La fessée appliquée

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Punition publique en shorts à 19 ans

Matt 1

Par Yves

Aussi étrange que cela puisse paraître, encore à 19 ans je recevais des corrections corporelles… comme on pouvait en recevoir dans sa jeunesse à cette époque. Une situation pas si extraordinaire que cela. 

 Un jour d’été de 1959, j’étais avec mes parents dans un grand magasin et, du haut de mes 19 ans, je me mis à « gueuler » très fort contre la hausse des prix et, bien entendu, contre l’ineptie du gouvernement en place qui laissait aller les choses à vau-l’eau.

Mon père m’ordonna d’une manière péremptoire de me taire, en ajoutant que je ne n’étais pas seul dans le magasin. Comme je  continuais de plus belle à crier et même à tonitruer, mon père me saisit alors par le cou, et à la vitesse de l’éclair, me fit une vraie prise de bras pour m’immobiliser entre son épaule gauche et son avant-bras.

Puis, sans hésiter, devant les clients curieux et médusés, il  retroussa les jambes de mon short le plus haut possible et se mit à marteler l’arrière de mes cuisses dénudées d’une bonne demi-douzaine de fortes claques sur le haut des cuisses, juste à la commissure des fesses.

Je fus tellement surpris sur le coup que je n’eus pas le temps de réagir ni même de me rendre compte de la situation dans laquelle j’étais impliqué. Les claques s’abattaient si dru et s’avéraient  si cinglantes que je me tordais de douleur dans des gémissements mêlés de rage et de délire.

Je le suppliais à cor et à cris d’arrêter, que j’avais compris et que j’allais désormais me tenir bien tranquille. Peine perdue, rien n’y faisait.

La correction fut si sévère que mes cuisses en feu ont gardé les empreintes de la main de mon père deux ou trois jours après. En fait, je n’étais qu’un grand ado qui, selon les termes de mon père, venait d’être « maté ».  On dirait mieux aujourd’hui  remis à sa  place ou « dressé ».

Je venais de passer le bac et je me croyais devenu un adulte à part entière, d’autant que j’entrais à l’université en septembre. Je ressentais peu de honte, mais beaucoup d’amour-propre blessé. Beaucoup de déception, beaucoup de culpabilité, mais en même temps j’éprouvais comme un très grand soulagement. On pouvait effacer l’ardoise du passé récent et désormais recommencer à neuf.

Depuis quelque temps, j’avais pris l’habitude de répondre à mes parents, de ne pas hésiter à les contredire, à leur couper la parole, à les narguer, en un mot, à faire preuve d’insolence à leur égard. En fin de compte, j’étais puni publiquement par où j’avais péché. Ce n’était pas pourtant la première fois et ce ne sera pas non plus malheureusement la dernière pour moi.

J’ai maintes fois repensé à cette punition publique et me suis demandé si le port de la culotte courte que j’affectionnais depuis l’enfance ne me prédisposait pas à ce genre de punition fort courante à cette époque dans le monde anglo-saxon. Mes parents, en tout cas, semblaient y avoir pris goût et savaient comment appliquer ces grosses claques sur les mollets et sur l’arrière sensible des cuisses dans le but d’infliger le maximum de peine et de douleur.

C’était un châtiment  pratique, rapide et expéditif qui, même grand ado, me faisait souvent pleurer à chaudes larmes. J’en ai reçu beaucoup jusqu’à la fin de mon secondaire et je puis dire avec assez de certitude que si j’étais resté plus longtemps à la maison, dans la vingtaine, j’en aurais encore reçu davantage.

Je n’avais d’autre choix que de subir ce genre de correction. Je n’étais pourtant pas un vilain garçon et, surtout, je n’avais pas honte d’être puni de cette façon. A cette époque, j’étais loin de juger que cette punition était inappropriée ou anormale pour un garçon de mon âge.  Je ne trouvais pas ça « cool », bien sûr,  mais je l’acceptais quand même. Je pensais peut-être qu’en bon élève des collèges catholiques de l’époque, je devais expier mes fautes. Je ne savais pas trop bien en fait.

Avec le recul du temps, je puis dire que j’ai été un adolescent assez bien doué intellectuellement, mais avec un manque flagrant de maturité du point de vue psycho-sexuel et social. A la fin du collège, j’ai abandonné avec regret les culottes courtes, mais j’enviais beaucoup les deux ou trois élèves de seconde et même de première qui d’aventure les portaient encore au lycée.

Comme les châtiments corporels constituaient une pratique courante à la maison et quelquefois au collège, j’avais tendance à penser qu’il en était ainsi dans les autres foyers et cela ne me préoccupait  outre mesure et d’ailleurs, c’était loin d’être un sujet de conversation au collège et au lycée.

Je me disais pourvu que cela reste dans la famille. Tant mieux! Au fait, pour finir, quand je suis revenu à la maison après cet incident,  je me suis encore pris toute une raclée au cuir à rasoir sur les fesses nues pour avoir été… le déshonneur de la famille.

Je suis curieux de savoir s’il y a beaucoup de garçons qui se sont trouvés ou se retrouvent encore dans la même situation que moi.  Dans mon esprit, le  printemps des culottes courtes est toujours associé aux fessées et aux grosses claques sur l’arrière des cuisses.

Illustr. : Matt

51 commentaires »

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  1. Blaise dit :

    Bonjour Yvan,
    « Ne trouvez-vous pas aberrant qu’un garçon de 19 ans reçoive encore la fessée à 19 ans? C’était pourtant assez courant dans les familles et les pensionnats des années 40 et 50? »

    Que répondre à cette question ?
    Il est difficile, voire présomptueux, de juger les sentiments que quelqu’un porte sur lui-même, aussi me garderai-je bien de me prononcer sur les vôtres, Yvan. Évoquant le cachot et le fouet dans le système éducatif des siècles passés (et récents cf la Grande Bretagne),je voulais seulement taquiner d’ironie l’état actuel de notre société qui semble marcher à contresens comme si elle se donnait pour seule conduite viable l’inversion des valeurs institutionnalisée en paradigme suprême. On exalte en vertu cardinale la posture victimaire chez le délinquant, on jette l’opprobre sur sa victime taxée de coupable pour s’être mise en situation d’agression ou de s’être défendue.
    Nous appartenons à une génération qui a assisté à ce rapide bouleversement des valeurs et à l’orchestration de cette aberration. Naguère, il eut été inconcevable de contester l’autorité d’un professeur, ne serait-ce qu’à travers sa fonction. Si l’on avait à s’en plaindre, il suffisait d’en relever les tics et manies pour le caricaturer entre nous. Une punition ou une observation était-elle perçue comme injuste ? Jamais des parents ne l’auraient contestée. Un professeur avait toujours raison par excellence. Aujourd’hui, quel sort notre société réserve-telle à nos enseignants ?
    Je me contente de constater, sans chercher à l’observer, que tout ce qui représente l’autorité, de manière réelle ou symbolique, est piétiné, moqué, bafoué, attaqué, dénigré, rabaissé… ou vandalisé s’agissant de biens matériels en toute impunité.
    On cite ce cas exemplaire de gamins de 8 à 14 ans saccageant en bande une école maternelle – en principe lieu merveilleux de leur propre enfance – lors d’un acte vraisemblablement gratuit… Ce fait divers devenu banal aurait-il été pensable il y a deux décennies ? Quant à savoir si une fessée produirait le miracle de remettre la tête à l’endroit à ces pauvres chéris, je ne m’avancerais pas de peur de voir surgir en ordre serré les bataillons d’anti-fessées ;-)
    Votre éducation était un contresens ainsi que vous le ressentez. Vous étiez petit de taille, dites-vous. Je m’interroge… Ne croyez-vous pas que le port de culottes à la fois trop courtes et de coupe enfantine (« j’étais loin, pour ma part de lui donner tort – à votre mère ») ajouté à votre attitude d’adolescent rebelle (« Comme j’étais plein de vie, mais un peu espiègle et désobéissant, je recevais souvent la fessée au collège et à la maison non pas pour des résultats scolaires insuffisants mais pour des motifs disciplinaires » incitait inconsciemment vos parents et le préfet de votre collège à vous corriger vous, le presque jeune homme encore immature, comme un enfant selon le plus puéril de tous les châtiments corporels : la fessée culotte baissée à main nue ?
    Il est vrai que de prolonger ce châtiment au-delà de l’adolescence était sans doute un non-sens inapproprié à votre degré d’intelligence et de culture. Il n’en reste pas moins, et à lire d’autres témoignages du même esprit que le vôtre, que tout tien à la manière de punir. C’est le fond de ma pensée.
    Cordialement, Blaise

    • yvan125 dit :

      Cher Blaise, merci pour vos commentaires bien argumentés et exprimés dans un style précis, soigné et même élégant.Je crois tout de même que vous forcez un peut trop la note et je vous soupçonne de vouloir faire un effet de toge quand vous dénoncez cette aberration qui consiste de nos jours à «exalter en vertu cardinale la posture victimaire chez le délinquant» et à «jeter l’opprobre sur sa victime.»Vous ajoutez que« nous appartenons tous à une génération qui a assisté à ce rapide bouleversement des valeurs et à l’orchestration de cette aberration» Permettez-moi de vous dire que je ne fais pas partie de cette orchestre et que vous transposez sur le moral ou éthique un phénomène inévitable dans toute société démocratique. C’est,je ne vous apprends rien du tout, dans notre société occidentale le retour inéluctable du balancier. Autrefois, il y à peine cinquante ans, on privilégiait dans la société, l’ordre, l’autorité, la loi et la soumission aux règles établis; on a grandement exagéré en ce sens en punissant trop sévèrement les contrevenants à cet ordre des choses. Aujourd’hui, on met plutôt l’accent sur la participation citoyenne, sur la liberté de l’individu, sur la pensée critique,l’initiative personnelle, la créativité et l’altruisme. On n’insiste moins sur l’obéissance, la soumission et par ricochet sur la sanction. Je ne crois pas que l’on assiste, comme vous l’affirmez, à l’inversion des valeurs institutionnalisées érigée en paradigme suprême. Je déplore comme vous le saccage d’une école maternelle par des gamins qui ne sont même pas pubères. Ce sont évidemment des ratés de notre temps qui se produisent dans toutes les générations (même au 4e siècle avant J.C. Aristophane, dans les Nuées en fait allusion pour blâmer la société démocratique de son temps, trop permissive et libérale). Quant à l’autorité incontestée et incontestable des professeurs, il faudrait s’en reparler Dites-moi sincèrement , Blaise, est-ce vraiment concevable aujourd’hui que l’autorité d’un enseignant ne soit jamais remise en cause, ne soit jamais contestée après tous les scandales sexuels qui ont lieu dans les collèges et les établissements religieux depuis les années 1950 à aujourd’hui.Je suis pour ma part assez mal placé pour parler de ce problème puisque j’étais un « petit blond», adolescent rebelle à toute autorité et je me faisais plus souvent qu’à mon tour chauffer les fesses ou taper sur le popotin parle préfet pour mon insubordination et mon indiscipline irréformable.

      Vous me décrivez très bien Blaise à 16 et 17 ans. Pour moi la puberté a commencé à la fin de la Première et à l’été de Terminale. J’ai commencé à avoir du poil aux jambes et aux cuisses et un peu de barbe au menton. J’étais comme les Allemands disent un Spate-Zûnder, comme on dit «de quelqu’un qui a du retard à l’allumage». Mon gros problème, c’était donc une puberté tardive. Cela donnait un petit blond, fluet, efféminé, sentimental inachevé et capable de tout. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, je ne détestais du tout porter la culotte courte étant plus vieux que les autres garçons. Je me trouvais plutôt mignon les jambes et les cuisses à l’air. Ce que je détestais, c’étaient les commentaires que faisaient les autres élèves et en particulier les plus jeunes déjà en pantalons. «Ah, il a mis les culottes de son petit frère» ou ceux des grandes filles du pensionnat, dans le bus qui reluquaient mes jambes : « Regarde les belles jambes lisses, qu’il a de belles jambes ! Des jambes de filles.» Je dois dire que toutes ces remarques s’envolaient deux semaines après la rentrée. D’ailleurs, comme je paraissais plus jeune que mon âge, cela ne détonnait pas trop dans le paysage scolaire que je fréquentais. Je ne détestais pas non plus les châtiments corporels. J’ai toujours conservé une certaine ambiguïté trouble à leur égard jusqu’au moment où en Première je suis tombé sur un passage des Confessions de Rousseau qui m’a donné une explication assez évidente du sentiment que j’éprouvais. Je n’en croyais pas mes yeux. Rousseau qui décrivait mes étranges émois intimes : «Ce qu’il y avait de plus bizarre est que ce châtiment m’affectionna davantage encore à celle (Mlle Lambercier) qui me l’avait imposé… j’avais trouvé dans la douleur, la honte même un mélange de sensualité qui m’avait laissé plus de désir que de crainte de l’éprouver derechef de la même main.»
      En terminant, je voudrais vous dire que j’ai été corrigé comme un gamin : fessée culotte baissée à la main jusqu’en 3e au collège et surtout à la maison Je suis enfin de votre avis: prolonger les châtiments corporels au-delà de l’adolescence constituait un non-sens et qu’en définitive, en cette matière tout tient à la manière de punir avec sagesse et discrétion comme vous le dites si bien. Amicalement, Yves.

      • Blaise dit :

        Bonjour Yvan (Yves ?)
        Effet de toge, sans doute. Forcer le trait n’est que mon inoffensive et simple riposte de langage au paradoxe de l’état de fait actuel de notre société où la petite délinquance prolifère parallèlement à la terreur, agressions et violences sous toutes les formes courageusement déguisées en « incivilités » ! Qui, hormis une véritable agression, n’a pas été inquiété ne serait-ce que par une insulte ou une menace ? Bref, c’est ma façon de ressentir notre époque et son obstination pour le déni à la lumière de mon expérience passée. Ceci dit, cher Yves, je ne confonds pas l’autorité légitime d’un enseignant et de l’institution qu’il représente en l’honorant avec des scandales sexuels. Je n’ai aucune nostalgie passéiste mais j’observe que le respect de nos certaines règles sociales n’a pas empêché l’émergence de génies novateurs dans tous les domaines.
        En ce qui vous concerne et le regard que vous portez sur vous-même et votre adolescence, je ne puis que m’incliner devant votre sincérité. Je suis sûr que beaucoup d’entre nous vont se retrouver dans les manifestations physiques et mentales de cette « puberté tardive » que vous décrivez si bien. Entre l’enfant et le jeune adulte, la transition peut être longue et peuplée d’incertitudes. La sensualité y prend bien des détours avant d’arriver à pleine maturité trouvant parfois son compte en étant, à 16 et 17 ans, le cœur empli d’émotions singulières, déculotté et fessé comme un gamin par des adultes :
        « Je ne détestais pas non plus les châtiments corporels. J’ai toujours conservé une certaine ambiguïté trouble ».
        Et en effet, s’abandonner ainsi, soi et sa pudeur, et parfois contre son gré, entre des mains nanties d’une ferme sévérité a quelque chose de rassurant et d’apaisant malgré la douleur et la honte ressenties durant la correction la plus sévère soit-elle. Et après tout, vous ne receviez que la simple fessée qui n’est en rien un supplice !
        Une hypothèse : à relire vos interventions,- mais les ai-je bien lues et comprises ? – j’ai l’impression que votre révolte, ou du moins vos critiques, contre l’éducation stricte que vous avez reçue date tardivement de votre position d’adulte et non pas de vos années d’adolescent. A cette époque vous sembliez accepter comme une norme sans appel les châtiments corporels que vous imposaient vos parents ainsi que ce préfet-fesseur de collège pour lesquels cette forme de punition était clairement nécessaire et légitime. La seule précision qui manque : en Seconde et Terminale de ce collège, étiez-vous le seul de tous vos condisciples à vous faire fesser comme l’étaient encore jusqu’à la fin des années 80 les collégiens britanniques ou tous les élèves étaient-ils logés à la même enseigne ? Le fait d’être un cas à part pourrait expliquer votre sentiment d’humiliation.
        J’ignore quelle est l’audience de ce blog que je découvre, mais encore une fois, même si tous ne partagent pas votre expérience, je suis sûr que beaucoup de lecteurs vont se reconnaître en vous de la même façon que vous vous êtes reconnu dans Cambacérès, (voudra-t-il vous répondre ? ce serait intéressant) et d’autres, comme Claude dont le vécu et les commentaires semblent si proches de votre expérience.
        Enfin, je dois dire que vos écrits me donnent envie à mon tour à coucher sur le papier mes souvenirs de jeunesse et d’années-martinet et vous en remercie.
        Amicalement, Blaise

        • CLAUDE dit :

          Bonjour Blaise. En effet, je ne saurais trop vous encourager à coucher sur le papier vos souvenirs de jeunesse et « d’années-martinet ». Je ne veux pas entrer dans le débat que vous avez avec Yves. Mais j’approuve totalement vos observations sur la société d’aujourd’hui si l’on peut encore appeler « société » une communauté où chacun tire à hue et à dia,où tous les maux viendraient de l’État, où chaque communauté spirituelle se recroqueville sur elle-même tout en prétendant détenir LA vérité,etc. De plus comme vous le notez si bien,l’époque « martinet » a produit autant sinon plus d’illustres scientifiques. Cordialement.CLAUDE.

          • Blaise dit :

            Claude
            Merci pour vos encouragements à écrire. Je vais tenter de m’y coller, mais je ne sais pas trop par quel bout prendre ces anciens souvenirs bien qu’ils sont toujours frais dans ma mémoire ! En tout cas, et même s’il m’en a coûté parfois (un châtiment corporel était loin d’être un simulacre !), je ne renie pas du tout cette époque de ma jeunesse où mes « anges gardiens-nes » ont toujours veillé à me guider sur le bon chemin. Etant adulte, on prend conscience qu’il faut prendre sur soi pour sévir comme il convient.

  2. CLAUDE dit :

    Bonjour Yvan. Moi aussi j’ai été corrigé (et même fouetté) à 19 ans. La majorité n’était alors qu’à 21 ans. La cause de ce châtiment était que j’avais gravement violé les règles de morale sexuelle que mes parents m’imposaient en la matière. Toutefois, ce châtiment sévère d’une quarantaine de coups de martinet sur mes cuisses et mes fesses nues, précédés d’une vigoureuse fessée, me fut infligé en privé. Comme vous l’exprimez bien, après cette correction je me sentis soulagé, lavé, de la faute que j’avais commise : « J’avais été puni par là où j’avais péché » comme vous le dites si bien. Certes, de nos jours cela laisse pantois nombre d’internautes élevés dans la permissive société d’aujourd’hui. Eh bien au risque d’être incompris je défends ce type d’éducation qui loin, de m’avoir traumatisé, m’a fixé des limites dans les rapports sociaux qui m’ont évité de dangereux dérapages dans ma vie d’adulte. Cordialement. CLAUDE.

    • yvan125 dit :

      Bonjour Claude. J’aime bien vos commentaires et je constate par d’autres interventions de votre part sur ce blog que nous avons reçu (j’allais écrire subi, pas très charitable, non !) le même genre d’éducation de nos parents. Je crois deviner la règle de morale sexuelle qu’il est interdit de mentionner ici que vous avez enfreint. J’étais soumis au même interdit strict durant toute mon adolescence et le début de ma vie d’adulte sous peine de fessées carabinées. Il fallait employer des ruses de Sioux pour pouvoir y déroger sans se faire pincer. Cela m’est arrivé à 14 ans et encore à dix-huit ans d’être puni pour m’être abandonné à ce plaisir si délicieux et délectable, le péché de Jean-Jacques. Je trouve vos parents très répressifs de vous avoir infligé ce châtiment de 40 coups de martinet sur les fesses et cuisses dénudées, surtout après une vigoureuse fessée. Je me suis toujours demandé ce que les parents venaient faire dans la régulation de la morale sexuelle de leurs grands enfants. Vous vous sentiez, comme vous dites. soulagé, lavé peut-être même aussi absous de ce gros péché mortel, mais, en vous corrigeant de la sorte, n’avez-vous pas pensé que vos parents commettaient un abus d’autorité en des matière qui ne les regardaient pas, ce qui aurait dû vous porter à l’indignation, à la révolte et à une légitime colère plutôt qu’à la repentance style judéo-chrétien ? Amicalement Yves

      • CLAUDE dit :

        Bonjour Yves. Certes, mes parents étaient répressifs, mais en cela ils ne faisaient qu’accomplir leur devoir conformément aux « canons » qui sont d’ailleurs toujours en vigueur, même si aujourd’hui on ne recourt plus au martinet pour les faire respecter. Mais l’affection accompagnait toujours la correction. Voilà pourquoi je ne leur en veux pas. Amicalement, CLAUDE.

  3. zatopek dit :

     » gravement violé les règles de morale sexuelle » ???
    Châtiment infligé par papa , par maman ?
    N’avez-vous ressenti aucune révolte, aucune colère ?

    • yvan125 dit :

      Bravo, zatopek, vous avez tout compris. Les deux questions que vous posez ironiquement valent la peine d’être posées, car il n’est pas indifférent que le papa et la maman corrigent un grand adolescent. Quant à la deuxième question, si on y réfléchit bien, on doit admettre que ce sont les deux sentiments qui résultent de cette sévère punition.

  4. yvan125 dit :

    Oui, comme je l’explique dans une Méthode d’éducation…3e partie, c’est durant mes études de psychopédagogie à l’université et quelques années plus tard au cours d’une longue psychothérapie que j’ai dû subir trois ans après le début de ma carrière d’enseignant de lettres classiques que s’est cristallisée cette révolte ou du moins cette critique acerbe de l’éducation stricte que j’avais reçue de mes parents et de mes maîtres au collège durant mon adolescence prolongée. C’est donc, comme vous le dites si bien, une position d’adulte et non pas adolescent aussi futé soit-il. Comment aurait-il pu en être autrement ? Est-ce qu’un adolescent ou un jeune adulte a les ressources intellectuelles, psychiques et morales suffisantes pour s’opposer à tout un système de normes établies par une autorité tout en béton de part en part. Il ne me restait qu’à accepter souvent la rage au coeur et en maugréant les châtiments corporels que m’imposaient mes parents et le préfet du collège que je fréquentais. Je n’étais pas, vous le devinez facilement, bien dans ma peau à cette époque et ma soeur de me rappeler que dans ces années je me comportais comme un vrai porc-épic envers la famille et la société
    Pour répondre à votre deuxième question, même si c’était la politique du collège privé que je fréquentais de ne plus employer les châtiments corporels pour les élèves de la Seconde à Terminale (pour des élèves de 15 ans à 18 ans environ), le règlement prescrivait tout de même que dans des cas exceptionnels d’insubordination et d’indiscipline grave, après consultation des parents, des châtiments corporels pourraient être infligés aux grands élèves de Seconde à Terminale. Vous pouvez en déduire par là que je n’étais donc pas le seul à recevoir encore des punitions corporelles, il y avait peu d’élèves de ces grandes classes qui en recevaient, mais cela ne les rendaient pas moins humiliantes. Je ne voudrais pas que vous pensiez que j’étais un habitué de ces punitions. Je crois en avoir reçu tout au plus trois ou quatre, en plus des colles et des travaux supplémentaires qui m’étaient imposés.
    Enfin, je serais très heureux de dialoguer avec Cambaceres, son vécu est semblable au mien au plan intellectuel et humain, de même qu’avec Claude dont j’aime bien les commentaires. Je ne sais pas si ses parents lui ont fait porter la culotte aussi longtemps que moi et lui ont aussi claqué les cuisses comme les miens. Je suis tout de même heureux d’avoir trouvé des âmes soeurs. Merci à vous Blaise encore une fois pour vos commentaires si intelligents et pertinents qui ont le grand mérite de me révéler davantage à moi-même et aux autres. Cordialement Yves

    • Blaise dit :

      Bonjour Yves,
      Merci aussi à vous de répondre aux hypothèses que je formulais précédemment. Au sujet des punitions corporelles à but disciplinaire et non pas coercitif comme cela existe dans certains pays, le ressenti semble tout à fait relatif de nos jours d’une culture à l’autre. Vous parlez d’élèves des grandes classes et de sentiments d’humiliation. Aux dernières nouvelles, ce mode d’éducation et de sanction est toujours d’actualité dans la plupart des pays d’Asie de très ancienne culture, y compris chez les seniors. Et personne ne semble s’en formaliser « Vérité en deçà des Pyrénées, erreur au-delà » (B Pascal) !
      Amicalement,
      Blaise

  5. zatopek dit :

    Merci, cher, Yvan , pour votre appréciation laudative sur mon commentaire. Nous avons un point commun : notre profession.
    N’avez-vous pas été tenté d’inverser les rôles, de renverser la situation, de fessé, devenir pro-fesseur ?

  6. CLAUDE dit :

    Bonjour Yvan. Merci de me dire que vous êtes heureux de dialoguer (entre autres) avec moi. Je le redis je respecte tous les points de vue. Pour ce qui est des vêtements,mes parents n’ont pas été obligés,vu le climat, de m’imposer de porter des culottes courtes les 3/4 de l’année. Et c’était bien pratique pour me rappeler l’ordre avec quelques coups de martinet sur les cuisses ! Cordialement. CLAUDE.

    • yvan125 dit :

      Merci Claude. J’aime bien vos commentaires même si je ne suis pas toujours d’accord avec vous. Je ne suis pas non plus un laudateur de mes parents et de mes maîtres. J’ai donc toujours su garder un esprit critique à leur égard. Découlant de vos commentaires, j’aimerais savoir jusqu’à quel âge, vos parents vous ont fait porter la culotte courte ou est-ce que vous aviez le choix des vêtements que vous désiriez porter au collège ou au lycée ou plus tard? Ne trouvez-vous pas, Claude, qu’il y avait dans l’éducation traditionnelle que nous avons tous deux reçue un décalage important entre notre âge chronologique et notre âge mental, par exemple, vous avez reçu à 19 ans une véritable raclée pour un problème de morale sexuelle qui ne concernait que vous. Personnellement, je me rappelle qu’en Terminale, en octobre, je m’étais attardé à la fin des cours et j’étais arrivé en retard à la maison pour le souper. J’ai été sermonné et privé de sortie le samedi suivant. Comme je protestais avec colère contre cette décision, mon père m’ordonna de gagner ma chambre et pour mon insolence de me préparer à recevoir une bonne fessée au martinet. Je venais d’avoir 18 ans. Et quelle rouste, je me suis prise ce soir-là ! Ne trouvez-vous pas inapproprié qu’un garçon qui étudie la philosophie, qui lit des auteurs latins et grecs comme Platon et Cicéron se fasse taper sur le popotin pour des raisons aussi futiles? Pourquoi, dans votre cas, une petite branlette sans importance ou une « pougnette » en solitaire découverte pouvait-elle vous valoir une raclée de 40 coups de martinet? En toute logique, on ne donne la fessée qu’à de jeunes enfants qui ne sont pas encore en mesure de comprendre la nature de leurs actes, pour les aider à comprendre non à de grands adolescents qui, eux, savent raisonner et comprendre. Est-ce que nous étions si débiles et si tarés ? Qu’en pensez-vous ?

      • CLAUDE dit :

        Bonjour Yvan, je crois l’avoir déjà dit, (mais peut-être pas à vous) que je n’ai connu aucun problème vestimentaire : jusqu’à 11 ans, vivant à la campagne, j’étais en short les 3/4 de l’année ,ce qui était bien pratique pour me fouetter les cuisses quand il le fallait. Ensuite, j’ai intégré un Lycée public où le port de la blouse pour les internes était obligatoire. Ceci permettait aux enseignants de repérer les internes des citadins le plus souvent aidés dans leur famille. De fait, mes profs étaient plus coulants avec moi si j’avais mal compris et n’hésitaient pas à recommencer leurs explications jusqu’à ce que j’aie compris. La plupart d’entre eux agissaient ainsi avec les internes. Quant aux corrections sévères que j’ai reçues jusqu’à un âge avancé, elles étaient rares et toujours compensées par l’affection. De plus à l’époque, c’était comme cela dans toutes les familles catho comme la mienne. Je me « pliai » donc aux « usages » pour rester en accord avec les principes (discutables) mais incontournables pour garder ma place dans la famille. Cordialement, CLAUDE

  7. yvan125 dit :

    Cher Blaise,
    Oui, je sais que les châtiments corporels pour les élèves des classes terminales du secondaire existent encore dans la plupart des pays asiatiques et africains, surtout dans les collèges privés où l’on dépense des fortunes pour se faire instruire. Il y a aussi encore beaucoup de pays asiatiques comme la Thaïlande et africains comme l’Afrique du Sud et océaniques comme la Nouvelle-Zélande et l’Australie qui exigent que les lycéens portent la culotte courte, l’uniforme particulier de leur école jusqu’à l’avant dernière année de leur cours. J’ai des photos de ces élèves dont certains ont, ma foi, vingt ans et semblent heureux et fiers de porter leur uniforme, d’un chic incomparable. Je crois qu’au cours des années 90 on a banni les châtiments corporels dans les établissements scolaires publics en Afrique du Sud et en Nouvelle-Zélande, mais non dans les établissements privés. Je remarque que ces élèves qui vivent pour la plupart dans les pays chauds et qui pratiquent les sports de plein air et qui sont surtout amateurs de rugby ne sont pas inhibés du tout et n’ont pas peur d’exposer leurs jambes et leurs cuisses. Je ne comprends pas bien la distinction que vous faites entre punitions corporelles à but disciplinaire et non coercitif. Pourriez-vous m’expliquer la différence que vous voyez entre les deux ? J’ai toujours compris que les fessées que je recevais il y a plus de quarante ans étaient d’ordre disciplinaire et j’étais forcé de m’y soumettre. Je n’avais pas le choix. Qu’aurais-je pu bien faire d’autre? Vous parlez d’un ressenti différent d’une culture à l’autre. J’ai déjà eu des correspondant, un Libanais et l’autre de l’île de la Réunion qui dans la vingtaine trouvaient encore normal de se faire battre par leur père quand ils avaient mal agi. Je crois aussi que les grands élèves de Form VI en Afrique du Sud ne trouvaient pas inapproprié de recevoir la « cane » sur les fesses pour leurs écarts de conduite et le non-respect du règlement. Finalement, tout bien considéré, je crois avoir fréquenté un collège assez libéral qui savait punir et réprimer d’une manière intelligente et discrète pour l’époque.

    • Blaise dit :

      Mon cher Yves,
      Voici une explication plus précise que ma formulation vague ne laissait entendre : la différence entre punitions corporelles à but disciplinaire et non coercitif » , soit un châtiment corporel éducatif (parental et scolaire) par rapport à un châtiment « judiciaire » (flagellation ou supplice du fouet comme le pratiquait l’Occident autrefois (knout, chat à 9 queues…) et le pratiquent de nos jours des pays musulmans ( Malaisie, Arabie… récemment, 1000 coups de fouet pour un blogueur saoudien).
      Parlant d’uniformes scolaires, la justesse de votre expression « leur uniforme, d’un chic incomparable » me fait dire qu’un uniforme peut être à la fois seyant et élégant, à l’opposé des blouses grises des écoliers d’antan, image repoussoir dont se servent les opposants au retour de l’uniforme dans les écoles. Napoléon mais aussi l’armée américaine ont compris, mieux que dans le reste du monde, que la diversité des formes et des couleurs n’est pas incompatible avec la notion d’uniforme. Serait-ce nos petits échanges qui rendent votre jugement plus compréhensif vis-à-vis de votre ancien collège ? Si c’est le cas, j’en suis heureux.
      Amicalement,
      Blaise

  8. yvan125 dit :

    Merci,zatopec, j’apprécie le jeu de mots. Je puis vous assurer que, durant tout ma carrière d’enseignant, au collège et au lycée, je n’ai jamais levé la main sur un ou une élève. C’était absolument défendu, auquel cas j’aurais été congédié sur-le-champ. J’aurais aimé trouvé plus de garçons en culottes courtes, mais quand j’ai commencé à enseigner, ce n’était déjà plus la mode. Il n’y avait que quelques garçons dans les petites classes et l’on pouvait supposer que c’étaient les parents qui tenaient mordicus à ce qu’ils portent la culotte courte.

  9. yvan125 dit :

    Cher Blaise, contrairement à ce que mes propos peuvent laisser croire, je n’ai jamais détesté le collège qui m’a instruit et permis de bien avancer dans la vie. J’en garde un souvenir somme toute mitigé. J’ai, il est vrai, encore bien des réserves sur la discipline que les bons pères imposaient aux élèves et à moi en particulier, mais l’instruction qu’ils dispensaient était excellente J’ai eu l’avantage, grâce à eux, de faire de longues études, j’ai obtenu un Doctorat en linguistique appliquée, un D.E.A en linguistique générale, un M.A. en études classiques et quatre B.A. spécialisés en arts, psychopédagogie, philosophie et littérature française. L’impression la plus durable et profonde qu’il me reste de cet «alma mater» c’est le décalage qui existait entre l’âge chronologique des élèves et leur âge mental. C’était particulièrement visible chez moi dans les grandes classes. Deux images me reviennent à l’esprit pour corroborer cette impression : d’abord, l’élève de Première que j’étais, encore en culottes courtes, mais très courtes comme on les portait à l’époque, qui dépose un bon midi sur la banquette du bus un énorme cartable de volumes et de dictionnaires sous les moqueries et les quolibets des grandes filles du couvent qui échangeaient des propos salaces à mon sujet, propos à caractère sexuel que je ne comprenais même pas. Un petit blond aux jambes et cuisses lisses avec un si gros cartable ! Vous avez compris que ce cartable contenait tous les devoirs et leçons pour cette grande journée de congé du jeudi. Ensuite la deuxième et la dernière correction que le Supérieur du collège m’a infligée pour avoir été pris à tricher dans un examen blanc du bac. Normalement, j’aurais dû être expulsé du collège, mais le Conseil de l’établissement, après consultation de mes parents a jugé bon de m’imposer une longue retenue assortie d’une bonne fessée au martinet. Je vous épargne tous les autres détails. Je veux simplement démontrer que sur le plan intellectuel, nous étions passablement avancés. En Seconde, on pouvait traduire Cicéron, Sénèque, Virgile et en grec Xénophon et Isocrate et on apprenait à manier des et bien définis et faire des raisonnements souvent assez subtils, à s’initier aux mystères de la civilisation gréco-latine et voilà que l’on pouvait se retrouver devant le préfet et recevoir des punitions corporelles qui conviennent davantage à des gamins qu’à de jeunes adultes. Je suis convaincu qu’il y a toujours eu chez moi au collège un décalage que j’ai pu combler par la suite entre mon âge chronologique et mon âge mental, ce qui veut dire que selon l’évaluation de mon prof de philo, à 19 ans, avec toutes les connaissances encyclopédiques que j’avais, j’avais 14 ou 15 ans d’âge mental. J’ai toujours trouvé incongru, moi qui pouvais lire assez facilement Platon dans le texte et discuter des grands problèmes de la vie et des enjeux de société, d’être soumis à des châtiments corporels que je considérais indignes de mes connaissances et de ma culture. D’un autre côté, je ne peux pas dire que les pères ou mes parents n’étaient pas justifiés de me punir. Peut-être, comme vous le dites, cela tient-il à la façon de réprimer et de punir selon la nature et l’âge des contrevenants. C’est pourquoi, je ne tiens pas trop rigueur aux autorités de mon collège d’avoir appliqué les règlements comme ils l’entendaient. Que pensez-vous de mon plaidoyer «pro domo»? Pensez-vous que c’était inévitable ce décalage entre l’âge chronologique? Merci enfin pour votre distinction entre punitions d’ordre disciplinaire et punitions d’ordre juridique. Amicalement, Yves

    • Blaise dit :

      Cher Yves, vous le dites vous-même : « s’initier aux mystères de la civilisation gréco-latine et voilà que l’on pouvait se retrouver devant le préfet et recevoir des punitions corporelles qui conviennent davantage à des gamins qu’à de jeunes adultes »
      L’accumulation d’un savoir encyclopédique encore non maîtrisé dans le cerveau d’un 15-16 ans voire plus n’est pas synonyme de maturité mentale. En outre, le décalage que vous avez constaté entre « mon âge chronologique et mon âge mental », accrédite le fait que vous n’étiez pas indemne d’indiscipline sur le tard. Du reste, vous reconnaissez vous-même que vous aviez mérité la fessée au martinet que vous a imposée le préfet de discipline avec approbation de vos parents pour votre tricherie de gamin au bac blanc. Donc, pas de quoi fouetter un chat, si j’ose dire… A mon avis, votre mérite fut alors de faire preuve de cette maturité qui vous avait manqué en vous soumettant à l’épreuve douloureuse autant pour votre mental que pour votre physique de ce châtiment corporel.
      Enfin c’est du moins ce que je crois…
      Amicalement, Blaise

      • yvan125 dit :

        Merci, Blaise pour vos commentaires qui se sont révélés si justes pour la suite de ma carrière. J’ai bien pris conscience qu’à cet âge (17-18 ans), j’étais d’une prétention presque abyssale. Je me croyais bien meilleur que je ne l’étais en réalité et cette fessée, je pense, et d’autres qui ont suivi ont eu pour effet de me faire revenir sur le plancher des vaches et de me faire réellement prendre conscience de ma juste valeur. Ce soir-là, le Supérieur m’a sonné les grosses cloches. Cet événement a été déterminant dans ma vie. J’ai écrit beaucoup de thèses, de mémoires et fait beaucoup de travaux et je n’ai jamais plus triché, ou cité des auteurs sans les mentionner. Je n’ai jamais oublié cette sévère correction du Supérieur. Je ne crois pas avoir fait preuve de maturité en me soumettant à ce châtiment, car j’aurais désiré être expulsé du collège plutôt que subir « ce infamant du fouet» que les élèves anglais connaissent bien. Cependant, les autorités en avaient décidé autrement. Somme toute, j’ai bien fini l’année et obtenu mon bac avec la mention très bien.

        • Blaise dit :

          Yves, m’auriez-vous deviné ? Vous allez au-devant d’une question-réflexion que j’aurais dû vous poser précédemment au lieu de tourner autour du pot. Celle-ci : finalement, cette fameuse fessée vous a-t-elle servi de leçon ?
          Car tel est le but d’un châtiment corporel disciplinaire, et plus encore quand on croit avoir passé l’âge d’en recevoir : pas seulement punir l’auteur d’une infraction mais lui faire prendre conscience qu’il était dans l’erreur en la commettant.
          Si j’en crois votre témoignage, cela vous a réussi puisque cette fessée-là et les suivantes vous ont en effet permis « de me faire revenir sur le plancher des vaches et de me faire réellement prendre conscience de ma juste valeur… » et obtenir votre bac avec mention. Et vous le dites « elle a été déterminante ». Conclusion : ce n’est donc pas seulement grâce à votre intelligence et à votre assiduité aux études, mais aussi à ces fessées qui ont pu amender votre caractère quand il en était encore temps, que vous êtes parvenu à la maturité vraie.
          Le fond de ma pensée, et rétrospectivement, mon cher Yves ?
          Je ne suis pas loin de penser aussi qu’il convient de saluer le mérite de votre supérieur pour n’avoir pas faibli un instant en fessant un jeune homme de 17-18 ans jusqu’aux larmes, le fesser comme il se doit sans tenir compte ni de ses jérémiades de gamin ni de ses tentatives d’évitement pour échapper à son juste châtiment.
          De ce point de vue, et contrairement aux incertitudes de Laurent qui vient de vous écrire à propos de l’opportunité ou non d’une fessée administrée à ce ces âges-là, je suis intimement persuadé de la permanence de son efficacité. Je ne crois pas que Claude, votre autre correspondant, me démentirait.
          Amicalement, Blaise

  10. Laurent dit :

    Concernant le lien (ou la différenciation) culture-fessée, j’ai pu raconter dans « de l’influence d’une fessée sur la destinée » comment une fessée a conduit mon frère à opter, après un bac scientifique, à une carrière littéraire !
    Merci de votre avis là dessus, c’est intéressant.

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