulier, apparemment complice, que pouvait-on lui reprocher ?

« Remettons-nous dans le contexte » dit Edmée. Ces gens étaient tout bonnement à l’écoute de la volonté des parents, partageant avec eux la même conception en matière d’éducation.

« On ne peut que constater l’abîme qui sépare deux époques comme deux pôles antagonistes ».

Voilà en substance la réflexion que me confie Edmée. Vous paraît-elle convaincante, chère Mamie Charlotte ?

 

Réaction de Mamie Charlotte 

Je suis désolée Edmée : votre mise au point n’a pas tempéré mon malaise.

Le plus cher désir d’un parent, digne de ce nom, est de faire de ses enfants des adultes responsables et bien dans leur peau. Leur réussite dans la vie est sa fierté.
La punition, quelle qu’elle soit (châtiment corporel jadis ou privation d’un loisir ou d’un objet désiré aujourd’hui), doit être un signal envoyé à l’enfant pour qu’il comprenne que sa conduite est inacceptable et qu’il doit s’amender. Toute violence faite dans un autre cadre est condamnable.
Certains parents comptaient sur la honte provoquée chez l’enfant pour renforcer la punition. Ils n’hésitaient pas à lui infliger, surtout s’il était un peu grand, une fessée publique ou à lui annoncer, de manière ostentatoire, une correction dès le retour à la maison. Tout cela était, malheureusement, banal.
La frustration et la rancœur de la mère de Lucien ne l’autorisaient pas à se défouler en déversant « sa hargne sur son aîné ». Que ce j’ai qualifié de passage à tabac soit, plutôt, « une volée de gifles désordonnée dont la plupart devaient atteindre uniquement les avant-bras » ne rend pas sa conduite plus admissible. Ses actes sont intolérables, même avec la mentalité de l’après-guerre.
Je suis, peut-être, encore plus choquée par les préalables qu’elle impose à son fils en le faisant venir vers elle « se dandinant péniblement d’un genou sur l’autre comme un canard ». Ce n’est pas une punition, c’est une mortification ! Je n’ose en imaginer les séquelles pour Lucien.
Je continue à être persuadée que cette femme était dérangée psychiquement.
 
Dans ma vie d’élève ou de parent d’élèves (plus de trente ans, de la fin des années 20 au début des années 60), j’ai eu la chance de ne croiser que des maitres plus soucieux du bien de l’enfant que d’être « à l’écoute de la volonté des parents ». L’aura des enseignants était intacte et c’était plutôt les parents qui étaient à leur écoute.
Je ne peux m’expliquer le comportement de la surveillante que si Lucien fréquentait une de ces « boites à bachot », qui fleurissaient alors, où les élèves étaient considérés plus comme une source de revenus que comme des enfants à éduquer.
Même dans ce cas, sa passivité et sa docilité sont méprisables.

 

Mise au point d’Edmée 

Chère Mamie Charlotte,
J’avais cru que ma réponse à votre réaction, dont Alain s’était fait le porte-parole, avait apaisé vos craintes. Or il n’en est rien, ce me semble. Et comme votre nouvelle réflexion vient élever le débat, je tiens à poursuivre ce dialogue avec vous par le même canal.
 
Tout d’abord pour dissiper toute équivoque : j’ai relu ce texte écrit il y a fort longtemps. Et j’y retrouve mon intention première : relater un fait qui marqua d’autant plus désagréablement mon esprit comme celui de mes camarades présents, qu’il eut lieu à une époque où les châtiments corporels faisaient encore partie d’une conception largement partagée dans la société, et notamment dans notre propre école.
Vous devez aussi admettre qu’à tant d’années de distance il faut aussi compter avec les filtres qu’interposent le temps et les changements de mentalité entre la mémoire et les souvenirs Ma tentative d’aujourd’hui est d’expliquer non pas de justifier.
Me relisant donc, je ne trouve nulle part, tant s’en faut, de plaidoyer en faveur de cette mère dont la violence injuste à l’égard de son aîné m’apparaît aujourd’hui comme le geste insensé et incontrôlé de quelqu’un dont on dirait aujourd’hui qu’il est « mal dans sa peau » sinon « déprimé ».
Ce jour-là, cette dame que je connaissais pour sa réserve et qui avait institué chez elle une discipline sans doute plus stricte que dans d’autres foyers, m’avait surpris sans soute bien plus que mes camarades. Sous mes yeux, elle était sortie de ses gonds poussée par une fureur extrême dont j’ignore encore la raison.
Néanmoins, ce que je puis affirmer, c’est que la volée de gifles qu’elle asséna d’une façon désordonnée à son fils Lucien devait faire bien moins mal que les corrections corporelles méthodiquement appliquées que les uns et les autres étions amenés à recevoir chez nous – et en particulier, les fessées magistrales de notre école.
Quant à la sévérité excessive de certaines formes de châtiments corporels, je ne puis que me référer à votre propre témoignage en rapport avec des usages de l’époque « Mon fils avait des camarades punis à la cravache ou à la ceinture, parfois du côté de la boucle. »
Reste, comme vous le pointez justement, « la mortification qu’elle impose à son fils en le faisant venir vers elle – se dandinant péniblement d’un genou sur l’autre comme un canard. Ce n’est pas une punition, c’est une mortification ! »
Et vous évoquez parallèlement la honte délibérément associée au châtiment corporel tout en soulignant la banalité du fait à l’époque « Certains parents comptaient sur la honte provoquée chez l’enfant pour renforcer la punition. Ils n’hésitaient pas à lui infliger, surtout s’il était un peu grand, une fessée publique ou à lui annoncer, de manière ostentatoire, une correction dès le retour à la maison. »
Ici, vos dires rejoignent donc mes souvenirs.
La honte du puni, c’était but recherché des fessées magistrales dans notre école, toutes administrées systématiquement culotte baissée, châtiment suprême dont la seule menace prononcée en classe, surtout d’une voix calme, avait un effet magique, et surtout sur les grands élèves. Mais là nous sommes aux antipodes de la mortification subie par Lucien
Tel fut aussi le cas lors d’une fessée impromptue administrée en public – et à derrière nu – par un père à son fils de 12 ans dans un décor peu ordinaire et dont je fus témoin bien malgré moi.
Pour l’anecdote, cette fessée eut lieu à la fin du repas de midi servi sous les ombrages du jardin d’un petit hôtel familial de vacances dans une station balnéaire sous les yeux des diverses tablées d’hôtes, dont la nôtre.
Cela se produisit à côté de nous, une table regroupant les parents et leurs trois enfants dont un garçon d’une douzaine d’années qui était devenu l’un des mes camarades de plage. La voix du papa s’éleva soudain par-dessus le bruissement des conversations, réprimandant avec force son fils. Soudain il repoussa sa chaise se leva et en un clin d’œil arracha son fils de sa propre chaise et le cala sous son bras. Le garçon portait toujours son maillot de bain, comme la majorité des enfants à midi, ce qui facilita grandement la chose ! Je me souviens de ses fesses toutes blanches ressortant nettement sur le bronzage du reste du corps. La vitesse à laquelle la rougeur qui les illumina sous les rudes et rapides claquées de la main paternelle était saisissante. Je me souviens aussi de la honte qui s’empara de moi comme si j’avais pu être à la place de ce garçon ! La fessée finie, le père conduisit son fils dans sa chambre pour le priver des jeux qui réunissaient habituellement tous les enfants dans le jardin après le déjeuner dans l’attente d’heures moins chaudes pour retourner à la plage.
L’événement apporta de l’effervescence dans la routine de ces repas et entre les tables commentaires allèrent bon train, les adultes approuvant l’attitude exemplaire de ce père. Le même débat s’engagea par la suite dans le jardin entre la douzaine d’enfants ; mais d’un avis franchement contraire vous l’aurez deviné, Mamie Charlotte ! Il faut dire que, statistiquement, la fessée était souveraine chez 100% d’entre nous…
Enfin, vous dites, concernant l’attitude passive de la surveillante :
« Je ne peux m’expliquer le comportement de la surveillante… »
D’une part, je ne crois pas que cette époque encore chiche en candidats bacheliers aient pu voir fleurir des « boîtes à bachot ». Il est plus probable que cette jeune surveillante, du fait de sa jeunesse et en l’absence de consignes particulières, n’ait pas mesuré la gravité de l’affaire pour prendre une quelconque initiative personnelle. Après tout, fut-elle subjuguée comme nous le fûmes tous et longtemps après l’incident ?
Pour conclure, chère Mamie Charlotte, j’espère vous avoir rejointe dans vos conceptions car, tout comme vous, je suis certain que « le plus cher désir » d’un parent de cette époque-là – et peut-être plus qu’aujourd’hui à en juger les difficultés rencontrées – était « de faire de ses enfants des adultes responsables et bien dans leur peau », …et martinet à l’appui….
 
Et que celle ou celui qui, par expérience, partage cette conviction lève le doigt !

 

Conclusion de Mamie Charlotte 

Cher Edmée,
Merci pour votre réponse rapide et précise.
Je suis heureuse que vous ayez compris mon malaise à la lecture de la relation d’un fait qui marqua désagréablement votre esprit.
Nous avons la même analyse en ce concerne la mère. Nous estimons, tous deux, que sa « violence injuste à l’égard de son aîné » est un « geste insensé et incontrôlé de quelqu’un dont on dirait aujourd’hui qu’il est mal dans sa peau sinon déprimé ».
Comme vous, je considère qu’une fessée publique ou l’annonce publique d’une punition, si elle est faite dans le calme, est « aux antipodes de la mortification subie par Lucien ».
Vous avez parfaitement raison de contester que « cette époque encore chiche en candidats bacheliers aient pu voir fleurir des boîtes à bachot ». En utilisant cette expression, je pensais à ces écoles privées chic et chères (sans référence au diplôme préparé) qui ont profité de la difficulté de l’école publique à absorber le baby-boom pour se multiplier.
Je vous concède que la « jeune surveillante, du fait de sa jeunesse et en l’absence de consignes particulières, n’ait pas mesuré la gravité de l’affaire pour prendre une quelconque initiative personnelle ».
Oui, cher Edmée, nous partageons la même conception et vous m’en voyez ravie.

 

Point de vue de Marie-Claire 

Eh bien, cher Edmée et chère Mamie Charlotte, je partage également les mêmes principes. L’éducatrice (ou l’éducateur) doit être un exemple envers celui ou celle dont il a la responsabilité. Or, perdre le contrôle de soi, est-ce un exemple ? D’où la nécessité de punir en gardant son calme, ou en l’ayant repris.
Et ce n’est pas suffisant : encore faut-il que la punition soit reconnue comme juste et proportionnée à la faute. Rien de pire de punir pour une faute non commise, ou encore, pour la même faute, se contenter de gronder l’un alors que l’on fesse l’autre.
Si ces deux conditions sont réunies, calme et équité, la fessée est effectivement l’une des meilleures punitions qui soit.

 

 

 

 

 

Parlons martinet 

 

De Bernard 

Mamie Charlotte,

Merci pour ces précisions; votre aînée semble avoir été une bonne petite diablesse dont les fesses ont couru les corrections ; vos enfants avaient-ils le droit de toucher à votre martinet et ont-ils tenté d’en retirer des lanières?

 

De Bénédicte 

Bonjour Bernard, j’ai moi aussi essayé d’arracher les lanières du martinet. Mal m’en a pris car ma mère découvrant mon forfait m’a aussitôt emmenée avec elle pour…en acheter un autre !  J’ai dû revenir à la maison en portant ostensiblement le nouveau martinet, et ceci sous les regards narquois des passants. Sitôt arrivée la maison, je l’ai étrenné. Ce nouveau martinet était bien plus redoutable que le premier. Après quoi  je l’ai laissé en paix ! Je n’avais le droit d’y toucher que lorsque ma mère me disait (ceci quand il y avait du monde à la maison) : ”va donc chercher le martinet que je puisse te fouetter”. Et je revenais tremblante, me sentant et humiliée d’être obligée d’apporter l’instrument punitif à ma mère qui me fouettait les cuisses devant nos invités (bel exemple de dressage!).

 

De Mamie Charlotte 

En réponse à Bernard :

Le martinet n’était ni mon sceptre ni un objet tabou. Je n’ai jamais interdit à mes enfants d’y toucher, ce qu’ils se seraient, d’ailleurs, empressés de faire dès que j’aurais eu le dos tourné. J’ai même vu, à une douzaine d’années d’intervalle, mes deux filles le décrocher pour punir une vilaine poupée désobéissante ! C’est cette familiarité qu’entretenaient mes enfants avec lui qui a dû le préserver des actes de vandalisme ou du scalp dont ont pâti bon nombre de ses congénères.

 

De Anne 

Bonsoir à tous !
Chez moi, il était interdit d’y toucher. Un jour, Maman m’a surprise le martinet à la main – je l’avais décroché pour le montrer à une camarade – J’ai reçu aussitôt une correction sur les cuisses, devant cette copine qui avait été très impressionnée !
Une autre fois, mon jeune frère à qui Maman avait promis une fessée déculottée, l’avait décroché dans l’intention de couper les lanières. Entendant ma mère arriver, il avait essayé de le remettre en place sans en avoir le temps. Il avait eu le temps d’enlever 4 lanières. Maman, furieuse, lui donna une sévère fessée déculottée avec le martinet à moitié déplumé. Les 5 lanières restantes rendirent la correction particulièrement douloureuse et à ma demande, Maman jeta le martinet et en acheta un neuf le lendemain. Cela nous servit de leçon et on ne recommença jamais !

Anne

 

De Paul 

Bonjour Anne, chez nous aussi, interdiction de toucher au martinet, sauf pour les punitions devant la famille où là je devais allez moi même chercher le martinet punitif et le tendre respectueusement à ma mère en lui disant “je mérite d’être puni, mère”! c’était il y a plus de trente ans !

 

De Mamie Charlotte 

Anne, estimez-vous heureuse ! Votre maman s’est montrée plus indulgente que je ne l’aurais été.

A sa place, j’aurais pioché dans vos tirelires pour financer cette dépense imprévue mais qui vous était agréable puisqu’un martinet à moitié déplumé rend la correction particulièrement douloureuse.

 

 

 

 

 

5 commentaires »

  1. paul dit :

    bonjour mamie Charlotte,j ‘ai comme votre fille vu chez des copains un martinet dans chaque piece (y compris la salle de bains) et oh surprise ! j’ai pu en voir un poseé sur le siège avant de la voiture de leur mère; mon copain disait que parfois ils en recevaient s’ ils étaient turbulents en voiture. (A cette époque les ceintures de voiture n’existaient pas). Merci pour vos souvenirs.

  2. jacques dit :

    Bonjour mamie Charlotte
    je viens de découvrir votre site que je trouve merveilleux étant d une famille de marin j’ai été élevé par des femmes ma mère, ma tante et ma grand mère
    J’étais très turbulent et donc souvent puni au martinet J’ ai dû être bien dressé car je suis devenu un homme très courtois et prévenant envers les dames.

  3. carmen gloser dit :

    Dans tous ces témoignages je me reconnais comme sans doute beaucoup de filles et garçons de cette époque ,les Parmi tous ces témoignages je me reconnais comme sans doute beaucoup de filles et garçons de cette époque, les années 70 et 80, où nous étions bien prises en main par nos mères, tantes et grand-mères ! Où l’on ne nous répétait pas deux fois la même chose ! Et pourtant, ma mère avec sa soeur tenaient toutes les deux un magasin de jouets en centre-ville dans le Nord de la France, et en plus des jouets elles vendaient des Martinets à lanières en cuir bien exposés en grappes dans la vitrine et qui se vendaient bien à cette époque
    Quant à moi, fille unique, et ma cousine, fille de ma tante, nous étions solidement disciplinées par nos mères respectives, (en fait, comme les autres filles à cette époque) ! D’abord par notre habillement, et cela jusqu’à nos 18 ans, et du fait qu’on nous avait mises toutes les deux dans cette école privée pour filles où nos professeurs, exclusivement féminins, usaient largement du Martinet sur nos fesses à la moindre incartade! De plus, et cela jusqu’à nos 18 ans, nous avons toutes dû porter la même tenue pendant toutes ces années, à savoir des longue jupes plissées grises avec de larges bretelles à boutons, des chemisiers blancs avec cravates, des blouses en nylon et des calottes noires pour la tête. Même en rentrant de l’école nous devions rester en permanence habillées de cette façon, à la maison ou à l’extérieur. Si par malheur on rapportait un mauvais carnet de notes ou, un billet avec des remarques du genre, » n’écoute pas en classe… ou distraite… ou pire : paresse et ne fais aucun effort, on savait ce qui nous attendait. Dès que nos mères avaient pris connaissance de nos mauvais résultats, après la fermeture du magasin, nous devions monter en haut dans le grand appartement, et là, le rituel des punitions recommençait : toutes deux nous devions nous courber au-dessus de deux chaises hautes, les reins cambrés tout en gardant tous nos vêtements. C’est alors que nos mères relevaient notre blouse et la jupe puis abaissaient notre petite culotte. La fessée au martinet pouvait commencer. Nous étions sévèrement fouettées à toute volée, et nous avions beau pleurer et gémir, la fouettée continuait sans pause. Nous recevions en général entre 15 et 20 coups bien appuyés. La fessée était suivie d’une mise à genoux chacune dans un coin du salon, toujours troussées et derrières nus et rougis, mains sur la tête. Pas question de relâcher cette position, sinon c’était de nouveau de nouveau le Martinet.
    Pour finir, passage à la salle de bains pour la douche, puis, en chemises de nuit et nos cheveux coiffés d’une charlotte en dentelle, nous dînions et hop ! au lit avec interdiction absolue de parler. Si jamais nos mères nous entendaient bavarder, gare ! Les chemises de nuit étaient vite retroussées jusqu’aux hanches et nos fesses étaient réchauffées d’un bonne volée de martinet. Inutile de me dire que cette discipline coutumière n’a absolument rien à voir avec ce qu’il se passe aujourd’hui.

    • Chris B dit :

      Carmen : vous dites être fille unique or il y a une année vous racontiez dans un autre récit avoir une soeur et un frère. Et votre frère recevait beaucoup de martinet notamment une anecdote où il s’était enfui ne voulant pas se faire couper ses cheveux par votre mère quand il avait 13 ou 14 ans. Vous et votre soeur l’aviez cherché un bon moment dans votre large maison, jardin, et non un appartement. Vous l’aviez trouvé derrière un buisson, attaché avec la ceinture. Il fut sévèrement fouetté au martinet et cheveux coupés. Où est la vérité ?

  4. claude dit :

    Bonjour Mamie Charlotte. Oserais-je ajouter un commentaire à tous les témoignages que je viens de lire ? Seule l’émotion que ces récits ont ravivée en moi m’y autorise, du moins je l’espère. Je ne vais pas tomber dans la tautologie en reprenant les 3 thèmes abordés: souvenirs, éducation, martinet. Permettez à mon orgueil de vous parler de moi. J’ai été élevé sévèrement, mais avec amour. Bien sûr, la fessée et le martinet ont tenu une place majeure dans celle-ci et ce jusqu’à un âge avancé. Pourtant, c’est bien grâce à cette éducation que je suis devenu un homme responsable et respectueux d’autrui. Je vais vous en donner un exemple que j’ai d’ailleurs évoqué dans un récit que vous trouverez sur ce blog :  » Deux corrections pour un vol et un mensonge ». Le titre vous laisse deviner la suite. J’avais à l’école dérobé un stylo que mon voisin de pupitre avait reçu pour son anniversaire. Bien sûr, jamais il ne m’aurait cru capable d’un tel larcin. Mais sa mère tint à en avoir le coeur net. Elle vint chez moi accompagné de son fils. Sans m’accuser, elle demanda à ma mère de s’assurer que j’étais bien hors de cause. Evidemment, je n’avais pas même eu la présence d’esprit de cacher l’objet du délit! En fouillant mon cartable ma mère retrouva le fameux stylo à la grande surprise de mon camarade. Elle m’infligea, sur-le-champ et devant lui et sa mère une sévère fouettée au martinet, suivie d’une humiliante mise au piquet jusqu’au départ des « invités ». Mais ce ne fut pas tout. A son retour du travail, mon père mis au courant m’infligea à son tour une sévère correction: 20 claques sur les fesses nues puis plusieurs dizaines de coups de martinet, surtout sur mes cuisses nues. Il ne s’arrêta que lorsqu’il eut atteint la limite du supportable. De plus je fus privé de dîner. Croyez-moi, plus jamais je n’ai commis de tel larcin. Excusez-moi d’avoir été un peu long, mais je tenais à apporter mon témoignage aux idées développées dans ce récit. Cordialement. CLAUDE.

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