La fessée appliquée

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Quand confinement rime avec redressement

 

A toutes et à tous les contributeurs de ce blog, la lecture de ces 4 extraits

de l’étrange histoire écrite par Joël TANGUY vous ont plu ?

Si vous désirez en connaître l’intégralité,

vous trouverez son livre chez Librinova et dans toutes les librairies en ligne, sous le titre

« Quand confinement rime avec redressement ».  

 

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En 2020, une pandémie d’une ampleur exceptionnelle, va bouleverser le monde entier. Les conséquences sont multiples, certaines sont inattendues…

 

Quand confinement rime avec redressement

Dans le SUV 7 places, fonçant vers la Normandie en cette fin d’après-midi du 16 mars, Anne-Cécile, assise à côté de Jean-Yves, son époux se demande, en entendant à l’arrière ses 4 grands enfants se chamailler, si elle a fait le bon choix. Elle leur demande de se calmer et les entend pouffer de rire. Elle leur demande de prier avec elle et elle les entend glousser. Sa cadette se permet même de se demander à haute voix et en ricanant sottement, ce que Dieu peut bien venir faire dans cette histoire. Le lendemain midi, la France va entrer en confinement et Marie-Cécile, cette mère de famille bourgeoise de 4 enfants, a fait le choix de quitter Paris de toute urgence afin de vivre le confinement dans leur grande et belle maison balnéaire, sur la côte normande. Elle pensait que cet enfermement serait plus facile à vivre en province qu’à Paris, mais elle n’a pas réalisé à quel point ses enfants, des adolescents, lui ont échappé. Quant à son mari, il faisait la tête, il était même furieux, car il espérait être rentré le lendemain pour prendre son nouveau poste à Paris, mais rien n’allait se passer comme prévu.

La journée du dimanche 16 mars a été une journée exceptionnelle, la France votait pour élire ses conseils municipaux et les français s’éclataient avant le confinement, en remplissant les parcs des grandes villes et en s’égayant sur les plages. C’était la fête pour tous ces inconscients, mais surtout la fête pour le virus, qui allait en profiter pour accélérer sa propagation. Chez les Fournier adultes, pas de promenade, les parents tenaient tous deux un bureau de vote pour des listes opposées à Paris et les adolescents étaient livrées à eux-mêmes. La veille au soir, grosse engueulade en pleine nuit, dans le superbe appartement parisien situé dans un quartier historique du cœur de la capitale, car les enfants étaient sortis le samedi soir, se mettant en danger. Ils se sont levés tard le dimanche, sans croiser leurs parents et sont même ressortis tout l’après-midi dans les parcs parisiens, avec leurs amis, sans gestes barrière, le mot à la mode. Marie-Cécile, la maman, a tenu un bureau de vote pour la liste de Rachida Dati, sur laquelle elle figurait en queue de liste, donc inéligible, et Jean-Yves, le papa, un autre bureau pour la liste LREM, sur laquelle il était candidat en position éligible, lui. Ils n’ont cessé de se disputer à ce sujet durant les semaines précédentes. En discutant avec un médecin dans le bureau de vote, Anne-Cécile a appris que le confinement, décidé pour le lundi midi, allait durer plusieurs semaines et même sans doute plusieurs mois, les écoles étant déjà fermées. Elle a décidé de fuir. Rejoignant son domicile vers 21H30, peu avant son mari, elle s’aperçoit que les 3 plus grands n’étaient pas rentrés. Son mari la rejoint dans la cuisine où elle s’affaire, il est furieux des résultats, sa liste a obtenu des résultats loin de ce que ses militants attendaient, celle de Marie-Cécile n’a pas brillé non plus, mais elle refuse d’en parler, c’est loin d’être une priorité selon elle. . . Elle ordonne à Sébastien, le plus jeunes de prendre ses affaires scolaires et quelques vêtements, son mari est fâché, mais pour une fois, elle ne cède pas. Elle met dans des sacs ce qu’elle peut trouver dans le frigo et dans les placards. Son mari s’occupe des ordinateurs. Les deux grands, des jumeaux, et la 3ème, toujours dans les mauvais coups, rentrent, fanfaronnant et fiers d’avoir retrouvé leurs amis et d’avoir partagé quelques bonnes bières. Ils sont euphoriques et ont déjà des plans pour se retrouver en bande dès le lendemain, c’est les vacances, pour eux. Leur mère leur donne 5 mn, ils prennent leurs affaires scolaires, mais peu de vêtements, pas le temps, et on a l’intention de vite revenir. Départ, il est 22H30.

Dans la voiture, c’est l’enfer, personne n’accepte la décision jugée intempestive de la mère, mais elle n’a pas flanché. Arrivée 0H30

Marie-Cécile regrette l’éducation ratée de ses enfants, contrairement à celle stricte, mais chaleureuse qu’elle a reçue dans le château familial, berceau de sa famille depuis 3 siècles, une famille attachée aux valeurs militaires depuis au moins l’équipée de Guillaume le conquérant en 1066, pour la conquête de l’Angleterre.  Ses sœurs et son frère ont réussi à poursuivie contre vents et marées avec leurs propres enfants, cette éducation stricte : internat avec uniforme, messe obligatoire, fessées, telle a été l’éducation qu’elle a reçue, mais cela ne l’a pas traumatisée et telle est celle de ses neveux et nièces, qui en tout cas, réussissent mieux que ses enfants à elle…

On s’installe vite fait, diner frugal, on fait les lits, on se couche, ça rouspète, il fait froid, la maison n’a pas été chauffée depuis l’été et la commande à distance de la chaudière n’a pas marché, plus de piles. La chaudière redémarre à fond, mais c’est très juste, la maison est immense, l’air marin s’est imprégné partout et c’est humide. Le lundi matin, les jeunes sortent, vont sur la plage, retrouvent leurs copains de résidences secondaires, rentrent avec plein de projets, pour eux, c’est cool, pas de lycée, c’est la fête, ils réquisitionnent les packs de bière. Le père se fâche, tiens donc ! Lui, il est furax, car son ministère de tutelle lui a intimé l’ordre de rester où il est, mauvais exemple, sinon. Il est furieux, il n’a pas pris de livres, il va falloir en acheter en grande surface, et surtout taper dans les classiques qui doivent trainer au grenier … ou à la cave.

Marie-Cécile met au point un tableau de service. Jean-Yves fait les premières courses, il est sidéré, les gens font n’importe quoi, pour stoker, il a vu un caddy rempli de dizaines de boites de haricots verts et lui, il ramène n’importe quoi, uniquement des produits de luxe et pour tout dire, inutiles. Les parents sont d’accord sur un point, on va respecter les règles du confinement et être intransigeants avec les enfants.

Les enfants ne respectent rien, se chamaillent sans cesse, s’engueulent pour le choix des chambres, les grands n’ont rien à se mettre. Internet rame, « c’est un vrai trou, ce bled, on ne capte pas ! » Chacun a son ordinateur. Les deux grands commencent leur travail, ils sont en prépa, 1ère année et ont tout juste 18 ans depuis quelques jours. Les deux jeunes jouent.

1ère fessée, pour le plus jeune des garçons, Sébastien, il est sorti sans attestation de sortie et sans que ses parents l’autorisent et il s’est pris une amende de 135 euros. Ce n’est pas un problème d’argent, mais sa mère trouve qu’il leur fait du tort, déjà que tous les habitants sont en colère et estiment que les parisiens vont leur amener le virus. Elle pense que ses enfants doivent être heureux de ne pas être coincés à Paris et donc, qu’ils doivent être exemplaires :

-          Tu vas nous les rembourser, tes 135€, en faisant des services supplémentaires par rapport aux autres :  tondre la pelouse… à 10€ de l’heure, tu nous dois 13H3O !

Sébastien était en bermuda, elle le remonte et elle lui administre une bonne fessée sur les cuisses. Après, elle s’est demandé d’où lui est venu ce reflexe, elle n’a jamais frappé ses enfants. De sa propre éducation, peut-être ? A circonstances exceptionnelles, attitude nouvelle ! Sébastien arrive à retenir ses larmes, mais il est choqué, à 13 ans, lui le petit dernier, gâté par tout le monde, il n’a jamais reçu de claque ni de fessée. Photo 1. Puis la maman coupe son bermuda pour en faire un short, elle ressort la machine à coudre du grenier, fait un ourlet en laissant 5 cm d’entrejambe, c’est très court. Pendant ce temps-là, notre Sébastien est en slip et il attend sagement. Son papa regarde la scène comme s’il était au cinéma, il cherche à comprendre, mais il ne bouge pas, il laisse faire son épouse, il est totalement dépassé. La maman prend son temps et fait la morale à son benjamin, les autres rigolent. En montant au grenier, elle a découvert des malles pleines de fringues, celles de son frère, d’elle et de ses sœurs, uniformes scolaires, jupes plissées, et fringues de ses parents à elles, ça lui donne des idées. Quand le château familial a été vendu, après la mort de ses parents, il a fallu vider les immenses greniers. Les quatre enfants de la famille Bosquet de la Valleuse, dont Marie-Cécile est la petite dernière, ont récupéré des meubles, des tapis, des tableaux et autres objets.  Elle se demande pourquoi elle a pris ces vieilles malles. En les ouvrant, c’est une véritable madeleine de Proust qui lui monte au nez, l’odeur de l’enfance, matinée de moisi, lui fait revenir des souvenirs, plus ou moins agréables. Elle a passé son enfance et son adolescence en jupe et a été le plus souvent en uniforme, dans les dominantes grises, car elle était dans une des très rares pensions catholiques françaises, ne recevant que des filles. Son frère, quant à lui était au prytanée militaire de la Flèche, il est auhjourdh’ui général, comme leur père, qui aurait rêvé que sa petite Marie-Cécile, très intrépide, soit la première générale de l’armée française. Les sœurs qui dirigeaient son internat dans le département de la Sarthe, exigeaient encore le port strict et quotidien de l’uniforme scolaire, comme les anglo-saxons, y compris pour s’y rendre, ce qui, dans les transports en commun, lui valait quelques moqueries. Marie-Cécile a appris très jeune à supporter les railleries et elle est même devenue fière d’être différente, à l’école comme au scoutisme. Les trois filles faisaient partie d’une troupe de scoutes d’Europe, bien entendu féminine, plutôt « tradi », dont les cheffes étaient également exigeantes sur le port de l’uniforme. Leur frère était aussi scout d’Europe. Les trois sœurs Bosquet de la Valleuse ont donc été ainsi habillées jusqu’au bac pour se rendre à l’internat et ceci, pendant toute la semaine. Les autres jours, ce n’était pas en jean non plus, c’était avec des robes imprimées, des kilts, des chemisiers, que l’on se passait de la plus grande à la plus petite et comme Marie-Cécile était la dernière, elle n’a jamais eu de vêtements neufs avant d’accéder à l’enseignement supérieur, et encore. Le dimanche, pour aller à la messe, toutes les filles étaient en jupe plissée bleue marine, chemisier blanc, gilet bleu marine et chaussettes montantes blanches sur des babies. En regardant dans les malles, Marie-Cécile a un souvenir précis qui lui revient, révélant la sévérité de l’éducation qu’elle a reçue. Elle revoit parfaitement la scène, elle a plus de 18 ans, car elle est déjà à Sciences-po. La table de la salle à manger est revêtue d’une immense nappe blanche, il doit y avoir 30 ou 40 personnes autour de la table. De mémoire, ce sont les fiançailles d’une des aînées de la maison, sans doute Geneviève, mais elle, Marie-Cécile, elle n’est pas à table. Elle est à genoux, les mains sur la tête, la jupe relevée, les fesses et les cuisses striées par les coups de martinet qu’elle vient de recevoir. Elle ressent sur ses fesses la brûlure, plus de 25 ans après, comme si elle y était, et elle se remémore l’humiliation terrible qu’elle a vécue en ce jour. Elle était pourtant une jeune fille très sage, même à Paris, où elle avait une chambre dans un foyer très strict tenu par des religieuses et devait respecter un strict couvre-feu, c’est-à-dire, ne jamais être rentrée après 19 heures, ce qui lui laissait peu de temps pour faire des rencontres. Mais la veille, en province, dans la petite ville non loin du château, elle était sortie avec des anciennes camarades du scoutisme, et elle était rentrée très en retard avec un petit coup dans le nez. Sa mère, pourtant plutôt douce habituellement, l’attendait en haut des escaliers et lui avait mis une grande paire de gifles en lui disant « tant que tu es à la maison, tu respectes nos règles, ton père te punira demain ». Elle avait donc subi le châtiment en public, de la main de son père, qui restait le maitre d’œuvre des châtiments, et elle avait passé le repas à genoux. Elle s’assit sur une vieille chaise et se demandait si tout cela l’avait traumatisée. La réponse était clairement non, elle avait eu l’impression d’être un peu différente, mais l’avait plutôt vécu comme un privilège. Elle était plutôt fière d’avoir reçu cette éducation, qui lui avait permis de réussir ses études, puis de se trouver un époux formidable, de se marier, d’avoir quatre enfants et un métier qui la passionnait. Elle avait dû un peu ruser pour rater, mais pas trop, le concours d’entrée à l’ESM à Saint Cyr, rendant triste son père et lui valant une bonne raclée, mais l’école des Chartes, « pour une fille, ce n’était pas si mal », avait dit sa mère « c’est décoratif, tu pourras t’occuper de la bibliothèque de ton château ou restaurer les tours sans faire de faute de goût, pendant que ton mari sera en mission », car bien sûr, elle ne pourrait épouser qu’un noble, de préférence militaire. Elle avait pu faire des études prestigieuses et mener une carrière très honorable, épouser un camarade de sciences po, devenu énarque, mais malheureusement au regard de sa famille, roturier, et tout cela, elle le devait à ses parents et à leur éducation non permissive. Certes, en classe prépa et à Sciences-po, sa différence vestimentaire, elle portait encore assez souvent les vêtements de ses sœurs aînées, la mettait un peu mal à l’aise. Le style Cyrillus, Devernois ou Antonelle, très classique de bonne famille, était un peu plus correct que ses précédentes tenues, mais très décalé par rapport aux autres filles, qui partageaient le même cursus, d’autant que les vêtements qu’elle portait, venaient toujours de ses sœurs ou même parfois de sa mère. Dans sa pension de famille tenue par les sœurs, elle était en revanche tout à fait raccord, avec ses jupes-culottes bleu marine et ses petits chemisiers ajourés blancs. En dehors des remarques parfois désagréables qu’elle entendait dans son dos, cela ne la gênait pas, même si une fois qu’elle a réussi ses études et eut pu vivre de ses propres revenus, elle s’est habillée de manière plus à la mode, mais toujours relativement classique. Elle sortit de sa rêverie, en entendant crier les enfants au rez-de-chaussée. Elle alla mettre de l’ordre, et malgré son regard sévère, elle ne put obtenir aucun résultat. Elle laissa tomber pour l’instant, mais se dit que cela ne pouvait pas durer, ils n’allaient pas pouvoir passer plusieurs semaines et probablement plusieurs mois dans une telle ambiance. Elle réalisa que d’habitude, elle ne le sentait pas, car elle rentrait assez tard de son travail, et qu’une grande partie du travail ménager, de la cuisine, de la lessive avait été fait par la femme de ménage, qui était quasiment employée à plein temps. De plus, à Paris les horaires de chacun, les activités extérieures, l’addiction croissante de ses enfants aux tablettes et au téléphone, faisait que la vie collective était assez limitée, mais là, on allait devoir vivre à six, et elle se voyait bien se taper la totalité des tâches, car pour l’instant, les enfants rechignaient à faire le moindre service indiqué sur le tableau et son mari n’avait pas encore levé le petit doigt pour la moindre activité ménagère, à part pour aller faire les courses, ce qui n’avait pas été un succès. Il avait surtout acheté des livres, de quoi remplir le bar et des choses pas vraiment indispensables comme du foie gras et du coca pour les enfants, mais il n’y avait pas de lait ! Marie-Cécile était très fière d’elle, d’avoir fessé Sébastien et de sa réaction et ne regrettait absolument pas d’avoir sorti l’artillerie lourde en claquant fermement les cuisses de son petit dernier, avant de le mettre en short. Elle se dit que maintenant, elle devait aller de l’avant et remettre de l’ordre dans cette maison, mais elle était consciente de la difficulté de sa tâche.

 

A suivre, le confinement ne fait que commencer…

 

 

 

Quand confinement rime avec redressement ( suite 1)

Marie-Cécile la très chic mère de famille a franchi le cap, elle a mis une première fessée a commencé à reprendre le cap dans l’éducation du plus jeune de ses 4 enfants, mais le chemin est long, surtout en cette période de confinement…

Elle descendit toute seule le contenu des malles, dans une chambre d’amis jusque-là peu employée et dans laquelle il y avait plusieurs armoires inutilisées. Elle n’avait pas voulu demander de l’aide aux enfants, car elle voulait que cette pièce devienne son atelier de couture et elle préférait pour l’instant garder ça pour elle. Elle remonta au grenier et fouilla partout jusqu’à trouver de vieux albums photos qu’elle se rappelait avoir aussi récupérés. Elle les retrouva enfin dans un carton au fin fond du grenier. Elle a commencé par faire des lessives pour des polos, des shorts…qui pouvaient être utilisés tel quels, même s’ils étaient démodés, mais elle se dit que cela n’avait aucune importance, dans une telle situation. Elle récupéra pour elle-même quelques bermudas, shorts et jupes-culottes, des polos, des chemisiers de sa mère, ça ferait l’affaire, car elle n’avait rien pris de décontracté et le climat était au beau temps. Elle aussi avait envie de se mettre les jambes à l’air, ce qui justifierait d’autant plus ce qu’elle commençait à envisager pour les enfants. Elle devait anticiper, car les enfants, surtout les deux grands n’avaient quasiment rien à se mettre et leur père, pas davantage. Elle remonta au grenier et retrouva une autre malle avec des vêtements de son père qui, une fois lavés et repassés pourraient faire l’affaire de son mari, des vieux polos Lacoste et des bermudas. Il fut très satisfait car, s’il était très exigeant sur ses costumes et chemises blanches, ses cravates et surtout sur ses chaussures, pour aller travailler, il était plutôt décontracté en week-end, bien que sa femme se moquait souvent de lui, sa garde-robe étant plus imposante que la sienne. La fin d’après-midi se passait à peu près correctement, entre les sorties autorisées, les courses qu’elle alla faire toute seule, au supermarché le plus proche, perdant un temps fou dans les files d’attente, et découvrant de nouveau, la stupidité des gens, qui remplissaient leur chariot de paquets de pâtes ou de conserves, qu’ils ne mangeraient certainement jamais. Elle prit surtout des fruits et des légumes, des laitages, du poisson et de la viande et décida de se mettre à une cuisine équilibrée en espérant qu’elle pourra convaincre ses filles de l’aider. Elle se fit la réflexion qu’elle était vraiment vieux jeu, car pourquoi penser aux filles pour la cuisine plutôt qu’aux garçons, mais elle avait été élevée ainsi, son frère n’avait jamais mis les pieds dans la cuisine alors qu’elle, comme ses sœurs, avait tout appris avec la cuisinière du château ou avec leur mère, afin de savoir préparer des repas sains et équilibrés. Elle fouilla dans les étagères et retrouva ses deux livres de cuisine fétiches, « la bonne cuisine de Madame de Saint-Ange », un peu compliqué, que toutes les filles Bosquet de la Valleuse recevaient en cadeau de mariage, et « je sais cuisiner », de Ginette Mathiot, beaucoup plus simple, que lui avait offert sa belle-mère, également pour son mariage. Elle proposa à ses filles de l’aider, mais tout le monde était occupé. Si Virginie, son ainée, travaillait réellement avec un internet à trop faible débit, elle surprit Daphné en train de faire un jeu alors qu’elle était censée faire des mathématiques à distance. Un peu avant l’heure du repas, elle s’aperçut que les garçons jouaient au foot avec leur père sur la pelouse, ce qu’elle n’avait jamais vu, que Virginie était au téléphone avec je ne sais qui et quand elle demanda où était Daphné, personne ne pût lui répondre. Elle s’affola un peu, on chercha partout, mais pas de Daphné. Au bout d’une heure environ, l’air décontracté, notre jeune princesse est revenue à la maison, sentant manifestement l’alcool et le tabac, probablement avec quelque chose de beaucoup plus interdit, sans compter qu’elle n’avait pas son attestation de sortie. Elle avoua sans problème et avec arrogance « qu’il fallait bien qu’elle prenne un peu l’air pour aller fumer un joint et picoler avec des copains, des jeunes du quartier qui vivaient en résidence à l’année dans la station et qu’elle connaissait à peine », elle regarda sa mère, sans baisser les yeux, arborant un petit sourire narquois, avec une insolence qui énerva sa mère à un point que daphné n’avait sûrement pas imaginé. Cette fois, Marie-Cécile, au grand étonnement de la famille, se lâcha et administra une sévère fessée à sa fille. C’était la première déculottée, qu’elle infligeait à sa cadette. Daphné, qui comme les autres enfants, n’avait jamais reçu la moindre claque ni encore moins fessée, depuis l’âge de trois ou quatre ans, en resta si stupéfaite qu’au départ, elle ne réagit pas. Sa maman lui claqua le popotin avec vigueur, mais aussi les cuisses, on avait l’impression qu’elle n’allait pas s’arrêter. En fait, elle ne s’arrêta que quand elle eut vraiment mal au poignet, elle était dans une rage folle, le tout était rouge vif, on percevait nettement les marques de doigts, elle n’y avait pas été de main morte. Pour Sébastien, c’était un peu symbolique, mais pas là, c’était visible et très douloureux, la maman était montée d’un cran ! Daphné hurlait, les autres, le père et les trois autres enfants, regardaient sans rien dire, totalement scotchés devant le spectacle insolite qu’ils avaient sous les yeux. Elle la colla ensuite sur la terrasse, le cul à l’air ! Photo 2. Tellement sidérée, la petite, au début, ne dit rien, les voisins observaient. Elle pleura longtemps, hurlant, insultant, menaçant de tout casser, de fuguer. Son père s’en mêla et la menaça de lui en mettre une deuxième, elle se calma enfin, un peu. Elle ne quitterait la terrasse que quand elle se serait apaisée et n’aurait rien dit pendant au moins un quart d’heure. Elle est devenue une attraction avec ses pleurnicheries et ses lamentations très bruyantes, elle traitait ses parents de bourreaux et de nazis. Les voisins étaient au spectacle, l’immense terrasse de la villa dominant le paysage, c’était bien pour eux, car il y avait peu à faire, à part observer les parisiens, en ces premiers jours de confinement. C’est sur cette même terrasse que tous les soirs à 20H, la famille entière se réunirait pour applaudir les soignants, comme tant de gens dans le pays, Sa mère envoya son ainée, Virginie, les deux sœurs s’entendant en général assez bien, pour voir comment réagissait Daphné. Cette dernière, entre deux sanglots, lui dit qu’elle était profondément humiliée et dit à sa sœur qu’elle ne s’en remettrait jamais.

-          Je te comprends, je serais comme toi. Mais tu t’en remettras, on se remet de tout.

-          On voit bien que ce ne sont pas tes fesses qui sont exposées ! D’ailleurs, je vais leur dire à tous ces connards.

Elle se retourne et hurle en direction des voisins :

-          Bande de crétins, vous n’avez rien d’autre à faire que de me mater, bande de voyeurs !

Les spectateurs se détournent, et Virginie la fit taire :

-          Arrête, tu vas t’en reprendre une !

-          Non, je crois que ça leur suffit, en tout cas pour aujourd’hui. Ils ont eu leur dose de méchanceté, ils m’ont assez humiliée.

-          Je ne suis pas sûre, à voir la tête de papa, qu’il ait eu sa dose. Tu l’as vraiment énervé, je ne l’avais jamais vu comme ça. 

-          Tu vois bien que je suis celle qu’ils détestent. Ils voulaient un garçon, après vous, les jumeaux et ils m’ont eue, moi, je ne suis qu’un brouillon.

-          Tais-toi un peu, ce n’est pas vrai, ils nous aiment tous les quatre, tu es juste la plus chiante ! Mais ils sont déterminés, ça se voit, et ce virus-là, il est en train de tout changer. Je ne comprends pas ce qui se passe. Pour moi, maman a un plan, c’est net. Je serais toi, je serais prudente !

-          Je me vengerai ! Je les hais ! Ce sont des salauds ! Tu ferais quoi, si cela t’arrivait ?

-          Je n’y pense pas, c’est impossible ! Cela ne m’est jamais arrivé et ne m’arrivera jamais, j’en suis certaine, ils n’oseraient pas, je suis majeure !

Daphné renifle et pleure en silence pendant son quart d’heure. Elle a le visage boursouflé quand sa mère vient la délivrer. Elle la fait se relever et lui fait un câlin et des bisous. Malgré la haine envers ses parents qu’elle a exprimé à sa sœur, notre pauvre petite Daphné est si malheureuse qu’elle accepte avec joie l’étreinte maternelle, sans réaliser que cela équivaut à admettre et peut-être même à cautionner, ce qui lui est arrivé.

-          Jolies fesses, très joli rouge en dégradé ! Tu es calmée, ma chérie, ce n’est quand même pas un drame, juste une petite fessée. Je regrette de ne pas l’avoir fait plus tôt et plus souvent, tu ne ferais pas d’histoire pour une ridicule petite fessée. Il va falloir t’y habituer ! Si tu savais combien de giboulées, moi, j’en ai reçu, jusqu’à plus de 20 ans !  Mets ça, avant d’aller faire ta promenade d’une heure avec Virginie et ton père, c’est votre tour.

Daphné n’osa rien dire, mais regarda avec effroi l’affreux short bleu marine en coton et le t-shirt blanc sans aucune déco, avec des sandalettes et des socquettes blanches qu’elle devait mettre, elle leva ses yeux larmoyants vers sa mère en l’implorant du regard, mais sa mère resta inflexible :

-          Ces jolies traces de ma main sur tes cuisses, il faut bien que tu les montres aux rares promeneurs que tu vas croiser, allez, ouste, vilaine fillette.

Sa mère était comme ragaillardie d’avoir enfin osé passer à l’acte. Avec Daphné, cela faisait bien deux ans qu’elle se retenait, l’occasion était trop belle, elle avait du bon, finalement, cette pandémie ! Daphné est outrée, elle est, des deux filles de la fratrie la plus attachée à son look et contrairement à sa sœur, qui n’y fait pas très attention, elle est sportive et s’habille pour courir le plus souvent possible, souvent en short ou en survêtement. Daphné, elle, passe des heures devant son miroir, elle se change 3 ou 4 fois avant de sortir et souvent, plusieurs fois. Elle mobilise sa sœur qui s’en fout, pour lui demander son avis et appelle ses copines au téléphone en leur envoyant des selfies pour savoir ce qu’ils pensent de sa tenue, avant d’en changer de nouveau. Mais là, devant une telle horreur pour elle, elle aurait dû s’insurger et pourtant, elle obtempère, elle n’aurait pas la force physique de se prendre une autre volée à ce moment-là, ses fesses lui brulent déjà bien assez. Mais elle a tort, c’est une mauvaise stratégie que de lâcher la lutte si facilement. Sa mère l’a fait plier, elle a gagné une bataille et est fière d’elle, surtout avec Daphné, la plus rebelle des 4 enfants.  Marie-Cécile pense maintenant qu’elle a engagé la partie avec succès, et va être en mesure de gagner la guerre, d’autant que son mari, qu’elle imaginait défendant sa fille, n’a pas bougé le petit doigt et au contraire, il l’a menacée d’en remettre une couche. Les filles et leur père vont donc faire leur balade quotidienne, la maman a fait deux équipes, pour éviter de faire des regroupements. Les sorties d’une heure sont autorisées pour une activité sportive à proximité du domicile. Pour eux, et sur ce point, ils reconnaissent que leur mère avait raison, ils sont privilégiés, la maison est grande et confortable, le jardin aussi et ils sont à quelques mètres de la plage et de chemins de randonnée.

A votre avis, les grands, qui sont tout juste majeurs, vont-ils échapper à cette remise à plat des préceptes éducatifs de Marie-Cécile ? Suite à venir…

 

 

 

Cette fois, la machine est lancée, la plus infernale des 4 enfant Fournier avait été sévèrement fessée, il allait falloir tenir la distance, mais Marie-Cécile est déterminée…

Marie-Cécile retourna à son atelier de couture et à ses lessives, elle qui était habituée à manager des projets et des individus, partenaires, artistes et salariés de son équipe. C’était un vrai chantier qu’elle s’était donné, mais elle savait qu’elle allait le réussir, elle souriait intérieurement, se disant que c’était comme le concours d’entrée à l’école des Chartes, un challenge, mais elle le réussirait. Elle transformait des pantalons en culottes courtes pour les garçons, elle raccourcissait les jupes, son objectif étant que les deux filles soient habillées à peu près à l’identique et les garçons aussi. Elle s’amusait, elle ne se rappelait pas avoir appris à coudre, mais au château, cela faisait partie des règles du jeu, pour les filles, bien entendu. Ses deux grand-mères et une couturière lui avaient appris à coudre, elle n’avait jamais utilisé ce savoir, mais c’est vite revenu. Elle faisait des shorts à revers pour les garçons, elle s’ingéniait à raccourcir des jupes plissées de toutes les couleurs, elle en avait découvert une vraie collection. Elle lava des dizaines de paires de chaussettes montantes bleu marine ou blanches pour l’essentiel, mais parfois écossaises, elle recousit des chemisiers usagés. Elle rangea tout ça au fur et à mesure dans les armoires de son « coffre-fort ». Elle se voyait comme dans un des jeux électroniques de ses fils, avec un but à atteindre rapidement et des points à gagner.

Elle se mit à la cuisine et Virginie, qui avait le nez plus fin que les autres est venue d’elle-même lui proposer de l’aide. Virginie essaya de lui tirer les vers du nez pour savoir ce qui lui avait pris avec Daphné, mais surtout, elle essayait de se rassurer :

-          C’est vrai qu’elle l’a vraiment cherché, mais tu y as été fort, elle est vraiment très vexée.

-          Je suis très contente de l’avoir fait, et surtout qu’elle soit vexée, c’était une occasion inespérée. J’attendais ça depuis longtemps. Cette petite, comme vous tous d’ailleurs, a été mal éduquée, je le regrette. Ça va changer, tout ça !

-          Je comprends pour les deux petits, mais Paul et moi, on est grands, tu ne pourrais quand même pas nous faire ça !

-          Vous êtes sages vous, et surtout toi, tu ne risques rien !

Virginie regarda sa mère un peu fourbement, minauda en lui posant plein de questions sur la recette de cuisine et revint à la charge :

-          Et si par hasard, mais je dis ça comme ça, on faisait une très grosse bêtise, tu pourrais le faire ?

-          Sans aucune hésitation, ma chérie, maintenant que j’ai pris la main, mais ça ne risque rien, vous allez vous comporter à la perfection.

-          Mais maman, on est majeurs !

-          Tu crois que j’avais quel âge quand j’ai pris ma dernière correction ?

-          Je ne sais pas, 12 ans ?

-          Ma pauvre chérie, j’en avais largement 21.

-          Et tu ne t’es pas révoltée ?

-          Non, je trouvais ça normal. J’avais dû faire une grosse bêtise et je le méritais. C’était mes parents qui me payaient mes études et j’étais chez eux !

-          Mais c’était il y a longtemps, les temps ont changé !

-          Peut-être ma chérie, mais avec cette pandémie tout change, peut-être dans l’autre sens.

Virginie piqua du nez sur le gâteau qu’elle était en train de préparer, et sa mère se dit que c’était une bonne chose de la mettre en garde. Au fond d’elle-même, elle avait répondu instinctivement et elle se demandait si elle oserait lever la main sur les deux plus grands qui, en effet, étaient majeurs. Et surtout sur Virginie qui était très sage et travailleuse.

Le dîner se passa très bien et après dîner, la famille a fait un Trivial Poursuit, qui mit tout le monde de bonne humeur. La maman proposa, avant que tout le monde aille se coucher, de faire une petite prière pour les victimes, et tout le monde accepta, mais Marie-Cécile eut l’impression que c’était uniquement pour lui faire plaisir, elle ne les sentit pas très convaincus.

Le lendemain, il n’y a pas eu d’incident majeur, ni les deux jours suivants, mais le tour de Paul, malgré ses 18 ans, est arrivé, et cette fois, c’est son père qui a été à la manœuvre. Lui non plus, n’avait pas respecté les règles du confinement. Très discrètement, il était sorti une fois que tout le monde était couché, pour rejoindre des copains sur la plage, comme il le faisait régulièrement pendant l’été, bien que dans cette situation, la plage ait été interdite d’accès. Le problème, c’était que chacun avait amené des bières, sans doute entre autres, celle des packs qui avaient disparu le premier jour et qu’en remontant de la plage, ce petit groupe a été assez bruyant, parlant très fort et chantant à tue-tête, si bien que cela réveilla madame Fournier, qui a toujours eu le sommeil léger, il devait être deux heures du matin. Marie-Cécile poussa du coude Jean-Yves et lui demanda d’aller voir discrètement si Paul faisait partie de la bande tonitruante. C’était le cas et son père saisit Paul, alors qu’il rentrait en catimini dans la maison. Il l’envoya se coucher immédiatement, mais le lendemain matin, avant le petit-déjeuner, que la famille prenait alors à heure fixe, tout du moins pendant la semaine, tous ensemble, lavés et habillés, à 8h30, pour que chacun se mette à son travail, le papa au télétravail, la maman au télétravail et aux tâches ménagères, les enfants à leurs devoirs, il se mit en position. Très solennellement, Jean-Yves expliqua à tout le monde ce qui s’était passé, il fit enlever le pantalon et le slip de son fils, lui administra une fessée encore plus forte que celle qu’avait reçue Daphné. Il l’envoya, à genoux à son tour sur la terrasse. Photo 3. Etonnamment, contrairement à Daphné, Paul, tellement vexé, accepta la sanction sans rien dire, et quand on lui dit de se relever, il s’excusa, en disant qu’il l’avait bien mérité, qu’il avait fait une grosse bêtise et qu’il était conscient que c’était dangereux. Toute la nuit, il avait rêvé qu’il avait attrapé le Coronavirus avec un camarade, car ils n’avaient pas respecté les distances sanitaires entre eux, il avoua même, qu’il avait embrassé une fille et qu’il avait peur de refiler le COVID 19 à toute la famille. Tout le monde écoutait, très étonné par son attitude et quand sa mère revint, avec une culotte courte et une petite chemisette, il les mit sans discussion, puis il alla se positionner sur son ordinateur pour communiquer avec les enseignants de sa classe prépa. Tout le monde avait compris que les deux parents avaient passé un accord et qu’effectivement, les choses avaient sérieusement changé dans cette maison. Pourtant, ce n’était pas le cas, ils ne s’étaient pas mis d’accord, ils avaient agi chacun de leur côté, sans se concerter. Pendant que les quatre enfants travaillaient sérieusement, tout du moins en apparence, très ébranlés par le souffle de sévérité qui agitait la maison, les deux parents allèrent faire leur sortie autorisée tous les deux, montrant ainsi à leurs enfants qu’ils leur faisaient confiance. De toute façon, Paul était privé de sortie, sauf dans le jardin, pendant une semaine. Il y avait une éternité que les deux parents n’avaient pas pu discuter tranquillement de l’éducation de leurs enfants, ni même pris du temps pour être ensemble, tous les deux. Il leur arrivait, bien sûr, à Paris de sortir ensemble, mais c’était soit pour assister à une réception ou à une quelconque mondanité, pour aller à l’opéra ou à un concert, en général à l’invitation d’une organisation humanitaire ou d’un partenaire. Cette terrible épidémie, qui faisait en France plus de 500 morts par jour, sans compter dans les EHPADs, et les morts à domicile, car on ne savait pas encore comment calculer le taux de décès des personnes âgées dépendantes, que ce soit en institution ou chez elles. Malgré ce carnage, monsieur et madame Fournier estimèrent que la crise avait du bon, si on savait regarder le bon côté des choses. Ils firent le constat que depuis quelques années, ils ne discutaient jamais de l’éducation de leurs enfants et que cela s’était sérieusement dégradé. Ils n’avaient jamais été d’accord sur la pédagogie à appliquer, Marie-Cécile, par tradition familiale aurait été plutôt pour une éducation plus rigide et pourquoi pas pour un châtiment corporel à l’occasion, alors que Jean-Yves, fils unique et pour tout dire, enfant gâté, issu d’une famille bourgeoise, avait été élevé, pour ne pas dire couvé, avec une immense tolérance et une douceur absolue. Mais là, en ayant agi chacun de leur côté pour corriger le tir, face à une situation dramatique, car enfin, leurs enfants venaient de démontrer leur totale inconscience, et surtout le fait qu’ils n’écoutaient absolument pas les consignes des parents, se mettaient en danger mortel, ainsi que toute la famille et les autres gens, alors qu’ils n’étaient que tolérés en tant que résidents secondaires. Sébastien avait montré de la négligence, ce n’était pas très grave, mais ils convinrent que Marie-Cécile avait eu raison de marquer le coup, à 13 ans, quelques claques sur les cuisses ce n’était pas la fin du monde. Cela aurait dû servir d’exemple aux trois autres, mais non, il avait fallu que Daphné, bien sûr la plus infernale de la fratrie, se fasse remarquer de manière lamentable en fuguant et en revenant à moitié ivre et avouant même sans vergogne avoir pris de la drogue. Là, il fallait vraiment s’inquiéter, Daphné n’avait que 15 ans et ils ignoraient totalement jusque-là qu’elle pouvait en être déjà là, même s’ils savaient que la plupart des collégiens et des lycéens avaient déjà fumé du cannabis. Mais en plus, elle avait franchi tous les interdits et s’était mise en danger. Jean-Yves confirma qu’il avait approuvé totalement la réaction de son épouse, qu’elle avait eu bien raison de sévir de manière ferme, et que la bonne déculottée qu’elle avait prise était amplement méritée. Le pire c’est que cela n’avait toujours pas servi d’exemple, puisque Paul, la veille au soir, avait fait à peu près la même chose. Là, c’est Marie-Cécile qui appuya son mari, qui était un peu gêné par les 18 ans passés de son fils, mais rassuré par sa réaction plutôt saine finalement, avec ses excuses, qui semblaient sincères. Ils convinrent que décidément, Virginie était la plus raisonnable. Ils se mirent d’accord, sur le fait que 18 ans, c’était bien trop jeune pour être majeur, et que 21 ans, comme c’était le cas jusqu’en 1974, c’était quand même plus sensé comme âge, d’autant qu’aujourd’hui, presque aucun jeune ne travaillait avant 21 ans et dans leur milieu, c’était plutôt 24 ou 25. Globalement, ils décidèrent de gérer la famille avec de l’autorité et si besoin, des sanctions. Puis Marie-Cécile élargit un peu le débat :

-          Tu vois, mon chéri, il faut un truc comme ça pour que l’on se parle. Tu ne crois pas qu’on aurait dû le faire plus tôt ? On n’en serait pas là avec les enfants.

-          Tu as raison ! On s’est laissés entraîner tous les deux par nos métiers, par la vie sociale. On a un peu oublié la vie familiale, surtout moi. J’avoue ne pas t’avoir beaucoup aidée, ces dernières années. On va essayer de corriger ça. En tout cas, on va profiter de cette incroyable période pour se parler et se mettre d’accord sur la façon de vivre ensemble, pendant le confinement, mais nous devrons aussi en tirer les leçons pour après.

-          J’ai tellement envie de t’embrasser, mais on ne peut pas, dans la rue ! Je suis si heureuse d’entendre ça, je suis plus que d’accord avec toi.

-          Eh bien, on remet ça à ce soir !

C’était une grande avancée, car Jean-Yves et Marie-Cécile, avaient aussi perdu beaucoup d’intimité, ils n’avaient pas les mêmes heures pour se coucher, souvent Jean-Yves prenait un livre et allait se coucher dans une chambre d’amis. Ils faisaient encore l’amour occasionnellement, et surtout machinalement, mais c’était de plus en plus rare, et les gestes intimes entre eux étaient peau de chagrin. L’attente d’un bisou et sans doute plus, le soir même, leur fit au plus grand bien. C’est Jean-Yves qui eut l’idée magique :

-          On ne doit pas être les seuls dans ce cas, tu ne crois pas ?

-          Tu as raison ! Je pense même qu’on est des millions dans ce cas. Regarde les reportages à la télévision, on ne parle que de ça !

-          Et si on faisait un blog, pour raconter notre histoire, la partager avec d’autres. Nous, on expliquerait ce que l’on fait, comment on réagit, pourquoi on agit comme ça, en toute honnêteté, en exposant nos difficultés, nos échecs, les progrès… et les autres aussi pourraient réagir en retour et nous donner leurs idées.

-          Génial, mais tu t’en charges, moi j’ai toute la maison à entretenir.

-          Pas d’accord ! Ce n’est pas du jeu, on doit faire les choses ensemble. D’abord, parce que tu es plus douée que moi en informatique et surtout pour faire un blog, mais aussi parce que c’est notre aventure, à tous les deux. En échange, on va faire attention à ce que les enfants respectent bien ton tableau, et tu vas ajouter une colonne pour moi.

-          Mais mon chéri, j’espère ne pas te vexer, mais tu ne sais pas faire grand-chose. Je sais que ce n’est pas de ta faute, ta mère t’a toujours tout fait.

-          Tu exagères !

-          J’exagère ! Qui est-ce qui avait droit à deux petites cuillères pour manger deux yaourts différents, sans se lever, bien sûr ?

-          Oui, c’est vrai, mais c’est une anecdote !

-          Une anecdote parmi des milliers, mais je peux t’apprendre.

-          Ok, je suis preneur. Cette période est vraiment étonnante.

-           

 

Et de 3, pendant le confinement, la fessée a vite remplacé la discussif chez les très laxistes parents Fournier, seule Virginie, la plus sérieuse des 4 enfants y a échappé mais pour combien de temps ? …

Dès leur retour à la maison, le tableau fut réorganisé, et les parents se mirent, dès qu’ils avaient un peu de temps libre, à lancer leur blog. Ils racontèrent les petites misères de la famille, en postant les trois photos qu’ils avaient prises des premières fessées, mais bien entendu, en faisant en sorte qu’on ne voie pas le visage et qu’on ne puisse pas reconnaître les enfants. Ils se mirent d’accord sur le fait qu’ils devaient informer les enfants de cette décision, peut-être que ça les calmerait et c’était plus honnête vis-à-vis d’eux, une fois que le site serait lancé. Ils commencèrent à recevoir beaucoup de réponses, des échanges avec d’autres familles avec les mêmes problématiques et le surlendemain, alors que les deux jours précédents s’étaient plutôt bien passées depuis la punition de Paul, ils se décidèrent après le repas à expliquer à leurs enfants qu’ils avaient lancés un blog qui s’appelait : « confinement et changements en famille ». Les enfants demandèrent à visionner le blog, et ils furent tous sidérés, comprenant la situation et les risques encourus, surtout en voyant le nombre de followers, certains attaquant les auteurs du blog de manière agressive, mais la plupart les félicitant. Ils se retrouvèrent, non pas face à une réaction allergique à leur première bêtise mais, comme l’avait pressenti Virginie, à un plan de redressement de leur éducation, passant par des règles strictes et l’entrée en fanfare des châtiments corporels dans une maison qui n’avait jamais connu rien de tel. Ils étaient tous très en colère, mais c’est Virginie qui péta les plombs, traitant ses parents de tous les noms, et quand son père voulut la calmer, elle lui balança une gifle, en disant que c’était inacceptable, qu’ils étaient des salauds, qu’elle allait porter plainte. Pourtant, elle était la seule à ne pas encore avoir été victime, mais évidemment pas pour longtemps, à se demander d’ailleurs, si elle n’avait pas provoqué consciemment ou inconsciemment cette crise de folie, soit pour entrer dans la boucle, soit plus probablement pour connaître les limites de ses parents, estimant sans doute qu’en tant que fille aînée, elle était née la première, elle serait épargnée. En effet, contrairement à une légende fort répandue, la loi française indique que c’est le premier des deux enfants qui sort du ventre de sa mère, même en cas de césarienne, qui est reconnu comme étant l’aîné. On s’amusait souvent avec cette histoire, mais dans sa petite tête, et aussi parce qu’elle était plus mature que son frère, Virginie considérait réellement qu’elle était l’aînée et donc qu’elle ne risquait pas, elle, depuis que ce qu’elle appelait la tyrannie, était entrée dans la maison, d’être concernée par le massacre. Virginie, qui est une fille plutôt sage et d’un naturel en général apaisé, a un sens très aigu de la justice, et elle a considéré que cette entrée en force de la violence dans la maison était absolument insupportable, se posant en justicière, puisque justement, elle avait été épargnée jusque-là, ne prenant pas en considération que ce n’était pas par volonté de la protéger, mais parce qu’elle se comportait parfaitement bien, n’ayant fait aucune grosse bêtise, étant plus serviable que les autres, en gros, se comportant comme une jeune fille de 18 ans, presque idéale. Mais en frappant son père et en insultant ses parents, elle avait franchi le Rubicon, et la réaction de son père a été immédiate. Elle a dû le comprendre immédiatement, car elle s’est mise à pleurer avant même la punition, pensant sans doute attendrir son père.

-          A ton tour, baisse ton pantalon.

Comme sa sœur, elle croisa les bras et ne bougea pas. Son père dut donc lui enlever son jean, mais comme il était très serré, il prit une paire de ciseaux et le découpa, ce qui mit la jeune fille en rage. Elle se débattait, mais son père, qui est un grand sportif, n’eut aucun mal à la maîtriser. Une fois le jean découpé et enlevé, il lui arracha sa culotte, cette grande fille, qui gigotait comme une folle, nue comme un ver, la queue de cheval au vent, se trouva rapidement coincée sur les genoux de son père, qui lui colla une fessée, photo 4, dont elle risquait de se rappeler toute sa vie, puis il l’envoya sur le balcon, d’où elle tenta de s’échapper plusieurs fois. Elle finit par rester en place, à genoux, les mains sur la tête, quand elle vit que son père enlevait sa ceinture, et que les coups risquaient d’être nettement plus violents et plus visibles. Elle dut rester une bonne demi-heure en position, et comme les autres, sa mère lui amena un short bien court, en nylon noir, ainsi qu’un débardeur blanc, qu’elle dut mettre pendant deux jours, mais pour elle, ce n’était pas très différent de ce qu’elle portait habituellement. 

 Pendant qu’elle pleurait sur la terrasse, les parents rédigèrent le court texte du blog, la scène étant intitulée « et de quatre, au tour de la grande », photos à l’appui. En rentrant, une fois passée sa tenue de punie, Virginie dut boire le calice jusqu’à la ligne et regarder elle-même le texte posté et visionner les premières réactions, la plupart d’encouragement, qui arrivaient. Elle était écœurée, mais calmée, Virginie était une demoiselle rationnelle, habituellement.

L’après-midi même, Marie-Cécile vida toutes les armoires des chambres des enfants et à partir du lendemain, elle prépara les tenues qu’elle avait si amoureusement confectionnées, sur une chaise, la surprise du jour en quelque sorte, ainsi, les jupettes et les culottes courtes redécoupées allaient-elles servir.

Les parents prirent une photo avec les visages floutés, chaque jour, pour montrer l’évolution vestimentaire de la fratrie. Les jours passant, on remontait aux années 1950 pour le style arboré par la fratrie Fournier. Les parents jouèrent le jeu et se vêtirent aussi de manière un peu ringarde, par jeu peut-être, par solidarité sans doute, nous n’avons pas la réponse exacte.

Ils s’aperçurent que les coupes de cheveux n’allaient pas avec le style vestimentaire. Il y eut deux séances de salon de coiffure. Les deux garçons, qui avaient les cheveux mi longs, eurent droit à une coupe GI’s à 4mn, grâce à la tondeuse achetée en même temps que les courses alimentaires dans une moyenne surface, leur père demanda la même, mais à 6 mm Quant aux filles, qui avaient les cheveux très longs, elles se retrouvèrent, avec un carré assez court, laissant suffisamment de cheveux pour faire des couettes et une frange. C’était assez mignon, mais cela leur déplut fortement, surtout Daphné la coquette, Virginie étant plus indifférente à son look, elle s’intéressait davantage à sa musculature.  Leur mère ne se preta pas au jeu, elle était adulte, elle, observa-t-elle. Remarquons que Virginie aussi !

Le confinement n’est pas terminé, d’autres personnages vont apparaitre…

 

 

***   ***   ***

 

Si vous voulez connaître l’intégralité de cette étrange histoire, vous trouverez mon livre chez Librinova et dans toutes les librairies en ligne, sous le titre « Quand confinement rime avec redressement ». Bonne lecture

Joël TANGUY

 

 

 

 

 

 

 

 

28 commentaires »

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  1. Pascfz dit :

    Bonsoir,
    J’ai lu votre roman et je me suis régalé. Autant sur les scènes des différentes punitions que sur le reste du roman… J’avais vraiment envie de connaitre la fin, je l’ai lu en 2 jours !
    Je me demande bien dans quelles conditions Garance a pris ses fessées. Malheureusement il n’y a en a pas beaucoup dans votre roman… Peut-être la suite nous fera découvrir cela…
    J’ai déjà imaginé quelques punitions qu’elle aurait pu recevoir plus jeune de son père, peut-être qu’elles sont en lien avec votre imagination ?

    • joel TANGUY dit :

      Bien vu, cher ami. ce roman est totalement issu de mon imagination et le personnage de Garance s’est imposé de lui même, car au départ le héros était Aurélien. Garance va devenir le personnage central du deuxième tome (et non second car il aura 3 volumes). c’est un personnage complexe, parfois désagréable mais elle a bien des excuses et je me suis attaché à elle, comme vous, semble-t-il. J’ai déjà écrit le récit suivant, mais je l’ai dit plus haut, l’auto édition coûte cher et j’attends que ce premier opus marche un peu pour publier la suite. Vous ne serez pas déçu car les aventures de Garance et des autres personnages surtout féminins sont surprenantes et parfois extrêmes. Quant au sujet de la fessée, que vous jugez insuffisamment traité, je vous comprends car vous êtes comme moi, adepte de ce blog, elle n’est pas dans mon écriture, dans les romans en tout cas, un but, mais elle fait partie de la machinerie. Au centre, il y a de l’intrigue et de l’amour que certains jugent comme un peu fleur bleue, mais je suis comme ça, un peu romantique. Merci pour vos critiques amicales, elles me sont utiles et me fortifient dans mon envie de publier  » en vrai » des romans touchant à un thème qui nous est cher mais… pas seulement. Très amicalement

      • Pascfz dit :

        Je me suis sûrement mal exprimé. Je ne trouve pas qu’il n’y a pas assez de fessées dans votre roman. Je dis juste qu’on ne connaît pour le moment presque rien des punitions qu’a pu recevoir Garance… Et de mon côté, j’ai déjà imaginé, par exemple, la sanction qu’elle aurait pu avoir alors qu’elle rentre au petit matin accompagnée de ses deux soeurs qu’elle aurait incitées à la suivre pour cette sortie nocturne prohibée. Les trois seraient punies, mais bien sûr Garance qui est la plus âgée et qui se serait dénoncée comme meneuse aurait une sanction beaucoup plus exemplaire…

  2. Drallibord Theophyle dit :

    Bonjour, monsieur Tanguy, très belle histoire qui me remémore mon enfance au début des années 70. J’étais au collège et je faisais des bêtises comme fumer en cachette et de plus, mes notes laissant à désirer, mes parents décidèrent une sérieuse reprise en main à la fin du premier trimestre. Finis les bêtises et les cheveux mi-longs ! Place à la coupe en brosse digne d’un militaire et blouse nylon pour retourner en classe même si ce n’était plus obligatoire, et culottes courtes de mars à novembre ! Et pas question de rouspéter, sinon fessée au martinet et à genoux au coin les mains sur la tête ! J’avais un voisin du même âge que moi dont la mère était encore plus sévère et bien plus radicale que la mienne. Elle lui tondait les cheveux, et comme punition, lui et sa sœur étaient fessés cul nu avec des orties, puis mis à genoux sur une brouette dans le jardin pour que tout le monde puisse les voir. Moi j’avais une peur bleue de cette voisine !

    • joel TANGUY dit :

      Bonjour
      merci pour ce témoignage. vous nous racontez une histoire vécue, la mienne est imaginée, mais aujourd’hui, c’est évidement plus que rare de trouver de telles situations tout du moins en public, mais elles existent, certains témoignages de ce blog le prouvent et le premier confinement a changé la donne dans certaines familles. J’ai lu des témoignages de jeunes à ce sujet que je cite dans la présentation de mon livre . Amicalement

  3. CLAUDE dit :

    Bonjour. Il n’est pas nécessaire que la fessée soit au coeur d’un roman pour en faire une œuvre intéressante, voire passionnante. L’amour compte autant sinon plus. Votre « romantisme » est une inspiration bienvenue et non pas « fleur bleue « comme vous dites. C’est une source d’inspiration qui traverse toutes les cultures de l’Asie à L’Occident en passant par l’Afrique et les Amériques. Ecrivez donc cher ami. Un lecteur impatient de vous lire. CLAUDE.

  4. joel TANGUY dit :

    Merci Claude
    Vous semblez me comprendre. J’ai une particularité qui sans doute est une partie de mon inspiration. J’ai été très peu fessé étant enfant et jamais étant ado, le martinet était une arme de dissuasion et les rares fois où j’ai failli le recevoir étant enfant, ma grande sœur se mettait devant le martinet quand il était brandi devant moi, je ne l’ai presque jamais reçu, mais cela m’a sans doute marqué et a alimenté mes fantasmes. J’ai fait pas mal de bêtises étant ado qui auraient amplement mérité une bonne fessée ! Mais c’est ainsi. Amicalement

  5. CLAUDE dit :

    Bonjour Jo¨l TANGUY. Oui, je vous comprends. Bien qu’ayant eu la chance d’avoir été rarement fessé, vous introduisez celle-ci dans vos romans comme si vous l’aviez été dans votre jeunesse. Et que dire du martinet ? Un « épouvantail » tout au plus ! La solidarité de votre sœur a conduit à vous préserver des châtiments corporels. Vous pouvez lui dire merci ! Comme vous le savez, je sais de quoi je parle. Alors, à bientôt de vous lire. Amicalement. CLAUDE

  6. Serge dit :

    Bonjour Joël,
    j’ai porté une blouse durant toute l’école communale et ensuite en seconde quand quelques garçons atterrirent dans le lycée de filles de la ville où se créait une section dite économique, rose pour les filles et grise pour nous, ce fut abandonné l’année suivante pour les garçons. J’ai assisté à trois fessées déculottées en CM2 où notre instituteur, près de la retraite, était particulièrement sévère. J’ai également était témoin des fessées reçues par ma sœur jusqu’à ses quinze ou seize ans, fessées toujours déculottées dont une en public (voir des fessées pour ma soeur et aussi le martinet) et je m’en suis également pris à trois reprises, particulièrement humiliantes car publiques (Trois fessées seulement). Pourtant, nous n’étions pas une famille très traditionnelle, ma soeur était spécialement dissipée et moi également un peu « diable ». Je n’en garde pas de mauvais souvenirs et je n’en ai jamais reparlé à ma soeur qui, à mon avis, a dû les vivre plus douloureusement car étant plus âgée les fessées étaient plus sévères.
    J’attends avec impatience la suite de votre récit.
    Bien sympathiquement.
    Serge

  7. joel TANGUY dit :

    Merci pour vos commentaires. Je suis né dans une famille plutôt  » évoluée et moderne », mais le martinet était encore accroché, mais caché au milieu des manteaux, souvenir de la génération précédente, quoique la moitié de ses lanières eussent été découpées par mes aînés de 7 et 8 ans. Ce martinet me faisait peur, mais en même temps, il m’attirait, je le touchais dès que je pouvais, ce qui faisait sourire ma mère, totalement non violente, quand elle me surprenait. Mon frère et ma sœur, nés en 49 et 50 y ont goûté, mais rarement, et seulement de la part de mon père, malade et donc parfois excédé. Moi, jamais réellement. Mes photos d’enfance me montrent en culottes courtes, comme tout le monde à l’époque et même en costume pour les mariages et autres grands événements. Cela ne m’a jamais gêné, semble-t-il, car toute ma vie et aujourd’hui encore à plus de 60 ans, je recherche cette sensation agréable du vent sur les cuisses. Pour la fête de mes 60 ans, le diaporama me montre les cuisses à l’air à tout âge ! J’ai vite porté des pantalons, dès la sixième et des bermudas en été et ma façon d’être original, c’était de porter une seule couleur, le rouge toute ma 5ème, le vert en 3ème, le violet en seconde, le noir en première. Ma mère était plus que « cool » de m’aider dans ces délires car ce n’était pas facile de trouver des pantalons en velours rouge en 1969 ou 70 ! Excentricité qui me faisait imiter Arthur Rimbaud, recherchant alors le dérèglement systématique de tous les sens ». J’ai un souvenir précis, en quatrième, un garçon a sauté par la fenêtre au collège. Il était en culotte courte de tergal gris, et s’était manifestement pris une dérouillée. Je connais ce garçon devenu un homme, nos routes se sont croisées plusieurs fois, mais je n’ai jamais osé l’interroger sur son enfance. Je le regrette aujourd’hui car je sais qu’il a alimenté mon imagination. Sur le coup, je n’ai été qu’étonné, mais au fond de moi, avec le recul, j’avoue que cela m’a fait envie. J’ai caché des culottes courtes dans ma chambre que ma mère me reprenait régulièrement et j’ai essayé avec des baguettes de noisetier pour voir ce que ça faisait d’être fouetté. Le résultat est que cela m’excitait. Probablement qu’intellectuellement j’ai adhéré à l’éducation libérale que j’ai reçue et ensuite donnée à mes propres enfants, quoique je les ai parfois fessés et que leur mère avait une approche éducative plus classique (mon fils a été en culottes courtes en flanelle jusqu’en 3ème (en 1993) et ma fille a dû porter de robes contre son gré assez tard. Le piano et la danse classique étaient pour eux incontournables. Mais affectivement, j’ai dû regretter de ne pas avoir été davantage discipliné, ce qui m’aurait sans doute évité bien des déboires plus tard dans ma vie.
    Quant à ma suite littéraire, il faudra attendre, car les ventes ne décollent pas et je n’ai pas pour l’instant les moyens de publier la suite. Faites des commentaires mes chers amis sur les sites de vente ! Mais ça viendra, je vous le dois, le volume 2 est écrit et le 3 est dans les limbes. Amicalement

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