La fessée appliquée

Bienvenue sur mon blog

Une méthode d’éducation… 3è part.

Par Cambaceres

djz06ims.jpg

Le difficile adieu à l’enfance

J’appréhendais mon entrée en classe de seconde. J’avais choisi la section « A », littéraire, plus adaptée à mes goûts. C’était pourtant la même institution catholique et j’allais retrouver certains de mes camarades,  il n’y aurait plus le carnet de notes hebdomadaire mais un simple relevé de notes mensuel et le bulletin trimestriel avec les moyennes. 

J’étais un peu déstabilisé par ce nouveau système d’organisation. Pour moi qui était habitué à des règles strictes avec un travail régulier, fréquemment contrôlé, c’était une sorte de plongée dans l’inconnu, et ça me déprimait un peu. 

Ma mère m’avait acheté deux pantalons pour la rentrée des classes. L’école en culotte courte c’était fini ! D’ailleurs aucun garçon n’en portait plus en seconde. 

Seulement à la maison, mes culottes courtes dormaient bien rangées dans mon armoire, et certaines m’allaient encore très bien. 

A l’époque,  j’allais sur mes seize ans, mais avec ma petite taille et une pilosité presque imperceptible, on m’en donnait à peine quatorze. 

Aussi, comme ces dernières années je n’avais, à quelques rares exceptions près, porté que des culottes courtes et je ne me sentais pas de les abandonner d’un seul coup. Au fond de moi, elles me manquaient. C’est ainsi que, chaque jour à mon retour de l’école, je troquais mon pantalon pour l’une de mes culottes courtes que j’avais encore portées en classe de troisième. 

Avec une certaine délectation, je m’observais dans le miroir en pied. J’admirais mes jambes fines et la nudité de mes cuisses que mettaient si bien mises en évidence ces culottes fort courtes. Et je retrouvais mon allure enfantine. 

Ma mère ne s’en étonna même pas. « Tu y es tellement habitué ; je te comprends. » 

Mais je n’en restai pas là. Je décidai d’en porter aussi à l’extérieur de la maison, pour faire des commissions par exemple, ou en sortie. 

Je remis même mon costume du dimanche,  avec sa culotte très courte, pour aller à la messe. « Tu es encore très mignon avec » approuva ma mère. Moi aussi, je me trouvais mignon. 

Certains commerçants, qui nous connaissaient bien, s’en amusèrent un peu ; et de même certains parents ou connaissances. « C’est son choix », tenait à préciser ma mère. 

En fait, en dehors de la classe, je continuais à passer le plus clair de mon temps en culotte courte pour mon bon plaisir. « Tant qu’elles me vont encore, autant en profiter ! » avais-je dit à ma mère qui ne protesta pas. 

Comment expliquer mon attitude ? l’habitude ? Le fait que je me sentais encore enfant ? Peut-être n’avais-je tout simplement pas envie de grandir, comme « Le Tambour » de Gûnther Grass. L’angoisse devant l’avenir ? Un peu tout cela sans doute. 

Une connaissance qui s’amusa bien de me revoir en culotte courte, ce fut la droguiste. « Et le martinet, sert-il encore ? » J’avais répondu par la négative. Cependant, il pendait toujours au salon avec ses cinq solides lanières de cuir. Il restait là, toujours bien en vue. En fait, on n’en parlait plus. Malgré tout … 

Ma classe de seconde connut des débuts laborieux. J’avais un peu de mal à m’habituer aux nouvelles méthodes de travail. Si je faisais toujours des étincelles en histoire-géographie, mes résultats en français étaient redevenus quelconques voire médiocres. Le passage de la simple rédaction à la dissertation rigoureuse s’était avéré plus compliqué que prévu, et les nuances des personnages et des situations de la littérature classique plus difficiles à cerner. 

Moi qui avait brillé en français en 3è, j’étais plutôt vexé, touché dans mon orgueil ; je m’en voulais. 

Aussi après les deux premiers relevés de notes, je demandai à ma mère de remettre le martinet en service. Non ! il ne me manquait pas ! Ce n’était pas non plus une envie, mais je dirais plutôt un besoin de mortification. 

Ma mère se montra d’abord réticente. Elle trouvait qu’il avait fait son temps et que je n’avais plus l’âge. De plus, à ses yeux, il était évident que je travaillais beaucoup même si mes résultats n’étaient pas à la hauteur espérée. 

J’insistai donc ! Bien sûr que je travaillais ! Mais sans doute pas correctement, pas avec le recul et la réflexion nécessaires. Par le passé, le martinet m’avait incité avec succès à m’améliorer, à me dépasser ; il pouvait encore le faire. D’ailleurs puisqu’à la maison je mettais encore des culottes courtes, j’avais donc encore l’âge de le recevoir. 

Finalement, après une âpre discussion, ma mère consentit à être encore le bras armé qui manierait le martinet. La note minimale fut fixée à 12/20, et elle ne concernait que les matières littéraires essentielles en section « A ». 

En cas de résultat insuffisant, il n’était pas question d’attendre le relevé de notes ; je montrais sans délai mon devoir à ma mère pour recevoir ensuite la punition prévue. 

Au début, je dus insister pour qu’elle utilise le martinet de manière suffisamment vigoureuse et persuasive. Je voulais que « ça marque » ! Le « bon élève » défaillant méritait d’exhiber à nouveau ses cuisses zébrées, certes plus en classe cette fois, mais à la maison, ou à l’extérieur à l’occasion des courses, de la messe ou de sorties. 

J’avais adopté une position nouvelle pour recevoir le martinet. Je me penchais en avant et mes mains tendues tenaient le bas de mes jambes. La culotte courte était ainsi remontée offrant un plus large espace de correction. 

Et j’ai de nouveau serré les dents et senti la brûlure des lanières de cuir qui cinglaient mes cuisses nues. Je ne tremblais pas ni ne « dansais » comme quand j’étais plus jeune. Cependant, je laissai échapper quelques « aïe ! », signe que la correction produisait son effet. 

Après la martinet il n’était plus question de mise au coin ni de câlins sur le canapé, non ! Je préférais aller dans ma chambre, allongé sur le ventre sur mon lit, pour méditer et attendre que la « cuisson » s’estompe. 

En fait, le martinet ne servit que cinq ou six fois dans l’année ; mais une nouvelle fois, la méthode porta ses fruits. Au 3è trimestre j’avais retrouvé mon niveau de la classe de 3è en français. 

Mais j’avais un peu grandi durant l’année et certaines culottes courtes ne m’allaient plus. Et il n’était pas question d’en acheter d’autres. Heureusement, ma mère accepta l’idée qu’il me faudrait des shorts neufs pour les vacances. 

La page de l’enfance se tourna lors de ma classe de première. Le professeur de français avait eu l’intelligence de commencer l’année par « L’étranger » d’Albert Camus. La lecture de cette œuvre et de cet auteur me fit réfléchir au sens de la vie, à la destinée et me fit quitter le monde de l’enfance. J’avais compris qu’il me fallait désormais regarder vers l’avenir. 

  

 

23 commentaires »

1 2
  1. Laurent dit :

    Je respecte votre point de vue, malgré une approche toute différente. Comme vous, j’ai toujours eu une forte nostalgie de l’enfance, j’ai mal admis l’adolescence. Mais je n’étais pas candidat pour rester en short et avoir des fessées !
    A l’occasion, je vous raconterai l’histoire d’une fessée que mon frère s’est prise ado. Il a eu bien honte.

    Cordialement

  2. Anita dit :

    Il est dommage que vos textes donnent l’impression de faire l’apologie des punitions corporelles qui, quoi qu’on en dise demeurent des gestes de maltraitance extrêmement graves pouvant laisser d’importantes séquelles.

  3. lambercier dit :

    « Apologie », dites-vous Anita ? Telle n’est pas l’intention de ce blog, assurément. A cet égard, l’introduction est parfaitement excplicite. Ne l’auriez-vous pas lue ?
    Cordialement, Alain

  4. yvan125 dit :

    Non, Cambacérès ne fait pas l’apologie de l’usage du martinet et des fessées. Je crois avoir vécu involontairement ce qu’il a vécu en toute connaissance de cause. Contrairement à Cambacérès, je portais encore des culottes en seconde et en première et je recevais encore des fessées au martinet ou à la main de mes parents et du préfet de discipline dans le lycée privé dirigé par des religieux que je fréquentais.
    J’étais réellement turbulent et indiscipliné dans ces années et il fallait des mains fermes pour me guider. Je n’ai pas détesté ces années culottes courtes et les fessées ont grandement contribué à me faire mûrir et devenir la personnalité que je suis aujourd’hui. Du moins, je l’espère. Un dernier mot sur les culottes courtes: dans les années 40, la majorité des élèves de première en portaient, comme je le vois sur la photo de classe de première de mon père en 1946, alors qu’en 1960,il n’y avait qu’un élève (moi) en culottes courtes et chaussettes montantes au genou sur la photo de classe de première de 1967. La mode pour ados a bien changé ainsi que les méthodes d’éducation. Pour le mieux ou pour le pire?

    • Chris B dit :

      La mode pour les ados est bien.

      C’est seulement la méthode d’éducation qui laisse à désirer. Il n’y a aucun respect des ados envers leurs parents. Il suffit de voir des émissions comme « Tellement vrai », ou autres pou voir cela. De mon temps, si on avait répondu une miette de cela, cela ne serait pas de dire « parle-moi autrement », mais une bonne fessée et privations. Les parents sont ainsi aussi par peur d’être accusés de maltraitance. Dans les forums sur la fessée, beaucoup disent fessée = maltraitance. Or ce n’est pas la même chose, et loin de là.

    • Alexis dit :

      Les remarques ou les témoignages personnels d’Yvan me renvoient à mes propres souvenirs d’interne. C’était bien avant les années 70, une époque où les châtiments corporels étaient encore de règle en matière de discipline et d’éducation. A cette époque-là, les années d’après-guerre, étions-nous conscients, nous les garçons petits ou grands adolescents, du rôle que jouait le port de culottes courtes et ce, particulièrement à l’occasion des corrections, fessées à la main, à la férule ou au martinet ? Uniforme scout, culotte tyrolienne ou autres, nous les portions naturellement en toutes saisons. La mode l’imposait comme aujourd’hui celle du bermuda en été.
      Yvan fait remarquer à juste titre que «l’élément peur de la réprimande et des punitions occupait une trop grande place ». Ceci, c’était avant la correction. Il était aussi un autre élément de même importance : la peur d’être vu ainsi que la honte qui nous écrasaient, moi et d’autres élèves, pensionnaires ou demi-pensionnaires, juste après la correction. Je me souviens des pénibles retours de séances de martinet ou de férule chez le préfet de discipline, cherchant désespérément à remonter nos chaussettes et à rabaisser les bords de notre culotte pour dissimuler le plus possible les marques de martinet sur nos jambes nues, le pire étant l’été avec nos socquettes et sandalettes ! Ce qui nous préoccupait alors, ce n’était pas la brûlre qui irradiait dans nos fesses, mais bien ces marques par trop visibles qui nous désignaient au public. Sans l’ombre d’un doute, un puni venait de recevoir la fessée. Un grand écrivain de langue française Georges-Arthur Goldschmidt dont différents ouvrages évoquent ces mêmes impressions et sentiments avec beaucoup de force.

  5. yvan125 dit :

    J’aime bien la scène de Cambacérès devant le miroir qui se trouve mignon dans ses culottes courtes en seconde. J’ai eu souvent en seconde et en première le même réflexe de regarder mes cuisses et mes jambes bien galbées, blanches et lisses. Je me trouvais aussi mignon. Il faut se rappeler que dans les années 70, les shorts étaient de très bonne confection, mais très courts. Ils révélaient une grande partie des cuisses et des jambes. J’en ai porté jusqu’à la fin de ma première sans trop de peine, car je paraissais être plus jeune de trois ou quatre ans que mon âge. Je suis en grande partie d’accord avec les remarques de Chri B qui sont justes et pertinentes, sauf que dans ce genre d’éducation, on laissait peu de place à l’initiative personnelle et l’élément peur de la réprimande et des punitions occupait une trop grande place. Quand vous pensez qu’à 16 ans et demi, j’étais encore en culottes courtes et que je recevais encore des fessées, cela en dit long sur ce genre d’éducation rigide et traditionnaliste.

  6. yvan125 dit :

    Merci,Alexis, pour avoir souligné la gêne et la honte que nous ressentions après la punition au martinet, au fouet ou à la main sur les cuisses et les jambes nues. Cela devait être souligné à bon droit. C’était une composante essentielle de fessées que nous recevions dans les années 50 J’ai lu l’autobiographie:La traversée des fleuves de George-Arthur Goldsmidt dont vous faites allusion dans votre billet. J’y ai retrouvé, à peine décalé l’atmosphère sulfureuse et malsaine qui reignera dix ans plus tard dans l’internat où j’étudiais.J’ai découvert dans ce récir beaucoup de sadisme et de pulsions sexuelles refoulées de la part d’une femme, Mari-José Lukas qui se plaisait à déculotter les grands garcons pour pouvoir mieux les corriger sur lesfesses et les cuisses nues à des fins disciplinaires etsoit-disant pédagogiques. L’auteur qui est devenu l’un des plus grands traducteurs d’écrivaina allemands en français (en particulier la traduction de Ainsi parlait Zaratoustra) aurait reçu des fessées déculottées jusqu’à 19 ans et même après, des mains de cette femme et des surveillantes de dortoir. Incroyable.Il décrit très bien, bien mieux que je pourrais le faire, les motivations conscientes et inconscientes(à l’aide dela grille freudienne) et la honte introjectée qui l’habitait dans ces années de formation et qui peuvent expliquer cette aberration ou plutôt ce beau gâchis pédagogique. Je ne sais pas s’il a porté des culottes courtes aussi longtemps que moi,mais sa trajectoire éducative ressemble étrangement à la mienne. Je crois que génial et exemplaire, il s’en est mieux tiré que moi. Il faudrait étudier dans les écoles normales son autre bouquin.Le poing dans la bouche.En terminant, je me demande encore à quoi pouvait bien servir toute cette violence physique (les fessées, les marques sur les cuisses) et psychologique (la honte, la stigmatisation) dans le projet éducatif d’un établissement qui se targuait parfois de porter le nom de chrétien.

    • Alexis dit :

      Bonjour Yvan,
      Concernant l’ écrivain Georges-Arthur Goldschmidt, il est vrai que c’est une plume de grand talent qui recouvre aussi bien des essais, des traductions allemand/français que d’émouvants récits autobiographiques relatant ses années de jeunesse et plus précisément les 6 ou 7 années passées dans un pensionnat très strict.
      Il est impossible de se mettre à sa place pour répondre de sa situation , bien entendu. Cependant, j’émettrais une réserve quand vous dites : « J’ai découvert dans ce récit beaucoup de sadisme et de pulsions sexuelles refoulées de la part d’une femme (la directrice du pensionnat), Marie-José Lukas qui se plaisait à déculotter les grands garçons pour pouvoir mieux les corriger sur les fesses et les cuisses nues… »
      De la lecture, j’ai plutôt retenu que l’auteur était reconnaissant à l’égard de cette femme de l’avoir protégé, sinon de lui avoir sauvé la vie, et aussi de l’avoir forcé à étudier sans relâche de sorte qu’il puisse exprimer tout le potentiel intellectuel qu’elle avait dû deviner en lui. Voir dans cette personne une sadique tourmentée par des pulsions sexuelles ne serait-il pas exagéré ? Enfin, il ne donne pas l’impression d’avoir été enfermé dans une maison de correction ni dans cette espèce d’orphelinat irlandais où de pauvres enfants, sous la tyrannie de véritables malades, étaient soumis à de véritables sévices et autres abominables humiliations.
      En se remettant dans le contexte, les années noires de la guerre, on peut comprendre l’attitude de fermeté et les exigences de pédagogue d’une directrice dont la finalité est la réussite de ses élèves. Comment une femme, et seule de surcroît, pouvait-elle diriger un internat de garçons de 12 à 18 et même 19 ans – périodes d’âges pénibles s’il en est – autrement que par une poigne de fer ? Au fond, ne reprenait-elle pas à son compte des méthodes disciplinaires telles qu’elles étaient mises en application ailleurs dans d’autres établissements comme le vôtre, la fessée ou le fouet – et le cachot – en étant le pivot majeur ?
      Bref, je ne crois pas avoir lu chez cet auteur une quelconque plainte ou récrimination contre cette femme à qui il devait beaucoup. Et je reste persuadé qu’elle croyait dans le bien-fondé de sa pédagogie. Mais ceci est ma grille de lecture et je puis comprendre, cher Yvan, que votre propre expérience vous amène à ressentir tout autrement.
      Bien à vous

  7. yvan125 dit :

    Bonjour Alexis,
    J’ai bien relu votre réponse et relu aussi certains passages de la Traversée des fleuves qui justifiaient mes assertions souvent péremptoires. Je dois dire par probité intellectuelle, que vous avez partiellement raison sur certains points: l’auteur écrit, par exemple, en toutes lettres, qu’il lui (la directice) est reconnaissant de l’avoir protégé et de lui avoir sauvé la vie ainsi qu’à son frère. Il est aussi tout à fait juste comme vous l’écrivez« qu’elle l’a forcé à étudier sans relâche de sorte qu’il puisse exprimer tout le potentiel intellectuel qu’elle avait dû deviner en lui.» Elle lui dit un jour:«vous faites semblant d’être bête pour n’avoir pas à travailler, mais moi, je vais vous mater et faire de vous un bon élève, votre cousine m’a autorisée à employer pour cela tous les moyens que je jugerai bons.» Fort bien, je vous le concède, mais l’auteur n’en souligne pas moins le refoulement de cette Marie José Lucas, « cette petite femme boulotte avec un regard intense et des cheveux noirs… mais comme beaucoup de demoiselle d’un certain âge de ce temps-là, en charge de jeunes gens, ells ne parvenaient pas à satisfaire ses désirs corporels inassouvis qu’en donnant avec force ceremonies et rites la fessée à des adolescents, ce dont elle ne se privait pas…Cela se déroulait selon un long rituel soigneusement réglé, à l’instar d’une veritable cérémonie. Ce refoulement de pulsions sexuelles inassouvis s’exprime la plupart du temps par un comportement sadique auquel répond en contrepartie un comportement masochiste. L’auteur le confirme lui-même:«Je fus à cet égard, de seize à 18 ans(!) bien des vendredis, sa proie rêvée et complice, je me délectais des punitions innombrables et diverses qu’elle ne cessait de faire subir. Cette femme n’était pourtant pas sans mérite. Directrice d’établissement èa l’époque de la guerre, liée au colonel de la Roque, le fondateur de la Croix-de-Feu, elle fut dès le début de la résistance, et c’est à elle que G-A Goldschmitd et son frère doivent d’être en vie.

    Vous tentez aussi une mise en contexte qui me fait sourciller. Comment avaliser et légitimer l’usage de ces méthodes disciplinaires, comme la fessée, le fouet ou même le cachot dans un établissement d’enseignement? Sachez que l’on peut être ferme avec des adolescents sans avoir à recourir à la violence éducative et le recours à ces methods déshonorent ceux et celles qui s’en servent.

    Voilà,j’aurais encore beaucoup à dire sur l’atmosphère qui règnait dans ce Collège de Florimontane et sur les relations entre les élèves les enseignants, les surveillants et surveillantes Ce n’est guère réjouissant.Le sexe pourtant réprimé avec tant de force semblait suinter de partout et empester toute l’atmosphère.

    De toute façon, je tenais,à la suite de votre réponse, à nuancer mes jugements à l’emporte-pièce et mes partis-pris qui risqueraient de donner une fausse idée de cette admirable autobiographie.

  8. Alexis dit :

    Mon cher Yvan,
    Concernant ma tentative de mise en contexte que je vous propose au sujet de l’écrivain Georges-Arthur Goldschmidt lors de ses années de pensionnat, je ne propose nullement de légitimer ni d’avaliser l’usage des châtiments corporels pour les ériger en système pédagogique souverain dans l’enseignement. Il s’agit simplement de mettre en situation et en lumière je l’espère, la relation entre une directrice qui a charge « charge d’âmes » et doit rendre compte de sa mission et les contraintes morales et matérielles imposées en ces périodes d’instabilité et de dénuement. En outre, il est probable que ses propres pensionnaires devaient la respecter non seulement en tant que directrice mais aussi en tant que mère de substitution.
    Concernant l’usage des châtiments corporels, vous exprimez un jugement de valeur assorti d’une condamnation sans appel de ceux et celles qui y recourent. Ce qui laisse supposer que, dans votre cheminement personnel, ce mode d’éducation au martinet qui, avec le port tardif de culottes courtes à l’âge ou vos camarades portaient des pantalons, vous a laissé des meurtrissures. Or dans et entre les lignes de Georges-Artur G… je ne sache pas qu’il les condamne.
    Lui-même cite, entre autres cas, celui de camarades que leurs gouvernantes pouvaient fouetter à leur convenance. Dans d’autre ouvrages évoquant ses souvenirs de prime jeunesse en Allemagne, il dit le trouble que provoquait en lui la vue, au bas de leur culotte courte, de marques fraîches et tangibles du fouet ou de la badine sur la peau nue des cuisses de grands adolescents. Pour autant, ce trouble ne peut pas non plus être généralisé à celles et ceux qui ont connu une « éducation au martinet ».
    Enfin, – je vous cite – concernant «l’atmosphère qui régnait dans ce Collège de Florimontane », êtes-vous certain que « le sexe pourtant réprimé avec tant de force semblait suinter de partout et empester toute l’atmosphère » ? Pour ma part, je n’ai rien trouvé de tel dans ses souvenirs, tout en sachant que la posture du déni en matière de sexualité – qu’elle soit hétéro ou homosexuelle – est l’une des constantes de notre culture d’Occidentaux (et d’autres cultures encore plus réfractaires, cela va de soi !)
    Vous disiez vous-même : « Je n’ai pas détesté ces années culottes courtes et les fessées ont grandement contribué à me faire mûrir et devenir la personnalité que je suis aujourd’hui. » Et ailleurs, vous dites également : « mais je suis loin de condamner les parents qui légitimement recourent encore aux châtiments corporels pour se faire obéir. »
    Y aurait-il contradiction ?
    Ce qui serait intéressant, mon cher Yvan, c’est que vous nous donniez un aperçu de vos sentiments et de votre point de vue à travers votre expérience, car il ne fait aucun doute que l’éducation stricte que vous avez reçue dans votre jeunesse – en famille comme au collège – n’a pas manqué d’orienter votre perception des choses de ce monde.

  9. yvan125 dit :

    Mon cher Alexis,

    Merci de votre réponse si respectueuse et si pleine de tact. Je vous en remercie de tout coeur. Je voudrais souligner de prime abord que je ne suis pas, mais pas du tout antipathique à cet internat, comme vous le verrez plus loin, j’ai été pour la plus grande partie de ma vie éduqué dans un milieu aussi répressif. Ancien professeur de langues anciennes,de latin et de grec ancien auquel viendra s’ajouter plus tard l’enseignement de l’hébreu biblique, j’ai été surpris de lire que la directrice Marie José Lucas était professeur de latin. À cet époque de la guerre comme il le sera dix ans plus tard, ce type d’enseignement classique était associé aux curés, à la bourgeoisie et à la droite traditionnelle française(Maurras,Léon Daudetet cie) Ce n’était pas pour me la rendre plus sympathique. Vous parlez, Alexis,de «charge d’âmes». Comme vous le savez, ce terme était surtout employé dans les milieux catholiques. Or je n’ai pas perçu cette atmosphère catholique dans ce collège de garcons. L’auteur nous parle seulement d’une rencontre qu’il a eue avec un ministre de l’Église réformée et de son ambiguité vis-à-vis de sa foi ou de sa croyance en Dieu. J’en déduis que la religion catholique ou protestante n’occupait pas une trop grande place dans ce collège.

    Quant à la sexualité, c’est une toute autre histoire. Auriez-vous, Alexis, fait l’impasse sur les passages où G-A Goldschmidt nous raconte la peur panique que l’on avait de la masturbation chez ces garcons,surla surveillance de tous les instants que l’on exerçait à cet égard et les ruses de sioux que l’on employait pour débusquer ou traquer les coupables: le matin, examen des draps pour y découvrir du sperme, le soir, le guêt constant des surveillants ou des surveillantes qui faisaient semblant de fermer les portes du dortoir à l’extinction des feux, pour mieux piéger les coupables par les bruits et les soupirs de soulagement qu’ils entendaient. Ils allaient jusqu’à soulever les couvetures des élèves coupables pour les faire descendre chez la directrice qui le lendemain leur administrait une sévère correction. Avez-vous oublié cette scène où une surveillante pèse les garcons flambant nus et la directice qui écrit les mensurations avec une vue directe surle pénis et les fesses des élèves ou cet autre scène au dortoir où les garcons en profitent pour se déculotter et monter les marques ou les zébrures des dernières corrections de la directice ou des surveillants ou surveillantes.Ailleurs, l’auteur laisse entendre que des élèves, y compris lui, avaient des comportements bien étranges avec des professeurs: ils faisaient ou se faisaient faire des fellations. Les garcons se faisaient aussi ensemble des fellations etl’auteur était souvent le souffre-douleur des autres pensionnaires. Un jour, un professeur a été congédié pour cause de moralité et l’auteur d’écrire que ce n’était pas le bon, qu’il y en avait bien d’autres, qu’est-ce à dire!, qui faisaient bien pire que lui. Est-ce assez pour vous convaincre que la sexualitè réprimée et trouble des jeunes garçons de cet établissement suintait la sexualité malsaine de toutes parts,de la directice jusqu’aux élèves en passant par le « cheap labour»,les surveillants ou surveillantes. Voilà pourquoi ne suis pas si sûr, contrairement à ce que vous affirmez gratuitement, que les élèves respectaient Marie José Lucas comme directrice et comme «mère de substitution» Ouais, comme dirait l’autre,comme directrice et comme mere,on pouvait avoir mieux, Malgré les rigueurs et les privations de la guerre ça ne devait pas être très jojo de vivre et d’étudier dans un établissement qui hébergeaient tant de gens tares. L’auteur, c’est significatif ne cite même pas un professeur remarquable par sa science ou sa personalité,«insignis» en latin de Cicéron.

    Vous dites que G.A. Goldschmidt ne condamne pas les châtiments corporels. Il n’avait pas à le faire; ce n’est pas un philosophe ni un moraliste, c’est un très grand écrivain qui veut faire oeuvre d’art et qui fouille sa mémoire pour retrouver le goût de ces punitions, fellations obligatoires et flagellations, répétives, retrouver le sentiment confus pris à ces sévices. Il est clair que l’auteur sous peine de se renier lui-même et de fausser l’esprit de son oeuvre doit admettre malgré les hauts-cris des bonnes âmes qu’il a pris pris plaisir à ces châtiments corporels et vous avez bien fait de citer une expérience antérieure qu’il a connue lorsqu’il vivait en Allemagne:«marques fraîches de badine, de fouet au bas de la culotte courte, sur la peau nue des cuisses de grands adolescents.» et quile préparait à vivre l’expérience de Florimontane. J’ai d’ailleurs éprouvé dans mon enfance et mon adolescence une impression semblable,aussi vive,.

    Je dois éclaicir en terminant la contradiction que vous avez cru déceler dans mes propos présents et passés. La contradiction, en fait, n’est qu’apparente, Comme vous l’avez deviné, je ne suis pas né de la dernière pluie, je suis une douzaine d’années plus jeune que l’auteur.J’ai été élevé dans une famille catholique traditionnelle et fait des études supérieures afin de devenir professeur de langues anciennes latin ,grec et plus tard d’hébreu biblique. Je vous expliquerai plus tard. si vous le désirez, pourquoije tiens ces deux propositions contradictoires comme les deux pôles de ma conception éducative. Je dois vous dire que les culottes courtes constituent pour moi des objets fétiches, une obsession qui m’a poursuivi durant toute ma vie d’adulte, Je dois aussi ajouter que la fessée me fascine et me révulse à la fois. Aller comprendre ces contradictions! C,est bien compliqué, mais ça s’explique.Vous avez bien raison de dire que l’éducation stricte que j’ai recue «n’a pas manqué d’orienter ma perception du monde» et le fait d’avoir été forcé de porter des culottes courtes jusqu’à 18 ans passés a laissé des meurtrissures dans mon âme et mon coeur.

    • Alexis dit :

      Bonjour Yvan,
      Vous dites : Quant à la sexualité, « c’est une toute autre histoire ». Je vous l’accorde. Alors ne nous racontons pas d’histoires, mon cher Yvan. Vous savez comme moi que la sexualité est la chose la plus mystérieuse, inquiétante, réjouissante, fascinante, incompréhensible… donnée en partage à tous les êtres vivants de ce monde. Elle mobilise aussi chez l’humain un double et contradictoire pouvoir d’attraction et de répulsion qui échappe à son entendement et peut engendrer, en effet, de la «peur panique » d’où l’obsession de la part du personnel de ce pensionnat de la masturbation coupable chez les adolescents placés sous leur surveillance.
      Le sexe, c’est dérangeant et dégoûtant chez l’Autre, et pire quand on ne se met pas à le haïr chez soi et à s’accuser de toutes les perversions tant on se sent coupable de ses désirs « impurs ». D’où, en ce moment dans nos sociétés après l’avoir libérée, le désir revanchard de certains éléments de réprimer les pulsions, d’enfermer la sexualité, d’en expurger les « miasmes nauséabonds » des arts et des lettres.
      Tous ces « Big Brothers et Big Sisters » en sont arrivés à traiter ceux qui le manifestent librement de dangereux délinquants sexuels en puissance qu’il faut punir. Tel est le sens de la dictature de ces ligues de vertu parées de féminisme, mais aussi de leur imposture foncièrement perverse, qui vont jusqu’à subvertir la psychanalyse pour guérir ces hommes dangereux frappés par cette maladie honteuse – lire en langage puritain « de leurs mauvais penchants ».
      Pour ma part, je ne tiens pas à circonscrire l’œuvre de Georges-Arthur Goldschmidt à la seule description des épanchements de la sexualité dans son pensionnat; ce serait réduire la singularité de l’écriture et la puissance émotionnelle des évocations d’une autobiographie à un banal roman érotique. Cependant, je n’affirme rien d’autre que ce qui se passait cet « internat », donc un milieu clos sur lui-même par excellence, n’avait rien d’étonnant quand on connaît l’éruption effrénée de sève qui jaillit dans les corps et les esprits à ce âges de l’adolescence, masturbation solitaire ou à entre-aide à deux, fellations, étreintes diverses… et où le désir de fessée à donner ou recevoir, même quand ça fait mal, joint au désir d’exhibition ou d’exposition honteuse, peut également prendre mystérieusement part comme le démontre notre auteur.
      C’est pourquoi je m’abstiens de taxer cette ambiance de malsaine « cet établissement suintait la sexualité malsaine de toutes parts… » et peuplé « de gens tarés ». En revanche, je vous rejoindrais volontiers sur ce terrain si l’on mettait en cause non pas les débordements qu’elle engendre mais bel et bien la répression de la sexualité. Et je reviens à vous avec deux interrogations : les deux pôles de votre conception éducative et en filigrane, la fascination et la répulsion que vous éprouvez à la fois pour la fessée révulse à la fois et probablement en lien avec les culottes courtes. Comme tant d’autres vêtements tels la petite culotte, les bas… mais aussi des sensations olfactives ou tactiles, etc. la culotte courte peut, on le sait, constituer un objet fétiche jouant le rôle de support érotique. Il serait intéressant de nous apprendre comme l’a fait Cambacérès, de quelle équation – fessée, culotte courte et éducation stricte jusqu’à un âge tardif – est née une orientation érotique qui vous « a laissé des meurtrissures dans mon âme et mon cœur » et

  10. yvan125 dit :

    Mon très cher Alexis,

    Je suis à plancher sur votre dernier message avac lequel je suis globalement d’accord, mais j’ai un gros problème. Je ne comprends pas très bien les énoncés des deux questions que vous me posez. Comme je voudrais vous répondre d’une façon precise et juste, je voudrais m’assurer de bien répondre àa vos preoccupations à mon égard. Aussi vous saurais-je gré de bien vouloir énoncer plus clairement ces deux questions avec des sous-questions, si nécessaire. J’aimerais, comme vous l’indiquez, que l’on invite Cambacérès à intervenir dans notre discussion, car je crois qu’il aura des choses intéressantes à dire sur les sujets qui nous touchent, d’autant plus que si j’en juge par ses contributions,l’éducation que j’ai reçue s’inscrit dans le droit fil de la sienne. Soyez assuré, cher Alexis, que je vous répondrai, aussitôt que je serai fixé sur le libellé et le sens de vos questions. Merci. À bientôt

    • Alexis dit :

      Mon cher Yvan,
      Vous avez raison : les énoncés de mes deux questions ne sont pas clairs. En les relisant, je tombe sur des répétitions de mots non effacées et une fin de conclusion tronquée, le message étant parti à mon insu.
      Pour être clair, ma 1ère question se relie à l’une de vos phrases présentant votre conception éducative : «… pourquoi je tiens ces deux propositions contradictoires comme les deux pôles de ma conception éducative ».
      La 2e question a trait au paradoxe que continue de susciter en vous le mode d’éducation traditionnel que vous avez connu chez vous et au collège dans votre jeunesse : à la fois « fascination ET répulsion ». (Si j’ai bien compris, les châtiments corporels qui, associés au port forcé des culottes courtes et prolongés jusqu’à un âge tardif, vous maintenait en permanence dans la condition enfantine ?). Je complète ma phrase laissée en suspens précédemment et ma question : cette éducation stricte qui vous « a laissé des meurtrissures dans mon âme et mon cœur » ne vous a-t-elle pas également comblé de jouissances sensuelles et morales en contrepartie ?
      Cambacérès nous donne une idée claire de l’éducation qu’il avait reçue en son temps. Pourquoi ne pas nous donner, à la façon de Cambacérès, quelques aperçus concrets de ce mode d’éducation ? En essayant de restituer non seulement les impressions qu’une correction pouvait déclencher sur le moment, mais aussi le sentiment qui, avec le temps au fur et à mesure de votre avancée en âge, s’installait durablement en vous, dans votre « for intérieur » et qui demeure le vôtre à l’heure actuelle, la contradiction dont vous parlez apparaîtrait d’elle -même avec évidence sans le secours d’une explication savante.
      Si j’ai bien compris également, vous êtes l’auteur de « Punition publique en shorts à 19 ans ». Je trouve dans ce récit l’exemple d’une « cuissée », le mot par lequel vous expliquez à Cambacérès cette façon de vous punir, c’est-à-dire, une avalanche de fortes claques sur vos cuisses nues de la main même de votre père en plein magasin. Alors, puis-je espérer un nouveau témoignage à venir ?
      Sincèrement,
      Alexis

1 2

Flux RSS des commentaires de cet article.

Répondre à yvan125 Annuler la réponse.

 

ldelange |
LE MAITRE DE VOS REVES .SM |
✽✽✽TEENS ✽✽✽ |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | unpas2plus
| Le bogoss
| momo1775