La fessée appliquée

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Studieuses vacances

 

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par François

Ça tombe bien…  Ça peut pas mieux tomber !

Ce qui tombait bien, aux yeux de mes parents, c’était que notre voisine de vacances, celle de la grande villa blanche, juste côté, était prof de Lettres. A la retraite, certes, mais prof de Lettres quand même… Et comme je venais de rater mon bac

- Tu ne peux en aucun cas te permettre un second échec à la session de septembre… C’est totalement exclu… Déjà que t’as pris deux ans de retard !… Alors on va aller la trouver cette dame, ta mère et moi… Et voir ce qu’elle peut faire pour toi…

Ils en sont revenus enchantés…

- Elle accepte de te prendre en mains… C’est une chance inouïe… Tâche de ne pas la laisser passer… 

C’était une femme au visage revêche, à la peau parcheminée qui m’a examiné, des pieds à la tête, le lendemain, sur le pas de la porte, de ses petits yeux gris acier…

- Alors comme ça tu as raté ton bac !… Ca ne m’étonne pas… Tu es un incorrigible paresseux… C’est ça, n’est-ce pas ?…

 J’ai voulu bredouiller quelque chose. Elle a haussé les épaules…

- Bien sûr que si !… Tu le portes sur ta figure… Bon, mais entre !… Assieds-toi !… Non pas là… Là !…

Devant une grande table de l’autre côté de laquelle elle a, elle aussi, prit place…

- On va commencer par voir ce que tu sais faire… Tiens, lis !…

« Comme Mlle Lambercier avait pour nous l’affection d’une mère, elle en avait aussi l’autorité, et la portait quelquefois jusqu’à nous infliger la punition des enfants quand nous l’avions méritée. Assez longtemps elle s’en tint à la menace, et cette menace d’un châtiment tout nouveau pour moi me semblait très effrayante; mais après l’exécution je la trouvai moins terrible à l’épreuve que l’attente ne l’avait été, et ce qu’il y a de plus bizarre est que ce châtiment m’affectionna davantage encore à celle qui me l’avait imposé… »

Elle m’a interrompu d’un claquement de doigts…

- Tu connais ce texte ?…

- Pas du tout, non…

- Tu le situes à quelle époque ?…

- Je sais pas, mais assez vieux quand même…

- Eh bien ça promet !… Tu peux au moins me dire de quoi il s’agit ?

- D’une punition…

Elle a levé les yeux au ciel…

- D’une punition, oui… laquelle ?…

J’ai rougi, balbutié…

- Je… je crois… je crois bien… que c’est une fessée…

- Évidemment que c’est une fessée… Que veux-tu que ce soit d’autre ?… Et sans doute que si tu en avais reçu plus souvent tu n’en serais pas là aujourd’hui… A devoir passer tes vacances à réviser ton bac… Non, tu ne crois pas ?… Eh bien réponds !…

- Je sais pas…

- Eh bien moi, je sais !… Et je te conseille de te mettre sérieusement au travail, mon garçon, si tu ne veux pas qu’il t’arrive la même chose qu’au jeune Jean-Jacques…

Je suis rentré à la maison interloqué. Interloqué et perplexe. Elle n’allait pas faire ça tout de même ! Pas à mon âge !… Mais non… Évidemment non… C’était inconcevable. Non. Elle plaisantait… Oui, sûrement elle plaisantait. Elle avait pas l’air pourtant. Et c’était vraiment pas le genre… Non… Non… Sûrement elle était sérieuse… Oui … Sûrement… Mais alors…

Avant de me congédier elle m’avait donné des « devoirs » : une dissertation et une étude de texte. Je me suis mis au travail. Avec la meilleure volonté du monde. Sans parvenir à me concentrer. Je revenais obstinément buter sur la même interrogation. Fessée ou pas fessée ?… Il y avait des moments où il m’apparaissait avec évidence que oui et d’autres où j’étais absolument convaincu que non. Je tournais en rond. Je ne pensais qu’à ça… Et j’étais totalement incapable d’aligner deux phrases cohérentes l’une à la suite de l’autre…

- Parce que t’appelles ça une dissertation ?… Tu n’as strictement rien fichu, c’est clair… Même un très médiocre élève de troisième aurait fait beaucoup mieux… Alors écoute-moi bien, mon garçon !… Je n’ai pas du tout l’intention de perdre mon temps avec des tire-au-flanc dans ton genre… Donc… Donc tu vas rassembler tes affaires et rentrer chez toi… J’expliquerai à tes parents que tu es une véritable loutre, qu’on ne peut absolument rien tirer de toi et que je préfère renoncer…

- Hein ?!… A mes parents ?… Oh non !… Non !… S’il vous plaît… Non…

- Si !… Tu ne me laisses pas d’autre solution…

- Je travaillerai… Je vous promets… Tant que je peux… Mais pas à mes parents…

- Soit !… Je veux bien te laisser encore une chance… C’est la dernière… La prochaine fois tu n’y couperas pas… Mais en attendant il n’est absolument pas question que je laisse passer un tel comportement sans réagir… D’autant que tu étais prévenu… Que tu savais ce qui t’attendait… Non ?…

- Si…

Tête basse. D’une toute petite voix…

- Bien… Alors viens ici, mon garçon !… Approche !…

Elle a éloigné sa chaise de la table…

- Plus près !… Encore !… Allez !… Là… Déculotte-toi !…

Je lui ai lancé un regard mortifié et implorant…

- Eh bien !?… Qu’est-ce que tu attends ?… Tu ne veux quand même pas que ce soit moi qui le fasse à ta place ?!…

Hein ?!… Ah non !… Non!… Je me suis précipitamment exécuté. J’ai tout quitté. Tout abandonné. A même le tapis. Et j’ai attendu. Longtemps. Sans oser relever la tête. Une éternité. Sans oser la regarder…

Elle m’a brusquement saisi par le bras, sèchement fait basculer en travers de ses genoux où elle m’a solidement calé. J’ai crispé les fesses dans l’attente du premier coup. Qui n’est pas venu. Pas tout de suite…

- On va promettre de travailler correctement ?

- Oui…

- D’y consacrer tout sa volonté et toute son énergie ?

- Oui…

- De ne pas perdre son temps à des amusements sans consistance ?

- Oui…

Et c’est tombé. Sonore. Dru. A grandes claques vigoureusement lancées. De plus en plus vigoureusement. De plus en plus vite. Ça a piqué. Ça a mordu. Ça a brûlé. Ça a fait crier. Battre des jambes dans tous les sens. Ça a continué. Ça a ralenti. Ça s’est arrêté…

- Là… Tu peux te reculotter… J’espère que ça te servira de leçon… Et maintenant au travail !…

Elle a attendu que je me sois rhabillé, que je sois revenu m’asseoir en face d’elle, m’a tendu le même livre que le premier jour…

- Reprends !… Là où on en était resté…

« … que ce châtiment m’affectionna davantage encore à celle qui me l’avait imposé. Il fallait même toute la vérité de cette affection et toute ma douceur naturelle pour m’empêcher de chercher le retour du même traitement en le méritant… »….   

4 commentaires »

  1. Jean-Jacques dit :

    j’adore…

  2. Emilie dit :

    Moi aussi, j’adore !
    Très agréable récit…
    Merci beaucoup.

  3. didier dit :

    Plaisant, agréable à lire.
    Et je dirai,correspondant bien à une époque, pas si lointaine, qui consistait à donner des bases,et qui savait faire avançer les récalcitrants ou les cancres.

  4. CLAUDE dit :

    Bonjour François. D’abord merci pour ce beau récit. Rousseau vous fut donc fatal et vous valut une cuisante fessée. Ce qui n’est pas chèrement payé car en vous lisant je constate (sauf erreur) que vous n’étiez pas un bourreau de travail « incorrigible paresseux » dixit votre « fesseuse » ! Il semble que la perspective d’une fessée vous ait empêché de vous concentrer. Je peux le comprendre ayant moi-même vécu un situation presque similaire. Donc cher François, ne vous inquiétez pas votre réaction fut parfaitement normale. Mais je vous recommande la lecture des « Confessions » de ce cher Rousseau qui est l’œuvre éponyme de tout débat sur la fessée. Cordialement. CLAUDE.

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