La fessée appliquée

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Une bonne fessée pour ne pas oublier ses promesses

Sassy

par Lucia

Née en 1917, et aînée de huit enfants d’une famille agricole pauvre, Maman n’avait pas eu la chance d’aller longtemps à l’école. Très intelligente cependant, elle avait su mettre à profit les quelque années où elle avait eu la possibilité de la fréquenter pour apprendre à lire, écrire et compter. Elle espérait et exigeait naturellement que nous fassions de notre mieux, et sur ce point, elle était intransigeante.

Au cours du premier trimestre à l’école primaire, j’avais négligé mon tout premier devoir. J’étais encore très jeune : je n’avais pas encore six ans. Je devais écrire plusieurs fois mon nom pour remplir une demi-page, mais mon prénom, Lucia, avait rapidement dégénéré en « Luue ». En me relisant, je m’en étais rendu compte mais comme je voulais sortir et jouer à la récréation, je le remis tel quel à la Sœur qui nous faisait la classe. Et bien entendu, je ne soufflais mot de mon devoir raté à mes parents.

Le samedi, jour de la remise des bulletins hebdomadaires à faire signer par nos parents, mon devoir me fut rendu, richement annoté de corrections à l’encre rouge pour la presque totalité des mots. Cela avait l’air terrible ! Dans le haut de la page, la Sœur avait écrit : « Lucia a besoin d’une meilleure surveillance parentale pour mieux faire ses devoirs» (ou quelque chose dans cette veine). La vache ! Elle savait bien comment faire pousser des boutons chez nos parents.

Idée bien catholique à l’époque, on pensait que les enfants étaient des êtres à éduquer et à encadrer grâce à une stricte discipline familiale. Pour la Sœur, si j’avais mal fait mon devoir, c’était la faute de mes parents qui avaient manqué à leur devoir de faire de moi une enfant-modèle, sage, obéissante, studieuse en me disciplinant comme il convenait. Un enfant, dans l’esprit catholique, est né un fainéant qui veut ne rien faire d’autre sinon jouer.

Lee Warner

Pour apprendre cet enfant à bien travailler à l’école, elle doit avoir peur de la punition qui va suivre quand elle n’a pas fait de son mieux. Et chaque parent savait encore de sa propre jeunesse, que la punition qui fait très peur, c’est une fessée qui fait très mal! En m’obligeant à faire signer ce devoir raté par mes parents, le message était clair : cela allait mal finir pour mes fesses !

Quand Maman vit mon devoir couvert de rouge, elle se mit à cracher du feu comme un dragon ! Elle voulut tout savoir sur tout, les questions pleuvaient… Un déluge !

« Quand as-tu eu ce devoir ?… Pourquoi n’as-tu rien dit ?… Pourquoi l’as-tu rendu dans cet état ?… »

Les mots sortirent un à un de ma bouche :

« Je n’avais pas envie de le faire… Je voulais m’en débarrasser… Je préférais aller jouer… »

Maman me rappela qu’elle ne tolérerait jamais un travail scolaire médiocre. Et comme je savais très bien que ce que j’avais fait était mauvais, j’allais être punie « à la latte ». La latte était une sorte de règle plate en bois d’une trentaine de centimètres, instrument classique pour administrer un châtiment corporel à l’école, usage qui se maintenait malgré l’interdiction formelle.

Néanmoins, ce mode de punition était considéré comme une caractéristique propre du devoir parental. Du reste, j’avais appris à l’école que la fessée est un acte d’amour, privilège des parents pour discipliner leurs rejetons.

Chez mes copains et copines, les mauvaises notes d’un bulletin scolaire étaient l’un des principaux motifs d’une sévère fessée. Et c’était efficace ! Quatre fois sur cinq, les bulletins de notes qui la suivaient étaient excellents, il est vrai que la peur de recevoir une nouvelle bonne fessée est énormément motivante !

La latte, trop légère pour être méchante sur les vêtements, n’a alors qu’un effet symbolique. Aussi, à la maison, était-elle surtout utilisée sur les fesses nues, et là elle faisait mal. Avec un mouvement sec du poignet, elle peut cingler une fesse sur une surface suffisamment petite pour y concentrer une douleur mordante, néanmoins le coup reste suffisamment superficiel pour ne pas blesser.

Maman m’agrippa par une oreille et me traîna à la cuisine vers « le » tabouret. Je savais ce que ça signifiait. Je ne pleurais pas facilement, mais je pris peur et l’implorai.

Steve Budzinski

S’il te plaît Maman, je m’appliquerai, je te le promets ! »

« Je veux bien entendre tes promesses, me répondit-elle, mais une bonne fessée va t’aider à ne pas les oublier. Sache que je ne tolérerai jamais la paresse à l’école. Si tu oses recommencer, gare à tes fesses ! »

D’un geste rapide, elle retroussa ma jupette, abaissa ma petite culotte, posa un pied sur le tabouret, me hissa sans effort sur sa cuisse désormais à l’équerre et m’y courba à plat ventre. Je restai ainsi suspendue en l’air comme une poupée de chiffon, mes jambes battant dans le vide, mon derrière nu pointant vers le haut. Et la fessée commença, rapide, sévère, cuisante. Sur la chair rebondie, la règle claquait mes fesses en cinglées sèches et brûlantes.

En dix secondes, ce fut fini, mais mon derrière était en feu. La latte avait frappé plusieurs fois au même endroit et ma peau brûlait comme sous un fer rouge. Après quoi, remise sur mes pieds, je dus écrire une page complète avec mon nom, avec la promesse d’une nouvelle fessée si je ne l’écrivais pas soigneusement. N’en doutez pas, cette fois-là je rendis une page impeccable !

Su

Mais il y a eu pire !

En rentrant, mon père vit mon devoir bâclé avec mon nom estropié et s’esclaffa :

« Oh, elle a écrit « Luie » ! Ça veut dire »paresseuse ». Excellent ! Ce nom lui va comme un gant ! » (1)

Comme pour bien des petites filles, mon père était l’homme avec qui je voulais me marier. Or il était fâché, riait de moi et me nommait « paresseuse ». Je le jure, j’aurais préféré qu’il me donne une seconde fessée !

(1)    « Luie » était en effet l’interprétation de Papa et qui veut dire paresseuse alors que j’avais écrit « Luue »

Illustr. : 1) Sassy – 2) Lees Warner – 3) Steve Budzinski – 4) Su

7 commentaires »

  1. Karima dit :

    Coucou Lucia,
    Joli récit sur la fessée en rentrant de l’école. Et pour la conclusion effectivement parfois des moqueries peuvent être plus vexantes qu’une bonne fessée.
    Karima

  2. Chloé dit :

    Bonjour Lucia,
    Merci pour cet émouvant témoignage, d’une bonne fessée maternelle pour un devoir bâclé ! Je n’ai pas connu la latte qui doit être douloureuse sur des fesses nues ! Maman, outre sa main, utilisait une ceinture fine de tailleur qui, question douleur, doit être comparable à cette latte ? A l’adolescence, pour nos grosses bêtises ou insolences, elle fit découvrir en plus à nos fesses le terrible pouvoir calorifique de la brosse de bains! Et là, c’était l’horreur pour nos jolis popotins !
    Durant le primaire, Papa avait les mêmes réactions que le vôtre hésitant (du fait de sa force pure) à nous corriger, sauf exception ou demande de Maman « une fessée de mon Papounet »
    Amicalement
    Chloé

  3. CLAUDE dit :

    Bonjour Lucia. Quel magnifique récit vous nous donnez à lire ! Rien n’y manque : analyse fine de vos émotions, un style aussi fin et le tout bien illustré. Quant au fond, c’est un vrai cours de morale que vous donnez. Oui, c’est la faute des parents si les enfants ne travaillent pas bien à l’école. Et j’ajouterai s’ils se comportent mal et commettent des incivilités. Et la fessée reste le meilleur moyen de châtier ces négligences, voire parfois des vices, comme ce fut mon cas dans ma jeunesse. La fessée à la latte que vous avez reçue était donc indispensable et fut efficace, comme vous le reconnaissez. Mais ce fut aussi un acte d’amour. J’ai vécu, il y un demi-siècle la même éducation où le martinet a veillé longtemps sur mon comportement et ma « pureté », dans le domaine des mœurs. Mais toujours dans un climat d’affection. Merci encore Lucia : vous faites surgir en moi des émotions enfouies sous des décennies de vie adulte. Bien Amicalement. CLAUDE.

  4. Jean Philippe dit :

    Bonjour Lucia,
    Magnifique récit! J’ai connu comme vous la fessée maternelle pour mon manque de sérieux à l’école. Mais cela commençait par une fessée déculottée sur l’estrade par mon institutrice, fessée doublée par Maman lorsque je rentrais à la maison. C’était les années 60 , et , à cette époque , la fessée était monnaie courante. Les temps ont bien changé !

    Jean Philippe

  5. Marco dit :

    Bonjour Lucia,
    Pour une fessée efficace, celle-là le fut vraiment ! Rondement et vigoureusement menée, sans vous faire attendre, juste ce qu’il faut pour vous mettre en tête que ce que vous aviez fait était mal fait. Et voilà une posture, couchée sur une cuisse relevée, ainsi qu’un instrument, la latte, rarement utilisés pour fesser mais fort convenables pour la punition d’une petite tête de linotte. Il est sûr qu’un tel souvenir vous a aidé à ne pas recommencer… du moins trop vite.
    marco

  6. Emilie dit :

    Coucou Lucia !
    Merci pour ton beau récit… Je me reconnais, car même si je suis très jeune, j’ai moi aussi reçu ce genre de fessées ! Enfin je veux dire « genre » par rapport au motif de la fessée, mais moi je recevais plutôt au martinet ou à la badine. Dur dur aussi la badine, je ne sais pas si tu connais…
    Bisous d’Emilie.

    • Chloé dit :

      Bonjour Émilie,
      Stéphanie et moi avons reçu pas mal de fessées pour des promesses non tenues! Et outre sa ceinture ou la brosse de bains, il est arriver à Maman d’utiliser parfois des badines coupées dans la nature pour cingler le haut de nos cuisses découvertes et je confirme que c’était dur, dur !
      Amicalement
      Chloé

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