La fessée appliquée

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Une éducation dans les années 50 – chap 2

Richard Steen col

par Herbert1

Ma rentrée en sixième, au retour de ces mémorables vacances, je l’ai effectuée la boule au ventre. La perspective d’avoir désormais affaire à une multitude de professeurs plutôt qu’à un instituteur unique m’effrayait. Et ce, d’autant plus qu’il me paraissait impossible que, sur la dizaine d’enseignants devant lesquels j’allais me trouver, il n’y en ait pas au moins un pour administrer de cuisantes fessées quand il le jugeait nécessaire. Être corrigé devant toute une classe – ce qui ne m’était encore jamais arrivé – m’apparaissait comme l’horreur absolue. J’en faisais des cauchemars. Je me réveillais en sursaut, au cœur de la nuit, trempé de sueur et le cœur battant. Mes appréhensions se sont fort heureusement très rapidement révélées vaines : aucun des enseignants de la classe de sixième A, dans laquelle je me trouvais, n’avait recours à ces méthodes.

 

Il n’en demeure pas moins que je restais en prise directe et quasi permanente avec la fessée. À la maison essentiellement où je risquais de m’en prendre une à tout moment. Certes, depuis l’épisode si mortifiant pour moi des vacances chez grand-mère, je me tenais tout particulièrement à carreau ; et certes mes résultats scolaires, en ce début d’année, étaient on ne peut plus acceptables, mais je n’étais pas à l’abri d’un quelconque dérapage. J’avais beau faire preuve de la meilleure volonté du monde, de la plus extrême docilité, tant pour faire oublier ma désobéissance de l’été précédent que pour ne plus avoir à sentir, dans le regard de Maman, une déception et un mécontentement qui m’étaient insupportables, mes mauvais penchants pouvaient à tout moment reprendre le dessus. Sans crier gare.

 

Dans les conversations que nous avions, mes copains et moi, chaque jeudi après-midi, dans le square de la mairie, la fessée occupait également une place privilégiée. C’était un sujet sur lequel nous revenions inlassablement. Sur celles qui nous étaient administrées personnellement, nous gardions un silence prudent, mais sur celles, par contre, auxquelles nous avions assisté ou dont nous avions entendu parler, nous étions intarissables. Un tel, chuchotait-on, s’en prenait souvent. Sa grande sœur aussi. Et elle criait comme un cochon qu’on égorge. Son voisin racontait que Charles Morel, c’était carrément dans le jardin que son père lui en avait flanqué une. Et tout le monde était aux fenêtres. Quant au nouvel instit, celui des CM1, il se disait qu’il avait la main lourde et que ses élèves avaient tout intérêt à connaître leurs leçons. On n’en finissait pas.

 

Nous étions également tout particulièrement curieux de ce qui pouvait se passer, dans ce domaine, à l’école des filles. Nous y avions notre taupe : une cousine de l’un des garçons de la bande, grande blonde aux allures de sauterelle, qui venait parfois se joindre à nous. Prénommée Armance – à ce qu’il me semble, je n’en suis plus très sûr – elle était en CM2 et ne se faisait guère prier pour raconter, avec force détails, les fessées que l’institutrice de cette classe distribuait généreusement à ses condisciples. À l’évidence, elle prenait même un certain plaisir à nous livrer ces récits que nous écoutions, fascinés, sans l’interrompre. Et à se repaître des nôtres.

 

J’avais sympathisé avec Lucien, l’un de mes camarades de classe. Il venait chez moi. J’allais chez lui où j’avais parfois l’autorisation de rester dormir : mes parents avaient beaucoup de considération pour les siens qui, disaient-ils, avaient toujours su rester extrêmement dignes dans le malheur. Sans que je n’aie jamais pu savoir, malgré mes demandes réitérées d’éclaircissement, en quoi au juste consistait ce malheur.

 

Quoi qu’il en soit, c’est chez Lucien que j’ai assisté à une scène qui devait me marquer durablement. Si j’avais en effet reçu de nombreuses fessées, je n’avais jamais, jusque-là, assisté à aucune. Or, un soir, alors que j’étais chez lui – il y avait là, outre nous deux et ses parents, son grand frère de seize ans, Yves, et sa petite sœur de dix ans, Lysiane. Alors que nous étions en train de dîner, le téléphone a sonné dans la pièce voisine. C’est son père qui est allé répondre. Quand il est revenu, il avait le visage dur, fermé. Il était manifestement furieux.

– Dis-moi, Yves, tu es passé à la librairie cet après-midi ?

Le garçon est devenu tout blanc.

– Eh bien ? Réponds !

– Oui.

– Et tu y as fait quoi ?

– Rien. Rien. J’ai regardé.

– Tu mens ! Alors je répète ma question : tu y as fait quoi ?

– J’ai…

– Oui ?

– J’ai pris des bandes dessinées.

– Non ! Tu n’as pas pris, tu as VOLÉ des bandes dessinées. Que tu vas immédiatement aller me chercher.

Il a obéi. Il les a redescendues, posées toutes les quatre sur la table.

– Et maintenant ? Il va se passer quoi maintenant ? À ton avis ?

Il a baissé la tête.

– Je vais être puni.

– Tu vas être puni comment ?

Il a balbutié.

– Je ne sais pas.

– Oh, si, tu sais ! Tu sais même très bien. Alors ? Comment ?

Il a murmuré, dans un souffle…

– Une fessée.

– Une fessée, oui ! Que tu as amplement méritée. Alors tu te déculottes. Exécution !

Il n’a pas protesté. Il a juste marqué un très court temps d’arrêt et puis il s’y est résolu : il nous a tourné le dos et il s’est déshabillé tandis que son père reculait sa chaise.

– Viens ici !

Ce qu’il a fait, les deux mains ramenées en coquille en bas, pour se dissimuler. Mais quand son père l’a sèchement attrapé par le poignet pour l’amener plus près de lui, il dut se dévoiler. Il avait seize ans et pourtant on allait lui en flanquer une. J’étais sidéré. Je ne m’étais jamais vraiment posé la question, mais voilà que force m’était de constater qu’on pouvait encore en recevoir à seize ans. Ce qui m’ouvrait des perspectives inquiétantes : cela signifiait qu’il n’était pas forcément exclu que je sois, moi aussi, soumis un jour au même traitement au même âge. À moins que – j’essayais de me rassurer comme je pouvais – j’aie auparavant réussi à adopter un comportement absolument irréprochable. Et ce, dans tous les domaines.

 

En attendant, j’observais avec infiniment d’attention ce qui était en train de se passer. Parce que c’était un peu comme si je me voyais moi, de l’extérieur, quand la même chose m’arrivait. Son père l’avait fait passer de l’autre côté de ses genoux, se tourner, fesses vers nous, s’incliner. Et il tapait. À plein derrière. Vigoureusement. À un rythme soutenu. Très vite la croupe du garçon est devenue toute rouge avec la trace des doigts imprimés sur tout le pourtour. Il s’est mis à gémir. De plus en plus fort. Et à se contorsionner. À battre des jambes. En gigotant – et j’étais bien placé pour savoir qu’il arrivait un moment où, quand la douleur devenait trop intense, on ne pouvait pas, malgré toutes les bonnes résolutions qu’on avait pu prendre, s’empêcher de le faire – il dévoilait tout ce qu’il aurait voulu tenir précieusement caché.

Quel spectacle il offrait ! Quel spectacle j’avais offert, l’été précédent, à mes cousines ! Le rouge m’en remontait rétrospectivement au front. De temps à autre, je jetais un coup d’œil sur sa sœur qui, les yeux rivés sur le fessier de son grand frère, n’en perdait pas une miette. Quand ça s’est enfin arrêté, il s’est enfui, en larmes, dans sa chambre. Je suis sorti de là, exténué, en proie à un invraisemblable tumulte intérieur et bien décidé à faire tout ce qui était en mon pouvoir pour ne plus jamais m’exposer à être fessé devant qui que ce soit. Nous n’avons jamais évoqué, Lucien et moi, ensemble cette soirée. Sans doute redoutions-nous confusément, si nous le faisions, de devoir admettre qu’à l’occasion nous y avions droit, nous aussi. Et nous n’en avions pas la moindre envie.

 

Juste avant les vacances de Noël, Armance, la fille qui se joignait parfois à nous, le jeudi après-midi, dans les jardins de la mairie, après avoir longuement évoqué, avec complaisance, la fessée reçue la veille par l’une de ses camarades de classe…

– Ah, elle avait beau prendre ses grands airs et se moquer des autres, n’empêche qu’elle a fini par y attraper, elle aussi… Allez, hop, les fesses à l’air, comme tout le monde ! Et puis alors qu’est-ce qu’elle a braillé !

Puis s’en est brusquement prise à moi.

– Tu nous avais caché ça, Herbert !

– Hein ! Moi ? Quoi ?

– Tu t’en es ramassé une belle, cet été…

Et elle a tout déballé devant mes copains. Qui l’écoutaient avec un intérêt manifeste. La maison en ruine. Mon petit cousin. Et la fessée administrée, cul nu, devant tout le monde. Elle faisait durer, comme à plaisir. Je m’efforçais de faire contre mauvaise fortune bon cœur, mais j’étais intérieurement effondré, ravagé, une nouvelle fois, par la honte. Elle a finalement triomphalement conclu.

– Ah, tu t’en étais pas vanté de celle-là, hein !

Arkham-Insanity

Je n’ai pas fermé l’œil de la nuit. Et, le lendemain, j’ai rasé les murs. J’étais persuadé que ma mésaventure s’était répandue comme une traînée de poudre. Qu’on en faisait des gorges chaudes. Je ne pouvais pas croiser un regard sans y lire ce que je redoutais d’y lire. Il m’a fallu près de quinze jours pour retrouver un semblant de sérénité. Qu’on sache, cela ne faisait pas, pour moi, l’ombre d’un doute, mais finalement on n’y attachait pas plus d’importance que je me l’imaginais. J’avais été fessé, oui, au même titre que quantité de filles et de garçons de mon âge. C’était monnaie courante. On s’y intéressait deux ou trois jours et puis on passait à autre chose. C’est ce dont je me suis, en tout cas, efforcé de me convaincre.

 

Une question, toutefois, ne cessait de me tarauder. Comment Armance avait-elle su ? Qui avait pu lui raconter, avec autant de détails aussi précis, ce malheureux épisode des vacances précédentes ? Mes cousines ? Mon oncle ? Ma tante ? C’était totalement exclu : ils habitaient à des centaines de kilomètres de là. Mon père ? Il ne mettait jamais le nez dehors. Restait maman. Maman qui se faisait – j’en avais parfaitement conscience – énormément de souci pour moi. D’autant plus de souci qu’il lui semblait qu’avec mon comportement de l’été précédent j’avais franchi un cap important dans la désobéissance. Elle s’en voulait énormément, je le sentais, de s’être avérée incapable de m’en empêcher. Elle s’en voulait et elle s’interrogeait : est-ce que, malgré les apparences, elle ne se montrait pas beaucoup trop laxiste à mon égard ? Et si j’allais définitivement « mal tourner » ? Par sa faute ?

 

Une madame Morlier, qui s’occupait des bonnes œuvres de la paroisse et qui avait élevé seule ses cinq enfants – quatre garçons et une fille, maintenant adultes – se posait en grande spécialiste de l’éducation. Elle a eu recours à elle. Elle s’est confiée, lui a fait part de ses doutes et de ses interrogations. Et le plus plausible, c’est que cette madame Morlier, dépositaire des confidences de maman, n’a pas su ou pas voulu tenir sa langue et qu’après toutes sortes de cheminements, de tours et de détours, le récit de mes frasques d’été est finalement parvenu jusqu’à Armance. Qui n’a rien eu de plus pressé que d’en faire profiter mes petits camarades.

 

Elles avaient toutes les deux, ma mère et cette madame Morlier, de fréquents entretiens auxquels, tout en feignant de faire mes devoirs sur la grande table de la salle à manger, je prêtais une oreille attentive. Et souvent terrifiée : madame Morlier, en effet, ne faisait pas dans la demi-mesure. Pour elle, autant, dans l’immense majorité des cas, les filles ne posaient pas de problèmes majeurs, autant les garçons, eux, par contre, étaient tous de véritables délinquants en puissance, sournois et pervers par nature.

– Il ne faut rien leur laisser passer, rien ! Autrement…

La fessée ne lui semblait pas forcément le châtiment le plus approprié pour obtenir des résultats significatifs. Le martinet, selon elle, était nettement plus efficace. Aussi avait-il toujours été suspendu en bonne place dans sa cuisine.

– Ils le voyaient. Ça leur donnait à réfléchir. Et, le cas échéant, si ça ne suffisait pas…

Mais ce qu’il fallait,  surtout aux garçons, c’était leur faire honte. D’une façon ou d’une autre. Il n’y avait que ça, selon elle, qui portait vraiment. Qui les dissuadait de recommencer.

– Moi, mon aîné, je n’arrivais pas à en venir à bout. Sottise sur sottise, il me faisait. Et pas n’importe lesquelles. Si vous saviez le nombre de fois où j’ai été convoquée à la gendarmerie ! Il y avait pas moyen de lui faire entendre raison. Mais du jour où – il avait seize ans – je lui ai flanqué une bonne correction, au martinet, devant trois de ses camarades, deux garçons et une fille, ça a été terminé. Il a bien encore fallu deux ou trois piqûres de rappel pour des broutilles, mais rien de bien grave. Et maintenant, il est marié, père de famille, conseiller en produits financiers et en passe de devenir directeur d’agence. Et c’était pas gagné, je vous assure ! Alors j’ai pas de conseils à vous donner, mais baissez pas les bras ! Lâchez rien ! Il vous en fera voir de toutes les couleurs sinon…

Maman s’efforçait de se justifier…

– Lui aussi, cet été…

– Oui… Eh bien, continuez ! Poursuivez ! Vous arrêtez pas en si bon chemin ! Vexez-le ! Vexez-le ! D’une façon ou d’une autre. Il n’y a que comme ça qu’on arrive à un résultat…

Et elle embrayait sur Bruno, son petit dernier…

– C’était quelque chose, celui-là ! Toujours en train d’en calculer une. Et à te soutenir, en te regardant droit dans les yeux, d’un air angélique, que c’était pas lui. Qu’il avait rien fait. Ah, il en aura passé des heures au coin, mains sur la tête, les fesses à l’air. Mais c’est qu’il calait pas ! Et si je ne m’étais pas montrée intraitable…

Elle finissait par se lever, m’emprisonnait quelques instants dans son regard, soupirait.

– Je vous plains ! Il est sournois et dissimulateur, votre gamin. Je vous plains vraiment. Parce que si vous n’y mettez pas rapidement bon ordre…

 

En janvier, Maman a acheté un martinet. Qu’elle a suspendu, bien en évidence, dans la cuisine, près de la porte, à côté du buffet. Un martinet dont la seule présence me terrorisait et dont, plusieurs mois durant, elle n’a pas eu l’occasion de se servir, ce qui a pourtant fini un jour par arriver.

Illustr. : 1) Richard Steen col – 2) Arkham-Insanity

49 commentaires »

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  1. Karima dit :

    Bonjour Herbert,
    Je découvre vos récits. Point de vue très intéressant notamment sur la honte que suscite une fessée déculottée. Vous présentez en outre très bien le fait de voir ou être vu qui peut renforcé la chose.
    Par ailleurs, très intéressant votre point de vue sur l’école et l’angoisse qu’elle suscite bien qu’elle ne repose sur rien de concret pour vous.
    Enfin, les échanges avec nos camarades de cet âge sont en effet troublants. Pour ma part, ayant grandi à une époque où la fessée était devenue rare au sein des familles, j’avais particulièrement honte à l’idée que ça se sache. D’autant que je la recevais les fesses à l’air, ce qui me poussait à rester des plus discrète sur ce sujet surtout avec les garçons.
    Amicalement,
    Karima

    • Julie dit :

      Bonjour Kari,
      En effet, l’impression que ça se sache ne fait que renforcer le sentiment de honte d’avoir fauté et d’avoir été punie. Il y a des situations où lorsqu’on crie en recevant la fessée fait craindre que ces cris aient été entendus par autrui et ça c’est insupportable lorsque l’on croise les gens qui auraient pu entendre. J’ai déjà eu ces impressions et je n’étais pas fière de moi, avec le « qu’en dira t-on ? ».
      Amitiés.
      Julie.

      • Herbert1 dit :

        Bonjour Karima et Julie,
        Cet aspect des choses, la « publicité » éventuelle donnée à la fessée reçue soit que quelqu’un y ait assisté, soit qu’il ait pu entendre le bruit des coups, soit que la rumeur s’en soit répandue est évidemment, à mon sens, essentiel et le ou la punie ne peut que ruminer à ce sujet et s’interroger à en permanence et douloureusement à ce sujet. Difficile, au quotidien, de se comporter de façon naturelle avec quelqu’un qui sait ou dont on s’imagine qu’il sait. Cela lui donne sur vous une certaine forme de supériorité dont il peut éventuellement user et abuser.
        Par ailleurs, il est vrai que les mentalités étaient radicalement différentes à l’époque où j’ai vécu mon enfance de ce qu’elles ont été par la suite. Aujourd’hui une fessée est quasiment assimilée à de la maltraitance. À « mon époque » c’était l’inverse ; des parents qui ne corrigeaient pas leurs enfants quand ils l’avaient mérité étaient des parents indignes qui laissaient leur éducation aller à vau-l’eau. Il s’en parlait donc bien évidemment beaucoup plus facilement. Et entre parents. Et entre enfants sans doute.
        Amicalement.
        Herbert1

      • Karima dit :

        Bonjour Julie,
        Je ne vois pas vraiment le rapport avec le fait d’avoir fauté. En soi tu peux être fière de ta bêtise face aux copains, juste tu ne veux pas qu’ils sachent comment ça a fini. Par contre, pour ce qui est d’être entendue ça ne sort pas vraiment de la famille, mais certes ça peut être gênant aussi. Même en restant stoïque, le bruit des claques suffit à identifier la situation. De toute façon oui, on peut avoir l’impression que les faits sont connus même si ça relève surtout de la « paranoïa ».
        Mais pour rester sur le sujet, on va chercher à en savoir plus sur nos copines sans donner des détails sur nous. Quand l’information circule ça peut être très gênant. Hérbert souligne bien cela.
        Karima

      • Karima dit :

        Bonjour Herbert,
        Oui effectivement, la circulation de l’information nous place en situation d’infériorité. Sinon ce que je soulignais n’est pas l’image dans la société qui n’était pas mon problème à ce moment. Mais le fait que la plupart des autres enfants ne partageaient pas la punition. Ce qui renforce la honte. Quand la fessée déculottée est banale on se moque moins. Si tu fais une bêtise avec les copains et que tu es seule à recevoir une fessée en rentrant tu passeras d’autant plus sous silence cet événement. Disons surtout le fait que je la recevais sans la culotte. La question de la maltraitance ne nous concernait pas, j’aurais surtout eue l’impression que mes copains imaginaient mes fesses. Les parents en parlaient-ils ? Globalement oui, le sujet n’était pas pour autant tabou mais sans doute moins ouvertement qu’avant.
        Amicalement
        Karima

        • Herbert1 dit :

          Bonjour Karima,
          Vous attachez beaucoup d’importance, à juste titre, au fait que la fessée soit donnée déculottée ou non. C’était d’ailleurs, lorsque nous parlions de tel ou telle qui avait reçu la fessée, l’une des premières questions qui surgissaient. « Déculotté(e) ? » Et effectivement, vous avez raison, cela donnait l’essor à l’imagination. On se représentait les fesses rougies de la « victime ». Les commentaires allaient bon train et, si l’on était amené à croiser au quotidien celui ou celle qui avait été puni, les regards s’attardaient immanquablement sur son postérieur comme s’ils s’étaient efforcés de « le lire » à travers les vêtements. C’est aussi en cela, entre autres, que la « publicité » donnée à une fessée reçue était redoutable. Et elle l’était d’autant plus qu’on était avancé en âge. À ce propos d’ailleurs jusqu’à quel âge vous et votre sœur avez-vous été fessées ?
          Amicalement.
          Herbert1

          • Karima dit :

            Coucou Herbert,
            Exact, la honte de la déculottée pouvait rejaillir dans une simple conversation. Face au regard des autres on peut sentir là aussi déshabillée. Ce qui n’empêche nullement d’être intéressée quand il s’agit d’un copain ou d’une copine.
            Nous avons reçu la fessée jusqu’à l’âge de 12 ans. Et bien sûr, au collège cela devenait encore plus ridicule d’être punies ainsi. On a vraiment l’impression d’être grande et notre pudeur est plus importante. Nous n’abordions plus le sujet même avec nos meilleurs amies. Les fessées restant un secret dans la famille.
            Amicalement,
            Karima

  2. Jean Philippe dit :

    Bonjour Herbert,
    Merci pour votre récit qui me fait revivre le même ressenti plus d’un demi siècle après. Né en 1953, j’ai connu ma première fessée à 9 ans administrée par ma mère juste avant de partir pour l’école. Mais les fessées les plus marquantes datent de mes 13 ans – fessées reçues en public. Inutile donc de raconter mon ressenti puisque mes camarades étaient souvent présents, les filles pareillement.
    Mon comportement immature, mes mensonges éhontés et mes insolences obligeaient ma mère à me punir séance tenante, n’hésitant pas à me déculotter devant mon lycée ou bien dans la cour de notre résidence. J’avais évidemment honte d’être puni ainsi comme un petit garçon.
    Du reste, on me surnommait  » Bébé Cadum » en classe !
    Cordialement,
    Jean Philippe

    • Herbert1 dit :

      Bonjour, Jean-Philippe,

      Tant d’années après les souvenirs restent encore vivaces. Preuve que cette « expérience » était loin d’être neutre. Qu’elle était efficace. Mais nul doute que, patinés par le temps, ils prennent une tout autre coloration.
      Amicalement.
      Herbert1

  3. CLAUDE dit :

    Bonjour Herbert. Pour un vol, le martinet s’imposait. La fessée, n’est pas dissuasive. Le martinet, toujours bien visible l’est évidemment beaucoup plus. Certes aujourd’hui il est difficile d’y recourir, d’abord parce qu’il est pratiquement impossible d’en trouver de bons, et non pas ces « gadgets érotiques »; ensuite parce que, en principe, son utilisation est proscrite. Néanmoins, je sais que certains parents parviennent encore à l’utilise – pour le plus grand bien de leur progéniture. Nous qui l’avons reçu, et parfois jusque à un âge avancé, savons reconnaître l’efficacité du martinet. Amicalement. CLAUDE.

  4. Herbert1 dit :

    Bonjour Karima,
    Pas facile en effet de se retrouver, à 12 ans, en sixième ou en cinquième, les fesses brûlantes sur les bancs du collège en se disant qu’on a été soumise à cette punition mortifiante et qu’on est très certainement la seule de la classe à l’avoir été. Sûr qu’on n’a vraiment pas envie que ça se sache. Qu’on fait en sorte que ça reste caché. Mais, en même temps, c’est une « expérience » qui pousse à « être » sage, à ne pas se mettre une nouvelle fois en situation de vivre ça. Non ?
    Amicalement.
    Herbert1

    • Karima dit :

      Bonjour Herbert,
      Oui en effet, non seulement on a plus conscience de son corps, mais ça apparaît comme une punition pour les « bébés ». Bien entendu, en conservant le même régime qu’à l’école primaire, on évite de ramener des mots dans le carnet et on garde ce réflexe même les années suivantes en conservant une sourde appréhension à ce sujet. Du coup j’étais sans doute plus sage que la moyenne.
      Amicalement,
      Karima

      • Herbert1 dit :

        Bonjour Karima,
        « Du coup j’étais sans doute plus sage que la moyenne ». D’où on peut conclure que la fessée (ou l’appréhension de la fessée) donne d’excellents résultats. Je trouve d’ailleurs que la dernière fessée reçue a un statut un peu particulier : on ne sait en effet pas, quand on la reçoit, que c’est la dernière. Et on continue à appréhender pendant des mois, voire des années, de s’en voir administrer une autre. D’en mériter une autre. Plus on avance en âge et plus cette perspective devient mortifiante pour l’amour-propre et pousse donc à « se tenir à carreau ». Quand on sait, beaucoup plus tard, qu’elle a effectivement été la dernière on la perçoit alors, je crois, d’un œil tout à fait différent. Et on ne peut pas l’évoquer sans un certain trouble à multiples facettes. De ce trouble il y aurait infiniment à dire…
        Amicalement.
        Herbert1

        • Karima dit :

          Coucou Herbert,
          Oui, difficile de nier l’efficacité de la fessée ou de sa perspective qui est une bonne dissuasion. Là où, pour la plupart de mes contemporains, ramener une punition de l’école valait une vague engueulade, elle revêtait un côté beaucoup plus cuisant pour moi.
          Oui, la dernière fessée n’est pas conçue en tant que telle. Quand tu es la petite dernière tu peux avoir un indice de l’âge, mais par exemple ma sœur en recevait moins au collège devenant plus raisonnable et mature et donc rien ne me garantissait la date de fin. Quand tu es la dernière à recevoir la fessée à la maison, c’est d’autant plus dur et ça m’a sans doute poussée à adopter une meilleure attitude pour ne plus apparaître comme le bébé. Il m’a fallu quelque temps pour prendre conscience que c’était la dernière fessée, de toute façon on peut toujours imaginer en recevoir une en cas de grosse bêtise même un an après.
          Le trouble oui, il existe en y repensant, et forcément les dernières fessées sont bien imprimées dans notre esprit, déjà car elles sont plus vexantes, devoir encore se faire baisser la culotte quand on a un corps qui évolue et moins simple et logiquement on reçoit de grosses fessées. J’y viendrai sans doute mais je vais remonter la chronologie avant.
          Amicalement
          Karima

        • Julie dit :

          Entièrement d’accord, avec vous Herbert1. Ma dernière fessée fut pour moi un point d’arrêt aux autres potentielles dérives que j’aurais pu faire. Le passage à l’âge de raison, peut-être, aussi.
          Amitiés.
          Julie.

          • Herbert1 dit :

            Bonjour, Julie. Bonjour, Karima,
            Ce n’est effectivement qu’a posteriori qu’une dernière fessée prend tout son relief. Ce n’est qu’alors qu’on se rend compte combien elle a été efficace puisqu’on a fait en sorte qu’il n’y en ait pas d’autres par la suite. Plus on avance en âge et plus il est vexant de recevoir la fessée. Pour des raisons de pudeur, oui, bien sûr, mais aussi pour des raisons d’amour-propre. On a honte, comme le dit si bien Karima, de s’être exposé à recevoir une punition de gamin. Et j’en sais quelque chose.
            Il y a toutefois des cas (j’en ai connu à l’occasion d’échanges que j’ai pu avoir sur le sujet) où une fessée justifiée tombait sept ou huit ans après la précédente, à un moment où on était absolument convaincu(e) qu’on n’en recevrait plus. Et cette fessée-là, elle est particulièrement mortifiante.
            Amicalement.
            Herbert1

  5. CLAUDE dit :

    Bonjour Herbert. La seule vue du martinet contribue au respect de la discipline. Il ne faut pas en abuser car c’est très douloureux. Dans le cas d’un vol, comme cela est votre cas, le recours au martinet est pour moi un châtiment approprié. Hélas de nos jours, bien rares sont les parents qui ont le courage de recourir à ce mode de correction. Le Règne de l’Enfant-Roi a envoyé le martinet aux oubliettes! Et on voit chaque jour le résultat : incivilités, défis lancés aux enseignants, entre autres. Pour ma part, loin d’être un progrès , j’estime que c’est une démission. Amicalement. CLAUDDE.

  6. Jean Philippe dit :

    Bonjour à vous 3, JULIE , KARIMA et HERBERT,
    Ah ! la fessée… ce fut la plus vexante, je n’en doute pas, mais sincèrement, que l’on ait 15 ans, 18 ans ou plus, si on nous l’a administrée.
    Ah ! cette dernière fessée, on s’en souviendra toute notre vie ! On aurait préféré qu’elle ne se produisît pas.
    A 15 ans, pour ma part, je croyais y échapper, mais mon insolence envers ma mère l’obligea à me punir le plus sévèrement et surtout que je prenne conscience qu’une maman n’est pas une copine et que l’on doit la respecter.
    La limite ayant été largement dépassée, il fallait une sanction exemplaire. Et elle le fut, croyez-moi !
    Aujourd’hui, lorsque je vois ou entends des adolescents injurier leurs parents ou leurs professeurs et qu’il n’y a aucune réaction de l’adulte, soit par laxisme pour le parent, soit par peur d’être mal considéré par sa hiérarchie pour l’enseignant, je me dis que j’ai eu une chance inouïe d’avoir reçu quelques bonnes fessées déculottées entre 11 et 15 ans .
    Peut-être que la dernière c’est qu’elle était méritée.
    Amitiés à tous les 3
    Jean Philippe

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