La fessée appliquée

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Mémorable séance pour Lucien, mon camarade et voisin

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par Edmée

On était dans les années d’après-guerre et les méthodes d’éducation de l’époque faisaient encore une large place aux châtiments corporels, prolongeant ainsi cette très ancienne tradition à l’école ou dans les familles.

J’avais pour voisin un garçon de mon âge, Lucien, l’aîné d’une fratrie de 3 garçons. Blond au teint clair, grand et svelte avec des jambes longues et finement musclées, il était d’un naturel doux et un peu timide qui, apparemment, ne le prédisposait pas à l’effronterie et à leurs funestes conséquences. Lui et sa famille habitaient dans une vaste demeure qui paraissait à l’abandon. A dire vrai, une bien étrange famille…Le jardin, jadis entretenu, était désormais en friche et l’intérieur de la maison présentait un affligeant état de délabrement : papiers peints en lambeaux, peintures défraîchies, plafonds écaillés… .

Néanmoins, une pièce faisait exception : le salon où leur mère se retirait, s’enfermant des heures entières dans sa solitude et d’où filtraient parfois les accents d’un violon. L’accès en était interdit, sauf en de certaines et pénibles circonstances.

Cette femme d’une bonne trentaine d’années paraissait à mes yeux de jeune garçon, belle et distinguée mais d’un abord  glacial et intimidantavec ses cheveux blonds ramassés en chignon sur sa nuque et la froideur de ses prunelles d’un bleu délavé. Les rares fois où j’ai pu la croiser, je n’ai jamais vu un sourire éclairer son visage impavide. Du reste je n’y tenais guère connaissant sa réputation d’extrême sévérité envers ses enfants et sa prédilection pour les châtiments corporels. 

Elle avait, semble-t-il, abandonné l’entretien et l’éducation de ses enfants aux soins de deux jeunes filles qui vivaient à demeure. L’une était une sorte de gouvernante et répétitrice, l’autre une femme de ménage, et auxquelles elle avait délégué son droit de correction dont toutes deux faisaient bon usage.

Même si le martinet faisait figure de grand absent chez nous, il occupait une place de choix  chez la plupart de mes camarades et une place royale chez Lucien. Chambre de la gouvernante, cuisine ou salon, les martinets trônaient partout en bonne place, visibles, menaçants. Et comme les trois garçons portaient en permanence leurs culottes courtes d’uniforme, de scout pour Lucien et de louveteau pour ses frères, il était aisé de se rendre compte que fessées et coups de martinet ne leur étaient guère ménagés.

Combien de fois n’ai-je vu leurs cuisses et leurs mollets rougis de stries ? Combien de fois m’avait-on refusé la porte de mon camarade Lucien parce qu’il avait été puni ? Le lendemain, au vu de ses cuisses rougies et à son visage crispé de honte, impossible d’en douter : la veille, Lucien avait reçu le fouet.

De qui et comment ? A ses premières confidences, j’avais appris que lui et ses frères étaient régulièrement fouettés à derrière nu, parfois de la main de leur propre mère, mais le plus souvent par la gouvernante qui maniait elle-même le martinet ou le fouet. Les corrections les plus sévères avaient lieu au salon et sous les yeux de leur mère. Le puni devait ôter complètement sa culotte et son sous-vêtement puis s’allonger à plat ventre sur un tabouret bas rembourré d’un coussin et présenter ses fesses et ses cuisses dénudées à la correction. Lucien, en tant qu’aîné, recevait parfois des coups d’un petit fouet ainsi que je pus en juger plus tard lors d’une séance épique dans son jardin.

Quant à ses deux jeunes frères, j’avais pu entrevoir leurs fesses à l’occasion d’un bain que la femme de chambre leur faisait prendre ensemble dans la baignoire. Les deux paires de fesses étaient également toutes rouges d’une récente fessée et couvertes de fines zébrures.

Un jour, je fus très heureux d’apprendre que Lucien intégrait mon école. De compagnon de jeux il devenait ainsi du même coup compagnon de route sur le trajet monotone maison-école et retour.

Et quelque temps plus tard à l’école, malgré l’existence des châtiments corporels qui punissaient les fautes des élèves indisciplinés, il nous fut donné d’assister à un événement proprement stupéfiant. C’était durant une récréation, l’après-midi avant l’étude. Et je vois encore la scène se dérouler image par image comme au ralenti.

J’entendis soudain la voix énergique d’une femme appelant Lucien. De loin, je reconnus la haute silhouette de sa mère qui s’avançait à toute allure.Apercevant de loin son  fils, elle s’arrêta et lui ordonna de se mettre à genoux et de venir la rejoindre.

Intrigués, tous les garçons se figèrent sur place, attentifs à ce qui se préparait. Sous nos regards médusés comme ceux de la surveillante, nous vîmes Lucien obéir sur-le-champ et, se dandinant péniblement d’un genou sur l’autre comme un canard, couvrir cahin-caha les quelques 5 mètres qui le séparaient de sa mère.

Une fois aux pieds de sa mère, comme s’il avait anticipé la suite fatale, on le vit relever ses bras en un geste craintif et croiser ses mains sur sa tête en guise de bouclier.

Sa mère se pencha au-dessus de lui et, à notre stupeur, comme prise d’une subite frénésie, on eût dit que cette femme d’ordinaire si froide déversait sa colère à grandes claquées de ses deux mains, frappant au hasard partout où elle trouvait une faille. Du moins était-ce l’impression que suscitaient à nos yeux d’enfants l’incongruité et la soudaineté de cette scène au beau milieu de nos jeux.

Et le dos courbé, Lucien subissait cette interminable avalanche sans émettre une plainte ni esquisser le moindre mouvement de défense. Il semblait résigné ou cuirassé contre la douleur.

Après qu’elle eut  évacué toute sa hargne, son fils resta à  genoux, recroquevillé sur lui-même, ses mains toujours posées sur sa tête comme s’il attendait un nouvel assaut. Sa mère appela alors la surveillante et lui murmura quelques mots auxquels celle-ci acquiesçait avec de petits hochements de tête. Et tandis que la mère tournait les talons, la surveillante emmenait Lucien dans le coin de la cour réservé aux mises en pénitence des fautifs. C’est alors que le grand garçon, jusque là resté muet, exhala soudain sa douleur et sa honte ouvrant les vannes à de gros sanglots. Je me sentais empli de compassion pour mon camarade mais impuissant à lui venir en aide. Je ne réussis jamais à connaître le motif de cette si humiliante correction.

Je n’étais pas au bout de ma surprise. A quelque temps de là, alors que Lucien était  penché en avant, son postérieur pointé devant moi, je ne pus échapper à l’irrésistible tentation de lui flanquer une claque plus amicale que douloureuse par-dessus le fond de sa culotte. Sa réaction fut aussi cocasse qu’imprévisible. Il se redressa d’un bond comme si on lui avait piqué les fesses et, à mon grand désarroi, éclata en sanglots ! Il me fallut un moment pour revenir de mon embarras et le consoler.

Par la suite, il consentit de bon cœur à me laisser lui donner une fessée autant par jeu que par curiosité. Il ne pleura pas, mais il faut dire qu’il n’eut point besoin de faire montre d’endurance comme lors des corrections mémorables dans le salon qui marquaient la peau de ses fesses de zébrures rouges et boursouflées.

Lorsque nous déménageâmes pour nous installer dans une autre région, Lucien avait 13 ans et il continuait à recevoir régulièrement le martinet ou le fouet.

Illustration : Sassy

13 commentaires »

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  1. Mamie Charlotte dit :

    J’ai éprouvé un réel malaise à la lecture de ce texte.
    Certes, dans les années d’après-guerre, j’ai croisé des familles où les enfants étaient éduqués, je devrais dire dressés, avec une extrême sévérité. L’indifférence qui tolérait de tels excès est, en partie, responsable des excès inverses que nous connaissons aujourd’hui où le martinet est hors la loi et où un gamin qui reçoit une fessée un peu appuyée peut envoyer ses parents devant les tribunaux.
    Il était dans la logique de l’époque pour les parents qui déléguaient l’éducation de leurs enfants à une gouvernante, de lui donner les moyens d’accomplir sa mission donc de lui déléguer, aussi, le droit de correction. Dans cette même logique, la présence de leur mère aux corrections infligées par la gouvernante devait montrer aux enfants qu’elle agissait en plein accord avec elle.
    Mon fils avait des camarades punis à la cravache ou à la ceinture, parfois du côté de la boucle.
    Dans une maison où ma fille a été invitée à un goûter d’anniversaire, elle a été amusée par la pléthore de martinets exposés : dans l’entrée, dans la chambre de chacun des quatre enfants (dont l’ainée avait 16 ans) … et elle n’a eu accès à la chambre des parents !
    Quoi qu’il en soit, Edmée a assisté aux débordements d’une folle, venue à l’école humilier et passer à tabac son fils. Aucune mère saine d’esprit n’aurait agi ainsi.
    Je suis révoltée par la conduite de la surveillante, coupable de ne pas avoir tenté de s’interposer et de calmer la marâtre et encore plus coupable d’avoir voulu lui complaire en aggravant la punition de Lucien pour des actes commis en dehors de l’école.

  2. lambercier dit :

    Réponse à Mamie Charlotte au sujet de « Mémorable séance pour Lucien… »…
    (Ces temps derniers Edmée est assez insaisissable, mais j’ai réussi à le joindre à une étape de ses voyages. Votre réaction l’a surpris, Mamie Charlotte, d’où son empressement à vous répondre.
    Edmée comprend votre malaise et votre révolte à la lecture de ce récit de souvenir, Mamie Charlotte, mais il dit qu’il lui a paru nécessaire de restituer avec un certain réalisme l’impression pénible que lui laissa cette scène à l’époque.
    Qui était donc cette mère venue exprès dans l’école de son fils pour l’humilier, le « passer à tabac » et s’acharner sur lui avec tant de brutalité en présence de tous les élèves ?
    Edmée rectifie : « Loin d’être un passage à tabac, c’était plutôt une volée de gifles désordonnée dont la plupart atteignaient uniquement les avant-bras que Lucien avait placés au-dessus de sa tête pour se protéger. Néanmoins, rien qui justifie une telle violence à l’opposé de la sévérité des punitions méthodiques en usage dans cette institution ».
    Certes, à l’époque, il y avait parfois des châtiments publics – et d’une sévérité excessive comme vous l’attestez vous-même – qui, sans être la norme, seraient aujourd’hui inconcevables et entraîneraient la réprobation générale voire la dénonciation de leurs auteurs comme d’abominables criminels.
    La mère de Lucien était une personne secrète, distante et d’un abord intimidant.
    Avec le recul, Edmée se demande si cette dame était heureuse en couple et si la vie qu’elle menait la laissait insatisfaite ? Son mari lui offrait-il le rang et la condition qu’auraient légitimés ses origines ? Toujours est-il que, ce jour-là – et ce fut la seule fois dont Edmée fut témoin – elle avait déversé sa hargne sur son aîné. En tout cas, il semblait qu’elle avait conservé dans son salon les vestiges des splendeurs du passé.
    Quant au personnel, et à cette surveillante en particulier, apparemment complice, que pouvait-on lui reprocher ?
    « Remettons-nous dans le contexte » dit Edmée. Ces gens étaient tout bonnement à l’écoute de la volonté des parents, partageant avec eux la même conception en matière d’éducation.
    « On ne peut que constater l’abîme qui sépare deux époques comme deux pôles antagonistes ».
    Voilà en substance la réflexion que me confie Edmée. Vous paraît-elle convaincante, chère Mamie Charlotte ?

  3. Mamie Charlotte dit :

    Je suis désolée Edmée : votre mise au point n’a pas tempéré mon malaise.

    Le plus cher désir d’un parent, digne de ce nom, est de faire de ses enfants des adultes responsables et bien dans leur peau. Leur réussite dans la vie est sa fierté.
    La punition, quelle qu’elle soit (châtiment corporel jadis ou privation d’un loisir ou d’un objet désiré aujourd’hui), doit être un signal envoyé à l’enfant pour qu’il comprenne que sa conduite est inacceptable et qu’il doit s’amender. Toute violence faite dans un autre cadre est condamnable.
    Certains parents comptaient sur la honte provoquée chez l’enfant pour renforcer la punition. Ils n’hésitaient pas à lui infliger, surtout s’il était un peu grand, une fessée publique ou à lui annoncer, de manière ostentatoire, une correction dès le retour à la maison. Tout cela était, malheureusement, banal.
    La frustration et la rancœur de la mère de Lucien ne l’autorisaient pas à se défouler en déversant « sa hargne sur son aîné ». Que ce j’ai qualifié de passage à tabac soit, plutôt, « une volée de gifles désordonnée dont la plupart devaient atteindre uniquement les avant-bras » ne rend pas sa conduite plus admissible. Ses actes sont intolérables, même avec la mentalité de l’après-guerre.
    Je suis, peut-être, encore plus choquée par les préalables qu’elle impose à son fils en le faisant venir vers elle « se dandinant péniblement d’un genou sur l’autre comme un canard ». Ce n’est pas une punition, c’est une mortification ! Je n’ose en imaginer les séquelles pour Lucien.
    Je continue à être persuadée que cette femme était dérangée psychiquement.

    Dans ma vie d’élève ou de parent d’élèves (plus de trente ans, de la fin des années 20 au début des années 60), j’ai eu la chance de ne croiser que des maitres plus soucieux du bien de l’enfant que d’être « à l’écoute de la volonté des parents ». L’aura des enseignants était intacte et c’était plutôt les parents qui étaient à leur écoute.
    Je ne peux m’expliquer le comportement de la surveillante que si Lucien fréquentait une de ces « boites à bachot », qui fleurissaient alors, où les élèves étaient considérés plus comme une source de revenus que comme des enfants à éduquer.
    Même dans ce cas, sa passivité et sa docilité sont méprisables.

  4. lambercier dit :

    Chère Mamie Charlotte,
    J’avais cru que ma réponse à votre réaction, dont Alain s’était fait le porte-parole, avait apaisé vos craintes. Or il n’en est rien, ce me semble. Et comme votre nouvelle réflexion vient élever le débat, je tiens à poursuivre ce dialogue avec vous par le même canal.

    Tout d’abord pour dissiper toute équivoque : j’ai relu ce texte écrit il y a fort longtemps. Et j’y retrouve mon intention première : relater un fait qui marqua d’autant plus désagréablement mon esprit comme celui de mes camarades présents, qu’il eut lieu à une époque où les châtiments corporels faisaient encore partie d’une conception largement partagée dans la société, et notamment dans notre propre école.

    Vous devez aussi admettre qu’à tant d’années de distance il faut aussi compter avec les filtres qu’interposent le temps et les changements de mentalité entre la mémoire et les souvenirs Ma tentative d’aujourd’hui est d’expliquer non pas de justifier.
    Me relisant donc, je ne trouve nulle part, tant s’en faut, de plaidoyer en faveur de cette mère dont la violence injuste à l’égard de son aîné m’apparaît aujourd’hui comme le geste insensé et incontrôlé de quelqu’un dont on dirait aujourd’hui qu’il est « mal dans sa peau » sinon « déprimé ».
    Ce jour-là, cette dame que je connaissais pour sa réserve et qui avait institué chez elle une discipline sans doute plus stricte que dans d’autres foyers, m’avait surpris sans soute bien plus que mes camarades. Sous mes yeux, elle était sortie de ses gonds poussée par une fureur extrême dont j’ignore encore la raison.
    Néanmoins, ce que je puis affirmer, c’est que la volée de gifles qu’elle asséna d’une façon désordonnée à son fils Lucien devait faire bien moins mal que les corrections corporelles méthodiquement appliquées que les uns et les autres étions amenés à recevoir chez nous – et en particulier, les fessées magistrales de notre école.

    Quant à la sévérité excessive de certaines formes de châtiments corporels, je ne puis que me référer à votre propre témoignage en rapport avec des usages de l’époque « Mon fils avait des camarades punis à la cravache ou à la ceinture, parfois du côté de la boucle. »
    Reste, comme vous le pointez justement, « la mortification qu’elle impose à son fils en le faisant venir vers elle – se dandinant péniblement d’un genou sur l’autre comme un canard. Ce n’est pas une punition, c’est une mortification ! »
    Et vous évoquez parallèlement la honte délibérément associée au châtiment corporel tout en soulignant la banalité du fait à l’époque « Certains parents comptaient sur la honte provoquée chez l’enfant pour renforcer la punition. Ils n’hésitaient pas à lui infliger, surtout s’il était un peu grand, une fessée publique ou à lui annoncer, de manière ostentatoire, une correction dès le retour à la maison. »

    Ici, vos dires rejoignent donc mes souvenirs.
    La honte du puni, c’était le but recherché des fessées magistrales dans notre école, toutes administrées systématiquement culotte baissée sur les fesses dénudées, châtiment suprême dont la seule menace prononcée en classe, surtout d’une voix calme, avait un effet magique, et surtout sur les grands élèves. Mais là nous sommes aux antipodes de la mortification subie par Lucien
    Tel fut aussi le cas lors d’une fessée impromptue administrée en public – et à derrière nu – par un père à son fils de 12 ans dans un décor peu ordinaire et dont je fus témoin bien malgré moi.

    Pour l’anecdote, cette fessée eut lieu à la fin du repas de midi servi sous les ombrages du jardin d’un petit hôtel familial de vacances dans une station balnéaire sous les yeux des diverses tablées d’hôtes, dont la nôtre.
    Cela se produisit à côté de nous, une table regroupant les parents et leurs trois enfants dont un garçon d’une douzaine d’années qui était devenu l’un des mes camarades de plage. La voix du papa s’éleva soudain par-dessus le bruissement des conversations, réprimandant avec force son fils. Soudain il repoussa sa chaise se leva et en un clin d’œil arracha son fils de sa propre chaise et le cala sous son bras. Le garçon portait toujours son maillot de bain, comme la majorité des enfants à midi, ce qui facilita grandement la chose ! Je me souviens de ses fesses toutes blanches ressortant nettement sur le bronzage du reste du corps. La vitesse à laquelle la rougeur qui les illumina sous les rudes et rapides claquées de la main paternelle était saisissante. Je me souviens aussi de la honte qui s’empara de moi comme si j’avais pu être à la place de ce garçon ! La fessée finie, le père conduisit son fils dans sa chambre pour le priver des jeux qui réunissaient habituellement tous les enfants dans le jardin après le déjeuner dans l’attente d’heures moins chaudes pour retourner à la plage.
    L’événement apporta de l’effervescence dans la routine de ces repas et entre les tables commentaires allèrent bon train, les adultes approuvant l’attitude exemplaire de ce père. Le même débat s’engagea par la suite dans le jardin entre la douzaine d’enfants ; mais d’un avis franchement contraire vous l’aurez deviné, Mamie Charlotte ! Il faut dire que, statistiquement, la fessée était souveraine chez 100% d’entre nous…

    Enfin, vous dites, concernant l’attitude passive de la surveillante :
    « Je ne peux m’expliquer le comportement de la surveillante… »
    D’une part, je ne crois pas que cette époque encore chiche en candidats bacheliers aient pu voir fleurir des « boîtes à bachot ». Il est plus probable que cette jeune surveillante, du fait de sa jeunesse et en l’absence de consignes particulières, n’ait pas mesuré la gravité de l’affaire pour prendre une quelconque initiative personnelle. Après tout, fut-elle subjuguée comme nous le fûmes tous et longtemps après l’incident ?
    Pour conclure, chère Mamie Charlotte, j’espère vous avoir rejointe dans vos conceptions car, tout comme vous, je suis certain que « le plus cher désir » d’un parent de cette époque-là – et peut-être plus qu’aujourd’hui à en juger les difficultés rencontrées – était « de faire de ses enfants des adultes responsables et bien dans leur peau », …et martinet à l’appui….

    Et que celle ou celui qui, par expérience, partage cette conviction lève le doigt !

  5. Mamie Charlotte dit :

    Cher Edmée,
    Merci pour votre réponse rapide et précise.
    Je suis heureuse que vous ayez compris mon malaise à la lecture de la relation d’un fait qui marqua désagréablement votre esprit.
    Nous avons la même analyse en ce concerne la mère. Nous estimons, tous deux, que sa « violence injuste à l’égard de son aîné » est un « geste insensé et incontrôlé de quelqu’un dont on dirait aujourd’hui qu’il est mal dans sa peau sinon déprimé ».
    Comme vous, je considère qu’une fessée publique ou l’annonce publique d’une punition, si elle est faite dans le calme, est « aux antipodes de la mortification subie par Lucien ».
    Vous avez parfaitement raison de contester que « cette époque encore chiche en candidats bacheliers aient pu voir fleurir des boîtes à bachot ». En utilisant cette expression, je pensais à ces écoles privées chic et chères (sans référence au diplôme préparé) qui ont profité de la difficulté de l’école publique à absorber le baby-boom pour se multiplier.
    Je vous concède que la « jeune surveillante, du fait de sa jeunesse et en l’absence de consignes particulières, n’ait pas mesuré la gravité de l’affaire pour prendre une quelconque initiative personnelle ».
    Oui, cher Edmée, nous partageons la même conception et vous m’en voyez ravie.

  6. Marie-Claire dit :

    Eh bien, cher Edmée et chère Mamie Charlotte, je partage également les mêmes principes. L’éducatrice (ou l’éducateur) doit être un exemple envers celui ou celle dont il a la responsabilité. Or, perdre le contrôle de soi, est-ce un exemple ? D’où la nécessité de punir en gardant son calme, ou en l’ayant repris.
    Et ce n’est pas suffisant : encore faut-il que la punition soit reconnue comme juste et proportionnée à la faute. Rien de pire de punir pour une faute non commise, ou encore, pour la même faute, se contenter de gronder l’un alors que l’on fesse l’autre.
    Si ces deux conditions sont réunies, calme et équité, la fessée est effectivement l’une des meilleures punitions qui soit.

  7. chris B dit :

    Dommage que Edmee n’en dise pas plus sur les punitions que recevaient les frères de Lucien. Si je comprends bien, tous recevaient le martinet d’après ce témoignage.

  8. CLAUDE dit :

    Bonjour Edmee. Je ne partage pas le « malaise » exprimé dans divers commentaires ci-dessus. Certes, je ne suis pas un adepte des châtiments corporels administrés en public. Mais il peut y avoir des exceptions pour aggraver le châtiment comme cela m’est arrivé (voir : Les verges,châtiment d’un petit voyeur). Dans le cas de Lucien, nous ignorons pourquoi il a été corrigé. La sévérité, à condition qu’elle soit accompagnée d’affection, est une qualité chez un éducateur et a fortiori pour les parents. Sous réserve qu’ils soient proportionnée par rapport à la faute commise, les coups de martinet sur les fesses et les cuisses, ça fait réfléchir ! J’en parle en connaissance de cause ! Donc ne jugeons pas trop vite. A tout prendre,je préfère un léger abus qu’un trop grand laxisme. CLAUDE.

  9. Edmée dit :

    Bonjour Claude,
    Lambercier a rapporté fidèlement mon opinion sans une once d’interprétation au sujet de Lucien et de la rigueur de l’éducation imposée par sa mère. Je confirme ne pas avoir ressenti d’affection, en tout cas palpable, dans cette famille; néanmoins, ni Lucien ni ses frères ne paraissaient souffrir de leur sort et, bien au contraire c’étaient même des copains joyeux lorsque nous jouions… en dehors des moments, bien sûr, où crépitaient les fessées ! J’avais eu le projet de compléter mes souvenirs en écrivant une correction au martinet que Lucien avait reçue d’une nouvelle gouvernante sous la direction de sa mère. C’était dans leur jardin et j’en avais été très impressionné. Je tente de remettre la main sur ce texte pour le confier à Lambercier qui, j’espère, ne verra pas d’inconvénient à le publier. Merci pour votre appréciation, Claude.

    • CLAUDE dit :

      Bonjour Edmée Merci pour ce commentaire qui nous permet de voir plus clair dans la situation de Lucien. J’attends avec impatience le texte que vous vous proposez de soumettre au web master. Cordialement; CLAUDE.

  10. mark saniez dit :

    Nous habitions dans le Nord, dans une cité comme il y en avait beaucoup dans cette région à l’époque. Et dans cette cité, nous allions à l’école jusqu’à nos 14 ans. Dans les années 1974-75, la blouse en nylon était encore obligatoire pour les garçons et les filles. Et nous les garçons, sous nos blouses, nous étions tous en culottes courtes à bretelles élastiques et clips et portions le béret sur nos têtes aux cheveux ras grâce aux tondeuses électriques de nos mères. Les filles étaient toutes en jupes plissées grises en « tergal et à larges bretelles à boutons et elles portaient béret et blouse comme les garçons. Comme ça, pas de jaloux !
    Et nous marchions tous au Martinet ! Fessés cul nu par nos mères ! Je dois dire d’ailleurs que nos fesses portaient fréquemment les marques des lanières de cuir du Martinet au point que nous avions du mal à nous asseoir tant ces corrections faisaient mal ! Mais à cette époque, c’était normal ! Comme il était normal pour toutes les mères de leurs enfants sans la moindre hésitation soit dans le jardin ou même en plein rue.
    Il faut dire que nos mères étaient vêtues en permanence de longues blouses en nylon jaunes leur tête coiffée d’une charlotte en plastique. Nous savions qu’elles ne se séparaient jamais de leurs Martinets, toujours menaçants car bien visibles dans les grandes poches des blouses ! Et pas de risque de pénurie de martinets !
    En plus de ceux de l’école, il y avait dans cette cité un magasin général qui vendait toutes sortes d’articles, dont les tenues d’écoliers comme les bérets, bretelles et blouses, mais aussi de redoutables Martinets de cuir. Nos mères pouvaient aussi acheter des corsets, avec jarretelles et des bas qui étaient encore à la mode à cette époque. Avec tous les enfants qu’elles avaient, toutes étaient très fortes et rondes ! Et personne ne faisait régime à cette époque ! Il n’y avait pas beaucoup de sauf à aller se promener dans la forêt à 6 km de la cité les jeudis où on n’avait pas école. On s’ rendait à vélos avec nos mères.
    Et même ces jours de congé, nous portions nos blouses, et les Martinets étaient de la promenade, bien visibles avec leurs lanières repliées dans les grandes poches des blouses de nos mères. Même en forêt, garçons et fille, on risquait d’être fouettés à coups de Martinet. En plus interdiction d’enlever nos bérets de nos têtes. Qu’es- ce qu’on pouvait suer dedans !
    A l’école de la cité, nos maîtresses, elles aussi étaient en blouses blanches en nylon, avaient le droit de nous fesser avec le Martinet et elles non plus ne se gênaient pas ! Après une fessée, on n’avait pas le droit de jouer à la récréation, mais on devait se mettre au piquet face au mur avec les mains croisées sur la tête ! Si par malheur une mère passait par là et voyait son fils ou sa fille en pénitence, il ou elle on avait droit à une nouvelle fessée au Martinet en entrant de l’école ! Voilà, c’était comme ça dans le Nord à cette époque et c’était banal. Ce qui n’a rien à avoir avec aujourd’hui, bien entendu !

    • Marco dit :

      bonjour,
      Bérets, blouses, bretelles, cet accoutrement tel que le décrit Mark Saniez était encore en vogue de l’entre-deux guerres aux années 50, puis cela a décliné. On en voit, certes, mais sur des photos, souvenirs des corons. Aujourd’hui, les Hauts de France ne ressemblent plus au temps des corons de Germinal , sauf exception…

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