La fessée appliquée

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Prenez garde à mon garde champêtre !

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Par Christian

Le récit « Leçon de respect » m’a rappelé une mésaventure du même genre qui m’est arrivée lorsque j’avais une quinzaine d’années.

Dans la vie de nos petites communes de nos provinces, le garde champêtre était toujours le personnage incontournable. Dans la mienne, cet emploi était occupé par un homme robuste d’une cinquantaine d’années que l’on pouvait apercevoir patrouillant sur son vélo Solex.

 Il avait acquis auprès des jeunes du village la solide réputation de régler les bêtises commises, on dirait aujourd’hui des « incivilités », selon sa propre méthode d’éducation , c’est-à-dire une bonne fessée. C’était une pratique que ne désavouaient nullement la plupart des parents quand ils ne faisaient pas parfois appel à lui pour corriger leur progéniture.

« Tu veux faire un petit tour chez le garde, par hasard  ? » était une menace qui faisait son effet.

De notoriété publique, les fessées retentissantes qu’il administrait à ses deux fils auraient dû dissuader les plus fous d’entre nous. Comme de bien entendu, aucun des garnements du village qui était passé entre ses pognes ne cherchait à se vanter des fameuses fessée déculottées du garde champêtre de peur d’être la risée du village.

Et pour ma part, ne recevant plus de fessées à la maison depuis quelques années, j’estimais qu’à 15 ans j’avais définitivement passé l’âge d’en subir.

 Un mercredi après midi, je décidai d’enfourcher mon vélo et de faire un tour du côté d’une vieille masure abandonnée qui était un lieu traditionnel de ralliement pour les jeunes. Je savais que l’entrée en avait été barricadée depuis peu avec quelques planches, les murs présentant un danger d’écroulement.

Cependant, l’envie de jouer les explorateurs fut la plus forte. Je rangeai mon vélo derrière un talus où nous avions  l’habitude de cacher nos bécanes et, à ma surprise, je découvris que je n’étais pas le seul. Qui cela pouvait-il bien être ?

Passant outre la pancarte d’avertissement, ni une ni deux, je me faufilai à l’intérieur de ces vieux murs découvrant un autre explorateur qui me regardait entrer l’air inquiet.

C’était un garçon un peu plus jeune que moi que je connaissais mais qui, du fait de ses 13 ans, ne faisait pas partie de notre bande.

Un peu plus tard, tout au plaisir d’avoir enfreint un interdit, nous entendîmes le bruit d’un Solex. Le garde champêtre, à coup sûr ! Le finaud connaissait notre cachette, et l’instant d’après, il nous hélait pour nous faire sortir.

Il nous fit la leçon de sa grosse voix bourrue. Infraction d’une part, risque d’accident d’autre part…. Il ne nous laissait pas vraiment le choix ; soit attendre une convocation en règle la mairie le lendemain avec la publicité qui l’accompagnerait inévitablement dans tout le village, soit le suivre séance tenante jusqu’à la mairie où « on règlerait cette affaire entre nous ».

Je vis mon compagnon d’infortune se crisper et son visage grimacer. Ses craintes étaient contagieuses et mon assurance s’envola. Ce qui nous attendait c’était peut-être l’une de ces fameuses fessées ou, peut-être pire,  une lourde amende qui, en plus, m’aurait valu automatiquement une solide correction paternelle. Inutile de nous concerter ! Nous reprîmes nos vélos, pédalant dans le sillage du Solex sans échanger un mot.

La secrétaire de mairie, qui n’était autre que la femme du garde champêtre, devina à nos mines contrites la raison de notre venue. Tandis que son homme allait se changer dans une pièce voisine, elle nous fit attendre nous scrutant des pieds à la tête d’un haussement d’épaules. Elle connaissait bien le garçon dont elle accentua le tracas en lui affirmant que sa mère ne serait certainement pas contente d’apprendre « ça ». Le « ça » désignant probablement tout aussi bien la bêtise que son châtiment. Et dans le même temps, très confus de me retrouver là face à cette dame à me justifier d’une stupidité indigne de mon âge, je sentais mes craintes grandir. Pensait-elle que, moi aussi, j’allais ?…

Le garde réapparut, en tenue civile. D’un signe, il fit entrer le jeune garçon dans son bureau dont il referma la porte. Je pouvais entendre sa grosse voix puis articuler un nouveau sermon, puis… un silence. J’entendis ensuite  la voix chevrotante du garçon répétant à l’infini « non ! non ! non ! » …

Et soudain… un bruit sec, net, retentissant comme une détonation… puis un bref silence brisé par un grand cri, mélange de surprise et de douleur…. De nouveau le silence… Je sursautai. Et de nouveau le même bruit retentissant suivi d’un cri mêlé de sanglots cette fois.  Je n’eus aucune peine à reconnaître le bruit que produisent des claques frappant directement un derrière nu. Mais ce bruit-ci était plutôt effrayant. Le garde avait donc bien baissé la culotte du garçon pour le fesser et je sentis alors mes propres muscles se contracter.

Comme il s’était bien écoulé une dizaine de secondes entre chacune des deux premières claques, je me mis à attendre avec anxiété la suivante. La troisième déclencha une longue plainte, presque un cri, qui se termina par des sanglots. La femme du garde leva les yeux de sa machine à écrire et opina plusieurs fois de la tête en me regardant, l’air de dire « Ecoute bien mon garçon ! Ton tour va venir…Voilà ce qui attend tes fesses… Elle vont bientôt déguster comme en ce moment celles ton petit camarade ! »

Les claques continuaient à tomber avec la même régularité, avec  ces longs intervalles qui mettaient mes nerfs à l’épreuve. Bizarrement, sitôt que la détonation se produisait, accompagnée d’un redoublement des cris de douleur du fessé, j ’éprouvais comme une sorte de soulagement avant de me remettre en position d’attente.

Je n’avais pas compté le nombre de claques, mais je présume qu’elles ne durent pas excéder la dizaine. Et quelles claques ! Jamais de ma vie je n’avais entendu pareils bruits même lors des pires fessées que j’avais pu recevoir ! C’était effrayant et je me demandais comment le postérieur pas bien dodu de ce jeune garçon pouvait les encaisser.

Puis les claques cessèrent et je n’entendis plus que les hoquets du garçon et, de nouveau, la grosse voix du garde champêtre.

« J’espère que tu as compris, hein ! Dépêche-toi de remonter ta culotte et OUSTE DEHORS !

La porte s’ouvrit et en sortit le garçon, les joues rouges et brillantes de larmes, qui tentait maladroitement de remonter sa culotte courte et d’en raccrocher les bretelles.

Sur le seuil se tenait le garde, manches de chemise retroussées et mains sur les hanches, qui me fit signe d’entrer. Tétanisé, je passai devant lui, le dos voûté, m’attendant au pire. Sa haute silhouette se dressait devant moi et je sus que je serais incapable de lui résister. 

Il prit la parole m’informant qu’il avait dû donner une bonne fessée au garçon car c’était la deuxième fois qu’il le surprenait à jouer dans cette vieille bâtisse. Pendant qu’il me réprimandait je regardais ses mains larges et épaisses qui allaient sûrement s’abattre sur mon postérieur jusqu’à le faire exploser.  Atterré, je me disais qu’à cause de mon âge, compte tenu de la sévérité avec laquelle il avait traité le garçon, ma correction serait sûrement beaucoup plus dure et que je n’aurais pas la force de supporter de tels battoirs. Le garde continuait à me décrire  les dangers à pénétrer dans une demeure en ruines, me disant qu’à mon  âge mon inconscience était impardonnable. J’acquiesçais à ses paroles dans  l’espoir d’atténuer sa colère.

Tout en me parlant, il se dirigea vers une chaise où était rangé son uniforme. Je le vis prendre le pantalon et… en détacher le large ceinturon de cuir qu’il replia sur lui même pour en doubler l’épaisseur. Je fixais ce ceinturon qui, fermement empoigné par les deux extrémités, avait prit la forme d’une redoutable sangle en cuir. Une pensée horrible m’envahit. Il ne s’agissait  donc plus d’une fessée ! Envisageait-il de me fouetter avec ça ?

 En me regardant il ajouta « Tu es maintenant bien trop grand pour recevoir une simple fessée sur mes genoux comme ton jeune camarade. Mais écoute-moi bien, si je te reprends dans cette maison, c’est avec ça que je te punirai…» me dit-il, en élevant le fouet de cuir improvisé et en l’abattant avec force sur une table, provoquant un violent claquement sonore qui me sursauter de panique.

« Et si l’envie te prend, pense à la couleur de tes fesses quand j’en aurai fini avec toi ! Allez, file que je ne revoie plus !»

Ouf ! je respirais. Je comprenais qu’il avait voulu me faire peur et que j’avais la chance d’échapper à la correction. Soulagé, je remerciai le garde champêtre et filai jusqu’à la sortie sans demander mon reste.

Longtemps après, l’idée de ce ceinturon claquant sur mon derrière nu me hanta. Inutile de vous dire que je n’ai jamais remis les pieds dans cette demeure abandonnée.

Et vous, qu’auriez-vous fait à ma place ? Auriez-vous eu le courage d’affronter mon garde champêtre ?

4 commentaires »

  1. eric dit :

    Manifique histoire mais t’aurais dû y retourner pour voir s’il disait vrai ! Moi, j’aurais été fier d’être là…

  2. Emilie dit :

    Moi, j’aurai tenté d’y retourner.
    Cette menace me troublerait…
    Une bonne fouettée ne tue pas, et ça parait tellement excitant !!

  3. monenfance88 dit :

    Magnifique récit Cristian, ce garde savait ce faire respecter en donnant la punition des enfants aux ados.

    Dernière publication sur Monenfance88 : Merci pour ce commentaire comment était cheveux, maman les tondait a ras, pour chaque punition

  4. Marco dit :

    Retrouvant et relisant ce récit, cela me fait penser à trois choses :
    en 1, que la réputation de personne sévère, pour quelqu’un-e détenteur-trice de l’autorité, du temps où la fessée était encore communément admise, était un atout appréciable permettant d’en pondérer l’application réelle.
    en 2, j’ai connu les affres de l’attente, entendant fuser d’une pièce contiguë tous les bruits de la correction sur mon malheureux prédécesseur. J’avais ainsi le temps d’anticiper le sort redoutable qui m’attendait à sa suite.
    en 3, transgresser une interdiction formelle motivée pour grand danger expose à une sanction équivalente au risque encouru.
    C’est pour l’avoir ignoré qu’il m’est arrivé, notamment en vacances d’en subir les conséquences piquantes, vexantes mais moralisantes tout comme l’ado de 13 ans de la bâtisse en ruine
    (ces 1 , 2 , ou 3 ne font pas mention d’un même événement mais d’expériences diverses.)
    Bien à vous,
    Marco

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