La fessée appliquée

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Une méthode d’éducation dans les « sixties » 1ère part.

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par Cambaceres – 1ère partie

1 – Une éducation au martinet . 2 – L’apparition du martinet. 3 – L’achat du martinet. 4 – Première expérience. 5 – Un martinet efficace. 6 – De nouvelles règles. 7 – Des cuisses au frais pour l’hiver. 8 – Une droguiste curieuse

Une éducation au martinet 

Mon éducation, ce fut ce qu’on a coutume d’appeler “les sixties”, et elle n’avait rien à voir avec celle d’aujourd’hui. Il fallait obéir aux parents sans discuter, soigner sa tenue, son langage, respecter les horaires, et bien sûr travailler correctement en classe. Il n’était pas question de contester un ordre ni une punition. Les adultes, alors, n’hésitaient pas à corriger les enfants. C’était la claque qui tombait sur les fesses, sur les cuisses, et parfois sur la joue aussi. A l’époque, le martinet régnait encore en maître et inspirait la terreur à pas mal d’enfants. On en trouvait dans les drogueries de quartier, chez les marchands de jouets, et ce n’était pas fait pour les chiens ! Les parents d’alors ne risquaient pas de se faire traiter de “bourreaux d’enfants” s’ils leur flanquaient une correction. Au contraire, on les félicitait plutôt. Si un enfant rentrait de l’école avec une punition, une autre l’attendait à la maison, parfois bien plus douloureuse. Si un enfant prenait une claque en classe, il ne s’en vantait pas au risque d’en recevoir une autre de ses parents. J’ai essentiellement été élevé par ma mère seule. J’étais son fils unique chéri ! Mais malgré l’affection réelle et débordante parfois, elle savait se faire obéir et elle sévissait quand elle le jugeait bon. Je n’ai pas le souvenir de fessées déculottées comme celle de Michael mais de petites claques sur le fond de la culotte. Mais à cette époque la plupart des jeunes garçons portaient des culottes courtes jusqu’à 13/14 ans, voire plus. Ma mère avait rapidement trouvé que c’était un vêtement pratique. Je jouais souvent par terre et usais mes pantalons (ma mère les appelait “culottes longues”) aux genoux. Aussi la culotte courte ou le short s’imposèrent très vite.
Mes cuisses étaient alors dégagées et s’offraient à de bonnes claques quand il le fallait. A l’école primaire, j’avais été surpris et marqué par la fessée déculottée que donna la maîtresse à un camarade. Elle avait prestement baissé sa culotte et son slip. Ses fesses blanches s’offrirent à notre regard et rapidement elles virèrent au rouge sous la main experte de l’institutrice. D’ailleurs elle n’hésitait pas à vanter les mérites de la fessée ou du martinet auprès des parents, elle-même ayant trois ou quatre enfants et en usant souvent. Certes ce garçon était assez turbulent et ma mère trouva que c’était mérité quand je lui eus raconté l’incident. Pourtant elle n’était alors guère favorable au martinet, qu’elle n’avait pas connu enfant ; elle considérait que sa main suffisait. D’ailleurs je n’étais corrigé qu’occasionnellement. Elle reconnaissait que j’étais dans l’ensemble un garçon plutôt sage, obéissant, et en plus je travaillais assez bien à l’école. Je fus impressionné aussi par un petit camarade, très gentil, qui un jour arriva à l’école avec les cuisses marquées par les lanières d’un martinet. Ses parents avaient cédé aux recommandations de l’enseignante, avait fait l’achat d’un martinet et à la première occasion s’en étaient servi. Fort heureusement, j’étais à l’abri de ce genre “d’accident” pensais-je alors. Ceci resta vrai pour toute ma scolarité primaire. Mais tout changea en secondaire !

L’apparition du martinet 

Par rapport aux copains du quartier et pas mal de camarades de classe, j’étais un peu une exception : il n’y avait pas de martinet à la maison. Ce n’est pas qu’il servait beaucoup chez eux, mais les parents l’avaient sous la main et l’employaient plus ou moins selon les enfants. Je devais avoir 9 ou 10 ans quand un jour la mère d’un copain apparut sur le seuil de sa porte martinet à la main et appela vertement son fils. Il nous quitta tout penaud, la tête basse sachant ce qui l’attendait pour un motif que nous ignorions. le gamin à peine à portée de main, elle l’attrapa sans ménagement de la main gauche et, de la droite, entreprit de le faire entrer chez lui en lui cinglant les cuisses nues avec les lanières. Tout de suite il cria ! Et la porte à peine refermée, on l’entendit hurler de plus belle. Ce jour-là, je me suis dis que je n’aurais pas aimé être à sa place. Je me suis alors vraiment demandé si ça faisait vraiment si mal que ça le martinet sur les cuisses, si on criait autant que ça ou alors si on exagérait un peu pour attendrir. Le lendemain, je le vis avec de fines zébrures qui lui striaient les cuisses, et je me suis dis que je n’aurais pas aimé qu’on me vît avec ce genre de traces, signe de la honte d’avoir été corrigé. Bon élève en primaire, j’intégrai une 6° classique à la rentrée. J’avais 10 ans. Tout alors changea ! J’eus du mal à me faire à cette multiplicité de professeurs, à cette nouvelle façon de travailler et mes notes s’en ressentirent; Je fus puni par ma mère et parfois même corrigé à la main sur les cuisses. Mais ma mère tomba malade, une sorte de dépression, et cela n’arrangea pas mon travail scolaire. Moins contrôlé et moins puni, mes notes restaient assez moyennes, voire médiocres dans certaines matières. Finalement on conseilla à ma mère, vu mon jeune âge, de me faire doubler cette classe de 6°. Cela ne l’enchanta guère mais elle fit contre mauvaise fortune et accepta. Cependant j’étais prévenu : elle se montrerait plus stricte dans le contrôle de mon travail scolaire et plus sévère pour les punitions. Après avoir pris conseil avec des collègues de travail, elle avait décidé que désormais les punitions s’effectueraient à coups de martinet sur les cuisses nues et que pour faciliter l’application des lanières, je ne porterai durant toute cette année de redoublement que des culottes courtes.

    

L’achat du martinet 

Ma mère, remise de sa maladie, prit vite les choses en main. Averti durant les vacances, je savais à quoi m’attendre pour la rentrée. Nous reprenions à l’époque à la mi-septembre. C’est durant cette quinzaine que tout le dispositif pour l’année scolaire fut mis en place. Cela commença par les culottes courtes qui devenaient un “accessoire éducatif”. Ma mère me fit essayer la totalité des culottes de mon armoire, y compris les pantalons. Elle écarta celles qui étaient trop usées ou qui ne m’allaient plus. Elle retint celles qui convenaient encore et en vérifia la longueur, promettant de faire raccourcir celles jugées encore trop “longues”. Trois culottes courtes neuves furent achetées dans un magasin spécialisé. Elle choisit les modèles les plus courts dégageant les cuisses au moins aux 2/3, en tergal ou en velours, et écartant les mi-cuisses jugées trop protectrices des cuisses. Elle ne faisait pas mystère que l’achat de ces modèles faciliterait l’application future du martinet. Pour le reste, une amie couturière raccourcit les culottes trop “longues” et transforma les pantalons en culottes fort courtes. L’achat du martinet se déroula peu avant la rentrée dans la droguerie du quartier où nous avions nos habitudes. La vieille fille qui la tenait nous connaissait. Des martinets pendaient en touffes sur le côté du comptoir. Dès que ma mère lui eut demandé ce que nous venions chercher, un sourire s’afficha sur le visage de la marchande. Elle répondit que c’était une bonne décision et elle s’étonna même qu’élevant un garçon seule, ma mère  n’y ait pas songé plus tôt. Elle nous informa qu’elle en vendait assez bien et que contrairement aux idées reçues, c’étaient les parents d’enfants uniques qui s’en servaient le plus souvent quand ils en possédaient un. Ma mère lui expliqua le motif de l’achat. La marchande en sortit deux de deux touffes. L’un avaient des lanières plates, courtes et larges ; l’autre des lanières plus longues, carrées et plus minces. Elle conseilla le second s’il fallait me “stimuler de manière persuasive”. Ma mère suivit son conseil. La marchande lui expliqua que l’efficacité d’un martinet dépendait de la certitude de le recevoir, qu’il fallait donc des règles précises qui en cas de non respect entraînaient l’application automatique du martinet. Ma mère en prit bonne note. La marchande me tendit le martinet en précisant :”tiens mon garçon, prends-le ; après tout, c’est toi qui vas en profiter.”A la maison, ma mère le suspendit dans le salon, à une patère entre un chausse-pied et une brosse à vêtements. Le décor était planté.

 

Première expérience
Assise sur le canapé du salon, ma mère me prit sur ses genoux et pointa un doigt vers le martinet dont les lanières pendaient, semblant me défier. Tout enserrant contre elle, ma mère me chuchota à l’oreille :

« Tu as intérêt à ramener de bonnes notes sinon tes belles cuisses connaîtront le goût des lanières. »

Et joignant le geste à la parole, elle donna une petite claque sur la cuisse droite. Elle m’avertit qu’elle s’en servirait pour toute note inférieure à la moyenne. Comme je redoublais, je devais absolument me montrer à la hauteur ; cela me procurait un avantage sur d’autres, et je n’aurais donc aucune excuse. Et elle me précisa qu’il n’y aurait aucune exception à cette règle. Elle suivait donc bien les conseils de la droguiste. Franchement, ça ne me choquait pas que ma mère eut acheté un martinet. Je pensais l’avoir effectivement mérité. Après tout, comme beaucoup de copains et de camarades le connaissaient déjà, j’estimais cela plutôt banal. Seulement ma vision du martinet avait forcément changé. Avant, cet objet éducatif laissait en moi un mélange de crainte et de curiosité mais où quand même dominait la curiosité puisque j’en étais épargné et que c’était les autres qui en faisaient l’expérience apparemment douloureuse. Mais maintenant le martinet était bien là, accroché bien en vue au salon, avec ses lanières semblant me dire : « nous t’attendons ». Ce n’était plus une hypothèse ni une menace mais une promesse. Un jeudi, seul à la maison, je décidai de franchir le pas. Je pris le martinet dans le salon et fit virevolter les lanières dans l’air, comme l’avait fait la marchande devant ma mère et moi ; elles sifflaient drôlement. « Bigre ! » me dis-je ça doit être autre chose que de simples claques sur les cuisses ! ». Puis timidement, d’un mouvement de la main vers la gauche, je fis claquer les lanières sur mes cuisses ; ça piqua un peu. Je mis plus de force dans mon poignet, et là ça claqua bien plus fort, ça brûla davantage. J’arrêtai là l’expérience. Oui ! ça faisait plus mal qu’à la main. Dès le premier bulletin, un 8/20 en dictée me valut ma première punition au martinet. Je ne protestai pas ; c’était ce qui était prévu. Ma mère me fit mettre debout mains sur la tête, jambes légèrement écartées, buste droit. Puis elle commença la fouettée. Dès le premier coup un “aïe!” sortit de ma bouche. J’essayai de me retenir mais avec la succession des coups, de petits cris se firent encore entendre. Je commençai à gigoter sur place et au bout d’un moment mes mains quittèrent ma tête pour tenter de protéger mes cuisses. Ma mère stoppa, attendit quelques secondes et me demanda de reprendre la position. La fouettée reprit de plus belle. Je serrai les dents mais gémis quand même. Mes cuisses me brûlaient vraiment et des larmes coulaient sur mes joues. Ma mère, jugeant que cela suffisait, arrêta enfin. Elle me fit mettre à genoux mains sur la tête buste droit, le temps de me calmer et que la cuisson s’estompa. Cela dura un quart d’heure. Puis ma mère sur ses genoux, sécha mes larmes et me frictionna doucement les cuisses pour en atténuer le feu. Elle m’embrassa et me dit : 

« Tu vois ce que ça fait le martinet sur les cuisses nues ; alors travaille mieux afin qu’il ne serve trop souvent. »

Quelques traces rougeâtres striaient mes cuisses mais le lendemain matin elles avaient presque disparu. Cette première expérience avait été bien « cuisante » et je n’avais aucune envie que cela se renouvelât de si tôt. 

Un martinet efficace
Pendu bien en vue au salon, le martinet me faisait réfléchir, surtout après cette première expérience. Seul il m’arrivait de venir dans le salon pour lire, travailler ou regarder la télévision. Lorsque je révisais mes leçons ou que j’effectuais mes exercices, j’avais donc le martinet continuellement sous les yeux et c’était très dissuasif si la paresse me tentait. En l’observant, je me disais en moi-même :

 « Voilà un objet dont la seule utilité à la maison est de servir à te corriger si tu n’as pas de bonnes notes en classe. »

Et un frisson me parcourait l’échine car ça laissait une drôle d’impression. Chaque soir, ma mère me préparait mes vêtements pour le lendemain, et irrémédiablement je devais enfiler une culotte courte mettant bien mes cuisses en valeur et éventuellement laissant apparaître les traces d’une récente correction. J’avais beau tirer au maximum sur le bas de la culotte courte, je n’arrivais pas à l’allonger. Et inutile de fouiller dans mon armoire, je n’y trouvais que d’autres culottes aussi courtes les unes que les autres. Plus aucun pantalon !

Lors de l’achat du martinet, la droguiste s’était montrée ravie quand ma mère lui eut expliqué qu’elle comptait l’employer exclusivement sur mes cuisses nues.

« Vous avez bien raison ! Des parents s’évertuent à déculotter leurs gamins alors que c’est justement sur les cuisses que le martinet fait le plus mal. »

Ma mère l’ignorait mais cela la confortait dans son mode d’emploi. Le carnet de notes tombait chaque semaine. Mes notes s’amélioraient mais il était rare qu’il n’en eut pas une sous la moyenne, en maths ou en sciences notamment. Aussi le martinet était-il appliqué automatiquement. J’apprenais à serrer les dents, à ne pas trop gesticuler sous la morsure des lanières, ce qui n’était pas évident.

Avec le temps, ma mère apprenait à le manier efficacement. Elle prenait son temps, espaçait bien les coups, faisaient en sorte que les lanières s’enroulent autour des cuisses ; de cette façon, chaque coup était bien senti et ses effets s’estompaient avant que le suivant ne tombe. Et après chaque punition, c’était le même rituel : un quart d’heure à genoux au coin les mains sur la tête, puis ma mère me prenait près d’elle sur le canapé et me consolait. Fort heureusement ce bulletin hebdomadaire tombait le samedi. Il arrivait que des traces furent encore visibles le lendemain, pour la messe par exemple, mais le lundi matin pour le retour en classe, la plupart du temps elles avaient disparu. A ce rythme de presque une correction chaque semaine, je fis de réels progrès. Je terminai le premier trimestre avec 13,5/20 de moyenne, bien au-dessus de celle de l’année précédente, et les professeurs notèrent que le redoublement semblait bénéfique. Ma mère en fut ravie ! Bien entendu elle mit ces progrès sur le fait que j’avais réellement mieux travailler, mais aussi sur le compte des bons offices du martinet qui avait ainsi fait la preuve de son efficacité. Aussi il n’était pas question de l’abandonner, bien au contraire !

De nouvelles règles
Satisfaite du résultat obtenu grâce au martinet, ma mère invita l’une de ses collègues pour en discuter lors des vacances de Noël. Celle-ci,  plus âgée que ma mère, avait trois enfants devenus adultes. Elle les avait éduqués à l’aide du martinet, y compris pour leur travail scolaire, et trouvait que cela avait été très efficace ; c’est elle l’avait recommandé à ma mère. Elle se montra fort contente de pouvoir en discuter avec ma mère en ma présence. Ma mère lui présenta mon bulletin trimestriel. La dame en apprécia les progrès réalisés et les commentaires des enseignants mais trouva que c’était somme toute normal du fait que je redoublais ma 6ème. Elle me demanda si le martinet m’avait vraiment incité à mieux travailler. Je fus forcé de dire « oui » puisque c’était bien la réalité.

« Cela prouve que tu es fort capable mais qu’avant tu ne t’en donnais pas la peine » me dit-elle.

Elle demanda à ma mère à partir de quelle note elle appliquait le martinet. Quand elle sut que c’était pour toute note sous la moyenne, elle trouva qu’elle avait été bien « indulgente ». Comme je redoublais, elle devait exiger plus que la moyenne ; 12/20 était pour elle un minimum.

« Puisqu’il a prouvé qu’il était capable de travailler nettement mieux, le martinet devrait l’inciter à progresser encore. »

Et elle trouvait qu’il serait bon de mettre en place un véritable barème de corrections en fonction des résultats scolaires. Sans doute que l’idée fit son chemin dans l’esprit de ma mère car avant la reprise de janvier, elle m’informa de nouvelles règles. Tout d’abord, suivant les conseils de sa collègue, elle fixa à 12/20 la note minimale sous laquelle il était interdit de descendre pour les devoirs, sous peine de martinet, et à 7/10 pour les leçons. Ensuite elle m’indiqua qu’elle avait établi un barème de correction où en fonction de la note insuffisante correspondrait un nombre de coups de martinet en fonction de l’importance de la matière, soit autant de coups que de points en-dessous de la note minimale multiplié par le coefficient de la matière. Ce barème s’établissait ainsi :

- coeff. 3 : français, maths, allemand- coeff. 2 : latin, histoire-géo, sciences nat.
- coeff. 1 : les autres matières;

Avec un tel système, j’avais intérêt à travailler de mon mieux, à améliorer encore mes notes si je ne voulais pas goûter davantage au martinet, surtout que j’allais passer l’hiver entièrement en culotte courte.   

Des cuisses au frais pour l’hiver 

 Ma mère avait décidé que je passerais l’hiver en culottes courtes. Pour cela elle avait choisi spécialement celles en velours. J’en possédais trois : une grise, une bleu marine, une beige, que je mettais alternativement pour aller en classe. Par contre pour le dimanche, c’était toujours la culotte courte en tergal gris clair qui ne dépassait pas du bas du blazer. Hormis mes cuisses laissées nues aux 2/3, hiver oblige, j’avais quand même droit à des chaussettes montantes jusqu’au-dessous des genoux, des pullovers à col roulé, des gants, et même un bonnet. Ce fut donc en culotte courte que je repris les cours en janvier. Certes le temps était froid mais pas glacial ; ça ne mordait pas mes cuisses. Et surprise, je n’étais pas le seul en culotte courte. Les « mamans culottes courtes » avaient encore frappé !

Nous n’étions qu’une poignée mais cela suffisait pour que je ne fusse pas une exception. Les nouvelles règles entraient en vigueur et j’avais bien conscience que j’avais intérêt à progresser encore. Même si je “cartonnais” plutôt en français, histoire-géo, allemand, mes notes restaient moyennes en latin, maths et sciences nat. Aussi le martinet fut régulièrement décroché et réchauffa mes cuisses deux samedi sur trois. Cependant un soir que ma mère me faisait réciter mes leçons, elle me renvoya dans ma chambre approfondir une leçon de latin. A mon retour, elle m’attendait martinet à la main, lanières repliées. Elle m’interrogea mais à la moindre erreur ou hésitation le martinet claquait sur mes cuisses. Elle m’indiqua qu’elle se réservait le droit de l’employer de temps à autre à titre « préventif » et non plus seulement « punitif».

Le lendemain, un camarade me demanda d’où provenaient les marques rouges sur mes cuisses. Comme je paraissais embarrassé pour répondre, il me dit : « Te fatigue pas, j’ai compris… ça m’arrive aussi, tu sais ». Mais lui n’était pas en culotte courte. En février, je restai cependant le seul en culotte courte en 6ème. Et il neigea !

 « Tu mets toujours des culottes courtes ? » m’interrogea un autre camarade.

Je lui répondis que ça faisait plaisir à ma mère et que ça ne me gênait pas. Par contre j’appréciai moins de recevoir des boules de neige sur les cuisses dans la cour de récréation lors de batailles. Le martinet poursuivait à son rythme de croisière au moins une fois par semaine à titre « préventif », et toujours au moins deux fois sur trois semaines à titre « punitif ».

Ma mère comptait les coups en fonction du barème prévu. En principe ça dépassait rarement les 20 coups. Cependant, même si j’apprivoisais la douleur et serrais les dents, il m’arrivait de gigoter sur place, de gémir et parfois de pleurer. Heureusement, à partir de mars, les culottes courtes commencèrent à « refleurir » et la plupart des élèves eurent aussi leurs cuisses à l’air. 

 Une droguiste curieuse 

Une qui se réjouissait de la situation, c’était la droguiste. A l’époque, il y avait peu de grandes surfaces et les gens faisaient encore leurs courses chez les commerçants de leur quartier. Ma mère achetait donc ses produits d’entretien et ses lessives dans cette droguerie. Je ne l’avais pas remarqué jusqu’alors mais cette commerçante aimait vendre des martinets, non seulement par intérêt lucratif, mais surtout parce qu’elle croyait fermement aux vertus éducatives de cet objet. Célibataire, « vieille fille », elle n’avait pas d’enfant, mais de nombreux neveux et nièces avaient dû y goûter rapidement.

A chaque visite, elle ne manquait pas de demander à ma mère des nouvelles du martinet, s’il avait servi récemment, si elle en était toujours satisfaite ?…Et elle n’hésitait pas, qu’il y ait eu d’autres clients ou non, à jeter un coup d’œil sur mes cuisses pour vérifier la présence éventuelle de marques de lanières. Ma mère lui avait expliqué précisément son usage, les notes minimales, le barème. La droguiste avait trouvé que c’était une bonne idée, qu’il fallait s’y tenir et utiliser le martinet au moindre écart de notes. Elle l’encouragea aussi à poursuivre son l’emploi « préventif ». Et elle continuait à fournir ses conseils.

« Dans le cas de votre garçon, rien ne sert de se fâcher ni de s’énerver. Il faut appliquer le martinet à froid, sereinement, tranquillement, mais fermement, en prenant son temps, en espaçant les coups, en séparant bien les lanières les unes des autres pour que chacune porte bien. Il ne fallait pas s’inquiéter s’il subsistait des marques car la honte était pour celui qui reçoit le martinet et non pour celui qui le donne. »

Un jour que ma mère m’avait envoyé acheter une bricole à la droguerie, une cliente et sa fille de 7-8 ans se tenaient derrière moi. La droguiste jeta un coup d’œil sur mes cuisses pour voir si des traces de lanières n’apparaissaient pas, et me demanda si le martinet avait servi récemment.

« Tu reçois le martinet sur ton derrière ? » questionna la petite fille.

Je n’eus même pas à répondre, la droguiste me devança :

« C’est un garçon très sage ; sa maman ne lui donne le martinet que s’il ne travaille pas assez bien à l’école. »

« Tu vois, ma chérie, ajouta sa maman, le petit garçon est très sage mais ça ne l’empêche pas de recevoir quand même le martinet. Alors toi qui n’es pas sage, tu sais que je pourrais acheter un martinet et t’en donner sur ton derrière. » 

Je me dis alors que cette petite fille n’allait sans doute pas tarder à goûter elle-aussi au martinet. Cependant ces derniers mots me ramenaient à une autre réalité : même à 12 ans, avec ma petite taille, on me considérait encore comme un « petit garçon. »

Fin de la 1ère partie

26 commentaires »

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  1. sabimas dit :

    Concernant sur les vêtements légers portés par les enfants c’était le cas autrefois dans les colonies de vacances par commodité pour laver le linge.
    Dès le début des années 60 j’ai passé mes vacances dans une colo d’ados de 12 à 15 ans en Vendée à côté des Sables d’Olonne.
    C’était, comme partout à l’époque, une colo non mixte encadrée par des moniteurs et des monitrices, souvent de jeunes étudiants. L’ambiance était bonne et la nourriture correcte pour des petits banlieusards parisiens.
    Nous étions vêtus simplement d’un léger short court en toile marine avec un simple élastique pour ceinture, en somme un petit short de gymnastique et une chemisette en coton blanc (les t-shirts n’existant pas), des espadrilles mais pas de socquettes aux pieds. Et pour compléter notre garde-robe, un pull marin et un imper.
    A cette époque, la mode était aux petits shorts ultra courts. Je me souviens qu’ils étaient parfois si courts et si moulants qu’ils arrivaient tout juste ras des fesses laissant même parfois dépasser un morceau de slip. Cela ne nous gênait pas du tout, de plus c’était assez commode pour faciliter le déculottage des punis car, pour nous discipliner, les moniteurs et monitrices avaient l’habitude de baisser nos shorts pour donner des fessées à la main non seulement aux jeunes mais aussi aux plus grands d’entre les garçons.
    (Cependant, le directeur interdisait l’utilisation de tout instruments tels que martinets, badines etc. même s’ils étaient couramment employés dans la plupart des foyers). Nous recevions donc uniquement des fessées à derrière nu.
    Ces fameuses fessées étaient en général données le soir en public dans les dortoirs et après la douche. Le moniteur ou la monitrice baissait la culotte de pyjama du puni et selon son âge, s’asseyait au bord du lit et l’allongeait en travers de leurs genoux de sorte que le buste reposant confortablement sur le lit, le derrière dénudé exactement positionné sur la trajectoire de la main. Pour les garçons plus âgés, leur corpulence et leur taille excluait cette position classique, Je me souviens qu’une des monitrices en particulier nous faisait prendre une posture assez originale qui lui facilitait la tâche. Elle faisait agenouiller le puni à côté de son lit, le buste à plat en travers de leur lit, un oreiller calé sous son ventre en sorte que ses fesses nues forment un angle adéquat. Puis elle s’asseyait sur le lit, posait une main sur les reins du puni pour l’immobiliser et commençait à le fesser sans se fatiguer.
    Même si elles comprortaient de 25 à 50 claques, ces fessées n’étaient pas sévères, mais elles créaient un certain émoi. Mais ce qui était drôle ensuite, c’était la rougeur qui marquait la peau blanche des fesses à côté du reste du corps bronzé.

  2. Sophie dit :

    Ma grand-meèe avait un solide martinet et ne se privait pas de fouetter les cuisses de ma mère et de mon oncle lorsqu’ils étaient jeunes.Tout naturellement, ma mère fit de meme pour mon frère et moi et j’ai toujours connu (étant la cadette) un martinet àla maison pendu bien visible dans la cuisine, et surtout visible depuis l’entrée pour bien montrer quelle était la méthode d’éducation « maison » . Et de fait, le matinet servait parfois mais était très souvent brandi comme menace si nous étions désobeissants ou insolents; quand ma mere le décrochait, on pouvait préparer ses cuisses (remonte ta culotte très haut ou remonte ta jupe) suivant le bénéficiaire de son outil d’education et c’était avec des cuisses brûlantes et zébrées que nous devions aller au coin pour réfléchir à notre conduite. Ma mère fessait peu àla main, sauf dehors, mais nous corrigeait toujours sur les cuisses : ça fait plus mal et on peut voir quetu as été corrigée, disait-elle. Je n’ai pas souvenir d’avoir été deculottée pour une fessée, sauf une fois chez ma marraine . Et là, j’ai eu plus honte que mal. Alors vive le martinet qui fait obéir ?

  3. Bernard dit :

    oui bien sûr: vive le martinet qui fait obéir !!
    Sophie,vous receviez donc les lanières à la fois sur la peau des fesses et sur le tissu de votre culotte apparemment; ce contraste de contacts produisait-il une sensualité punitive particulière?

  4. Tanguy dit :

    Je trouve aussi que le pire dans toutes ces punitions c’est le fait de devoir exposer ses cuisses et souvent le bas de ses fesses aux regards des autres.
    Quelle humiliation que d’entendre les commentaires du genre »oh oh on voit encore très bien les marques des doigts sur ses cuisses ! »

    • Vintage dit :

      Au temps des culottes courtes, rien n’était plus radical en effet qu’une correction sur les cuisses dénudées. Utiliser par la plupart des enseignants-es, cette méthode garantissait une obéissance absolue des élèves, aussi bien en classe que dans les rangs. Parfois dans les rangs, le bruit d’une forte claque (sur des cuisses nues, ça claque très fort! parfois )suivie de pleurs, c’était un écolier bavard qui n’avait pas vu la maîtresse placée derrière lui. En classe c’était pire, car c’était toujours plusieurs claques sur l’arrière des cuisses nues avant que le puni ne soit placé au coin en pénitence sur une chaise derrière un tableau mobile. Ceci me fait penser à une photo de Doisneau où l’on voit un écolier puni ainsi en classe (avec de grandes chances que ce dernier se soit fait rougir les cuisses par la maîtresse avant d’être mis au piquet dans un coin). C’était une punition idéale pour calmer très rapidement les garçons indisciplinés et leur apprendre à se tenir » à carreau » en classe mais aussi ailleurs. Ils étaient en plus fortement vexés par les marques de doigts qui restaient imprimées sur leurs cuisses (c’était le point fort de la punition).

  5. Benedicte dit :

    Comme je l’ai déjà dit, ma mère était une adepte du martinet, c’est dire que je me suis retrouvée très souvent avec les marques des lanières sur les cuisses, surtout en été où je portais des shorts courts ! Et quelle humiliation, en effe,t d’entendre les commentaires du même style que Tanguy, »>C’est parce que tu n’a pas été sage que ta mère a dû te fouetter? »ou alors « Ca fait du bien le martinet ? ça va te faire obeir plus vite? » Etc. Puis j’ai trouvé cela humiliant certes mais,faisant de moi une fille difficile à faire plier et j’en étais fière!De là à trouver cela agréable demanda peu de temps et depuis, j’arbore fièrement mes cuisses fouettées de frais!! !Même à mon âge je trouve encore plaisant de me faire fouetter par mon mari.A bientôt, Benedicte

  6. CLAUDE dit :

    « Le Martinet me faisait réfléchir » écrivez vous.Voilà un témoignage qui en dit plus long sur lefficacité des châtiments corporels, que tout un discours! De plus cette efficacité se traduisit par l’amèlioration de vos résultats scolaires même quand la barre était de plus en plus haute, pour vous aider à vous améliorer.Merci pour ce beau témoignage qui met un peu de beaume au coeur à ceux qui comme moi partagent cette conception de l’éducation

    • Remi dit :

      Bonsoir,
      Grâce à Claude je relis les publications plus anciennes de ce blog.
      Pour ma part, je n’ai pas connu l’association systématique des culottes courtes et du martinet sur les cuisses.
      Bien entendu, il m’est arrivé de recevoir le martinet, mais celui-ci m’était donné fesses nues et quand je me rendais en classe un lendemain de punition même en short les traces étaient rarement visibles.
      Cette situation devait être réellement humiliante.
      Toutefois, j’ai connu une institutrice qui ne se gênait pour nous claquer les cuisses souvent d’ailleurs à l’improviste; quelle honte après coup,!
      Cordialement, Rémi

      • CLAUDE dit :

        Bonjour Rémi.J’apprécie de savoir que grâce à ma modeste participation sur ce blog(pour lequel j’ai le plus grand respect) vous pouvez lire des textes qui attirent votre attention. En ce qui concerne les vêtements et en ce qui me concerne, ils ne posaient pas problème.Le climat faisait que j’étais en short les 3/4 de l’année. Mes cuisses en furent les »victimes » en quelque sorte, mais toujours de façon méritée ! Le plus dur pour moi,mais cela arrivait rarement,c’est la correction que mon père m’infligeait quand j’avais commis une faute grave: vigoureuse fessée suivie d’une double fouettée: coups de martinet sur les fesses, puis, c’était encore plus douloureux autant sur les cuisses. A la décharge de mes parents,je dois dire qu’une telle correction était toujours justifiée et expliquée. Du reste, elle ne suscitait pas la révolte en moi car en aucun cas elle n’altérait l’affection de mes parents à mon égard. Ces derniers ont fait des sacrifices énormes pour me faire faire des études, allant jusqu’à me faire prendre des cours particuliers malgré leurs faibles moyens financiers. Je rigole bien quand je lis que le martinet est traumatisant ! Certes, il ne faut pas en abuser, mais en user avec modération et fermeté. Cordialement. CLAUDE.

  7. Lascombes dit :

    En prenant connaissance de tous ces commentaires qui privilégient le martinet, je semble être le seul à ne pas partager ces avis.Né dans les années 1950, j’ai connu la fessée déculottée, mais toujours appliquée à la main
    Vous connaissez tous le fameux dicton « Qui aime bien châtie bien ».
    J’ai donc reçu toutes mes fessées à main nue et croyez-moi elles étaient efficaces. Le martinet représente pour moi un côté sado maso. La main maternelle est faite à la fois pour les caresses et les punitions.
    Je n’aurai pas accepté d’etre puni avec un objet quelconque.
    Cordialement

    • Laurent dit :

      Chez nous, comme chez beaucoup de gens d’ailleurs, le martinet était accroché dans la cuisine, mais il ne servait presque jamais, les fessées nous étaient administrées à la main, il était là à titre d’avertissement. Il impressionnait d’aussi les visiteurs.
      Les filles s’en sortaient d’ailleurs en mentant. Chez un copain d’une famille composée comme nous de deux garçons et d’une fille, sa soeur prétendait, comme la mienne, que le martinet ne servait que pour les garçons. Nous démentions bien sûr.
      Je pourrais d’ailleurs vous parler de cette famille amie si vous le souhaitez.

      • Emilie dit :

        Ah oui, volontiers ! Tu as assisté à des fessées chez eux ? Raconte…
        Bisous d’Emilie.

      • Chris B dit :

        Bonjour Laurent,
        Je pense que les lecteurs du blog seraient ravis, dont moi, à lire des anecdotes de punitions de cette famille.
        Vu qu’il y avait une fille et deux garçons, ces 2 derniers devaient certainement en recevoir assez souvent.
        Cordialement
        Chris B.

      • cambaceres dit :

        Bonjour Laurent,
        Dans les années « soixante », le martinet pouvait aussi bien servir pour les garçons et les filles. A ce que je pouvais voir ou entendre des uns et des autres, dans une famille avec une fille unique, il était rare de trouver un martinet, mais dès qu’elles étaient deux ou trois, il apparaissait. Dans une famille avec plusieurs garçons, on était à peu près sûr de trouver un martinet. Il trônait aussi bien en place dans des familles « mixtes » avec filles et garçons, mais je dois reconnaître que les parents l’employaient plus souvent pour les garçons que pour les filles. Était-ce intentionnel ? Ou tout simplement les garçons y étaient plus turbulents ? Quant aux familles avec un fils unique, comme moi, on trouvait fréquemment un martinet ; d’après notre droguiste, les parents se montraient plus exigeants avec lui et le martinet n’était pas qu’une menace. Et j’en sais quelque chose ! Je crois avoir lu que 80 % des parents en possédaient un à l’époque. Difficile d’affirmer si ce n’était qu’une menace ou un objet d’usage courant. Mais chez la plupart des gamins que je connaissais, il servait !

  8. CLAUDE dit :

    Bonjour Cambacérès. Quel plaisir de vous lire et relire ! Toujours aussi fin dans l’analyse des émotions qu’éveillait en vous la crainte du Martinet, et surtout celles découlant de son application ! Ah les « sixties »! Pas Mai 68 pour tout le monde! Vous et moi étions élevés sévèrement : obéir sans discuter, soigner sa tenue, mesurer ses paroles, ponctualité, et par-dessus tout : pas d’insolence. Par rapport à aujourd’hui, c’était un autre monde, et pourtant, un monde que ni vous ni moi ne regrettons ! Le Martinet, toujours présent à notre vue, régnait en Maître; et quel Maître, de ceux que l’on ne provoque pas ! Pour nous deux, et sans doute bien d’autres, il nous a « stimulé de manière persuasive », comme vous dites si bien. Mais les résultats étaient au rendez-vous, d’autant plus que nous savions bien que quand on était fouetté, même sévèrement, c’est qu’on l’avait bien mérité! Notamment en cas de mauvais résultats scolaires, mais aussi dans le comportement évoqué plus haut. Il est vrai que cette sévérité était accompagnée d’affection. Je dirais même que ces châtiments étaient une forme d’affection. A l’adolescence, on a besoin d’être « tenu » et guidé pour éviter plus tard les embûches de la vie en société. Merci donc, cher Cambacérès, d’avoir fait surgir du plus profond de moi-même, ces émotions enfouies sous des décennies de vie adulte. Il faut un récit comme le vôtre pour les revivre comme naguère. Cordialement. CLAUDE.

    • cambaceres dit :

      Bonjour Claude,
      C’est toujours un plaisir de lire vos commentaires ! Comme vous le dites, mai 1968, j’avais alors douze ans et demi, n’a pas changé grand-chose à mon éducation, elle est demeurée identique. Je commençais d’ailleurs à mieux la comprendre. La vie est faite d’émotions, de passions, mais aussi heureusement de raison.
      Le martinet, que nous évoquons, ma mère n’y était pas plus favorable que ça. Elle-même ne l’avait pas connu. Sans doute quelques fessées enfant et quelques claques à l’adolescence, sans plus. Mais c’était la « petite dernière » et on lui avait passé peut-être certaines bêtises et certains caprices comme plus tard le rappela mon oncle, son frère. Mais il y eut la guerre ! Elle en est sortie « endurcie ». Ne pas pouvoir faire des études, comme son frère, être obligée de travailler très vite, avoir vu partir des connaissances (et on sait où maintenant) pour ne plus revenir, savoir que d’autres avaient été fusillées, de tout cela on ne sort pas indemne. Et bien entendu ce « tout cela » a pesé dans mon éducation.
      Mon instruction, ma réussite scolaire, étaient la finalité la plus importante de sa vie, je ne l’ai pas compris tout de suite. Tant que je réussissais fort bien en primaire, cela ne lui a posé aucun problème. Lors de ma première 6°, face à des résultats trop moyens et parfois médiocres, sa sévérité s’était accrue : j’avais reçu plus de « claquées » sur les cuisses et été plus souvent puni dans ma chambre.
      Mais mon redoublement s’avéra un véritable « séisme » pour elle.
      Le recours au martinet provint de celui-ci. Peu favorable à son emploi, elle avait jusque-là résisté aux sirènes de ceux qui l’y encourageaient : droguiste, institutrice, collègues, amies, qui ne manquaient pas d’en vanter les mérites. Le martinet avait alors le vent en poupe et faisait le bonheur de bien des parents, moins de leurs enfants.
      Jusque-là, le martinet n’avait été qu’une menace, mais avec mon redoublement il se transforma en réalité. Ma mère eut l’intuition que son emploi sur moi serait efficace notamment pour mon travail scolaire. Au bout de trois mois, le bilan était bien plus que positif et dépassait largement ses espérances. Il était clair que j’avais toutes les capacités pour bien réussir à condition que j’y mette toute ma bonne volonté et le temps nécessaire, et les résultats obtenus depuis l’emploi du martinet le démontraient parfaitement. Il n’était plus question de s’en passer ! Au contraire, ma mère augmenta ses exigences (le fameux 12/20) et établit un barème de correction. Et elle-même reconnut qu’elle s’était trompée sur les mérites du martinet et à son tour en vanta son usage.
      Moi-même, j’étais convaincu de l’avoir mérité, je l’ai admis auprès de ma mère. Et plus tard, j’ai mieux compris ses exigences et sa finalité, et j’ai accepté ses méthodes sévères à un moment où elle-même doutait un peu.
      L’adolescence, que vous évoquez aussi, n’a pas mis un terme à cette éducation. J’avais bien conscience que c’était une période d’instabilité, de fragilité, où on se cherche. Comme vous l’écrivez fort bien, j’ai ressenti en moi ce « besoin d’être tenu, guidé », peut-être un peu complexé par me petite taille, je me sentais encore très enfant ayant toujours besoin de la sévérité éducative de ma mère. En 3° d’abord, d’un commun accord comme je l’avais souhaité durant ma 4°; puis en seconde, ce fut moi qui en trouva la nécessité et ma mère, hésitante au départ, s’y rallia avec finesse, comprenant mon état d’esprit. En première, j’acquis plus d’autonomie et de maturité, ce qui ne m’empêcha pas à certains moments de trouver que parfois, encore un peu de sévérité ne me ferait pas de « mal ».
      Quant à l’affection, elle va de pair avec la sévérité sinon ce serait de la pure maltraitance. Avant même l’arrivée du martinet à la maison, j’avais remarqué que les enfants le craignaient, certes, mais n’en voulaient absolument pas à leurs parents et ils n’aimaient qu’on les critiquât pour cela. Avec « l’expérience », j’avais suivi ce même sentiment d’autant plus que ma mère ne manquait jamais de me témoigner des marques d’affection. Je vous rejoins donc , Claude, quand vous écrivez que « ces châtiments étaient une forme d’affection ». Pour moi, à l’adolescence, c’était une certitude.
      Cordialement.
      Cambaceres

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