La fessée appliquée

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Mémorable fessée au CE2

Toshi 9

Par Donatien

Voici le souvenir d’une terrible fessée reçue de la main brutale du maître de ma classe de CE2 devant un public de garçons de mon âge.

Cette fessée n’a rien à voir avec celle que m’avait donnée, trois ou quatre ans plus tôt, une pétillante maîtresse de maternelle. Être ployé sous son bras, mes fesses dénudées et claquées de sa main fine devant une classe de garçons et de filles qui n’en perdaient pas une miette (car à l’époque, les classes de maternelle étaient déjà mixtes), m’avait laissé tout chose. Mais ceci est une autre histoire que je vous raconterai bientôt.

Je découvris bien plus tard en lisant ses Confessions, que bien avant moi, le grand Jean-Jacques Rousseau n’avait pas été insensible à la fessée que lui avait donnée Mlle Lambercier.

La mixité ne s’imposant que lentement avant mai 68, en ville, après la maternelle, au-delà des 6 ans, les garçons étaient regroupés dans des classes non mixtes dirigées pratiquement par des hommes. (Il en était de même pour les filles qui n’avaient que des maîtresses.)

Dans mon école, seuls les « petits » de CP avaient une maîtresse.

En CE2 notre maître, sans grand talent pédagogique, assurait tant bien que mal son autorité par la fessée.

La maîtresse du CP donnait elle aussi la fessée mais moins claquante, plutôt raffinée, si je puis dire ; fessée qui restait féminine, si tant est que raffinement et élégance riment avec féminin. Elle avait aussi le chic pour imaginer des mises en scène bien dévalorisantes et humiliantes.

Pour une fessée dont j’ai gardé un souvenir intact, elle avait soulevé le puni sous son bras, les pieds ballant dans le vide. Après lui avoir baissé le pantalon, elle nous avait demandé si elle allait « aussi retirer le slip ». Ce que finalement elle ne fit pas. Mais elle se moquait de lui : « il pleure alors que je n’ai pas encore commencé », sachant très bien que la punition avait de toute façon commencé, et que c’en était même un redoutable épisode car ensuite elle ne claquait que modérément.

Toshi 6

Punition ? On ne savait même pas, en général, pourquoi elle donnait une fessée ; ce qui n’avait pas même l’« avantage » de nous dissuader d’en faire autant ! Qu’avait donc fait ce pauvre élève qui contenait tant bien que mal ses larmes silencieuses et s’essuyait les yeux avant de savoir jusqu’où ça irait ?

Contrairement à ce qu’elle faisait d’habitude, il ne nous tournait pas le dos. Elle l’avait placé exprès de profil pour qu’on le voie bien pleurer.

Qu’avait fait cet autre camarade, deux ans plus tard, quand le maître, après avoir appuyé son pied sur une chaise, il  l’avait couché sur son genou et l’avait maintenu ainsi perché, dos tourné vers la classe ? Personne ne le savait car il n’avait pas annoncé pourquoi il allait le fesser.

Je m’étais alors quelque peu relâché, sans en rire, mais j’avais levé les yeux de mon cahier écrit à l’encre violette. J’étais certainement tête en l’air, dispersé, plutôt que dissipé et ça ne lui avait pas plu que je manifeste, même silencieusement, mon intention de ne rien perdre du spectacle qui se préparait. J’allais en faire partie !

« Après ce sera le tour de… » avait-il gravement annoncé (me désignant par mon nom de famille, ce qui est loin d’être « sentimental » !).

Il n’eut pas à se déplacer pour me chercher ni à m’appeler. C’est ainsi avec fierté que je pris l’initiative d’aller au-devant de cette fessée, fessée que j’avais placée de moi-même sous le signe de la fierté, découvrant à cette occasion que l’on peut se dominer, tout en étant dominé : tout un jeu psychologique que j’ai retrouvé, adulte, quand on admet que ça n’a pas que du mauvais, une « bonne fessée », et qu’on se laisse faire, par son épouse, par exemple.

Fierté à ne pas pleurer ! Ce qui était la réaction de beaucoup d’élèves fessés, pas seulement de celui qui avait attendu deux ans auparavant de savoir si ce serait complètement déculotté. Fierté à supporter quelque chose qui s’annonçait bien dur sans se laisser aller. S’annonçait dur car cet homme aux mains comme des battoirs n’avait pas le charme qu’avait eu sur moi l’institutrice de maternelle qui m’avait fessé auparavant.

En ce jour mémorable, j’ai d’autant plus eu la fierté de montrer mon courage que le garçon qui m’avait précédé dans le châtiment n’en avait pas eu du tout. J’avais assisté à cette première partie d’une façon différente de celle des autres élèves.

Il était précipitamment retourné à sa place pendant que je quittais tranquillement la mienne, et s’était mis à hurler et trépigner de douleur, de honte, de rage. Ses poings martelaient son bureau d’écolier.

Alors le « prof » l’a rejoint et a caressé le bureau.

« Pauvre petite table, elle ne t’a rien fait ! » ironisa-t-il.

T-Big

Toute la classe avait ri… et moi aussi depuis ma vue imprenable, à côté du tableau noir, à cette scène cocasse et imprévue à laquelle j’assistais en attendant mon tour. Puis j’ai cessé de rire. Et je me suis retrouvé rabaissé à n’être tout juste bon qu’à prendre cette fessée, à n’être plus bon qu’à cela, tout aussi rabaissé que je fus moi aussi surélevé sur son genou d’une façon athlétique par ce grand gaillard.

Je me suis senti à sa merci, il pouvait faire de moi ce qu’il voulait. Je ne retrouvais pas cette sorte de contrat selon lequel la fessée acceptée ne serait qu’un mauvais moment à passer, qui mènerait ensuite à un retour à l’équilibre. Quand je suis revenu à ma place, mon voisin a risqué un discret « alors on a reçu sa fessée ! ». Mais je suis resté imperturbable. Et pourtant cette fessée m’avait fait bien mal.

Il y était allé d’une main ferme et à toute volée et l’effet des claques s’était cumulé. Pendant la récréation qui a suivi, la cour étant assez grande pour pouvoir m’isoler, je me suis mis à trottiner : ma façon à moi, de trépigner, à retardement, discrètement, pour tenter d’évacuer la sensation de brûlure. Cette sorte de danse a été décrite, par les connaisseurs que sont les Anglais, « spankee dance », la « danse du fessé ».

J’évitais les autres. Je n’étais pas celui qui venait de recevoir la fessée. Les jeux primaient, détente entre deux cours ou leçons. On ne s’occupait pas de moi, c’était oublié. Et au coup de sifflet, la classe a repris son cours, pour moi comme pour les autres.

Illustr. 1&2) – Toshi – 3) T-Big

 

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