La fessée appliquée

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Un redoutable martinet

[Toma] 17-sans anim - N&B - Copie

Par Cambaceres

Depuis le redoublement de ma 6e, j’avais été habitué aux punitions au martinet surtout pour mes mauvaises notes en classe. Peu favorable au départ, ma mère s’y était convertie sur le tard. J’avais donc rejoint le long cortège d’enfants éduqués au martinet comme tant de copains du quartier et de camarades de classe avant moi.

Même si cela m’avait surpris sur le coup, ma mère avait eu parfaitement raison et je le méritais amplement tant il existait un fossé entre mes résultats scolaires et mes capacités. Cet objet éducatif tint toutes ses promesses m’amenant à un comportement impeccable et surtout m’obligeant à fournir un travail scolaire conséquent pour me hisser dans les meilleurs. Même si c’étaient mes cuisses qui chauffaient, le martinet m’avait vraiment remis la tête à l’endroit au moment où j’en avais besoin.

« C’est le fruit de ton travail, me félicita ma mère, et aussi des bons offices du martinet. »

Et elle avait raison. Ce fut pourquoi elle fixa à douze la note sous laquelle il m’était interdit de descendre sous peine de martinet dont elle codifia l’usage par une sorte de barème. Ma mère l’employait dans un contexte d’affection maternelle et chaque punition était suivie d’un moment de tendresse.

Ainsi, à une époque où il était fréquemment employé dans les familles, je m’étais convaincu que le martinet était nécessaire à mon éducation et indispensable à ma mère pour me corriger. En primaire, dans les premiers de classe, j’avais eu tendance à me montrer prétentieux et orgueilleux. Le martinet m’avait bien remis à ma place.

J’avais eu la chance de ne pas connaître la fessée comme beaucoup d’enfants mais de simples claques sur les cuisses. Aussi le martinet ne m’était-il administré que sur les cuisses laissées nues par les culottes courtes que je portais la plupart du temps.

En 4e, la dépression de ma mère l’avait amenée à se montrer moins exigeante et moins sévère. Cela m’avait déstabilisé d’autant plus que je ne comprenais pas bien pourquoi. Je ne me sentais pas du tout mature et j’avais besoin d’être cadré et discipliné. Je l’avouai à ma mère. Elle comprit mon état d’esprit et accepta de me reprendre en main selon ces méthodes qui avaient fait leurs preuves. Elle fut ravie de m’entendre dire que je ne porterais que des culottes très courtes jusqu’à la fin de ma 3e et nous convînmes ensemble que pour toute note inférieure à douze je serais corrigé au martinet réduit à seulement cinq lanières.

De fait tout se déroulait sans aucune dispute entre nous. En fonction de mes notes, je savais à l’avance ce qui m’attendait et allais décrocher d’office le martinet pour le présenter à ma mère accompagné du carnet hebdomadaire. Pas de reproches de la part de ma mère mais de simples regrets et je recevais stoïquement ma punition en comptant les coups.

Mon acceptation de sa discipline stricte, mes résultats scolaires et mon comportement faisaient la fierté de ma mère. Je savais qu’elle était ambitieuse pour moi et je me devais de la satisfaire. Il était donc naturel qu’elle me punisse pour mes insuffisances. J’offrais crânement mes cuisses à la discipline du martinet. Ma mère avait appris à le manier le mieux possible, bien conseillée par notre fidèle droguiste, fervente partisane de cet instrument d’éducation. Ma mère espaçait bien ses coups en les concentrant juste sous la lisière de la culotte courte, là où la peau est plus sensible et où le martinet produit le plus d’effet. C’est bien douloureux !

Mais c’est quand même le but si on veut qu’une punition soit « persuasive et dissuasive », selon les termes de la droguiste. Avec le temps, j’avais appris à le recevoir. Je calquais ma respiration sur le rythme des coups m’efforçant de ne pas trop bouger et de gémir le moins possible. Mais je n’arrivais pas toujours à me maîtriser, ce que comprenait ma mère qui évitait de me corriger à tour de bras. Je mettais un point d’honneur à ne pas pleurer, mais je terminais parfois une correction les larmes aux yeux. Cette attitude volontaire et digne face au martinet rendait également ma mère fière de moi.

Elle fut enchantée de ma classe de 4e. Je terminais deuxième malgré ma faiblesse en maths. Mais mes notes étaient excellentes en français et en histoire-géographie, bonnes en langues, en latin et en sciences. Elle était non seulement ravie de ces résultats mais aussi des punitions données pour y parvenir trouvant même qu’elles n’avaient pas été si nombreuses que ça.

Sans doute grisée par ces bons résultats, par mon volontarisme pour sa sévérité éducative et mon stoïcisme relatif durant les corrections, ma mère décida de passer à la vitesse supérieure pour la classe de 3e. Elle considérait celle-ci comme capitale pour l’orientation et le BEPC. Elle me signifia qu’elle se montrerait plus exigeante et plus stricte encore. Elle remonta à treize la note minimale à obtenir et durcit le barème de punitions. Je comprenais sa position car je mesurais bien les enjeux de cette classe. Tout comme ma mère qui voulait que je suive les traces de son frère, je visais une orientation en Seconde « A » littéraire. Dans cette optique elle veilla particulièrement à la préparation de la rentrée.

Cette année-là, elle n’avait ses vacances qu’en août (elle préférait juillet) et nous partîmes dans le Massif Central dans une petite maison louée à une amie de ma grand-mère. Ce n’était pas la première fois et nous y étions un peu connus. En vue de la rentrée scolaire, elle avait décidé de m’astreindre à un travail d’au moins une heure par jour en français, histoire-géographie et anglais. J’avais bien argumenté que j’étais bon dans ces matières et que ça ne servirait pas à grand chose. Mais elle passa outre.

« Une rentrée en 3e ça se prépare ! »

Et elle avait emporté dans les valises… le martinet qu’elle accrocha sur le côté de la cheminée. Là aussi avec les familiers du coin, il y eut quelques commentaires amusés.

« Ne vous inquiétez pas ; c’est surtout pour l’inciter à s’investir dans ses devoirs de vacances. »

Et on éclatait de rire. D’ailleurs la plupart en possédait un chez eux pour corriger leurs enfants. Il servit assez peu, pas plus de trois fois, quelques cinglées à la volée, mais sa présence était surtout symbolique.

essayage

Les culottes courtes continuaient à jouer leur rôle éducatif. Il est vrai que je ne possédais plus de pantalon long et que mes cuisses restaient nues en permanence. De tout temps ma mère avait aimé m’emmener dans les magasins pour essayer et choisir des culottes courtes. Elles étaient toujours le centre de mon habillement ; les autres vêtements n’étaient choisis qu’en fonction de celles-ci.

Cette rentrée-là ne dérogea pas à la tradition. Elle m’en achetait toujours à cette occasion et en mars à la fin de l’hiver. En 4e, elle avait inaugurait les « culottes courtes de Noël » grâce à son amie couturière qui savait où l’orienter.

Cette année-là, après m’être astreint à l’essayage fastidieux des culottes courtes de ma penderie, ce fut assez fièrement que je l’accompagnai acheter des culottes neuves. Ma mère aimait prendre son temps pour choisir. Lors des essayages, elle vérifiait toujours si elles étaient bien ajustées à la taille et si elles étaient suffisamment courtes en les tirant par le bas devant un miroir. Il les fallait bien sûr dégageant mes cuisses aux 3/4. Comme à son habitude, ma mère ne manqua pas de me faire rougir par ses commentaires :

« Avec ces modèles, ses belles cuisses sont bien mises en valeur… et c’est plus pratique pour le martinet s’il ne travaille pas bien ! »

Ce qui faisait sourire la vendeuse qui n’oubliait pas de jeter un coup d’œil sur mes cuisses.

Ma mère m’avait prévenu pour le martinet. Devant moi, elle avait demandé à la droguiste s’il était possible d’avoir un martinet avec seulement cinq lanières mais plus épaisses.

« Je peux m’arranger » avait promis celle-ci.

« Je trouve que tu es très habitué à ton martinet ; même avec seulement cinq lanières, il n’a pas l’air de te faire si mal que ça et tu le supportes fort bien. Pour la 3e j’ai commandé à la droguiste un martinet plus sérieux, plus éducatif encore.»

Et je dus aller seul l’acheter en faisant des courses. La droguiste m’accueillit avec un grand sourire. Elle savait ce que je venais chercher. Revenant de l’arrière boutique, elle me présenta mon nouveau martinet. Il m’impressionna tout de suite. Si le manche chêne foncé restait identique, il était désormais prolongé par cinq grosses lanières marron épaisses et carrées. En l’étalant sur le comptoir, elle m’en montra la souplesse. Je restai interloqué !

« Ce n’est pas un article fantaisie, dit-elle. C’est un « martinet spécial d’éducation » à cinq lanières. Un ami cordonnier les fabrique à ma demande pour mes « bons » clients ; et comme ta maman l’emploie surtout pour tes résultats scolaires, elle en fera un usage régulier et justifié. Comme tu le vois, avec ses lanières, il est tout à fait adapté aux cuisses d’un garçon de ton âge. »

Et le pire, c’était son prix modique ! Quels parents « martinet » s’en seraient passés à ce prix-là ?

martinet 5 lanièresMa mère, elle-même, trouva ce martinet fort redoutable. Elle l’avait commandé sans le voir et elle n’était pas déçue. Elle le tenait en main et me rappelait ses exigences pour la 3e.

« Tu as l’air un peu effrayé par ce nouveau martinet. Je te comprends ; il est très différent du précédent. Mais justement je voulais un martinet qui te fasse plus d’effet que l’ancien. Pour ne pas te surprendre à l’occasion d’une punition, faisons connaissance tout de suite. Approche ! »

Oui ! J’avais bien compris. Ma mère était d’avis de faire un petit essai tout de suite, histoire de voir ce qu’était capable de produire sur mes cuisses ce fameux martinet. Moi, je n’étais guère pressé de faire sa connaissance. Maman davantage mais elle se tenait du bon côté du manche, et c’était moi, enfin mes cuisses, qui mesureraient sa capacité. Ses épaisses lanières marron m’avaient l’air assez méchantes. J’aurais pu prendre mes jambes à mon cou et fuir, mais après ? Et puis jusque-là j’étais en harmonie avec la sévérité de ma mère. Alors si mon instinct me disait de reculer, ma raison me poussait à m’approcher de ces lanières qui m’électrisaient.

Dès que je fus à sa portée, ma mère m’en balança trois ou quatre coups. J’avais grimacé et le dernier me tira un petit « aïe ! ». Ma mère m’ordonna de ne pas toucher à mes cuisses ; elle voulait absolument constater les « dégâts ». Elle n’avait pas mis beaucoup de force dans sa fouettée mais je l’avais quand même bien sentie. Des traces roses s’étaient déjà imprimées sur la peau.

« Il est tout à fait adapté à la situation » conclut-elle après cette expérience. Et elle ajouta :

« Tu auras intérêt à me ramener de bons résultats car il m’a l’air très persuasif et je ne manquerai pas de l’employer. »

Ma mère tint parole. Durant le premier trimestre, ce martinet neuf ne chôma pas. Il servit tous les samedis après-midi à la lecture du bulletin hebdomadaire. Ma faiblesse en maths n’y était pas pour rien. Certaines semaines il était aussi utilisé lors d’une récitation de leçon ou quand ma mère vérifiait si je n’avais pas fait trop de fautes d’orthographe dans des exercices.

Lors des deux ou trois premières corrections avec ce martinet, je repris mes vieux réflexes d’avec mon premier martinet : « danser », gémir, pleurer, sous la rude morsure des lanières. Et le pire, c’était qu’il laissait des traces plus larges et plus durablement visibles. Et j’essuyais donc la deuxième punition : les moqueries et railleries de quelques camarades de classe.

Ma mère s’en rendit compte et elle modéra ses corrections, les rendant plus supportables. Elle avait elle-même été surprise par l’efficacité du nouveau martinet et n’avait pas assez mesuré sa capacité douloureuse et sa puissance de marquage.

En l’absence de ma mère, il m’arriva deux ou trois fois de décrocher le martinet, de le tenir fermement, de parcourir les lanières de mes doigts, d’en apprécier l’épaisseur et la longueur qui les faisait s’enrouler autour de mes cuisses et déclencher une forte douleur. Oui ! Plus que les précédents, ce martinet m’inspirait une véritable crainte et du respect ; crainte pour la douleur vive qu’il procurait et la honte des zébrures qu’il laissait, respect parce qu’il symbolisait parfaitement l’autorité de ma mère sur moi. Rien qu’en observant ce robuste martinet, il m’arrivait de penser :

« Ta mère a le droit de te punir et elle a besoin de ce martinet. »

Même pour ce martinet neuf, jamais il ne me serait venu à l’idée de lui contester ce droit. « Les corrections, avec ou sans martinet, éduquent » entendait-on ; c’était dans les mentalités de l’époque, produit de siècles de traditions, et moi, malgré mes 14 ans, je comprenais ce principe et j’y adhérais.

En décembre, ma mère rencontra mes professeurs à l’occasion d’une réunion de parents. Mon prof. de maths y parada, imbu de sa personne et de son savoir. Ma mère comprit qu’il n’y aurait rien à attendre d’un enseignant ne sachant pas se mettre au niveau des élèves. Elle décida donc de ramener ses exigences pour les maths à dix et le coefficient de cette matière à un. Elle-même, bien qu’excellente en calcul, n’y avait jamais compris grand-chose. Son frère avait été bon en maths mais trouvait cela « emmerdant » et finalement « peu utile dans la vie vu la manière dont elles sont enseignées ». D’ailleurs quand ma mère lui en avait parlé, il avait répondu :

« En maths, j’ai tout oublié ; elles ne font pas partie de la Culture avec un grand C. »

Enfin la décision de ma mère permit au martinet de connaître quelques samedis de repos. Mais pour les autres matières, ses exigences restaient intactes et le martinet m’attendait à la moindre défaillance, surtout pour les matières littéraires.

A la maison, la plupart des visiteurs savaient pourquoi nous avions un martinet et n’ignoraient pas que j’avais moi-même demandé le maintien de cette discipline sévère. Cependant ce nouveau modèle de martinet attira parfois des commentaires et des interrogations. Ma mère se justifiait :

« Il est d’accord pour être puni avec un martinet à cinq lanières… Il est en 3e, c’est un martinet plus adapté à son âge et à l’importance de sa classe. »

Je confirmais toujours que j’y étais habitué et que j’avais besoin de cette discipline, et les rares réticences tombaient. Un de mes camarades de classe venait de temps en temps. Il était au courant pour le martinet et avait aperçu les anciens. Cependant quand il vit ce nouveau martinet, il pâlit littéralement. Il avait treize ans, était aussi petit que moi et arborait souvent une culotte courte. Il disait être corrigé à la main chez lui. Ma mère l’avait vu changer de couleur en découvrant ce martinet ; elle le rassura :

« Ne crains rien ; si tu fais une bêtise, je ne vais pas te punir avec. Et tu le sais bien, il ne sert que pour les résultats scolaires d’Eric, et il est d’accord pour être puni ainsi. »

Pour dissiper tout malentendu, ma mère lui expliqua que ça ne posait aucun problème entre nous, sans cri ni dispute. Seulement nous nous étions mis d’accord sur des règles strictes et elles s’appliquaient. Mon copain comprit mais m’avoua après qu’il n’aurait pas aimé être à ma place. En tout cas il évita soigneusement d’en parler à ses parents quelquefois que ça leur aurait donné des idées.

Ce fut l’un des inconvénients de mon adolescence, sachant que j’étais puni au martinet, certains camarades préféraient éviter la maison. Par contre, ils venaient volontiers avec moi chez ma grand-mère car il y avait un terrain de sport derrière.

Au fil des semaines, j’appris à connaître ce nouveau martinet. Grâce à la modération de ma mère, je réussis à retrouver un peu de mon stoïcisme. Souvent mon bon niveau scolaire réduisait les punitions à quelques cinglées car à l’exception des maths j’atteignais la moyenne dans toutes les matières.

Malheureusement pour moi (ou heureusement, selon le point de vue), ce robuste martinet ne servit pas que pour les résultats scolaires. Il me disciplina aussi !

Lors du redoublement de me 6e, j’avais reçu plusieurs fois le martinet pour me discipliner à la maison : retard, chambre non rangée, écart de langage, impolitesse… Pour ces comportements fautifs, là aussi le martinet fut radical et mon comportement devint exemplaire. Avec l’âge, à 14 ans, j’avais tendance à m’enhardir davantage et il m’arriva de déraper par deux fois en répondant à ma mère et en usant d’un vocabulaire inapproprié.

« Tu te rends comptes du ton sur lequel tu me parles ? »

Non, je ne m’en étais pas rendu compte, justement. Et après la remarque de ma mère, je restai bouche bée, surpris par mon propre comportement.

« Tu ne penses pas que cela mérite une punition ? »

Mon accès de fièvre était retombé ; je l’admis d’un hochement de tête. C’était mérité.

« Il y a longtemps que ça ne t’était pas arrivé. Je croyais que tu parvenais désormais à te maîtriser. Mais ce n’est pas une excuse », avait dit ma mère martinet en main.

Ce jour-là, elle ne me ménagea pas. Je reçus une bonne trentaine de coups de martinet sur les cuisses. Ma mère y mit tout son cœur et me fit « danser » sur place ; je finis en larmes. Le martinet avait bien marqué mes cuisses qui en gardèrent les traces durant quatre ou cinq jours. Je ne pus même pas me les frotter car un piquet d’une demi-heure mains sur la tête me fut aussitôt imposé. Et le martinet resta sur la table. Et comble de malchance, on sonna. A sa voix je reconnus une voisine qui demandait un petit service à ma mère. Elle me découvrit dans ma position inconfortable et honteuse.

« Vous avez dû punir votre garçon au martinet ; ses cuisses sont bien rougies. »

« Oui, il m’a manqué de respect. C’est extrêmement rare mais maintenant il sait ce que ça coûte. »

« Vous avez bien fait ! Et avec un martinet comme le vôtre, je ne crois pas qu’il recommencera de sitôt. »

Je ne vis pas la voisine. Je n’osai pas tourner la tête. En un quart d’heure, le petit problème qu’elle avait fut réglé par ma mère et quand elle partit j’étais toujours au piquet mains sur la tête.

Puis ma mère me délivra. Tête basse, yeux rougis, je bredouillai un « pardon Maman ». Son visage se détendit. Elle m’attira contre elle, m’embrassa puis frictionna doucement mes cuisses. J’étais pardonné.

La seconde fois arriva environ deux mois plus tard. Pas très content d’une note en anglais qui me vaudrait quelques coups de martinet (onze à un devoir) lors d’un prochain bulletin, je m’emportai en l’expliquant à ma mère, et dans mon élan je gratifiai l’enseignante du qualificatif de « salope » !

« Dis donc ! Qu’est-ce que c’est que ce langage ? Je ne t’ai pas appris à t’exprimer ainsi. C’est un langage ordurier qui n’a pas cours ici ! Et tu n’aurais pas intérêt à l’employer devant moi en public ! »

Certes la professeur n’était pas présente mais pour ma mère c’était quand même de l’irrespect. Je me repris vite.

« Excuse-moi ! Les mots ont dépassé ma pensée. ».

Mais ma mère demeurait impassible, le regard glacial.

« Tu vas me punir ? » demandais-je en hésitant.

« C’est le moins que je puisse faire, non ! Ce que tu as dit est inadmissible ! Et cela mérite une bonne correction ! »

Je n’avais rien à ajouter pour ma défense. Plaider les circonstances atténuantes puisque je ne l’avais pas dit devant la prof. ? Même pas ! Ma mère avait raison ; j’avais le droit de le penser mais certainement pas de le dire devant elle. Je me levai et allai décrocher le martinet.

« Vas-y, donne-moi le martinet ; il est là pour ça non ? » dis-je en lui tendant l’instrument.

51ff2c_89515177ded44 piquet

Je reçus une nouvelle fois une trentaine de coups de martinet, un peu moins vigoureux que la fois précédente mais qui me firent trépigner et me tirèrent quelques gémissements. Puis ce fut à nouveau une demi-heure de piquet et des zébrures durant trois jours. Comme quoi il faut bien tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de dire une bêtise.

Ainsi sur le plan disciplinaire, le martinet me fut infligé plusieurs fois en 6e (5 je crois), aucunement en 5e et en 4e, mais deux mémorables fois en 3e avec ce douloureux et très marquant martinet à cinq lanières épaisses. Et après tout la plupart des enfants et des adolescents le recevaient pour des motifs comme ceux-là. Pour être tout à fait honnête, si ma mère s’était munie d’un martinet dès mon entrée en primaire, comme c’était souvent le cas pour bien des enfants, les motifs de l’employer n’auraient pas manqué, des bêtises et des écarts de langage qui ne furent en fait sanctionnés que par des remontrances ou des claques sur les cuisses.

Je peux l’affirmer, compte tenu des pratiques de l’époque, j’aurais mérité le martinet bien avant le redoublement de ma 6e. Ma mère n’y était guère favorable et elle en a repoussé l’échéance justement parce que j’étais un excellent élève en primaire. Et plus d’une fois, recevant le martinet pour des notes insuffisantes, je me suis dit :

« Ça rattrape les fois où tu l’aurais mérité plus jeune. »

Ces deux usages correctionnels du martinet pour des fautes disciplinaires à la maison me furent salutaires, je dois le reconnaître. Même si le martinet n’avait pas servi pour cela depuis la 6e, la sévère correction pour manque de respect envers ma mère avait désinhibé celle-ci et je sentais bien qu’elle l’aurait employé au moindre écart. Avec elle, il ne fallait pas traîner à obéir et la menace du martinet planait.

Comme tous les adolescents de cet âge, je fus quelques fois limite, et elle n’aurait pas eu tort de me corriger davantage pour mon comportement. Mais il servait déjà bien pour m’élever à un bon niveau scolaire ; sans doute trouva-t-elle alors que ça suffisait. Mais j’admets qu’elle remplit parfaitement sa mission éducative en me « disciplinant » au martinet pour cet écart de langage privé sur ma professeur d’anglais.

Ce robuste martinet qui s’occupait de mes cuisses depuis mon entrée en 3e était appelé « martinet d’éducation » par la droguiste et par ma mère. Avec le recul, je dois reconnaître que ces deux sévères corrections furent vraiment éducatives, sans doute les plus éducatives que j’ai reçues. Et elles me firent grand bien ! A chaque fois je dus exhiber des cuisses bien marquées et j’en eus beaucoup plus honte que pour toutes celles liées à mes résultats scolaires. La crainte de ce terrible martinet manié avec une efficacité très persuasive par ma mère m’apprit à me maîtriser et à contrôler mon langage ; et cela aussi c’est le rôle de l’éducation parentale.

Le lendemain de chacune de ces deux mémorables corrections, je dus accompagner ma mère faire des courses dans le quartier. Commerçants et clients eurent tout le loisir d’admirer les traces rouges qui ornaient mes cuisses et, en cas de commentaire, ma mère leur expliquait le manque de respect qui en était la cause. J’étais rouge de honte, restais tête baissée et n’en menais pas large. Bien entendu un passage chez la droguiste s’imposait. Celle-ci fut immédiatement attirée par les rougeurs de mes cuisses.

« J’ai dû le discipliner pour son manque de respect » justifia d’entrée ma mère.

« Vous savez, le martinet sert d’abord pour ça, et c’était indispensable. L’irrespect, l’impolitesse doivent entraîner d’office le martinet. En tout cas le résultat est spectaculaire. C’est bien fait pour lui », ajouta la droguiste.

« Ce martinet est vraiment éducatif ; je vous remercie de me l’avoir conseillé. Après une telle correction, j’espère bien qu’il a compris la leçon et ne recommencera pas. »

Je demeurais totalement mutique, ne sachant où me mettre. D’autres mamans présentes approuvèrent. L’une d’elles était accompagnée de ses deux enfants et je les entendais rire. La honte faisait partie de la punition, je le savais d’avance, mais là fut sans doute l’un des moments les plus honteux de ma vie. Et au fond de moi, ce n’était pas à ma mère que j’en voulais mais à moi-même ! Ce fut à coup sûr la correction la plus éducative jamais reçue et la leçon d’humilité qui suivit fut très marquante.

Au collège, peu d’élèves de 3e restaient en culottes courtes et on ne manqua pas de me poser des questions sur le motif de cette punition. J’en dis le moins possible et tentai de faire bonne figure, mais c’était difficile. En étude, je partageais le bureau avec un garçon d’une autre classe prénommé Gilles. Plus grand que moi et un peu plus âgé, il était très gentil, serviable, jamais moqueur. Je pus en mesurer l’étendue. Il était scout et avait l’habitude des culottes courtes en velours mais il les mettait très peu en classe. Cependant tant que mes cuisses portèrent les stigmates de la correction, il vint vêtu d’une de ses culottes courtes bleu marine de scout par solidarité. Au surveillant qui s’était approché en souriant, il avait répondu :

« Je n’allais tout de même pas le laisser seul dans cette tenue. »

A ces mots, le surveillant le gratifia d’une tape amicale sur l’épaule.

Un copain de la classe de Gilles l’imita ainsi qu’un élève de ma classe dans laquelle nous n’étions plus que trois les cuisses à l’air. Gilles était un chic type respecté de tous les élèves. Je n’étais pas scout mais j’ai toujours gardé une certaine admiration pour leur état d’esprit et leur sens de la camaraderie.

Cette année-là, ma mère avait bien décidé de ne me laisser aucun répit, même durant les petites vacances scolaires. Ma sévère correction pour manque de respect envers ma mère s’était produite fin novembre. Etait-ce les effets de celle-ci ? Pendant les vacances de Noël, ma mère me soumit à des devoirs de vacances, une à deux heures de travail certains jours ; et j’avais intérêt à ne pas les négliger car pour ceux-ci elle fixait la barre assez haut.

Mais rapidement arriva le bulletin trimestriel. J’obtenais bien treize de moyenne générale. Cela aurait pu satisfaire ma mère. Mais elle pointa les matières où je me situais en-dessous de ce treize fatidique : 8 en maths, 12 en anglais, 11 en dessin et 12 en musique. Elle m’expliqua que ces insuffisances méritaient une punition au martinet, et heureusement qu’elle avait ramené ses exigences à dix pour les maths.

Prêt pour le martinet

La sentence tomba : 10 coups pour les maths, 10 coups pour l’anglais et 15 coups pour le dessin et la musique. Je ne protestai pas. Elle m’avait bien indiqué qu’elle exigeait treize dans toutes les matières. Que ce fut les vacances de Noël n’y changeait rien ! Et elle programma trois corrections étalées sur l’ensemble de la période.

Il était dit que le martinet ne devait pas prendre de vacances non plus. Ce fut avec courage et résignation qu’à trois reprises je présentai mes cuisses à la discipline de ce vigoureux martinet. Ma mère le mania à chaque fois avec autorité et conviction. Sa détermination semblait totale. Mais elle ne prononça pas une parole blessante ; elle restait imperturbable et sereine lorsqu’elle me corrigeait, et après elle retrouvait ses élans de tendresse. Cependant je mis toute ma fierté et mon cran pour subir stoïquement ces trois corrections, serrant les dents et ravalant mes larmes.

Ma mère choisit justement le lendemain d’une de ces corrections pour m’emmener acheter « les culottes courtes de Noël » comme l’année précédente. Son amie couturière lui avait conseillé de retourner dans le même magasin ; les propriétaires stockaient en réserve certains invendus et elle savait qu’on y trouvait des culottes courtes. Bien sûr, la dame qui nous servit remarqua mes zébrures.

« Noël n’empêche pas les punitions, précisa ma mère. Quand il le faut ses cuisses ont rendez-vous avec le martinet. ».

« C’est vrai qu’à cet âge-là, un martinet est bien utile ; et vous avez raison, les culottes courtes leur rappellent qu’ils ne sont que des enfants » renchérit la commerçante.

« Le martinet l’éduque fort bien, et en montrer les marques sur ses cuisses participe à son éducation » ajouta ma mère.

La dame approuva totalement. Nous sortîmes avec deux nouvelles culottes courtes en velours.

Même à partir du deuxième trimestre, rares furent les semaines où ce solide martinet n’entra pas en service, ne fut-ce que pour rectifier de quelques cinglées une leçon mal apprise ou quelques étourderies orthographiques dans des exercices.

Ma classe de 3e fut incontestablement une année « martinet » ! Ma mère ne se priva pas de l’employer en fonction de mes résultats. Elle était ravie d’avoir à sa disposition un solide martinet éducatif et ne manquait pas d’en vanter les mérites. Et l’usage de ce martinet à des fins disciplinaires pour sanctionner impolitesse et écart de langage m’obligea à nouveau à soigner mon comportement. Certes le martinet ne m’avait pas été épargné mais là j’en avais vraiment besoin. L’ombre de ce redoutable martinet plana sur toute ma 3e tant pour mes résultats scolaires que pour me discipliner.

Je croyais qu’à la fin de ma 3e j’en aurais fini avec le martinet. Grosse erreur ! Je fus le premier à réclamer son retour après mes premiers et calamiteux résultats en français en Seconde. Il connut aussi une belle prolongation avec l’enseignante qui me donnait des cours particuliers de lettres classiques. Son efficacité fut telle que ma professeur m’offrit le frère jumeau de ce martinet pour la Saint Nicolas. Et celui-là connut à son tour une belle carrière tant pour mon travail durant ses cours que pour me « discipliner ». 

36 commentaires »

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  1. CLAUDE dit :

    Bonjour Cambaceres. Vous avez raison de vanter l’efficacité du martinet tant dans le domaine de la discipline que dans celui du travail scolaire, voire comme ce fut mon cas, universitaire. En effet, dans les années 50/60,la majorité était fixée à 21 ans. J’ai donc été fouetté jusqu’à l’âge de 19 ans. Pour autant, loin de le regretter, je m’en félicite. Dans les deux cas, il m’a bien discipliné ! J’ai appris la politesse, le respect des autres, etc. Et mes résultats universitaires étaient eux aussi soumis à la discipline du martinet. Bien sûr, c’était exceptionnel, mais quand ça tombait, mes fesses et mes cuisses étaient fouettées sévèrement ! Les lanières du fouet les marquaient longtemps ! C’était le meilleur moyen de me rappeler à mes devoirs au deux sens du terme. Amicalement. CLAUDE.

    • Bénédicte dit :

      Bonjour Claude,
      c’est vrai, l’efficacité du martinet est redoutable car une correction avec cet instrument pousse à travailler et rend sage !
      Pour ma part, ma mère m’a fouettée de façon régulière jusqu’à mes seize ans, mais le martinet est resté pendu « au cas où » jusqu’à mon mariage ! Et il était souvent décroché pour me strier les cuisses jusqu’à ma majorité : je me souviens d’une soirée où le martinet avait officié juste avant, et mon « prince charmant » a vu les traces !
      Une fois en fac, cela a continué avec ma coloc (voir « fessées entre filles » pour mon plus grand bien !
      Puis un jour, mon petit ami du moment a pris le martinet pour me faire obéir et là j’ai eu la révélation : c’était eux que je devais suivre, mon ami et le martinet !
      Et me voilà toujours comblée par les deux bien longtemps après

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