La fessée appliquée

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Si c’est lui, on va…

Tee-Jay ([Toshi])  Par Donatien

« Si c’est lui, on va lui donner une bonne fessée ! »

Le verdict était tombé, annoncé de façon magistrale. Tout était dans ce « on », cette façon quelque peu désuète et qui ne manque pas de noblesse d’employer la troisième personne. Cela confère une certaine supériorité et laisse dans cette situation entendre que la fessée ne sera pas une réaction personnelle mais plutôt un dû, un dû collectif.

C’était très clairement articulé et presque chanté, d’une voix devenue vive, un « bôoneu » accentué à la méridionale. C’était peut-être ses origines à cette maîtresse de maternelle ?

Je la perçois dans mes souvenirs comme jeune, pimpante, dynamique, et attachée à ses élèves. Attachante et maternelle; une mère en quelque sorte, mais moins « reine mère » que la mère biologique. Je dirais plutôt une seconde maman qui savait plein de choses et aimait nous en faire profiter.

Maternelle ? C’était justement à l’école maternelle, avant les six ans et avant cette « terrible fessée » du CE2 que j’ai déjà relatée dans « Mémorable fessée au CE2 ».

« Bonne », c’était sa façon à elle de présenter l’affaire. Et je me suis demandé ce qu’était une « bonne fessée » par rapport à une « fessée ». L’attente fut longue avant que je ne l’apprenne.

« Si c’est lui, on va lui donner une bonne fessée ! »

C’était bien moi qui, à la récréation, avais griffé le visage d’une camarade d’une autre classe. Une femme de service avait informé la maîtresse de mon méfait.

Nous ne nous étions pas encore remis au travail et je jouais avec d’autres élèves à la course poursuite autour d’une de ces grandes tables.

Je n’ai pas eu le temps de terminer le jeu ! La maîtresse m’a appelé à son bureau installé dans un coin près de la fenêtre, à côté de l’espace où nous nous rassemblions pour écouter une histoire ou répéter une comptine. Un coin où s’accroche mon vieux mais toujours vif souvenir… car cette année-là je fus bien le seul, à recevoir la fessée en classe, sans savoir que j’assisterais bientôt à une autre, mais à la cantine. Ce n’était tout de même pas une habitude de la maîtresse.

Ce fut un événement !

Et j’y fus bel et bien impliqué, pressentant au fur et à mesure que la fessée promise approchait que j’allais au-devant de quelque chose de fort dont j’ignorais tout.

Je me sentais bien penaud, tout seul près du bureau. Je ne sais pas très bien ce que j’ai répondu à la maîtresse… je n’ai sans doute pas franchement avoué avoir griffé cette camarade, laissant planer le doute. J’étais tellement impressionné !

Pour faire jaillir la vérité, je devais donc être confronté avec ma « victime ». La femme de service me prit par la main et m’emmena dans l’autre classe, à travers de longs couloirs, et il fallait monter à l’étage. Elle continuait de me tenir fermement, mais je ne songeais pas à me dérober. Je méditais sur mon sort, je me résignais. Tout en me demandant ce qui allait précisément m’arriver ; même si je connaissais le mot « fessée», « bonne fessée » me posait question.

J’avais envie d’en finir.

Nous sommes arrivés dans l’autre classe. J’ai été saisi en voyant les marques sur le visage de ma victime, ces marques que j’y avais laissées ; sur le coup, je n’avais pas eu conscience de la portée mon geste; mais avec le recul, c’était saisissant. Quand je la revoyais les jours suivants, les marques restaient visibles.

Elle m’a bien sûr reconnu comme « l’agresseur » : l’issue était fatale, je ne pouvais plus compter sur quelque échappatoire que ce fût. A moins qu’entre-temps ma maîtresse n’ait changé d’idée ?

J’étais désormais convaincu que je méritais cette bonne fessée. Mais qu’allait-il m’arriver ? J’étais incapable d’anticiper avec précision la suite des événements. Il ne m’était pas facile d’avancer, énergiquement traîné par la main, sans résistance. J’avais la tête déjà ailleurs. Mes pas étaient maladroits et mes pieds se sont pris dans ceux de la femme de service qui s’est fâchée.

« Arrête de me marcher sur les pieds ! », voix agacée, sur le ton du rappel à l’ordre ; la punition avait commencé, par cette longue déambulation à travers les couloirs.

Je revois la porte s’ouvrir et entends encore la voix de ma maîtresse nette et tranchante, confirmant la sanction prévue :

« Ah, revoilà Djeff qui va recevoir une bonne fessée ! »

C’était dit comme un dénouement, comme la levée d’un doute, étape nouvelle, mais pas la dernière. J’ai encore dû attendre. J’ai changé de main, et la maîtresse m’a guidé vers le bureau.

Elle voulait faire un bel exemple :

« Approchez-vous ! Venez tous voir ! Je vais lui donner une bonne fessée. »

Garçons et filles, tous se sont levés et approchés pour former un demi-cercle. Les plus curieux se plaçaient devant, les regards étaient plutôt amusés, cela allait changer de l’histoire de fin de journée. J’avais pleinement conscience d’être le centre d’intérêt, ce qui n’était pas pour me déplaire. Je n’étais pas angoissé à proprement parler puisque je ne savais pas précisément ce qui m’attendait. C’était un mélange de sentiments qui l’emportait sur l’inquiétude.

J’étais tout près d’elle en regardant mon public s’approcher, nous formions une sorte de couple, main dans la main.

Puis plus près d’elle encore quand elle m’a fait leur tourner le dos, me ployant sous un bras, me plaquant contre une de ses cuisses.

Elle portait un pantalon gris à motifs géométriques rouges et verts, comme quoi on se souvient alors de force détails.

J’étais pour ma part en pantalon gris, une sorte de flanelle. J’attendais les premières claques. Je ne voyais plus rien, peut-être avais-je fermé les yeux ?

C’est alors qu’est arrivé ce que je n’attendais pas du tout, ce qui distingue une « bonne » fessée d’une fessée plus ordinaire, et je l’ai enfin su.

Et elle a continué avec ses effets d’annonce comme pour ménager le suspense.

« Regardez bien ! Je lui retire sa culotte. »

Elle a opéré tranquillement, lentement pour que ce soit bien théâtral. Je ne portais ni ceinture ni bretelles, ce qui lui facilitait les choses : ouvrir une boutonnière et abaisser une braguette, cela se fait d’une main ; l’autre main continuant à me tenir fermement, bien que je n’aie eu aucune velléité de me dégager de cette étreinte. Puis, ses deux mains s’affairèrent autour de ma taille et elle abaissa mon pantalon.

Et le grand moment de cette fessée…

« Regardez bien ! Je lui retire aussi sa petite culotte. »

J’ai senti ces deux vêtements glisser l’un après l’autre le long de mes cuisses.

Culotte et petite culotte, plutôt que pantalon et slip, le vocabulaire correspondait mieux à la « déculottée » ; peut-être aussi à la volonté de me faire honte.

Complètement inattendue, pour moi, mais peut-être pas pour toute la classe, cette mise à nu de mon postérieur fut saisissante.

« Et je lui donne une bonne fessée ! »

Elle m’a corrigé avec classe, élégance, distinction, méticuleusement, contrairement à ce qui allait se passer à la cantine lors d’une rageuse fessée quelque temps plus tard. Cela ne m’a pas paru bien long, contrairement à tout ce temps qui s’était écoulé depuis la toute première annonce, survenue quand je jouais autour de la table.

Je me souviens plus précisément des avant-fessées que des fessées elles-mêmes. Est-ce que j’enfouis dans mon mental le souvenir du moment crucial ? Cela n’avait pas fait bien mal, et venait comme une délivrance, sans pour autant pouvoir affirmer que sur le moment, j’avais vraiment aimé.

Mais cette position et ces préparatifs de déculottage m’ont fait vivre quelque chose de bien fort, moi et mon derrière nu, moi bien maintenu contre cette femme. Je savais que j’apaisais son courroux, et qu’elle n’aurait plus de raisons de m’en vouloir, après cette fessée. J’ai accepté le prix à payer.

Peut-être qu’une fessée plus ordinaire, sans me déculotter, se serait paradoxalement placée dans un registre purement punitif. Là, il y avait un plus.

Je ne me souviens pas avoir été rhabillé, mais je pense qu’elle l’a fait. Mon souvenir suivant c’est la mise au coin en attendant la fin de la journée qui n’allait pas tarder.

Les autres sont passés devant moi, je suis sorti en dernier. J’ai eu droit à une moquerie : « chez moi j’ai un Jésus [sic] et il va venir te manger ». Passons…

En y repensant, je me dis que ma victime aurait pu être invitée au spectacle. Quand je l’ai revue, j’ai voulu lui expliquer comment j’avais été puni, mais non, elle était fâchée, définitivement, elle n’a pas voulu écouter. Ce ne serait plus cette « copine de maternelle » avec qui je m’étais chamaillé.

Mes parents m’attendaient à la sortie, en voiture, Citroën 2CV grise des années cinquante soixante. Ma mère a été informée non pas de la fessée mais du méfait qui me l’avait value. Elle m’a posé des questions, sur ce qu’avait fait la maîtresse.

« Elle t’a tiré les oreilles ? Elle t’a donné la fessée ? »

Eh bien je n’ai rien dit, comme si cela avait été une affaire privée, malgré le public qui y avait assisté, une affaire privée entre la maîtresse et moi.

Puis l’année s’est très bien passée, la maîtresse ne m’avait pas pris en grippe, elle avait simplement eu un petit compte à régler.

A mes yeux, c’était mieux d’en être passé par là, je n’aurais pas aimé ressentir sa colère à long terme, la fessée l’avait évacuée, et elle fut ainsi bien « bonne », comme annoncée.

Puis j’ai pu assister à une autre fessée déculottée à la cantine. Mais cela est une autre histoire que je vous raconterai bientôt…

 Illustr. : Tee-Jay ([Toshi])

 

 

8 commentaires »

  1. Chris B dit :

    Très bon témoignage Djeff.

    Pourquoi n’avoir rien dit à vos parents ? Par crainte de recevoir une autre bonne fessée ?

    Vos parents vous donnaient-ils une fessée normale ou une bonne fessée ?

    Cordialement.

    • Djeff dit :

      Bonsoir Chris B.
      Mes parents ont su pour la faute commise, c’est indiqué en fin de récit. Mon père attendait au volant de la voiture, ma mère était venue me reprendre « en mains propres », on ne laisse pas un élève de maternelle évoluer seul dans la rue ; elle s’était fait expliquer les choses par la personne qui surveillait la sortie, peut-être la femme de service qui m’avait emmené vers la confrontation avec ma victime.
      Je ne sais pas si on a dit à ma mère que j’avais reçu une fessée ; l’école n’en était peut-être pas fière ; il y avait certainement une directrice, elle n’a peut-être pas approuvé cette façon de punir.
      Je peux supposer que l’équipe s’était concertée pour prendre les devants : annoncer que j’avais sérieusement griffé une camarade au visage ; et si possible ne rien dire de plus ; car ma mère m’a bien demandé si la maîtresse m’avait « tiré les oreilles », si elle m’avait « donné une fessée », peut-être au sens quelques bonnes tapes par-dessus le pantalon.
      J’étais à deux doigts d’expliquer que j’avais été déculotté, mais j’étais encore sous le choc, cela ne me paraissait pas crédible; peut-être aussi que je ne voulais plus en entendre parler ; ou que j’estimais que c’était une affaire personnelle, entre moi et la maîtresse.
      Non, mes parents ne m’en auraient pas donné une deuxième à la maison ; et pour ce qui est de déculotter, non, ils ne le faisaient jamais ; et ils n’auraient peut-être pas approuvé la maîtresse de l’avoir fait.

  2. Rémi dit :

    Bonjour Djeff,
    Effectivement, votre récit constitue un excellent témoignage sur l’efficacité de cette punition.
    Toutefois dans votre cas, d’après ce que j’ai compris, ce n’est pas seulement la fessée en elle-même qui vous a marqué mais également les préparatifs qui l’ont précédée.
    J’ai raconté dans « ma première fessée à l’école » une expérience similaire et je confirme que je me souviens bien de la déculottée reçue même si j’avais 5 ans à l’époque.
    Enfin, contrairement à vous, mes parents étaient parfaitement au courant et approuvaient et pratiquaient « la bonne fessée » quand j’étais fautif.
    Cordialement, Rémi

  3. Djeff dit :

    Tout à fait, les préparatifs, l’attente, l’annonce, m’ont beaucoup marqué, plus que les claques, dont je ne me rappelle pas qu’elles m’aient fait bien mal.
    Au CE2 , quelques années plus tard, la fessée fut bien douloureuse, bien que l’ayant reçue non déculotté ; voir « mémorable fessée au CE2″.
    Elle m’avait été annoncée alors qu’un autre puni venait tout juste d’être mis en position, j’allais y passer après. Ce fut très marquant, et psychologiquement, et physiquement.

  4. CLAUDE dit :

    Bonjour Djeff. D’abord merci pour cet émouvant récit. Je dis émouvant parce que je suis choqué qu’en maternelle, vous ayez subi un tel châtiment. Non pas que vous ne l’ayez mérité puisque vous aviez griffé une fille, mais par les conditions dans les quelles ce châtiment vous a été infligé. J’aurais admis une fessée dans le bureau d’un enseignant ou d’une directrice. Mais là, vous avez été exhibé en public, devant tout une classe, comme un animal de cirque, et votre bourreau ne s’est pas privé de commenter la mise en scène ! Pour moi, un châtiment corporel n’est pas un spectacle. Quand c’est le cas, il rate son but, parce que, pour moi, l’affection est indissociable de la correction. Je condamne donc ce que vous avez subi et vous trouve bien généreux envers ceux qui vous ont ainsi traité. Pour ma part, je ne l’aurais pas supporté. Pourtant, je suis favorable aux châtiments corporels, y compris le Martinet, mais pas dans n’importe quelle situation. Cordialement. CLAUDE.

    • Djeff dit :

      Bonjour à vous, Claude
      La fessée à l’école avait généralement lieu en public. Il s’agissait aussi certainement d’impressionner ceux qui y assistaient.
      Là où je vous rejoins dans votre prise de position, c’est je ne me rappelle pas que la maîtresse eût expliqué à mes camarades ce que j’avais fait pour la mériter. « Venez tous voir je vais lui donner une bonne fessée » incitait effectivement à assister à un spectacle, en l’absence de « il a griffé une camarade, voilà ce qui vous arrivera si vous enfaites autant… »
      Mais dans ces petites écoles de quartier, pour autant que je m’en souvienne, y aurait-il eu un espace pour me corriger en dehors des regards ? Les directrices restaient chargées de classe, et c’est encore ainsi, le travail lié à la direction se faisant après la classe. Il ne s’agissait donc pas d’aller dans son bureau, et à l’époque, début des années soixante, peut-être que cette pièce n’existait-elle même pas. La maîtresse ne pouvait pas non plus me prendre à part, en trouvant malgré tout un endroit plus discret : qui aurait surveillé la classe ? Le temps de me donner la fessée ? Une femme de service n’est pas responsable de la classe, des élèves. Elle ne peut pas non plus donner elle-même la fessée dans un endroit isolé et sur demande de la maîtresse, c’est elle qui aurait les éventuels ennuis liés à une pratique qui était en théorie interdite.
      Me faire attendre la fin de la classe ? Expliquer à mes parents « Il va sortir un peu en retard, le temps qu’on lui donne la fessée » ? Et l’attente avait déjà été longue, pour une raison qui peut paraître juste : vérification dans l’autre classe de ma culpabilité. Si on admet le principe de la fessée et pour de très jeunes enfants, il est recommandé de la donner sur le champ.
      Vous allez continuer de penser, Claude, que je suis trop indulgent envers cette maîtresse. En fait je ne voudrais pas m’insurger contre cette pratique, que j’ai donc connue, vous direz « subie », de la «fessée cul nu devant tout le monde », comme on disait. Je n’en ferai pas non plus l‘apologie ; ce qui me fait du bien, sur ce blog, c’est de me confier, même sous pseudo.
      Sans pour autant rester fermé à tout débat.
      La fessée est- en passe de devenir hors la Loi, même dans le cadre familial. Or il me vient à l’esprit bien des situations où les paroles peuvent être bien plus blessantes. Je peux revenir là-dessus si le débat s’engage.
      Je n’avais pas ressenti le manque d’affection de cette maîtresse qui m’avait déculotté et fessé devant mes camardes rassemblés. Pas plus que Jean-Jacques Rousseau corrigé de façon semblable, public en moins, à huit ans, par Mlle Lambercier, la fille du pasteur chez qui il était hébergé. (Confessions, livre 1 chapitre 3). J’ai certainement emprunté ces mêmes voies psychologiques complexes, que cette fessée ne soit pas devenue un épouvantable souvenir.
      Au plaisir de continuer d’échanger, ce que permet ce blog tout à fait remarquable, le seul à ma connaissance à ne pas passer sous silence ces fessées scolaires ou familiales, à ne pas vouloir dissimuler une vérité.
      Cordialement, Djeff

      • CLAUDE dit :

        Bonjour Djeff. Je comprends mieux votre « tolérance » pour les conditions dans lesquelles vous avez été corrigé. Cependant, même s’il était matériellement impossible de vous donner cette fessée à l’abri des yeux de vos condisciples, il n’en demeure pas moins que votre correction a fait l’objet d’une mise en scène et surtout de paroles que je réprouve. Je serais intéressé par les : « situations où des paroles ont pu être plus blessantes ». Quant à l’interdiction de la fessée, à mon avis, ce n’est pas pour demain, même si quelques bigots adeptes de mesures de conviction aux dépens de celle-ci, vont sans doute parvenir à faire passer dans un texte en apparence inoffensif, comme « droit des enfants »! Bien malin qui placera une caméra de surveillance dans tous les foyers! Non seulement ce serait une grave violation du droit privé, mais c’est surtout matériellement impossible, Dieu merci! Au plaisir de vous lire. Cordialement. CLAUDE.

  5. Djeff dit :

    Bonsoir Claude,
    La mise en scène de cette fessée reçue à l’école maternelle m’a effectivement beaucoup marqué, c’est aussi pour cela que je m’en souviens aussi bien ; même si il n’est pas anodin de se faire déculotter, il y avait là un plus.
    Paroles que je qualifierais de « traumatisantes », en voici un exemple :
    Nous prenions le thé entre trentenaires, il y avait là des célibataires, des couples dont quelques-uns avec de jeunes enfants, c’était chez des connaissances, plutôt que chez des amis. Le gamin de la maison, cinq six ans, était crispé, et crispant, alignant bêtises, caprices provocations. Comme apothéose il mord sa petite sœur.
    Furieux, le père lance « Si tu recommences je te déculotte devant tout le monde et je te donne une fessée ».
    Or la fessée était déjà mal jugée en ce début des années 80, perçue au moins comme dépassée. Le père se ravise, veut faire oublier qu’il serait capable de fesser ainsi son fils:
    « Euh, si tu recommences, je te mets sur le trottoir, je ferme la porte à clé, tu ne pourras plus jamais revenir à la maison ».
    Si un enfant devait choisir ? Mis à la porte, rejeté par ses parents qui ne veulent plus le voir ? Ou la fessée ? Même déculotté ? Même devant témoins ?
    La sœur de mon épouse n’a certainement jamais mis ne serait-ce qu’une tape sur les fesses de son rejeton, il approche maintenant la quarantaine, pas même par-dessus le pantalon. Mais combien de fois l’avions-nous entendue se plaindre de lui et devant lui selon la formule devenue célèbre dans la famille « qu’il est con, ce gamin, mais qu’il est con ! « .
    Mon épouse avait relevé que chez sa sœur, les claques, c’était « moral », comme elle disait.
    La violence verbale ne fait-elle pas des dégâts ? tout autant sinon plus que la violence physique ?
    La fessée est-elle une violence ?
    Quand les coups partent sous l’effet de la colère, et parfois les parents n’en peuvent plus, comme tout humain ils ont leurs limites, quand c’est avec hostilité, on peut parler de violence. Ces coups impulsifs ne consisteront généralement pas en fessée, et la loi envisagée établit un amalgame ; les coups et blessures infligés aux enfants, les vrais, avec certificat médical à l’appui, sont déjà passibles de poursuites. Il faudrait leur assimiler la fessée ? Qui aura tout au plus laissé quelques traces roses ou rouges vite estompées ? Voire aucune si l’enfant n’a a pas été déculotté ?
    Protéger l’enfant, c’est pour moi lui éviter la haine.
    Un procès pour une fessée arriverait-il à établir si celle-ci avait été administrée avec haine ?
    Il y a tant à faire, en priorité, pour les enfants, pour qu’ils deviennent des adultes épanouis et responsables, avant d’interdire la fessée familiale raisonnable. Mais les enfants on commence par les abêtir trois heures par jour avec des programmes télé affligeants : quelle éducation !
    Alors si ça ne se passe pas bien à la maison, collez-les devant la télé ! Et c’est ce qui se fait, tout baigne, et tout le monde est content. La famille qui essaiera autre chose quitte à se risquer occasionnellement du côté d’une petite fessée se retrouvera au Tribunal ? Alors qu’elle aura fait plus d’efforts ? En jouant avec les enfants ? En les emmenant se promener ? En leur lisant une histoire le soir ?
    La sœur de mon épouse ne lisait jamais d’histoires, le père du gamin ironisait quand mon épouse et moi jouions avec nos jeunes fils. Et la télé allumée des heures et des heures était la référence.
    C’est cela aussi, la famille sans reproche, sans même une claque aux fesses. Est-ce que ce n’est pas plus facile ? Et avec toutes ces nouvelles chaînes on est même à l’abri d’une grève à la télé, qui obligeait de temps à autre à trouver autre chose.

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